"The Remains of the Day" mêle deux histoires. Celle d'un lord britannique ne jurant que par l'honneur, cherchant à éviter la deuxième guerre mondiale en négociant avec l'Allemagne et se laissant abuser. Et la principale, celle de son majordome au professionnalisme désarmant, qui voue sa vie toute entière à son travail. Le premier aspect du film est une vision très intéressante de la politique élitiste et naïve d'entre deux guerres, le second est un mélodrame très touchant. Anthony Hopkins est excellent dans son rôle de majordome qui a des sentiments mais ne fait que les réfréner, et qui s'efface devant les autres pour ne pas les gêner. Face à lui, Emma Thompson tentera désespérément de briser la glace tout en étant aussi professionnelle. Leur curieux couple sera développé tout en non-dits, en phrases anodines, et en émotions cachées. Par ailleurs, la réalisation de James Ivory est impeccable. La reconstitution et la mise en scène sont à la fois sobres et méticuleuses, à l'image du personnage principal. "The Remains of the Day" est donc un film très classique, mais subtil, touchant, et très bien mené. On notera également une courte apparition de Christopher Reeve, impérial dans l'un de ses derniers rôles précédant son tragique accident.
Une intrigue signée par le plus British-minded des cinéastes américains. Située dans l’Angleterre des années 40, centrée sur les relations passionnées mais refoulées entre deux domestiques, « The Remains Of The Day » est très feutré, mais seulement d’apparence. Très bien rendu par un brillant trio d’acteurs, (Anthony Hopkins,Emma Thomson, et James Fox) l’atmosphère très intimiste du film nous brosse en réalité un portrait saisissant du clivage qui divisait l’élite européenne s’agissant des idéaux du national socialisme et de la démocracie. Le tableau de Ivory vise à démontrer comment l’attrait du nazisme par l’élite anglaise a bénéficié de valeurs conformistes intrinsèquement britanniques et qui n’étaient rien d’autre que les vestiges de la société Victorienne.
Remarquablement servi par un duo d'acteur à l'apogée de sa carrière, les vestiges du jour est d'abord un film visuellement éblouissant, et d'une grande richesse intellectuelle. Mais malgré le raffinement et l'élégance, ce qui frappe avant tout l'esprit, c'est l'incroyable douleur psychique et morale des personnages, perdus dans le tourbillon de la vie, et dont personne ne sort indemne....
Sous la forme d'une chronique tenue par un majordome d'un lord avant la seconde guerre mondiale, ce film très intéressant sur la dilution de l'essentiel et le temps qui passe, la frustration de l'amour et sur les doutes, se révèle être aussi une oeuvre captivante sur l'Angleterre des années 30 et sur la diplomatie internationale. Car en effet, Stevens, domestique étonnamment zélé, remarquable par sa conscience professionnelle, assumant en permanence l'organisation d'un service d'une résidence fréquentée par les plus hauts dignitaires occidentaux de son époque, est complètement effacé derrière sa fonction. Et cette abnégation en faveur de son métier qui le mènera à reléguer entièrement au second plan sa vie personnelle, en devient même exaspérante par son professionnalisme à l'extrême qui fait qu'il semble ne penser à rien d'autre ou ne voir rien d'autre que son travail. Par ailleurs si on y réfléchit bien, c'est même étonnant qu'il soit aussi consciencieux d'une part pour son travail et qu'en même temps, il semble n'être pas du tout conscient de la portée d'autres détails de grande importance qui l' amèneront ultérieurement, à devenir pas si fier de sa perfection professionnelle , tout comme il se rendra compte finalement que sa vie est un énorme gâchis. Peut être alors, il est possible pour comprendre son aveuglement qu'il faut replacer les choses dans le contexte de l'époque où les gens suivant leur appartenance sociale pouvaient ressentir ce sentiment d'être inférieur à des personnes provenant d'un rang dit plus élevé.
