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SofaVoyageur
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5,0
Publiée le 31 août 2026
Rarement un film historique aura donné une impression aussi forte de réalité. Sorti en 1966, "La Bataille d'Alger" reconstitue la lutte pour l'indépendance algérienne avec une mise en scène proche du documentaire.
Ce film n'aurait pas existé sans la ténacité de Yacef Saâdi, ancien responsable du FLN dans le secteur d'Alger, à le produire et à chercher la coproduction. Il joue d'ailleurs son propre rôle. Le scénario, basé sur les écrits personnels de Saâdi, sera en grande partie étayé par le scénariste Franco Solinas. La réalisation, elle, est assurée par l'italien Gillo Pontecorvo. Ce dernier fait le choix de faire jouer uniquement des gens ordinaires castés pour leur physique, à l'instar de Brahim Hadjadj (Ali la Pointe) qui était un simple paysan. Seul Jean Martin (le colonel Mathieu) est un comédien de théâtre.
Tourné quelques mois après l'indépendance, les plaies étant encore ouvertes, on ressent à l'écran l'authenticité des évènements et le vécu des participants. Le grain du noir et blanc accentue encore cet aspect film-documentaire.
C'est un film qui cherche à adopter un regard équilibré, montrant les atrocités autant du côté des paras et des ultras français que des révolutionnaires algériens. Cette volonté de ne pas présenter un seul camp comme entièrement innocent ou coupable donne au film une certaine force. Il fut d'ailleurs longtemps boycotté par la France.
La mise en scène et les musiques d'Ennio Morricone, ainsi que celles de Pontecorvo forment une œuvre magistrale rendant les scènes immersives. Ce film, au scénario fluide, est un classique intemporel très intéressant et est devenu une référence dans la représentation des luttes révolutionnaires et anticoloniales.
Ne pas oublier la Casbah, véritable héroïne du film : plus qu'un simple décor, elle devient un personnage à part entière, refuge de la résistance et symbole du peuple algérien.
C'est un euphémisme de dire que ce film a eu une influence considérable, à de nombreux niveaux. Sans doute Gillo Pontecorvo ignorait-il à quel point il allait rayonner avec cette retranscription de la Bataille d'Alger en 1957, filmée façon docu-fiction hérité du néo-réalisme italien. A travers le monde, diverses autorités ont craint que cette peinture précise de l'indépendantisme et de la révolution ne crée des étincelles chez eux, et interdirent le film. Et il est vrai qu'il eut un certain succès auprès de mouvements contestataires et anti-impéralistes, en plein décolonisation. Ironiquement, de par la description fine des techniques de révolution/terrorisme, le film servit aussi à entraîner... L'Ecole des Amériques, cette sombre institution US qui permit de mettre en place des dictatures militaires en Amérique du Sud ! On murmure même qu'il fut projeté au Pentagone en 2003 pour former des cadres à l'occupation de l'Irak. En France, ce portrait sans tabou de la Guerre d'Algérie ne passa pas, avec divers attentats autour des projections. Et il fut banni longtemps à la TV. Enfin, de nombreux réalisateurs revendiquèrent s'être inspirés du film. On pense en le voyant à Oliver Stone, Costa-Gavras... et évidemment Paul Thomas Anderson, qui l'a référencé explicitement dans "One Battle After Another". Pour l'anecdote, le film eut même une influence politique directe. Il fut tourné en 1965, dont pendant le coup d'Etat en Algérie. L'utilisation de chars durant le tournage créa une confusion, qui permit aux putschistes d'atteindre des objectifs avec leurs propres chars ! S'il on revient à l’œuvre en elle-même, il faut effectivement souligner qu'elle aborde sans fard la Guerre d'Algérie encore toute fraîche. Et qu'elle ne fait de cadeau à personne. Les indépendantistes du FLN commettent des actes lâches et cruels, y compris des bombes tuant ostensiblement des innocents. Le colonel français débarquant à Alger est un officier raisonné et digne... qui va rapidement user de méthodes indignes (torture explicitement montrée), et s'appuyer sur des sbires qui terrorisent les locaux. Le tout dans un style diablement réaliste. Des acteurs pour la plupart non professionnels, coachés par des survivants de la bataille. Un éclairage naturel, des vrais décors, une caméra à l'épaule. Des techniques qui font donc écho au néo-réalisme italien, et surtout à "Roma , città aperta" de Roberto Rosselini. "La battaglia di Algeri" (production italo-algérienne mais tournée en français et arabe) dispose de moyens importants, et d'un montage riche qui lui permettent une immersion et un réalisme encore plus poussé. Avec par exemple ces séquences d'attentats à la bombe, où le montage s'attarde sur les futures victimes, et l'explosion se veut très crédible. En revanche, il faut bien admettre que les personnages ne sont pas très attachants. Et qu'avant l'arrivée des militaires français qui permettent une opposition, le rythme est assez décousu. Cela n'empêche pas "La battaglia di Algeri" de demeurer une oeuvre très percutante, qui, pour paraphraser les Américains, montre comment on gagne la bataille tactique contre le terrorisme tout en perdant celle stratégique de l'idéologie.
