C'est du Claude CHABROL. Très bien réalisé et scénarisé. L'ambiance est suffocante, et le paroxysme de la folie de François CLUZET nous fait froid dans le dos. 2 acteurs au firmament pour ce film qui mérite certainement une récompense. Un grand classique à ne rater pour rien au monde.
C'est l'histoire d'une jeune couple d'hôteliers, couple ordinaire et tellement ordinaire qu'il finit par nous ennuyer. Jusqu'au jour ou l'époux devient jaloux et se rend insupportable à tous par ses suspicions injustifiées. Dans "El", Luis Bunuel avait fort bien défini la jalousie à tendance paranoïaque de son personnage par un regard quasi médical; il n'en est rien avec Chabrol -d'après un scénario et un film de Clouzot jamis fini- qui n'arrive à nous convaincre de la psychose de Cluzet qu'avec des artifices très convenus. Les actes et les fantasmes de Paul ne s'inscrivent pas dans une étude psychologique ou clinique rigoureuse et demeurent superficiels, d'autant plus que les causes de ce changement soudain ne sont pas abordées et que le comportement de Paul est ainsi mis en scène qu'il apparait comme celui d'un imbécile plus sûrement que comme celui d'un malade. La femme de l'hôtelier, jouée avec une candide sensualité par Emmanuelle Béart, qui n'est pas sans rappeler l'aguichante provinciale de "L'été meurtrier", ne parvient pas non plus à dépasser les lieux communs de l'épouse harcelée. La progression du mal dont souffre Paul trouve heureusement dans la longue scène finale une grande vérité psychologique. C'est sans doute le seul moment où le couple, et au-delà les comédiens, sait se montrer sincère et attachant.
1 étoile est exclusivement réservée à Emmanuelle Béart sur sa baignoire, seule raison qui ne m'ait pas fait écrire au réalisateur, comment peut-on tenir en haleine pour une telle fin? PLV : à ceux qui pensent qu'un film doit laisser libre court à l'imagination (ils seront servis), pour les autres un blockbuster n'a pas que du mauvais.
Film troublant, vu tardivement sur les conseils d’une amie que j’ai quittée pour des raisons...à peu près inversées à celles du film. Je mets 4 étoiles à F.Cluzet et 5 à E. Béart pour leur prodigieuse prestation, et 2 étoiles à Chabrol, qui, manikéen, n’a pas mis en valeur la responsabilité ambivalente des partenaires dans le couple ; Chabrol n’a fait ainsi, que retracer le stéréotype de la partenaire irréprochable, avec un conjoint bêtement heureux et responsable, devenu malheureusement parano-jaloux évidemment, et classiquement violent. Paul, qui montrait au début de l’histoire un beau personnage jeune, rieur, sociable et entreprenant, rencontre Nelly, jeune, belle, rieuse, aguicheuse, et entreprenante aussi ... Un film à revoir, ou à reprendre…. Avis. Alizer56
Être fou d’amour et en devenir fou de jalousie. C’est le thème qu’aborde Claude Chabrol dans ce film poignant et oppressant. Paul et sa femme forme un couple passionné. Ils sont propriétaires d’un hôtel et ont un enfant. Tout semble aller pour le mieux jusqu’au jour où Paul soupçonne sa femme de le trompé.La jalousie et la folie s’installent doucement mais surement. La vie tranquille du couple va basculer dans l’enfer. Un casting de taille avec deux acteurs au sommet. Nous retrouvons François Cluzet dans un rôle qui ne lui est pas habituel. Mari jaloux, qui tombe progressivement dans la paranoïa. Emmanuelle Béart interprète la femme de Paul. Une femme belle, joyeuse qui aime la vie et les belles choses avec un coté enfantin. Son personnage va devenir de plus en plus profond. Ce film fait réfléchir et traite un sujet que l’on ne retrouve pas beaucoup dans le cinéma bien qu’il soit toujours d’actualité.
