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EricDebarnot
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3,0
Publiée le 1 février 2016
N'ayant pas lu le livre de Brückner, livre scandaleux à l'excellente réputation, j'avais abordé à l'époque le "dernier Polanski" avec une virginité bienheureuse, et j'avais été plutôt séduit par tout ce que "Lunes de Fiel" avait de scabreux, glauque et malaisant : je pensais y retrouver le Polanski que nous aimions, celui de "Rosemary's Baby", de "Repulsion" ou - surtout - du "Locataire". Revoir "Lunes de Fiel" avait mis à mal cette bonne impression, parce que transparaissait clairement, une fois passé le choc, tout ce que le film avait de "bourgeois", de conventionnel : oui, "Lunes de Fiel" dit des choses justes et importantes sur le couple, sur le naufrage inéluctable de l'amour et de la sexualité, mais, faute dune vraie radicalité esthétique et / ou narrative, les noie dans des images conventionnelles, décoratives, finalement rassurantes pour le spectateur. Bref, Polanski lisse son propos, et même si Coyote et Seigner ont suffisamment de moments "borderline" pour que quelque chose d'indécent passe à l'écran malgré la joliesse des images, on passe clairement à côté du brûlot que le film aurait pu, aurait sans doute dû être. Il est possible, heureusement, de se livrer à une lecture "méta" du film, en y voyant une illustration des rapports entre Polanski et la femme qu'il aime, Emmanuelle Seigner, qu'il se complait à dénuder et à exposer dans les scènes les plus avilissantes possibles à la concupiscence, puis au dégoût et à la peur de son spectateur : et ça, au delà de la question de l'adaptation d'une œuvre littéraire fameuse, c'est évidemment intéressant.
Lunes de fiel est un Polanski oublié et assez peu connu. Pourtant il mérite le coup d'oeil à certains égards. C'est, certes, loin d'être son meilleur, mais cela reste un Polanski intéressant. Il y a quelque chose qui m'a plu là dedans, c'est l'espèce de folle passion qui transcende le film, cette passion amoureuse, dévastatrice, incontrôlée, qui arrive à des moments d’incontrôlé total, de perte de lucidité, des moments où chaque sentiment ressenti semble décupler, bref, une passion amoureuse complètement incontrôlée, incontrôlable et surtout dévastatrice. Et Polanski parvient assez bien à filmer ça. Son choix de narration casse parfois un peu le rythme qu'il voudrait insuffler à son film mais reconnaissons lui que lorsqu'il s'agit de filmer ces envolées folles, il s'en sort plutôt bien, dressant des personnages de Peter Coyote et d'Emmanuelle Saigner deux personnages à la fois victime, puis tortionnaire, puis victime. C'est assez intéressant et bien foutu. Le personnage de Grant est comme un avatar du spectateur, d'abord intrigué, puis dégouté, puis séduit, puis perdu et ainsi de suite. Coyote lui raconte son histoire comme Polanski nous raconte la sienne et on en sort finalement assez intrigué.
A l'image du minitel que l'on voit souvent utiliser le personnage principal, ce film est un anachronisme. Et même pire encore, il devait déjà être un anachronisme à sa sortie. En fait au lieu de faire ressortir le côté amour passionnel et destructeur du sujet, d'ailleurs les très rares et très courts bon moments du film sont ceux qui font ressortir cet aspect, Polanski se contente d'aligner des fantasmes (excusez du terme que je vais employer mais c'est celui qui correspond le mieux à ce que je veux dire !!!) de "vieux papy". Et plus de deux heures de "fantasmes de vieux papy" c'est très long et très ennuyeux. De plus si Peter Coyote s'en sort avec tous les honneurs, le jeu d'Emmanuelle Seigner est tout bonnement catastrophique et arrive à être aussi sensuelle qu'une vieille bourrique attachée à un bâton au milieu de désert. Quand à Vangelis, ce serait gentil de dire que lui et sa musique sont en très petite forme. Le mieux c'est d'oublier ce (gros !!!) accident de parcours et de se concentrer sur les films formidables de son réalisateur.
Nigel et Fiona, un couple britannique, naviguent sur les flots de l'Océan Indien. Ils embarquent pour une croisière au départ de la Turquie et en direction de l'Inde. Durant leur périple, Fiona et surtout Nigel vont faire une curieuse rencontre. En effet, ils croisent la route de Mimi et Oscar, un couple un poil dérangé du ciboulot. Nigel, un bon ballet dans le derrière se contraint à écouter les sordides aventures de l'infirme dans sa vie conjugale. Pour en connaître les moindres détails, tous plus inintéressants les uns que les autres, il faudra patienter environ deux heures, à défaut de pouvoir se foutre par un des hublots du navire. Un quart d'heure aurait suffit à raconter le destin du malade mental qui sommeille en Oscar, sauf peut-être si un Iceberg avait pointé le bout de son nez durant la petite escapade. Quelques plans subtiles évitent le naufrage complet du scénario de justesse. Heureusement que Polanski a pensé à enfiler la bouée de sauvetage là ou il avait presque pied: il n'était pas loin de toucher le fond. Et de citer Emmanuelle Seigner pour finir, comme si elle récitait une leçon vaguement apprise: "Bon ben... au revoir !".
Le temps a dissipé les fumerolles de souffre entourant ce film et du même coup fait ressortir ses longueurs signes d'un vieillissement mal supporté malgré son sujet intemporel. Le film aurait sans doute beaucoup gagné à être plus ramassé. On est loin du compte en conséquence de quoi la paupière est souvent lourde simplement soutenue par quelques appétits libidineux.
