Passé le récapitulatif très long et très dispensable du premier opus (10 minutes de séquences en accéléré et sans le son : on ne comprend rien si l'on n'a pas vu le Superman de 1978), vous aurez le plaisir de regoûter à l'humour enlevé du premier film (les méchants qui sont toujours aussi cartoonesques, et qui s'évadent en montgolfière, Clark qui s'étonne d'avoir accroché son chapeau parfaitement en lancé retourné... Même accrocher son chapeau, Superman le fait mieux que vous), ceci couplé à une avancée majeure dans l'intrigue :
Loïs découvre enfin l'identité de Superman
. Elle qui n'avait pas chômé en tentant de se jeter dans une cascade pour forcer le héros à se dévoiler, c'est finalement
un bête feu de cheminée qui aura la peau de son alter-ego aux yeux de sa Belle
... La première partie de ce deuxième film fait douter sur l'appréciation assez basse (comparée à l'opus précédent) qu'il se trimballe, mais on comprend rapidement mieux les raisons de cette chute d'opinion en seconde partie : on s'ennuie ferme. Loïs et Clark content fleurette pendant que les trois parias de Krypton mettent la planète à feu et à sang, et le retour du héros tarde vraiment trop (on se fiche ouvertement de la Lune de miel, d'une niaiserie accomplie, mais le scénario tient à nous la montrer longuement). Comment ne pas s'agacer aussi de la décision égoïste de Loïs face à Superman qui
renonce à ses pouvoirs pour elle (d'accord, c'est romantique, mais qui pense aux victimes à sauver ?...)
. Ça ne correspond pas du tout à son personnage clairvoyant, malin, et rationnel. Après la bataille finale (on avance, puisque les scènes ne sont pas forcément très intéressantes, en gros : les parias soufflent sur les gens), Loïs avouera son égoïsme comme une faute de sa part (ce qui rajoute une couche au fait que son personnage est devenu une simple faire-valoir niaise du héros, dommage). Ce Superman 2 n'est pas totalement honteux (la première partie et les rares apparitions de Lex Luthor le sauvent), il est clairement en-dessous de son opus précédent, se cantonnant à une romance longue et dispensable, et une attaque assez ridicule des méchants (à part s'ils ont mauvaise haleine, à la limite). Prenez un chewing-gum (Émile).