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Un visiteur
3,5
Publiée le 12 mai 2013
Pari risqué, mais Tavernier relève habilement le défi. La fresque est prenante, émouvante voire précieuse. Le jeu d'acteur est remarquable. Sans prétendre au réalisme, Tavernier entre pleinement dans le sujet, avec lucidité et une franchise qui rappelle à maints égards le talent d'un Renoir. Les questions délicates sont soulevées, sans artifice, extrêmement finement : qui gagne une guerre, héros ou criminel, qui est responsable de la violence commise par certains hommes? Au milieu de tout cela, le portrait de Conan est habillement dressé, et tout en se rapprochant d'un certain idéal type, Tavernier parvient à le faire exister. Oeuvre bien écrite et réalisée, qui parvient à toucher à la fois notre esprit d'historien et notre oeil de cinéaste. (14.4/20)
Adapté d'un excellent roman de Roger Vercel (avec qui j'ai le point commun de la ville de Dinan, c'est pas rien !!!) qui prend comme sujet celui méconnu des soldats, des guerriers plutôt, de la Première Guerre Mondiale qui ne peuvent vivre autrement que par et pour la Guerre et sont totalement incapables de s'adapter à la vie civile, "Capitaine Conan" parvient aussi à être une très bonne œuvre de cinéma même si Bertrand Tavernier ne peut hélas s'empêcher de se laisser aller à sa mauvaise habitude à savoir se montrer très didactique dans sa critique, ici de l'Armée, et ne pas faire suffisamment confiance à l'intelligence du spectateur (contrairement au roman !!!). La reconstitution est convaincante, les scènes de bataille sans avoir le réalisme d'un "Soldat Ryan" ne manquent pas d'ampleur, et les acteurs sans être transcendants s'en sortent pas trop mal ; même Samuel Le Bihan c'est dire. L'ensemble ne manque pas de souffle ce qui n'est pas négligeable non plus et de quelques très bonnes répliques ; juste dommage que le roman n'ait pas été adapté par un cinéaste plus subtil dans la critique sinon ça pouvait faire un chef d’œuvre, enfin bon...
Faire un film sur la mission Berthelot, évènement très peu connu de la Première Guerre mondial est déjà une excellente idée. Le confier à Bertrand Tavernier est un exploit. Comment garder tout le sérieux d'un sujet tragique tout en rendant le film drôle et captivant. C'est un véritable coup de maître, on est à cent mille lieux des clichés sur les tranchés. La paire du juste (Le Bihan) et du brave, magistralement interprété par Torreton, y est pour beaucoup. Réaliste et précieux, Capitaine Conan est avant tout un film nécessaire.
«Capitaine Conan» (France, 1996) de Bertrand Tavernier constitue, avec «La Vie et rien d’autre» (1989), un diptyque reposant sur la liaison de la guerre avec la mort. Si le film de 89 chemine de la mort à la vie par le truchement de deux idylles et d’un retour salvateur de l’homme à la terre (rengaine communiste), le film de 96 inverse les pôles et décrit, dans une avancée peu décelable, la chute du haut de la vie au pied de la mort. Capitaine Conan est un guerrier, le soldat d’une guerre qui ne semble avoir attendu que lui pour se déclarer. Joué avec férocité et fièvre par Philippe Torreton, ce capitaine français perdu dans les montagnes des Balkans en pleine première guerre mondiale, trouve sa vocation : la lutte. Les personnages principaux de Torreton chez Tavernier sont des hommes d’action forts, armés de leur pleine volonté contre une pensée trop engoncée dans leurs idéaux et trop peu impliquée sur le terrain. Les plans très mobiles de caméra qui grimpent au sommet d’une montagne, qui s’élancent le long des couloirs dans lesquels ça meurt et sinuent dans les rhizomes de la guerre où seule la force des soldats peut ouvrir un sentier. Au sein de cette guerre, l’armée française se livre bataille en laissant se défier l’immuabilité de la justice et la relativité émotionnelle, en fonction des valeurs militaires. Par extension, et dans une mesure plus générale, «Capitaine Conan» met en crise l’intellect et l’affect. Incarnés respectivement par les personnages de Norbert et du Capitaine Conan, l’intellect et l’affect sont pauvres et démunis quand l’un manque à l’autre. La conclusion de Tavernier et Cosmos achève le récit sur une touche moribonde : se retrouvant après de longues années de séparation, Norbert et Conan sont tous les deux les âmes grises d’un monde pénible, celui qu’ils ont abandonné après avoir achevé leur collaboration. La mort surgit quand ils se retrouvent, renforcée par les années où intelligence et instinct s’étaient dissociés.
La mise en scène de Bertrand Tavernier me subjugue toujours. Pas un seul cadrage de manqué, pas un plan en trop, on touche avec ce film à ce qui se fait de mieux en la matière. Les décors sont renversants, les paysages sont terrifiant, les impacts d'obus et les tranchés sont plus vrai que nature. Le casting est de haute teneur, Philippe Torreton accapare quelque peu l'écran mais les autres noms tiennent également leurs rangs. Quand à son acteur titre, celui-ci sort sans aucun doute l'une des plus grande interprétation de sa vie. Le mimétisme et la force qu'il apporte à son personnage est tout bonnement renversant et fascinant.