Très intéressant film Historique sorti en 1966 mais interdit pendant plusieurs années sur le Territoire Français où il était jugé trop sensible, car il ravivait des plaies encore ouvertes de la guerre d’Algérie et qui avait provoqué une onde de choc ! Cette réalisation de Gillo Pontecorvo retrace les affrontements entre les combattants du Front de Libération Nationale (FLN) et l’Armée Française dans les ruelles étroites de la Casbah, entre 1956 et 1957 . Grâce à son réalisme brut et à sa mise en scène quasi journalistique et sans manichéisme , le film donne la parole aux sans-voix, aux habitants d’Alger, aux résistants et aux soldats, sans glorification ni caricature !
Un film absolument incroyable, sorti seulement quatre ans après l'indépendance d'Algérie, mais d'une lucidité limpide. Que ce soit dans son portrait du FLN ou de l'armée française, le film ne fait jamais dans le manichéen, se déguisant presque en documentaire impartial, de par son style de caméra à l'épaule, en noir et blanc, façon reportage de guerre. C'est un film qui nous montre bien le pouvoir politique du cinéma, car il encourage les spectateurs à sympathiser avec une cause à travers de simples choix de cadrages, de montage, et de musique. Si la caméra suit un membre du FLN en train de se faire courser par la police sur une musique tendue, le spectateur s'identifie émotionnellement à ce personnage en fuite, quand il voit la peur, l'humanité, sur son visage. On a envie que ces femmes déguisées réussissent à passer les points de contrôle policier afin de pouvoir mettre en place ces bombes dans les lieux publiques. En même temps, le film questionne la moralité de ces attentas en enchaînant des gros plans sur les futures victimes, des enfants, des femmes, des jeunes insouciants. Cette prise de position nuancée est également incarné par l'antagoniste principal du film, le lieutenant français. Il est à la fois l'instigateur de la torture des algériens, un personnage horrible, mais aussi présenté comme un ancien résistant, qui a combattu les nazis, et offre à chaque fois une chance d'un "procès juste" (soi-disant) aux membres du FLN. Je suis convaincu que ce sont des nuances comme celles-ci qui rendent un film politique réellement efficace, car il convainc les spectateurs qu'ils n'ont pas affaire à une caricature biaisée de la réalité, mais bien à une présentation plus objective, alors qu'en réalité, rien n'est moins objectif que le cinéma.
La Battaglia di Algeri de Gillo Pontecorvo est un film qui transcende la simple narration historique pour devenir une étude profonde des mécanismes de la domination et de la résistance. Le récit suit le combat du peuple Algérien pour l’indépendance dans la capitale, mais son intérêt dépasse la chronologie des événements : il explore les interactions sociales, la psychologie des individus et l’organisation d’un mouvement révolutionnaire. Le réalisme du film est frappant ; le choix du noir et blanc, la caméra mobile et le recours à des acteurs non-professionnels créent une immédiateté qui immerge le spectateur au cœur de la ville. Chaque rue, chaque quartier semble porteur de tension, comme si Alger elle-même devenait un personnage vivant, façonné par la peur, l’espoir et la colère.
