Scarface film devenu culte avec les années qui passent, et Brian De Palma célébré comme le génie de la réalisation. De ce point de vue, effectivement, ce film prouve le savoir faire de son réalisateur. Les films s'appuie sur des évènements réels, l'arrivée massive de réfugiés de cuba vers les Etats Unis, et Castro, très malin, a glissé les malfrats et petites frappes parmi les réfugiés pour gangréner son pays ennemi, et cela fonctionne. A partir de là, on va suivre Tony Montana, homme violent, sans éducation, et cela se voit, rien qu'à la manière dont il se vautre lorsqu'il s'assoit, vulgaire, et paranoïaque. De ce point de vue, aucun doute Pacino, retranscrit très bien la personnalité de ce personnage à l'écran, comme Paul Muni en son temps sous la direction de Howard Hawks.
Tout est là, sous nos yeux, cette première scène où, son ami se fait littéralement découpé à la tronçonneuse nous donne le ton.
De Palma s'offre son Parrain, il s'offre son Affranchis, il s'offre la notoriété à travers un films coup de poing, le film va même se payer le luxe de devenir culte pour bon nombre de fans; mais, si on enlève l'attraction malsaine du film culte comme Apocalypse Now, le film s'étire en longueur, les mouvements de caméras sont léchés et maitrisés, certes, mais on a l'impression de voir un film qui déroule, où on aurait gommer les sensations, les sentiments.
On ne prend jamais ce gangster, cet anti héros en sympathie, il est pathétique, et la manière dont il se comporte nous pousse à savourer ce qui lui arrive à la fin. Pas d'ambiguïté, le type est un salopard, il n'y a rien qui peut le racheter, peut-être cette scène où il se refuse de tuer des enfants, mais ce n'est pas suffisant pour la rédemption. Alors le film a un statut culte, mais, pour moi, cela n'est pas le meilleur De Palma.