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Pascal
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4,0
Publiée le 7 janvier 2023
Abbas Kiarostami fut pendant les années 90, un des cinéastes en activité les plus talentueux. Il réalisa pendant cette décennie six films de premier ordre dont " le goût de la cerise" ( 97) (palme d'or à Cannes.)
Certes, la filmographie du cinéaste iranien est sans doute, encore à ce jour, une des plus accomplies de son pays même si elle est surtout destinée à l'amateur de cinéma d'auteur.
" le goût de la cerise" ne fait pas, malgré son prix prestigieux, exception à la règle, bien que son sujet soie universel et surtout s'adresse à tout le monde.
Réflexion sur la vie elle-même, son prix, son sens, " le goût..." releve des interrogations chères à la philosophie existentielle.
Au travers de l'histoire d'un homme dont on ne saura pas grand-chose, simplement qu'il cherche quelqu'un pour venir l'enterrer une fois son suicide accompli, c'est un regard direct, sans concession en direction de l'existence humaine.
Finalement c'est un film qui met les choses à sa place et qu'il est bon de revoir de temps à autres ( avec " la vie est belle " de Capra), lors d'éventuelles baisses de régime.
A titre formel, ce n'est pas, à mes yeux l'opus le plus accompli de Kiarostami ( il est certes celui qui fera connaître son travail à un plus large public) mais c'est celui que j'aie vu le plus de fois, en raison de la profondeur de son thème.
Porté par son sujet, son point fort, " le goût..." est une réussite , même si la trilogie de Kosker (" mais où est la maison de mon ami?", "et la vie continue", " au travers des oliviers") et " le vent nous emportera" démontrent, à mes yeux, avec plus d'évidence, le talent exceptionnel de son auteur.
Si l'on veut trouver un fil conducteur aux films les plus aboutis de Kiarostami, peut-être " le goût de la cerise " fait il figure de meilleure introduction.
« Le goût de la cerise » est un film franco-iranien écrit, réalisé, monté et produit par Abbas Kiarostami. Son film est sorti en 1997 et a obtenu la Palme d'or en ex-æquo avec « L'Anguille » de Shōhei Imamura. Mr Badii (Homayoun Ershadi), un homme d’une quarantaine d’années au volant d'un gros 4x4 se met en quête dans la banlieue de Téhéran d’un homme qui accepterait contre une belle rémunération, un travail dont la nature sera très progressivement révélée « 20 pelletées de terre... juste 20... chacune pour 10 000 tomans ! ». Il s’agit en fait de l’enterrer après qu'il se soit suicidé à l’aide de barbituriques. On n’en saura pas plus sur sa vie et les raisons de ce suicide. Trois hommes vont monter dans son véhicule : le premier est un jeune agriculteur kurde qui fait son service militaire mais introverti et craintif il refuse et retournera à toutes jambes vers sa caserne. Le second est un jeune séminariste afghan qui lui aussi refusera pour des raisons morales/religieuses. Le troisième dont astucieusement on ne voit pas le visage pendant longtemps est un homme d’âge mûr d’origine turque (?) qui est taxidermiste au musée d’Histoire Naturelle de Téhéran. Il acceptera rapidement car son fils est malade mais il va longuement parler et son monologue va révéler que lui aussi à tenter de se pendre mais que la corde a cédé et que le lever du soleil, les oiseaux, le goût des mûres lui ont fait changer d’avis. Le marché est conclu mais la fin du film est assez curieuse : après un début de nuit agitée, Mr Badii va s’allonger dans la fosse qu’il a creusée, prend les barbituriques, fume une cigarette et regarde le ciel nuageux et la pleine lune… et brutalement on part sur une vidéo montrant l’équipe de cinéma faire des repérages au niveau de l’endroit choisi par Mr Badii. Est-ce pour des raisons de censure puisque le suicide est interdit en Iran et qu’il est même interdit d’aborder ce sujet… or ce film a été présenté à Cannes de façon « clandestine » sans être passé devant la commission de censure ? Quoi qu’il en soit le film est remarquablement écrit et réalisé que ce soit sur les plans du visage de Homayoun Ershadi, que sur le décor pourtant fait de terre et de caillasses avec quelques arbres en cours de remaniement avec des pelleteuses. Un film d’une grande intelligence.
