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Un visiteur
2,5
Publiée le 25 août 2011
Il faut l'admettre que le talent de Kitano devant et derrière la camera et sans reproche, Kitano crève l'écran, la musique et magnifique, mais je préfère de loin son film "aniki mon frère".
Du grand Kitano devant et derrière la caméra. Très peu de dialogue et pourtant tant d'émotion. La violence pourtant si brute donne dans le lyrisme, la poésie. C'est violent et sensible à la fois. Du cinéma que nous ne verrons plus.
Mon premier film de Takeshi Kitano. Sorte de poésie contemplative, Takeshi Kitano nous livre ses talents de réalisateur, scénariste, acteur et monteur. Aux premiers abords Hana-Bi peut sembler déroutant mais on se laisse rapidement convaincre par la narration du réalisateur Nippon même si elle se révèle assez longue par moment. Le tout est magnifié par la musique qui m'a fait beaucoup penser aux rpg Japonais comme les Final Fantasy ou Tales of (on trouve mieux comme comparaison oui !). Kitano fait aussi la part belle à la violence que j'ai trouvé assez inattendu, tout en évitant de tomber dans le gore outrancier et vulgaire. Cette brutalité met en avant la froideur de Yoshitaka Nishi, froideur qu'il abandonne lorsqu'il se trouve avec sa femme malade. Car oui Hana-Bi est aussi une histoire d'amour, certes très étrange et sortant des sentiers battus mais une belle histoire. Je pense qu'on ne peut rester indifférent face à une telle œuvre. Il faut aussi se laisser bercer par la beauté des images.
Le plus crépusculaire des films de Kitano, le plus singulièrement émouvant aussi malgré ce côté parfois un peu ésotérique qui s'explique par ce mélange des thèmes (film de yakusas et de road movie). Mais la mise en scène est un régal, avec un sens du hors champ réjouissant et toujours, cet humour pince sans rire caractéristique des films de Kitano qui s'exprime souvent sans dialogues. La partition d'un Joe Hisaichi particulièrement inspiré renforce ce sentiment mélancolique auquel, à la fin de ce si beau film, on est toutefois heureux de succomber ...
Kitano m'a desaxé dans ce role. Cette histoire simple, douce et pourtant violente est si bien porté par la subtilité de la camera de Takeshi que chaque petit detail, chaque tic du personnage, devient boulversant. Malgré qu'il usent legerement de roles à repetition, Kitano est toujours inoubliable dans chacun des siens. Une grande fable moderne, subtile et violente: du grand Kitano. Bravo!
Je ne sais plus s'il s'agit d'un film ou d'une exposition de ses peintures... Une première demi-heure incompréhensible (même si peu à peu il retombe sur ses pieds), aucune émotion dégagée, aucune expression, pratiquement aucune parole de sa part, un thème délaissé au profit de "gags violent", et sans arrêt ses tableaux (en guise de décor ou sous les pinceaux d'un autre acteur), c'était sympa dans Battle Royale mais là ça tourne au narcissisme. J'ai aimé une scène, celle de la cloche...
Takeshi/ Filmer l'omniprésence de la mort, de la souffrance qui anéantissent.
Beat/ Faire jaillir de l'écran des éclairs de bonheur, de bravoure, de partage.
Comme on le sait c'est toujours le réalisateur qui a le dernier mot.
N'empêche qu'Hana-Bi joue de ce paradoxe qui au-dela de son drame redonne incroyablement joie de vivre. L'acteur Kitano est emblématique, classe tout simplement: Il est le Clint Eastwood asiatique qui transperce l'écran quasi démiurge des mondes dans lesquels ils évoluent et jugent devoir donner la mort lorsque cela rentre dans l'évolution de ce monde.
Peut ainsi faire penser à Million dollar baby dans son approche.
Il y a plein de choses que j'apprécie dans la culture japonaise, mais Hana-Bi n'en fait pas partie. C'est ennuyeux et lent, exagéré... Le personnage principal ne parle presque jamais, il est totalement inexpressif et castagne tout ce qui vient le chatouiller en mode mec impossible à arrêter. Pour autant, c'est un dur au cœur tendre, mais c'est subtilement montré au travers d'un type placide et de sa relation invisible avec sa femme au comportement infantile. Il faut quand même signaler qu'au milieu de ce film de Kitano, on trouve l'acteur Kitano, et aussi de l'art de Kitano ; j'ai résisté à l'envie de Kitano le film avant la fin, dans l'espoir d'une dernière partie intéressante. Mais c'est le vide intersidéral, et au lieu d'acteurs sur-expressifs qui auraient gâché l'ambiance, on a des acteurs sous-expressifs qui surjouent cette ambiance de vide absolu. Bref, j'ai trouvé l'aspect poétique bien artificiel, et le film bien indigeste ; je ne le recommande pas. Et si vous apprenez le japonais et voulez regarder un film pour vous habituer à la langue, passez votre chemin, les dialogues de ce long métrage doivent tenir sur un timbre poste.
Sa femme atteinte d'un cancer en phase terminale. Leur fille morte quelques années plus tôt. Son ami et collègue handicapé Partit comme ça, ne on risque pas de rire. Eh bien malgré toute attente, si. Pour nous faire oublier cette mélancolie dont shabille la vie, Kitano réagit tour à tour avec une violence extrême et avec un humour japonais tout en douceur et subtilité. Oui Kitano est un homme violent qui nhésite pas à planter des baguettes dans les yeux des autres, mais Kitano seul peut parvenir à replanter la vie là où elle semblait être totalement fanée. Et oui Kitano a un humour parfois enfantin et pure qui nous arrache rire et larmes de pure émotion mais Kitano peut abattre froidement et sans remords quiconque se met en travers de son ultime route. Cest toute lasymétrie complémentaire de ce film qui ne cesse de remuer nos sentiments sans jamais user de facilités ou deffets mélodramatiques. Et finalement, Kitano parvient à entraîner le cur du spectateur à lintérieur de lessence même de son film : vivre sa vie jusqu'au bouquet final dans une explosion de joie et de couleurs, avant que ne s'installe le silence...(+de critiques sur http://www.guillaumetauveron.com/Textes/chroniques_films.htm)
Ce film est tout simplement superbe. Un des meilleurs de Takeshi Kitano. C'est à la fois doux et dur, poétique et violent, émouvant et envoutant, bref c'est BEAU.