C'est ainsi, on découvre au fur à mesure de ce film très subtil ce que fut la vie de ce domestique, qui en étant persuadé de servir une noble cause en se mettant au service des plus grands de ce monde, passera dans le futile du quotidien à côté d'une relation profonde avec miss Kenton, l'intendante de maison qu'il avait engagé, animée elle aussi par le même idéal de perfection, et dont il éprouve une affection particulière à son encontre. Egalem
Une romance plus-british-tu-meurs, avec manoir, domestiques, tractations politiques feutrées et surtout sobriété inébranlable : pas un travelling qui soit trop long, pas une transition vers les flashbacks qui soit trop surlignée et pas un pli sur le costume du génial Anthony Hopkins, tout en nuances et tics imperceptibles. La sobriété confine parfois à la froideur, surtout sur deux heures de film, mais elle épouse tellement le caractère du personnage qu’on finit par s’y attacher. Et puis derrière l’impressionnisme apparent du scénario se cache une subtile démonstration (le raffinement est du côté de ceux qui le créent, pas de ceux qui en jouissent) et une romance muette et déchirante.
Excellent. Les acteurs sont merveilleux, l'accent anglais , l'histoire qui mélange la petite et la grande.... c'est beau, sensible et ça vieillit très très bien. Je l'avais vu à sa sortie et déjà adoré. The chinaman
Ce film, je l'ai découvert hier à la télé. Une belle surprise ! Longtemps je l'avais boudé, une historie de majordome, bof et ce titre peu engageant. Hé bien j'avais tort, complètement tort. C'est un film magnifique, plein de sensibilité et les deux principaux acteurs sont extraordinaires. M'intéressent de plus en plus ce genre de films, qui contrairement à ceux qui nous racontent les héros, les sujets dans la lumière, nous parlent des gens des coulisses, des gens de l'ombre, des laborieux anonymes, bref, des gens ordinaires, dont l'histoire peut elle aussi constituer un sujet riche (intellectuellement, moralement) , émouvant et intéressant. Ici un homme digne, attachant bien que très secret et réservé , un majordome donc un domestique qui va se trouver mêlé par les circonstances, en tant que témoin, à la grande Histoire.
Le plus grand role d'Anthony Hopkins,interpretation magistrale d'Emma Thompson,mise en scene toute en finesse de James Ivory et musique en accord. Le film que je verrai et reverrai avec beaucoup d'emotions.Pas un seul instant n'est gratuit,tout ce passe en finesse et la fin est simplement sublime d'émotions retenues.
Ce film traite du sujet peu évoqué au cinéma du monde des domestiques dans l'Angleterre victorienne, véritable institution très organisée et possédant son propre "code de l'honneur". On est tout d'abord impressionné par le flegme et le professionnalisme du personnage principal, brillamment interprété par Hopkins, confondant de naturel (probablement son meilleur rôle), avant d'en découvrir les points noirs: totalement dévoué à sa fonction, il en a oublié de vivre sa propre vie, de voyager, de se cultiver, d'aimer. On passe d'une certaine admiration pour ce majordome brillant dans son rôle, à la pitié devant le vide de son existence. Une réflexion intelligente sur le lien vie privée-vie professionnel, et sur la vie de manière générale, bien mis en scène et interprété avec brio.
2 ans apres le tres beau "retour a howards end", james ivory rassemble de nouveau le celebre duo anthony hopkins / emma thompson dans une autre magnfique demeure, un chateau sublime dans lequel les deux protagonistre vont travaillé. remaquable majordome, anthony hopkins a eté conseillé par un professionnel, et les details sont incroyable, on sent toute la minutie du cineaste de retranscrire avec precision les moindre detail. classieux et grandiose, les decors, les costumes, l'ambiance britannique des année 30 est un epanouissement des yeux. Mais l'oeuvre d'ivory va au dela de ça, en dehors d'une finesse technique, le film aborde une grande mais sinistre histoire d'amour ... d'un amour ressenti par deux etre qui jamais de s'avoueront l'un a l'autre, et mise en scene intelligement qui avec seulement quelque regard la comprehension du spectateur ne se fait attendre. hopkins est d'un froid glacial dans ces sentiment, la retenu qu'il impose est tout aussi grand que sa performance, il incarne un homme droit, de devoir et de servitude, plein de vertu qui ne seront que barriere a l'elegante emma thompson, et c'est dans une scene etourdissante de tendresse que le film atteint la quasi-perfection de l'amour. c'est dans cette grande fresque historienne et romanesque que james ivory n'oublie pas de dénoncé le nazisme, ces vestige du jour est un film a la fois engagé et enivré.
