"37°2, le matin" (1986) Chérie 25 le 12.06.2017
C'est probablement le côté sulfureux du film qui fit son succès en 1986 (3,6 millions d'entrées en salles): le cinéma n'en finissait alors pas de proposer des images de plus en plus audacieuses, "libérées" comme on les justifiait à une 'époque où la censure était ringardisée ! Il devenaitt interdit d'interdire ! Pour être encore plus autonome, Beineix avait même créé sa propre société de production : "Cargo Films"
Coté exhibitionniste, cette histoire démarre très fort, un peu comme dans "le Mépris" avec Bardot où on pouvait se délecter des formes voluptueuses du corps de la star, tout en savourant la richesse intellectuelle des dialogues : "Et mon cul, tu l'aimes mon cul ?" "Et mes seins, tu les aimes mes seins ?" (...)
Beineix lui va plus loin -l'époque n'est plus la même !- et nous offre d'entrée les galipettes sexuelles et audacieuses de Dalle (découverte dans tous les sens du terme) et Anglade. De longs ébats filmés de manière hypocritement soft pour ne pas tomber dans le X et cachant scrupuleusement tout coït. On est plus dans la gymnastique que dans l'érotisme bon teint L'orgasme visuel est loin mais à l'époque,de telles images étaient surprenantes et changeaient du zoom vers le plafond quand les images devenaient trop précises. .
Tout au long du film du reste, la nudité est omniprésente : on voit même (trop) souvent Anglade la zigounette à l'air et on se demande ce que cette débauche de nudité ajoutait au scénario. Etait-ce bien utile où plus sûrement destiné à faire du blé ? Mais c'était payant au niveau du nombre d'entrées. !
Quant à Dalle, on sent qu'elle n'est nullement complexée d'apparaître aussi souvent en tenue d'Eve, et qu'elle semble même éprouver du plaisir à se montrer "à poils," et à céder aux caprices voyeurs du réalisateur qui la manipule comme une marionnette. Aucune limite aux audaces. Encore que la Béatrice n'avait pas un caractère facile (sa vie non plus) et quand elle en voulait à Beineix ou que quelque chose la contrariait, tout ce qui lui tombait sous la main, elle le balançait vers son tortionnaire ! Anglade lui se tenait à l'abri ! Ce n'est du reste pas pour son intelligence ni ses talents de comédienne qu'elle avait été recrutée par Besnehard.
Toujours vu sous l'angle provocation, tout le talent de Célarié apparaît d'un coup lorsqu'elle dévoile ses mamelles à l'écran Ce sera la seule raison de sa présence dans cette histoire dont le mari (pour rire) dit "qu'elle a toujours le feu au cul" ! Bref, cette prestation de Célarié ne figurera pas dans les annales les plus marquantes de sa filmographie : on a les films qu'on mérite.
Et à part ça ? Pas grand-chose ! Beineix nous promène dans un récit abracadabrantesque dont il nous fait vivre ses propres fantasmes peut-être : des situations, des ambiances qu'il semble avoir picorées ça et là dans le roman de Djian :tantôt burlesques, touchantes, angoissantes, amicales, dramatiques pour en arriver au fil du temps à la folie furieuse de Dalle après sa grossesse nerveuse. Beineix s'amuse, délire, et nous on subit car ce (trop) long film s'éternise sur 140 mn dans sa version la plus pénible. Pour une fois, la musique vient se confondre agréablement avec les images : à la fin, la ritournelle en devient même aussi agaçante qu'une scie, mais peut-être est-ce voulu pour nous énerver et appuyer la démence progressive dans laquelle s'enfonce le récit.
A la fin de cette histoire, on a l'impression d'être parti de n'importe où pour arriver nulle part, et une fois sorti de la projection, on respiregloutonnement à l'extérieur un grand bol d'air frais ! Notre température elle, n'aura pas varié un seul instant.
Ce film est aujourd'hui complètement dépassé : ses outrances n'intéressent plus guère !
willycopresto