Bertrand Tavernier nous fait découvrir un aspect méconnu de la guerre 14-18 et nous montre la rude vie de ces soldats qui se battaient sur le front de Bucarest contre les Bulgares et les Turcs. Le cinéaste dévoile une partie de l'Histoire volontairement oubliée malgré le fait que la victoire sur ce front ait fait vaciller deux empires. La guerre, l'incertitude liée à la fin de cette guerre (même les généraux ne savaient pas où ils étaient), la différence entre les soldats et les guerriers, voilà ce dont parle "Capitaine Conan" qui est porté par un Philippe Torreton au sommet de son talent, ayant l'énergie et la gouaille nécessaire pour incarner ce Conan, leader qui ne mâche pas ses mots et qui bénéficie d'ailleurs des meilleurs dialogues du film. Face à lui, une pléiade de superbes seconds rôles se donnent la réplique de Samuel Le Bihan à Bernard Le Coq en passant par Claude Rich le tout devant la caméra virevoltante de Tavernier qui nous offre de réalistes scènes de bataille filmées à l'aide de plans-séquences. Le scénario, inspiré du roman de Roger Vercel, est passionnant et instructif sans jamais être ennuyeux, le cinéaste faisant passer ses personnages avant tout pour une histoire poignante, un grand moment de cinéma.
Encore un film sur la Grande guerre ? Oui, mais doublement original. D'abord, l'action ne se déroule pas dans les Ardennes mais dans les Balkans. Surtout, "Capitaine Conan" apporte de l'eau au moulin de l'école péronniste emmenée par Jean-Jacques Becker. Les Français auraient été consentants à la guerre, et cette dernière aurait révélé leurs instincts barbares. Cette thèse est admirablement personnifiée par Philippe Torreton, magistral. Lui et les autres comédiens bénéficient d'ailleurs de dialogues percutants et efficaces, c'est un bonheur d'écouter leurs joutes verbales. Le seul défaut du film selon moi est finalement le peu de rebondissement que présente le scénario, il est un peu trop mollasson à mon goût.
Une performence d'acteur exceptionnelle de Philippe Torreton et des autres, une réalisation au cordo et une ambiance très prenante qui fait de ce film une référence des réalisations sur la première guerre mondiale.
Rares sont les adaptations qui égalent ou surpassent le support d'origine... Mais force est de constater qu'ici, la force du récit et de son interprétation capte toute notre attention durant près de deux heures. Traité avec brio, ce sujet méconnu de l'histoire de la première guerre mondiale (l'expédition de Salonique) nous montre la guerre dans ce qu'elle a de plus horrible au travers de personnages et situations aussi réalistes que passionnantes..
L’histoire a sa force, mais la forme finit par me désensibiliser totalement puis par m’ennuyer. Que voulez-vous que je vous dise : le cinéma français...
Un film puissant qui traite un sujet interessant et à la fois peu parler dans les livres d'histoire, c'est presque un chef d'oeuvre Français, tres bien incarnaient par de tres bon acteurs.
«Capitaine Conan» (France, 1996) de Bertrand Tavernier constitue, avec «La Vie et rien d’autre» (1989), un diptyque reposant sur la liaison de la guerre avec la mort. Si le film de 89 chemine de la mort à la vie par le truchement de deux idylles et d’un retour salvateur de l’homme à la terre (rengaine communiste), le film de 96 inverse les pôles et décrit, dans une avancée peu décelable, la chute du haut de la vie au pied de la mort. Capitaine Conan est un guerrier, le soldat d’une guerre qui ne semble avoir attendu que lui pour se déclarer. Joué avec férocité et fièvre par Philippe Torreton, ce capitaine français perdu dans les montagnes des Balkans en pleine première guerre mondiale, trouve sa vocation : la lutte. Les personnages principaux de Torreton chez Tavernier sont des hommes d’action forts, armés de leur pleine volonté contre une pensée trop engoncée dans leurs idéaux et trop peu impliquée sur le terrain. Les plans très mobiles de caméra qui grimpent au sommet d’une montagne, qui s’élancent le long des couloirs dans lesquels ça meurt et sinuent dans les rhizomes de la guerre où seule la force des soldats peut ouvrir un sentier. Au sein de cette guerre, l’armée française se livre bataille en laissant se défier l’immuabilité de la justice et la relativité émotionnelle, en fonction des valeurs militaires. Par extension, et dans une mesure plus générale, «Capitaine Conan» met en crise l’intellect et l’affect. Incarnés respectivement par les personnages de Norbert et du Capitaine Conan, l’intellect et l’affect sont pauvres et démunis quand l’un manque à l’autre. La conclusion de Tavernier et Cosmos achève le récit sur une touche moribonde : se retrouvant après de longues années de séparation, Norbert et Conan sont tous les deux les âmes grises d’un monde pénible, celui qu’ils ont abandonné après avoir achevé leur collaboration. La mort surgit quand ils se retrouvent, renforcée par les années où intelligence et instinct s’étaient dissociés.
Un film à voir, même si parfois très dur ... Un autre aspect de la grande guerre, méconnu (car traîtant de l'Armée d'Orient). Tous les acteurs sont exceptionnels. Certainement le meilleur rôle de S. Le Bihan en Norbert André (décevant depuis) en passant par B. lecoq (dans le rôle du lt. de Scève, il est réellement le lt. du roman de Roger Vercel) comme Ph. Torreton est bien le Conan du roman. Parce que la grande force du film est d'avoir su mettre en scène justement l'esprit du roman de R. Vercel (la lecture en est poignante). A ajouter à votre bibliothèque à côté de "Paroles de Poilus" et "Carnets de Verdun". Prenez votre courage à deux mains et visonnez Capitaine Conan, vous ne le regretterez pas. Un film aussi important et poignant que "La chambre des officiers".
Film qui manque cruellement de cohésion. Pourtant, l'état psychologique des "nettoyeurs de tranchées" est sans doute intéressant, de même que leur statut de bouc-émissaire une fois la guerre terminée.
C'est bien filmé, les acteurs sont bons, mais j'ai trouvé cela un peu longuet et ennuyeux. Restent de belles scènes de batailles et un procès intéressant.
Faire un film sur la mission Berthelot, évènement très peu connu de la Première Guerre mondial est déjà une excellente idée. Le confier à Bertrand Tavernier est un exploit. Comment garder tout le sérieux d'un sujet tragique tout en rendant le film drôle et captivant. C'est un véritable coup de maître, on est à cent mille lieux des clichés sur les tranchés. La paire du juste (Le Bihan) et du brave, magistralement interprété par Torreton, y est pour beaucoup. Réaliste et précieux, Capitaine Conan est avant tout un film nécessaire.
Un chef d’œuvre. Une histoire très originale. L’histoire de deux capitaines de l’armée française durant la première guerre mondiale, dont les mentalités sont diamétralement opposées.