Film générationnel et point d'orgue de la carrière de Jean-Jacques Beineix, devenu, avec Luc Besson, l'un des réalisateurs iconoclaste des années 80 (et qui ne s'en est jamais vraiment relevé depuis), "37°2 le matin" est surtout un film inclassable qui doit, en grande partie, sa notoriété, au fait qu'il a osé montré des acteurs complètement nus et des scènes de cul particulièrement hot à une époque où ce n'était pas franchement la norme. Il serait cependant injuste de limiter le film à ce seul postulat mais il faut admettre que, pour le reste, les partis pris du réalisateur ne peuvent que diviser. Le scénario, par exemple, m'a paru particulièrement bordélique et redondant (avec un discours anarchique bon marché) et je n'ai pas accroché avec le personnage de Betty et sa folie dévorante (le final est, à ce titre, plutôt perturbant), mais il faut admettre que l'intrigue et le traitement des personnages sortent des sentiers battus et explorent des terrains plutôt inédits. Quant à la mise en scène, elle a été considérée, en son temps,comme révolutionnaire (l'utilisation de la BO évanescente, le travail sur la photo, les jeux de lumière...) mais elle souffre d'un manque de rythme évident (aggravé par une durée de plus de 3h !) et a particulièrement mal vieilli. Seul point incontestable : le casting est une incroyable pépinière de talents. Outre les révélations de Jean-Hugues Anglade et Béatrice Dalle (catapultée sex-symbol trash un peu vite), on retrouve Gérard Darmon, Clémentine Célarié, Dominique Beshehard, Dominique Pinon, Jean-Pierre Bisson, Jacques Mathou ou encore Vincent Lindon. Un film culte certes mais qui me parait franchement surestimé et surtout qui n'a m'a jamais entièrement emballé !