Ce sont des bobos gauchos parisiens qui tiennent un hôtel dans un mas de cocagne, et pour pigmenter le film; ils sombrent dans la folie. Un film de Claude Chabrol, c'est un téléfilm sur TF1. Certes il y a l'ambiance Claude Chabrol, cette fois à nouveau dans le sud en hiver hors saison. Une histoire de jalousie. Une jolie actrice néanmoins.
Chabrol filme avec naturel le cheminement torturé de l’homme en regard de la légèreté douloureuse de la femme amoureuse. Les plans sont parfois sauvages. On est loin des longues séquences de réflexion. C’est brutal et en complète harmonie avec l’esprit malade de l’homme. Ça part dans tous les sens parfois. Terrible et intense.
Paul est propriétaire d'une auberge qui tourne à plein régime. Il vit dans un cadre idyllique, dans le Sud de la France. Il est marié à une femme sculpturale qui l'adore. Bref, Paul devrait être le plus heureux des hommes. Sauf qu'au fil des années, la jalousie va peu à peu s'immiscer dans sa tête, au point de le faire partir en sucette... "L'Enfer" est un film à la fois sur le couple, et la folie. On commence avec une simple suspicion, qui au fil des mois va se transformer en maladie. On y verra les mécanismes de cet homme possessif, doutant de tout, s'imaginant toujours le pire, franchissant rapidement un point de non-retour. Chabrol reprend le scénario du célèbre film inachevé de Clouzot, commencé trente ans plus tôt. Mais les thématiques abordées sont intemporelles, et résonnent sans mal encore aujourd'hui. Même si de nos jours on parlerait davantage de perversion narcissique, ou que l'on centrerait plutôt le récit sur la femme, à l'image de "L'Amour et les Forêts". En tout cas, Chabrol y va de sa patte. La photographie chaleureuse et ensoleillée parait volontairement irréelle, personne n'ose croire que ce cadre peut donner lieu à un cauchemar. Le réalisateur se permet également des effets de style percutant pour dénoter la folie rampante (doubles focales, hallucinations...). Jusqu'à un final étonnant et ambigu. Question acteurs, outre Mario David dans son dernier rôle, ce sont évidemment François Cluzet et Emmanuelle Béart qui tiennent la vedette (avec en bonus Marc Lavoine en jeune dragueur !). Le couple est excellent, jouant très bien les étapes du rêve qui se brise. J'avoue avoir ri lors des scènes où le personnage de Cluzet pète les plombs, surtout en public. Son interprétation très théâtrale m'amusant beaucoup. Mais j'ignore quelle était l'intention du réalisateur. Ces scènes étaient-elles tournées au premier degré ? Ou au second pour souligner l'absurdité et la violence des propos du personnage ? Toujours est-il que "L'Enfer" reste un drame poignant et malheureusement terriblement pertinent.
La première heure, assez longue, prend le temps d’introduire ses personnages. Puis la tension monte crescendo en même temps que la folie de Paul. Aux ambitions stylistiques de Clouzot, Chabrol préfère la sobriété, le sujet, dur, se suffisant à lui même.
Entre drame psychologique et polar paranoïaque, ce film met en scène François Cluzet remarquable dans un rôle très complexe, et Emmanuelle Béart plus belle que jamais. Reste un petit goût d'inachevé sur la fin mais le film est brillamment mené et captivant de bout en bout.
Quand la jalousie mène à la névrose et l enfer. Sans fin. Sur un scénario de Clouzot, Chabrol réalise un film dérangeant sur la la spirale destructive de la folie, interprété par deux grands acteurs.
Un film au sujet très intéressant porté par deux supers acteurs . Cluzet incroyable, et Emmanuel très très belle . La réalisation aurait pu être plus punchy on perd un peu les émotions parfois . La fin est assez frustrante . Mais ça reste un film à voir.
Excellente mise en scène et sujet passionnant mais le scénario tourne en rond et reste problématique sur le traitement du personnage féminin (il n'est que caution et jamais problématisé).