Les films qui parlent d'un passage méconnu de notre histoire sont toujours importants, malgré quelques longueurs celui-là ne fait pas exception en nous rappelant quelques événements oubliés de la première guerre mondiale.
Film poignant magnifié par ses interprètes, Philippe Torreton en tête. Reste qu'il n'est malheureusement pas avare en longueurs. Et l'ennui guette rapidement tant il manque de rebondissements... Une réussite en demi-teinte de Bertrand Tavernier.
Dire que les pays anglophones ont réussi à mieux retranscrire l'ambiance de la 1ère Guerre sur la pellicule que les français, ça c'est un comble ! Un film adapté par Tavernier, réalisateur plus que conventionnel, du roman de Vercel, qui n'est pas déjà une histoire fort intéressante, puisque l'intrigue se déroule après l'armistice, là justement où il n y a plus personne à combattre, sinon de misérables autochtones ( même si le sujet est de base intéressant ), le film de Tavernier se concentre sur le quotidien des soldats et des généraux, sans grande conviction et avec une mise en scène extrêmement plate et paresseuse ( toutes les séquences en steadicam ... ) et des acteurs qui ne font que réciter leur texte, surtout Torreton qui reste le plus flagrant de tous, on n'y croit pas une seconde, déjà dès le début. Les scènes de bataille pareillement, non monsieur Tavernier, faire courir des soldats dans les plaines en ajoutant des petites explosions ne suffit pas à récréer ce que Kubrick par exemple a su faire avec brio. Tout est d'une platitude incroyable, les personnages creux, les séquences de guerre et de conversation avec des dialogues qui n'ont aucun naturel, romance à deux ronds, aucune progression dramatique ni de quelconque émotion, la musique larmoyante forcée ... à part la lumière ( et encore sur certains plans c'est limite ) et les costumes je ne vois pas grand chose à défendre.
Film historique qui se distingue par son contexte atypique, le front des Balkans à la fin de la première guerre mondiale et durant les mois suivant l'armistice. Les combats sont filmés d'une manière manquant de réalisme, entre explosions de feux d'artifice à la place des obus et affrontements à l'arme blanche sans peur, sans folie et sans sang. Les dialogues de Philippe Torreton sont intéressants pour les expressions et le vocabulaire à base d'argot militaire de l'époque mais l'acteur récite son texte d'une façon théâtrale, ce qui sonne faux par moment. L'histoire,elle, sort des sentiers battus, loin des tranchées de France avec ces anciens des corps-francs en attente de démobilisation à Bucarest ou sur le Danube. Pourtant cela manque d'émotion ou de tension dramatique pour nous concerner au sort de ces hommes. Capitaine Conan le Barbare aurait été une combinaison apportant le dynamisme nécessaire pour en faire un film plus mémorable.
Film qui manque cruellement de cohésion. Pourtant, l'état psychologique des "nettoyeurs de tranchées" est sans doute intéressant, de même que leur statut de bouc-émissaire une fois la guerre terminée.
Bertrand Tavernier est un cinéaste que j'apprécie et "Capitaine Conan" fait figure de film phare dans sa filmographie. Pourtant, ce dernier ne m'a pas plus emballé que cela malgré un contexte historique et un sujet attrayants. On peut également souligner la qualité du casting avec plusieurs grands noms du cinéma français. On peut reprocher cependant à Tavernier son manque de subtilité dans sa critique de la hiérarchie et de la justice militaire. Un peu trop manichéen à mon goût. Cette facilité dans le propos se répercute dans le scénario qui manque de surprise et provoque quelques longueurs par-ci par là. Pas mal mais sans plus.
Un film de guerre saisissant et réaliste, sans héroïsme rajouté, mais desservi par un manque d'empathie et d'émotions, malgré une interprétation remarquable (César pour Philippe Torreton) et la réalisation sobre et cesarisée de Tavernier.
Bénéficiant de la mise en scène magistrale de Bertrand Tavernier ainsi que d'un excellent casting d'où émerge un brillant Torreton, le film pâtit cependant de la multiplicité des trames réflexives effeuillées, rendant le propos fragmenté et les intrigues éparpillées sans que l'empathie - malgré l'indignation possible - ne s'exprime. Le rythme ainsi affaibli, l'ennui se manifeste bien que les dialogues et la reconstitution demeurent de qualité. Trop confus pour convaincre pleinement.
Un peu fade, comme film. Les acteurs sont bons, mais l'histoire n'est pas passionnante malgré l'excellente prestation de Philippe Torreton. La reconstitution de l'époque est pourtant très bonne. Mais l'histoire s'empêtre bien vite et contient de nombreuses scènes peu intéressantes et surtout des personnages secondaires sans saveurs devant l'enthousiasme du capitaine Conan. Il est tout de même à voir pour celles et ceux qui s'intéresse à la Première Guerre. Beaucoup plus soft que la guerre des tranchées, ici, il y a quelques scènes de combats en plaine et sur colline, mais la tragédie et l'émotion sont lointaines.