Kiarostami livre une oeuvre aussi intelligente et belle qu'elle est lente. Les paysages sont magnifiques, les relations humaines sont vraiment pures, il y a quelque chose dans ce film de fondamentalement bon. La mise en scène est vraiment très bonne, et cette utilisation de la voix off alors qu'on voit la scène (faut voir le film pour comprendre) ça donne un aspect assez étrange au film. Par contre je dois avoué que j'ai trouvé ça un peu long et la fin je ne l'ai guère comprise (mais comme souvent avec Kiarostami)
C'est simple de résumer ce film : il ne se passe rien. La caméra peut être fixée sur une montagne, avec vue sur celle d'en face, et on attend qu'un véhicule parcoure tout le chemin d'en face... durée ressentie : un quart d'heure... Ensuite il y a quelques dialogues. Soit ils sont très très intelligents (et je n'ai rien compris), soit... il n'y a pas grand chose à comprendre.
on a du mal à comprendre ce personnages dont on ne sait absolument rien,(famille,métier...) et qui demande à plusieurs personnes qui croisent son chemin ,chemin qui d'ailleurs ne le mène on ne sait où car la fin est vraiment étrange mais en même temps surprenante et déroutante. un bon film avec certaines longueurs comme de longues scènes de voiture silencieuses, mais cela donne une certaine ambiance au film. un très bon film mais qui n'est pas assez marquant je trouve pour mériter une palme d'or
Il y a quelque chose dans le cinéma de Kiarostami qui dépasse l’entendement et qui m’empêche de trouver les mots pour exprimer clairement ce que ce cinéma a de grand, de très grand. Je crois que cela vient des innombrables richesses contenues dans ses films, qui font que je ne sais pas quoi louer en priorité, toutes ces qualités fusionnant en un tout que je ne parviens pas à dissocier sans être réducteur. Kiarostami étant -en plus de cinéaste- peintre, photographe, poète… ceci explique peut-être cela. Dois-je en effet me focaliser sur la dimension poétique de ses films? Sur leurs dimensions spirituelles? Sur leurs richesses thématiques? Sur la qualité de la mise en scène? Sur la beauté des images? Et au-delà, sur l’intelligence et la cohérence de sa filmographie qui, considérée dans son ensemble, apporte un nouveau degré de lecture?... Sans parler de ce qui apparaît dès lors comme anecdotique, à savoir une direction d’acteurs prodigieuse (des acteurs qui la plupart du temps ne le sont pas), un travail du son remarquable, un art de la narration exemplaire, un riche propos politique, une facilité à faire ressentir, sans ne rien montrer ni même suggérer, ce qui serait autrement directement l’objet de la censure (dans le cas présent, l’homosexualité par exemple)… Le tout sous l’apparence de la plus grande simplicité, qui gardera secrets tous ces trésors enfouis à un certain nombre de spectateurs (ce fut d’ailleurs initialement mon cas). Dans «Le goût de la cerise», la quête d’un homme résolu à en finir avec la vie et qui recherche quelqu’un pour l’enterrer prend des dimensions qui n’ont plus rien à voir avec le sujet initial. La thématique du suicide devient le prétexte à une véritable poétique de la vie, débouchant sur une séquence finale qui en laissera plus d’un sur le carreau. Je pourrai disserter interminablement sur les différentes composantes à l’œuvre dans ce film… Je préfère m’incliner, tout simplement, et venir ici rendre hommage à un travail exceptionnel.
Voilà comment en très peu de mots, nous pourrions décrire ce film si particulier : Le Goût de la cerise (1997) est un road movie dans la banlieue de Téhéran, où un homme, à bord de son Land Rover, part à la recherche d’une personne pouvant lui rendre un important service. Pas le genre de service que l’on peut facilement demander à son voisin ou à l’épicier du coin, non, là le sujet est grave, c’est du sérieux, d’ailleurs le film est plus un drame sociologique qu’une comédie. Il pourrait être aussi un très bon somnifère, car entre nous, dans ce film, il ne se passe pas grand-chose, beaucoup de plans fixes, longs et sans paroles. Mais serait là, voire le mauvais côté des choses, car en fin de compte, on assiste ici à un film très réfléchi, que nous, occidentaux, ne sommes pas tous obligés de comprendre à 100%, tant le film est sinueux. Une œuvre complexe, belle et contemplative, une œuvre qui a tout de même bien mérité sa Palme d’Or lors du 49ème Festival de Cannes en 1996 !
