Les démons de Annecy
De nouveau, un très bon film de la part de Monsieur Éric Rohmer.
Cependant, je ne dirais pas que j'aime ce film, car j'ai été extrêmement mal à l'aise en le regardant, et Rohmer réussit parfaitement à le mettre en scène. Jean-Claude Brialy, formidable par ailleurs avec sa petite (grosse) barbe, se fait, je ne vais pas dire “manipuler“, mais un peu quand même, par Aurora, la romancière, qui parvient à exploiter, à réveiller les désirs cachés du monsieur. Ce dernier va commencer à être attiré par de très jeunes femmes, du moins il a le double de leur âge. Des situations assez inconfortables naissent avec notamment des plans rapprochés, du point de vue de Brialy, sur certaines parties du corps des jeunes femmes.
Ce personnage est tout autant plongé dans la solitude, il arrive au début du film seul et repart à la fin seul sur son bateau. De plus, il y a un plan très drôle mais en même temps assez terrible, c'est un plan moyen, Brialy au centre quand il comprend que sa future conquête a un petit copain. Ce champ contre champ entre les deux situations est terriblement drôle. Avant que Brialy part sur son bateau très loin tout ceci en plan séquence, il me semble, Rohmer fait souffrir jusqu'au bout son personnage.
J'ai eu cette impression d'être un peu un voyeur durant tout le récit avec tous ses mouvements de caméra assez lents comme si le spectateur était un espion au final et qui ne doit pas se faire remarquer ou bien nous sommes Aurora qui espionne pour prendre des notes pour son prochain ouvrage en plus des dires de Jérôme. De plus, il y a un plan subjectif d'Aurora lorsque Claire fait une mise au point avec son copain qui semble-t-il la trompe avec une autre.
J'aime bien cette idée qu'avec le choix du ratio, chaque journée ressemble à un tableau d'une scènette de vie quotidienne. De plus Rohmer coupe toujours ses journées au bon moment quand tout commence à s'exciter, quand il commence à se passer quelque chose entre les protagonistes, cela permet aux spectateurs de se demander ce qui aurait pu bien se passer entre les coupures de la journée. C'est un peu comme si on regardait une télé-réalité si vous voulez
Que dire de la photographie du film ? C'est sublime, la période estivale chez Rohmer comme dans Pauline à la Plage c'est toujours autant de toute beauté. Tout comme le travail sur le son, on est immergé à Annecy, avec les oiseaux, la pluie, le bruit des vaguelettes...
Bref, un très bon Rohmer même si de tout ce que j'ai vu jusqu'à présent c'est celui qui m'a le plus gêné, c'est pas celui que je reverrais en premier.
Par contre le jeu du gardien de camping bon il a une autorité tu as peur quoi mdrrr même un gamin de 3 ans a plus d'autorité.