La narration alterne subtilement les perspectives des insurgés et des forces coloniales, révélant que la confrontation n’est pas seulement militaire, mais aussi morale et stratégique. Ali La Pointe, emblème de la résistance, illustre la détermination et le courage nécessaires pour affronter une puissance supérieure, tandis que les officiers français incarnent la discipline, l’organisation et la violence systématique du pouvoir colonial. Loin de glorifier la violence, le film la montre dans son immédiateté et sa brutalité, incitant le spectateur à réfléchir aux conséquences humaines de la lutte armée.
Le montage et la construction des séquences participent à une tension constante : les scènes d’attentats, de surveillance et d’arrestations s’enchaînent avec un rythme qui mime l’urgence de la situation et le stress permanent des protagonistes. Les choix techniques – angles serrés, déplacements de caméra rapides, absence de musique dans les moments clés – renforcent l’authenticité et la pression dramatique. On ressent le poids du conflit sur la population, sur les jeunes combattants et sur les autorités, mais aussi sur la ville elle-même, transformée en champ de bataille.
Au-delà de la guerre, le film interroge les notions de loyauté, de sacrifice et de justice. Il pose des questions sur les limites de l’action politique et sur les coûts individuels de la rébellion. L’Algérie y est perçue non seulement comme un territoire à conquérir, mais comme un espace social et psychologique où chaque décision a des répercussions profondes. Cette dimension humaine et morale distingue le film des simples reconstitutions historiques.
La Battaglia di Algeri a marqué le cinéma par son réalisme et sa profondeur analytique. Il reste une référence incontournable pour comprendre la dynamique des conflits urbains et les tensions entre domination et résistance. Sa puissance réside dans sa capacité à immerger le spectateur tout en suscitant une réflexion critique sur l’histoire, la politique et la condition humaine, faisant de ce film un témoignage à la fois artistique et intellectuel de la lutte pour la liberté.
Le cinéaste italien Gillo Pontecorvo réalise le film que les Français n'ont jamais fait, et la Bataille d'Alger est un film d'autant plus courageux, qu'en 1966, les passions et les polémiques ne sont pas éteintes. Comme l'indique le titre, le film n'embrasse pas la guerre d'Algérie dans son ensemble; il se limite au récit de la guérilla qui oppose dans Alger les terroristes du FLN et les paras français. A cet égard, l'oeuvre est proprement un film de guerre davantage, peut-être, qu'un film politique. Elle s'impose comme un témoignage incontournable et estimable par son souci de réalisme et de vérité, d'impartialité, même si le combat des Algériens pour leur indépendance apparait plus légitime que l'action de la France en faveur d'une Algérie à jamais française. Film rigoureux et documenté, "La Bataille d'Alger" ne s'attache qu'aux faits, ne caricature pas, ne sentimentalise pas: il est l'antithèse du cinéma romanesque. Les attentats d'Alger sont reproduits dans toute leur violence et leur cruauté; la répression militaire est impitoyable -avec cette courte mais éloquente séquence évoquant l'usage de la torture. Passant d'un camp à l'autre, Gillo Pontecorvo évoque les actions du FLN, son organisation et sa réflexion politique, met en scène la riposte de l'armée française, incarnée ici par un officier intègre et sans état d'âme. Les personnages, parce qu'ils débordent largement du cadre du cinéma, prêtent forcément le flan à tous les avis, toutes les contestations. On se doute qu'ils ne sont complètement représentatifs pour personne... La forme du film est plus facile à commenter parce qu'en tournant au coeur même d'Alger et de la Casbah, au milieu de la population, le cinéaste s'attache une authenticité remarquable et déterminante. La valeur du film ne se mesure pas seulement au récit de guerre: "La Bataille d'Alger", c'est aussi la photographie d'une ville extraordinaire, singulière et chargée de mystère.