Un homme solitaire, faisant le tour de Téhéran, est en quête d’assistance pour son suicide. Tour à tour verbeux et contemplatif, le film de Kiarostami, au style plutôt austère et osant aborder certains tabous, ne se laisse pas appréhender facilement.
Monsieur Badii est un chat de Schrödinger. Est-il mort dans sa boîte, ne l’est-il pas ? Pour Kiarostami la réponse n’a aucune importance. Plutôt il semble très important pour lui de nous communiquer que ça n’a aucune importance. Ce qui compte par exemple c’est la beauté, la poésie de cette vision du ciel de nuit vers la fin du film. Elle est belle car elle est soit la dernière vision de la dernière lune du protagoniste, soit la toute première vision de sa nouvelle vie. Dans les deux cas, c’est un moment culminant, dans les deux cas c’est une image inoubliable pour le personnage et cette stupeur, ce moment grave, charnière, appuyé par le déchaînement des éléments naturels, ruisselle imanquablement sur le spectateur. Qu’importe dans quel sens nous lisons le dénouement de cette scène, elle est belle, lisible à l’envers comme à l’endroit.
Les films de Kiarostami sont souvent de véritables palindromes filmés, ce qui sera quelques années plus tard le sujet principal et assumé de Copie Conforme.
Quoiqu’il en soit, Le Goût de la Cerise, comme ses précédents films, laisse dans l’ensemble un goût assez indescriptible, un charme curieux qui nous touche en général un à deux jours après ingestion, et peut dans les pires cas provoquer une nostalgie des monticules de terres ocres des abords de Téhéran, l’envie d’y retourner…
Je me suis un peu ennuyé même si certains moments valent le coup d'oeil, surtout à la fin du film où le réalisateur parvient à nous transmettre son message.
Un road-trip dans la banlieue de Téhéran. Un homme seul au volant qui cherche un autre homme seul pour un travail particulier. Des tons jaunes, de la poussière, des rencontres. Peu de dialogues. Un personnage principal qui reste énigmatique. Un film lent sur fond de terre qui tombe.
Dans un paysage âpre, un homme oscille entre désir de mourir et désir de vivre. Aucun affect, aucune émotion ne sont imposés au spectateur : une sorte d'anti-mélodrame.
Une fois encore Kiarostami prend un seul homme comme témoin de l’état de nos relations dans cet univers qu’il réussit toujours à sublimer .Pour de la terre ocre et sèche, de la poussière en nuages et des routes sinueuses et incertaines … Le cadre idylliques au réalisateur dans l’exécution de son projet où la vie et sa raison d’être occupent toutes ses attentes. Cette fois son héros est dépressif, on ne sait pourquoi, mais il veut se suicider. Sa manière de procéder est assez déroutante, comme l’est la mise en scène du cinéaste iranien qui bouscule les barrières et les interdits. Ce qui paraît assez austère sur la durée se termine alors par un immense éclat de rire. Où l’on voit Kiarostami filmer des soldats souriants sur le bord du chemin sur la musique fanfaronesque de Louis Armstrong « Saint-James Infirmary » . Tout cela n’était donc que du cinéma ! AVIS BONUS Après un éclairage avisé de Jean-Michel Frodon, deux documents exceptionnels Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Un homme conduit une voiture et va à la rencontre d'hommes seuls pour leur proposer une transaction mystérieuse. C'est à peu près tout, et cela donne un film théorique et austère, où aucune émotion ou presque n'effleure. Si la réflexion développée, bien qu'assez hermétique, laisse entrevoir des intuitions intéressantes, difficile cependant de faire grand sens de la conclusion, qui apparait davantage comme un aveu d'échec que comme un retournement méta vertigineux.