Un homme qui veut mourir et qui cherche de l'aide. Il se confrontera à trois hommes, à trois raisons qu'on lui donne de ne pas mettre fin à ses jours. Sur fond de conflits afghans et kurdes, "Le goût de la cerise" est un hymne à la vie. Entre un timide, un prophète et un taxidermiste optimiste, le personnage principal du film confie son désir de mort sans jamais donner la raison d'un tel désir. Le spectateur assiste à ces rencontres pour le moins inattendues qui sont, chacune à leur tour, plus percutantes de naturel et de simplicité. Le réalisateur, sans tomber le détail et dans la névrose de son personnage laisse transparaître son malaise par son attitude et les regards vides qu'il lance à un payasage désertique, métaphore de cette même vie que cherche à fuir notre héros. Rien n'est mis en place pour que l'on s'attache à cet homme et on ne s'implique pas réellement sentimentalement dans l'histoire, le réalisateur laissant une distance jamais vue entre ses spectateurs et l'histoire pour qu'il puisse lui-même se faire une opinion de la notion de suicide ... Captivant !
L'anecdote qui a donné son titre au film : "Un suicidaire qui a noué une corde autour d'une branche s'aperçoit qu'elle n'est pas fixée assez solidement, il monte dans l'arbre pour y rémédier et pouvoir mettre fin à ses jours tranquillement. Une fois sur la branche, un chapelet de cerise lui fait de l'oeil, il en croque une, une deuixième puis une troisième, une quatrième puis une cinquième... Il descend de l'arbre, laisse la corde en suspension, et prend la route." Philosophie à méditer, belle leçon de vie.
Extraordinaire, Le Goût de la Cerise obtint la Palme d'Or du festival de Cannes en 1997 ( ex aequo avec L'Anguille, magnifique film japonais ). L'idée originale est poignante: un homme d'une cinquantaine d'années cherche de l'aide auprès de trois personnes pour organiser son suicide: un jeune soldat timide, un étudiant en théologie intègre et un taxidermiste optimiste. L'histoire se situe principalement dans la banlieue de Téhéran, et l'on suit le parcours de cet homme dépressif et désespéré ( l'acteur principal habite littéralement le film de Kiarostami ). Par le biais d'une mise en scène épurée et d'un important travail sur le hors champ, le film de Kiarostami laisse une place à quelque chose de trop rare dans le cinéma actuel: l'imaginaire du spectateur. Après tout, la personnalité de cet homme suicidaire n'est jamais totalement dévoilée, et l'on ne sait pas grand chose sur son statut social ( est-il riche ?pauvre ? marié ? ). Le dénouement est pour le moins surprenant, et renforce davantage cette sensation de mystère que respire le film. Un chef d'oeuvre de subtilité qui mérite amplement sa Palme d'Or. Abbas Kiarostami est certainement l'un des plus grands cinéastes actuels.
« Le Goût de la Cerise », palme dor au Festival de Cannes 2001, est un constat autrement plus dépressif. Un homme, en voiture, traverse la banlieue de Téhéran à la recherche de quelquun qui acceptera denterrer son corps après quil se soit suicidé. Il voyagera quelques instants avec un soldat, un étudiant en théologie et un taxidermiste, chacun évoquant sa conception du monde face à lidée du suicide, fait ô combien sacrilège en Iran. La fin du film, déstabilisante au possible, est lun des plus hauts faits du cinéma kiarostamien.
C'est un film dur à la fois dans l'image et dans ses propos. Il y est constament question de la mort. Mais c'est traité d'une telle façon qu'on se pose des questions intelligente sur une question qui nous concerne tous. J'ai bien aimé la parabole comme quoi la mort nous attend toujours au bout de la route. La palme d'or est emplement méritée.
Un homme a perdu l'envie de vivre. De cette simple prémisse, avec trois fois rien, Kiarostami réalise un miracle de cinéma. La fin est une des plus étranges qui soient. Un film immense.