Commençons par le principal défaut du film : malgré sa courte durée , il traîne en longueur. Il y a de courts moments de violence qui ponctuent des scènes contemplatives pénibles. Entendons-nous je ne reproche pas au film de ne pas avoir d'intrigue, je lui reproche de n'avoir rien d'autre à proposer en l'absence d'intrigue. Ensuite, autre défaut majeur : nous ne sommes ni en présence d'un film policier ou de Yakuza, ni en présence d'un film romantique, à la rigueur d'un film sur la mort, mais en mode "passez il n'y a rien à voir" et certainement pas un film contemplatif, car il n'a aucune photographie, mais un mélange de tout ça à la fois. Dernier défaut, le manque de rythme. Comment Kitano fait-il pour avoir un si mauvais timing et tartiner des plans d'une platitude complète ? La seule qualité que je trouve au film, c'est le rôle principal, Kitano joue Kitano, mais il le fait bien. Donc un film pour les amoureux du bonhomme, les autres vous risquez de vous ennuyez ferme et d'avoir subit un teaser d'1H40.
Hana-Bi : "feu d'artifice" en japonais. Spectacle pyrotechnique, fait de pièces lumineuses explosant en plein air. Souvent utilisées pour célébrer des événements importants.
L'amour est un événement important. Ne serait-ce qu'un bref moment à jouer aux cartes, à se promener sur les bords de mer, rire sur des choses simples, tous les feux d'artifice du monde ne sauraient imager ce plaisir simple mais immense qu'est d'aimer et être aimé. Le feu d'artifice n'est que la flamme aux lueurs infinies qui brille de tous les éclats entre 2 êtres sur le déclin. Hana-Bi, c'est la mort, c'est l'amour, c'est la violence qui symbolise le long combat pour profiter de ce qui nous est le plus cher. Hana-Bi, c'est une capsule temporelle dans laquelle on partage les moments d'un couple en proie aux démons du passé, à la cruauté du monde et à l'imminence de la mort, inéluctable, qui guette en permanence les vies de Nishi et de Miyuki qui ne semblent faire qu'une.
Hana-Bi, c'est l'aboutissement absolu de la carrière de Takeshi Kitano, qui ne s'est pas arrêté en si bon chemin mais dont les lueurs crépusculaires sont ici les plus scintillantes. C'est une réitération des thématiques chères au cinéaste : de nouveau les yakuzas sont prétextes à aborder l'ambiguité de notre humanité comme dans Sonatine, et surtout la mort, ici plus présente que jamais dans l'œuvre du maître nippon fasciné par cette dernière et qui y aura porté un regard différent au travers de sa filmographie. Dans Hana-Bi, plutôt que d'essayer de fuir toute confrontation avec elle, il l'accepte et l'embrasse avec lucidité, telle en est sa fatalité.
Si on peut lui reconnaître les qualités habituelles au cinéma de Kitano, Hana-Bi a une magie en plus qui l'élève au-dessus des autres créations du cinéaste. Il se dégage un mutisme dans la romance qui se passe de mots pour amorcer des enjeux émotionnels incroyablement puissants, mais aussi dans une beauté formaliste à couper le souffle. Je prends en témoin le personnage d'Horibe, devenu paraplégique et en recherche d'un sens nouveau à sa vie à travers la peinture dont il y trouvera le déclic dans une scène bouleversante chez une fleuriste où son seul regard communique une émotion qu'on en pleurerait que pour ça : Kitano capte des expressions infîmes et si immenses dans le visage de ses personnages à travers un rythme lent qui sublime chaque plan du film.
Je pense qu'il s'agit de la meilleure utilisation de la lenteur que j'ai pu voir dans un film. L'ambiance sèche et froide se fait ressentir par de longues scènes sans dialogues ni musique et quand ces deux choses se manifestent elles ne sont que trop puissantes pour les encaisser et en revenir indemne tant le film remue dans tous les sens. Quelque part entre la grande violence, la sobriété, la poésie et l'amusement, nos sens et nos émotions sont constamment invoqués par la puissance du récit, à travers un échange de regard qui en dit long, de la violence graphique qui reste en tête ou un pur instant de poésie portée par la musique absolument magnifique de Joe Hisaishi, le mélange des tons tient à une quantité infîme de choses et arrive à toucher juste, en plein cœur. Un véritable jeu d'équilibriste pour une magie envoûtante de bout en bout. L'expérience a beau être assez courte, sa portée se fait ressentir des jours durants.
Hana-Bi fait parti de ces œuvres tellement uniques, tellement riches et tellement abouties qu'il est compliqué d'y placer des mots. Personnellement j'ai mis une bonne demi-heure avant de prononcer le moindre mot après un tel choc. J'ai déjà été touché par la grâce face à des films de Takeshi Kitano, il tient là une toile de maître. Un chef-d'œuvre au sens littéral, esthétique et poétique, crépusculaire et d'une tristesse infinie, Hana-Bi est une pépite comme il n'y en a pas deux pareilles. Une claque monumentale que l'on ne voit pas venir dont l'émotion n'a de cesse de nous suivre pendant et après. Un immense film.