Il s’agit là d’une fiction (c’est une reconstitution, les scènes sont « mises en scène » et les personnages joués par des acteurs) tirant vers le documentaire (par la chronologie et l’exactitude historique des évènements) du plus grand intérêt. Le film retrace les quelques mois de l’année 1957 ou s’est déroulée la bataille qui lui donne son titre, et en constitue une représentation et une analyse d’une très grande pertinence, valable par extension pour la guérilla urbaine, avec tous les drames et problèmes que ce type de situation peut engendrer. Plusieurs moments sont poignants et les images (en noir et blanc) d’une grande puissance d’évocation ; celles de visages déchirés ou de mouvements de foule faisant parfois penser à Pasolini. Une autre grande force du film est son regard lucide et « objectif » sur les évènements montrés : les victimes des attentats du FLN ou des actes de répression ou de torture des forces armées Françaises sont regardées avec le même œil, avec la même compassion. De même le regard porté sur les « chefs » des deux camps évite tout manichéisme : tous ont des qualités et -surtout- leurs raisons. Ce qui n’empêche pas de faire ressentir le caractère inéluctable de l’issue de ces évènements.
Ce film, remarquablement dirigé par Gillo Pontecorvo et avec un seul acteur professionnel (Jean Martin), donne l'impression de regarder un documentaire. Il ne prend pas parti, mais expose simplement les horreurs et les actions des deux côtés, montrant à la fois les tactiques brutales des colonisateurs français et les réponses désespérées des insurgés algériens. Ce qui m'a le plus marqué, c'est la manière dont le film dépeint la montée en puissance de la violence, transformant des manifestations individuelles en une guerre totale et impitoyable. Les scènes de torture des prisonniers rebelles et les attentats dans des lieux publics sont particulièrement poignantes et reflètent la réalité troublante de cette période. Quelques années après la libération de la France occupée, les politiques et les militaires français nous montrent le revers de la médaille et leur formidable capacité à l’oubli ou au déni. Ils ne retiennent rien des leçons de l’histoire. La direction et la cinématographie sont sublimes, capturant l'intensité brute et la complexité émotionnelle des événements. « La Bataille d'Alger » est un film puissant qui ne sera jamais oublié une fois vu. Il offre une perspective neutre et profonde sur une guerre qui, malgré sa brutalité, a finalement conduit à l'indépendance algérienne. Ce film est une œuvre essentielle pour comprendre non seulement l'histoire spécifique de l'Algérie, mais aussi les impacts durables du colonialisme et les luttes pour la liberté nationale. WHITE FINGERS : LA PISTE SYSKIYOU (TOME 1) et LE CIMETIERE DES SQUAWS (TOME 2) (Amazon Kindle).
Interdit en France pendant de nombreuses années (jusque dans les années 2000, je crois), sauvagement critiqué à sa sortie, ce film, tourné en noir & blanc à la manière d'un documentaire (caméra à l'épaule, souvent, en raison de l'étroitesse des rues de la Casbah d'Alger) avec d'anciens membres du FLN et Yacef Saadi, un des leaders de la révolte, dans son propre rôle, est un document. Réalisé par celui avec qui le scandale arrivera au moins deux foisspoiler: (avec ce film et avec "Kapo", film de fiction sordide sur les camps de la mort se terminant sur un plan-séquence dégueulasse d'opportunisme, ou comment chercher à faire du techniquement beau avec une scène qui aurait nécessité une sobriété exemplaire) , l'italien Gillo Pontecorvo, "La Bataille d'Alger" est un film qui ne s'embarrasse pas de calmer les tensions qui existaient encore entre l'Algérie récemment indépendante et la France son ancien colonisateur. Qui ne s'embarrasse pas de brosser dans le sens du poil. Dans un sens, tant mieux, et dans un autre sens, tant pis, on aurait aimé un peu plus de neutralité, aucun des deux camps n'étant totalement blanc ou totalement noir. Ca a vieilli visuellement parlant (surtout que le noir & blanc est en gros grains) mais ça reste excellent et assez radical.