On suit un major d'homme dans la plus grande tradition Anglaise, il vit uniquement pour satisfaire son maître. L'histoire se passant à l'époque de la montée du nazisme en Allemagne, le maître, lord ou je ne sais plus quel titre aristocratique anglais, va virer nazi sous les yeux de son personnel et notament du major d'homme passif devant la situation car obéïssant aux principe de sa profession. On va tout apprendre sur le dur métier de major d'homme, un monde où il ne faut pas juger mais seulement servir et organiser la vie de son maître, lui éviter de faire les basses besognes pour que toute son énergie soit disponible pour la réflexion, bouffer, dormir, etc. Et quelle réflexion, l'aristo de mes deux va financer le nazisme, et par conséquent adhérer aux réflexions Hitlériennes. Hopkins aurait pût faire ce métier sans problème, il joue un major d'homme parfait, sans expressions apparentes devant son maître et les autres huiles, laissant son amour propre dans sa chambre, dur métier franchement, se rabaisser pour mieux satisfaire ces messieux. Le film est un peu chiant comme le métier de major d'homme d'ailleurs. Heureusement qu'il y a cette histoire de nazisme pour pimenter le tout, car l'organisation d'une maison n'est pas passionnante, surtout à regarder.
Un très beau film, très tendre. Il nous raconte la vie d'un majordome joué par le merveilleux antony hopkins, qui réussit à nous contrarier, à nous énerver à cause de son flegme impitoyable ; mais là où il est réellement époustouflant c'est par le nombre des sentiments tus qu'il arrive à rendre, par la finesse de son jeu, trait qui caractérise de façon remarquable le jeu de la quasi-totalité des acteurs du film ainsi que le film lui-même. Et ce notament grâce à une réalisation très intéressante, pleine de symboles, cependant le film devient vraiment captivant quand il nous montre l'abnégation incroyable d'un homme qui se protège contre tout sentiment et qui va, à cause de timidité, d'orgueil, de difficulté à communiquer ses sentiments, inhiber totalement l'amour réciproque qu'il a pour miss Kenton. Le cadre historique : la montée du nazisme, est également décrit de façon tout à fait réaliste et passionante et vient s'ajouter au tragique du film, on a l'impression que tout ce qui se produit est inéluctable d'où, d'ailleurs un certain manque de suspense, d'imprévu, ce qui contribue au seul défaut du film : l'ennui, créé peut-être par une certaine lenteur, le flegme du personnage rendant également les événements assez plats et donc le film quelque peu endormant ; mais il aurait été difficile de faire autrement pour traiter ce sujet. Un très bon film, à voir en priorité.
Très beau film. L'intelligence du réalisateur est soutenue par la prestation exceptionnelle des acteurs. Epouser le point de vue des domestiques pour mettre en scène une des pages les plus importantes de l'histoire du vingtième siècle est à la fois subtile et intéressante. A voir plusieurs fois.
Pour beaucoup "Les vestiges du jour" constitue le sommet de la carrière de James Ivory. Beaucoup ont même découvert le réalisateur esthète à l'occasion de ce film. Cette histoire d’attirance refoulée sur fond de nazisme naissant se déroulant dans le milieu des majordomes au service des grandes familles anglaises est captivante et surtout magnifiquement interprétée. Anthony Hopkins et Emma Thomson sont uniques. Le commentaire qui accompagne le DVD est intéressant et Emma Thomson s’y révèle une actrice très ouverte sur le monde qui l’entoure et en aucun cas prétentieuse. A l'opposé James Ivory est beaucoup moins bavard. L’auteur du roman dont est tiré le film est relativement jeune et d’origine japonaise ce qui peut surprendre vu le caractère typiquement british du propos. On ne peut qu’être fasciné par la description détaillée de ce monde très hiérarchisé des gens de maison où se jouent en sourdine des drames humains sans arrêt relégués au second plan par les obligations de la charge. A voir pour la magnificence des décors et le jeu des acteurs.
Un film très émouvant, une histoire d'amour très ambigüe qui ne tombe pas dans la mièvrerie. Anthony et Emma Thompson sont comme d'habitude superbes. Un scénario fasciant: ce qui est poignant, ce n'est pas que l'amour était impossible: il était bel et bien possible. Un poignant chef d'oeuvre.