On ne peut pas faire de scénario plus minimaliste. Reconnaissons cependant la bonne utilisation du cadre intérieur de la 4x4 conduite par M. Badii. Les rencontres du candidat au suicide sont turc, afghan ou kurde: voilà des choix pas neutres et significatifs d'une réalité sociologique de l'Iran que nous survolons. Peu d'émotion, pas d'action, seuls des dialogues sur le gout de vivre nous tiennent éveillés. Le contexte politique de l'époque explique probablement l'engouement pour ce film, une palme d'or qui flétrit avec le temps. Kiarostami filme avec soin les pierres qui roulent du camion qui se déverse, lesquelles nous renvoient à la vie qui s'écoule inexorablement. Déconcertant de par sa simplicité naïve et sa philosophie de bazar, la cerise est peut être de celle dont le goût restera malgré tout en mémoire. DVD1 - avril 2019
Je ne comprends pas comment ce film a pu obtenir la Palme d'Or à Cannes ! Ce n'est pas ce que j'appelle du cinéma. Très vite, je me suis mis à penser à autre chose, mais lorsque j'essayais de me concentrer sur ce film, il ne s'était rien passé de nouveau : toujours des plans sur un 4x4 qui roule sur des pistes poussiéreuses, d'autres sur le conducteur qui proposent de l'argent ( une forte somme) à des personnes qu'il rencontre et fait monter dans son véhicule. Les dialogues sont creux, inintéressants au possible...On finit par comprendre que cet homme veut se suicider et qu'il cherche quelqu'un qui, moyennant finance, accepterait de l'enterrer. Pourquoi est-il aussi désespéré ? Nous n'en savons rien. On ne peut pas faire un film avec du "rien". Les pseudo intellectuels de "Télérama" ou des "Cahiers du cinéma" se pâment et crient au chef d'oeuvre. Moi, je trouve ce genre de films extrêmement ennuyeux et j'ai un mot plus cru qui me vient à l'esprit !
Sur le fonds : un message structuré et fort sur la place de Dieu dans notre/leur/la société (iranienne). Sur la forme, dommage que le cadre soit si aride et que certains plans semblent se répéter encore et encore ...
Palmé a cannes en 1997, ce film de Kiarostami prend son temps. Il raconte l'histoire d'un homme qui ère à la recherche d'une aide humaine pour son suicide. Chaque élément de la vie prend sens (un vol de corbeau, des pierres qui dégringolent, un ciel voilé...). Mais c'est un cinéma symbolique donc parfois compliqué qui me donne la désagréable impression d'être con. Et c'est mon reproche au film : sans doute trop élitiste et parfois du coup trop prétentieux pour m'embarquer dans cette histoire bien maîtriser pourtant et qui a le courage de condamner par là-même les institutions iraniennes.
Ce film est très bien noté, peut-être parce qu'il a eu la palme d'or à Cannes, ce qui est un grand mystère pour moi, sans doute beaucoup trop intellectuel pour moi, un peu comme l'art moderne ou la peinture abstraite. Par contre une chose est sûre, sur 1h 40 de film, il y a environ 1h de plans fixes dans la Land Rover, avec la caméra posée soit sur le visage de notre héros ou une vue de la fenêtre du véhicule, nous permettant d'apercevoir au début du film des rues de Téhéran, puis par la suite des pistes au milieu des cailloux ou des cailloux. Si le sujet prête à caution, le déroulement du film est long et sans aucun intérêt, en ce qui me concerne; pour c'est même se moquer du spectateur.
Le gout de la cerise, drôle de nom, pour un film et ce n'est qu'au 2/3 du film qu'on comprend en partie le sens de ces mots. Ce film est atypique car on est pas habitué à regarder des films en arabe/persan et aussi du fait de son histoire: un type qui essaie de recruter quelqu'un pour l'aider à se suicider, enfin en partie. AU début on ne comprend pas pourquoi il essaie de recruter quelqu'un, on pense à plein de trucs louches en fait. Ce film est une suite de dialogues, entre le personnage principal et les gens qu'ils croisent et qu'il réussit ou pas à faire monter dans sa voiture pour un bout de route. Ces dialogues ne sont pas toujours faciles à saisir, ce sont des métaphores par ex. Il lui faut 1 journée entière et plusieurs personnes avant de trouver la bonne. On ne sait pas s'il va l'aider pour l'argent ou vraiment pour lui rendre service. Bref c'est un "drôle" de film. Et la fin reste en suspens. S'est-il suicidé ou pas? On ne le saura jamais. Ce film peu faire réfléchir sur le suicide notamment dans certains pays ou c'est encore pus tabou que chez nous.