Réalisé peu de temps après la fin de la guerre d’Algérie, La bataille d’Alger figure parmi les meilleurs films politiques de l’histoire du cinéma. Ce long-métrage en montrant à l’écran les exactions menées par les deux camps – le FLN d’une part et les forces de l’ordre puis l’armée française d’autre part – n’est certainement pas le film de propagande que certains ont cru percevoir. Une vision biaisée que certains cherchaient à imposer durant toute la décennie des années 1970. En effet, ce film réalisé en 1965 aborde un sujet éminemment sensible en France et ne connut une exploitation dans l’hexagone que cinq ans plus tard. Jusqu’au début des années 1980, nombre de ses projections en salles furent émaillées d’incidents. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/c/fifp2023/#BA
Un film qui est un mélange de documentaire et de fiction sur cette période de l'Histoire qui aboutit à la naissance d'un état l'Algérie. Alors à qui la faute ou plutôt comment est-on en arrivé là? Ce film témoigne de la violence qu'il y a eu des deux côtés entre la France et le peuple algérien. On a dû mal à comprendre la stratégie militaire employée par l'armée française qui n'a pas l'effet escompté. L'armée française crée par ces manœuvres et cette réaction agressive face à la violence des attentats du FLN une escalade de brutalité et une opposition du peuple algérien aux propos de dissuasion de l'armée française sur le FLN. Le film a la force de montrer des plans très poignant de la Casbah et on a l'impression que ce quartier d'Alger vit et observe le cours de l'histoire. Il y a des films qui traverse le temps et qui servent au travail de mémoire pour ne pas oublier comme la Casbah qui a observé, vécue cette bataille d'Alger et qui en garde des séquelles. Ce film est utile est il permet d'informer, de se souvenir et de mieux comprendre la difficulté qu'il peut y avoir entre la France et l'Algérie. La solution reste le temps pour apaiser et ne pas raviver les anciennes blessures et amorcer un processus de réconciliation qui sera long mais indispensable vu la proximité géographique, sociale, culturelle. L'histoire au pluriels de nos deux états France et Algérie devront faire cet effort pour réparer cette relation et de nouveau créer du lien pour former un pont solide entre l'Algérie et la France.
J'ai vu ce film déjà quatre ou cinq fois au cours du temps et je profite de sa ressortie en salle dans une version remasterisee. Couronné du lion d'or à Venise en 1966, "la bataille d'alger " est précédé d'une forte réputation complètement méritée. Le temps n'a pas amoindri la force de ce film réalisé il y a plus d'un demi siècle. Filmé à la manière des meilleurs films de Francesco Rosi, Pontecorvo nous relate à la manière d'un documentaire les épisodes de la bataille d'Alger pendant la guerre d'Algérie. Autant dire tout de suite que les français et la France n'ont pas le beau rôle ici. Le rôle majeur de combattants du FLN dans le scénario explique cela, mais toute subjectivité n'est pas forcément une erreur. Il n'en reste pas moins vrai que le film présente de telles qualités que sa vision me parait indispensable.
On retrouve là l'ambiguïté fondamentale d’une révolution qui se fait dans la violence en utilisant les mêmes moyens que son ennemi et qui a du mal ensuite à se départir de ce que les méthodes de ce combat ont inscrit en elle. Il montre les femmes perpétrer trois attentats à la bombe simultanés dans des cafés fréquentés par des Français en réponse aux attentats organisés dans la Kasbah avec l’aide d’éléments fascisants de la police française. Pontecorvo ne recule devant aucun effet pour mobiliser (manipuler) le spectateur. Il joue l’efficacité : musique, action, rythme, violence, ficelles du film de guerre et de l’enquête policière, suspens etc. contribuent à créer une tension sans qu’aucun camp ne sorte grandi de l’affaire, chacun employant les mêmes méthodes.
Une plongée dans la guerre qui ne disait pas son nom. La bataille d’Alger c’est un film mi document mi fiction sur les événements et mouvements qui ont conduis à l’indépendance algérienne. Tortures, attentats, ces sujets encore sensibles aujourd’hui sont déjà traités dans ce film qui s’avère passionnant. Il montre aussi bien le côté inéluctable de l’indépendance et du coup le grand gâchis qu’a été l’entêtement français dans cette décolonisation manquée. Dommage que tous les acteurs ne soient pas au niveau et que cela nuise à l’immersion dans le récit, car sur beaucoup d’autres points de vue c’est remarquable.