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0,5
Publiée le 17 mars 2021
Un écrivain américain sans talent qui mène une vie de petit-bourgeois à Paris et qui se prend pour Hemingway a le coup de foudre pour une jeune femme française dans un bus. Il la cherche ensuite partout je croyais que les écrivains écrivaient mais non ils cherchent et il la trouve finalement en train de servir dans un restaurant. Il l'emmène dîner, ils tombent amoureux et ils font l'amour. Puis ils commencent à avoir des relations sexuelles perverses et puis elle devient une dominatrice et il devient son esclave volontaire. Ils s'adonnent au fantasme via un masque de porc. L'écrivain sans talent commence à se désintéresser d'elle comme nous aussi. Maintenant il devient un sadique et elle devient une masochiste martyrisée. Il lui dit qu'elle porte son enfant et elle avorte la grossesse. Il lui dit qu'il faut partir loin d'ici et ils montent dans un avion en direction de la Martinique. Il quitte l'avion avant le décollage et l'abandonne ce que j'aurai fait aussi. Il commence alors à vivre la vie d'un playboy peut-être que s'il devait travailler pour gagner sa vie car il serait sans doute un meilleur écrivain. Il est renversé par une voiture. Puis il reçoit la visite de son ancien souffre-douleur à l'hôpital elle le fait tomber du lit et il devient paralysé à partir de la taille. Maintenant elle devient sa sadique/infirmière/femme et il devient un esclave. Voila des idiots prêtes à l'emploi. Ce n'est pas une comédie, ce n'est pas un drame, ce n'est pas une comédie noire, ce n'est certainement pas une tragédie, ce n'est pas une parodie. C'est juste une insulte à tout cinéphile intelligent signée Roman Polanski...
superbe film! Polansky nous livre un chef d'oeuvre! Ce film raconte l'histoire d'un couple au bord de l'implosion, tiraillé entre l'amour passionnel et la haine destructrice. Hugh Grant est excellent dans son rôle de bourgeois "coincé". Une fable érotico-sociale ou l'on voit plusieurs personnages ambigus obnubilés par une seule chose: le bonheur. Chacun essaye de le trouver à sa manière. L'issue en sera dramatique. Un film un peu sous-estimé à mon gout et qui mériterai d'être redécouvert.
Un Polanski en très, très petite forme. Emmanuelle Seigner joue dans les trois plus mauvais films de ce grand metteur en scène (selon moi, bien sûr) : Frantic, Lunes de fiel & La neuvième porte ("What" est à part). Je ne sais pas s'il y a relation de cause à effet, mais quand même !
Une oeuvre fascinante sur le thème de la passion, de l'amour qui se transforme en haine, du sexe destructeur, voilà ce que propose Roman Polanski. Proposant 2 axes de narration sur 2 couples, le récit fascine par sa progression dramatique. Le couple Peter Coyote - Emmanuelle Seigner qui rythme tout le récit est particulièrement crédible, grâce au jeu parfait des acteurs. Si l'histoire est intéressante de bout en bout, on peut regretter cependant quelques longueurs qui font perdre du rythme et de l'intensité. Roman Polanski, s'il ne signe pas son meilleur film, réussit cependant à nous faire réfléchir sur le thème de l'amour et de la passion si galvaudé et parfois si stéréotypé au cinéma.
Une chose est claire, ce film est loin d'être une comédie. Un film ou en effet nous sommes pris aux tripes. Quelle relation ambigüe et particulière qui va les mener a leur perte. Les acteurs sont bien évidemment assez exceptionnels. Je peux cependant reprocher une chose au film, qui est capital; sa longueur. Le film parait très long et je dois dire qu'a certains moments j'ai décroché avant de me replonger dans le film, choqué par certains comportements.
fort et troublant. Et malaisant comme les meilleurs Polanski. Il dissèque ici un roman de Pascal Bruckner sur la passion amoureuse et sa déliquescence au travers d'un couple à la recherche de sensations aussi fortes que vaines et qui se brulera les ailes... Il joint à son histoire de l'humour avec le couple d'anglais guindés (scène du reveillon farfelu au possible) attiré par cette histoire. La proximité d'une croisière va faire exploser ce petit monde. Le couple vedette fonctionne bien, on croit à leur amour. Le film montre le danger de toute passion
Très bon film que ce Lunes de Fiel du grand Polanski, pas son meilleur mais un très grand Polanski quand même. A voir surtout pour Emmanuelle Seigner qui est superbe. Le sujet ravageur qui remet en question la vie du couple, doit-elle se renouveler ou alors doit-elle rester banal ? Ce n’est pas un passage vers le sadomasochisme qui va redonner de la pêche à cette vie de couple altérée par la routine et réenclencher une passion amoureuse. Un film pervers dans le sens où chacun des personnages se fait du mal au point de vue sentimental. Une vision quand même très pessimiste du couple, c’est l’extrême qui est traité, si on ne croit pas au couple, c’est pas la peine de se mettre avec quelqu’un (en gros c’est un peu ce que j ‘en retire en simplifiant beaucoup). Le film réduit juste la relation amoureuse à du sexe, à l’enfermement qui va jusqu’à l’ennui total, jusqu’au dégoût de l’autre. Ce n’est pas très optimiste comme vision des choses mais c’est un point de vue de l’écrivain Bruckner. Emmanuelle Seigner est filmée avec amour par Polanski qui devait être au début d’un amour passionné avec la jeune actrice, le résultat est vraiment saisissant, un film qui montre donc l’amertume des relations qui s’essoufflent, qui ne sont qu’éphémères. Roman Polanski montre que la passion ne dure qu’un temps. Du très bon comme d’habitude chez le réalisateur.