La Religieuse
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benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 octobre 2009
La révolte d'une nonne contre des voeux imposés qui prend peu à peu l'envergure d'une passion qu'on pourrait dire religieuse contre l'aliénation même (contre l’enfermement et la discipline monacale, mais aussi la perversion sexuelle ou la débauche). La langue a la force de celle du théâtre classique, la mise en scène est remarquable de sobriété et d'ingéniosité, particulièrement dans la gestuelle des acteurs.
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 février 2024
Oublions son titre de sortie (Suzanne Simonin, la religieuse de Diderot), la polémique de l'époque et surtout la version de 2013, très pâle, de Guillaume Nicloux. L'aura de chef d’œuvre, concernant le film de Rivette, semble un tantinet abusive, tout comme son succès en salles fut certainement causé par le parfum de scandale. Deux couvents, deux ambiances : la fracture est nette entre ces deux lieux où souffre sœur Suzanne, forcée à l'enfermement par sa famille. Cette rebelle, face au sadisme puis à la concupiscence d'une mère supérieure, est traitée dans une austérité et un certain classicisme qui n'ont que peu à voir avec la doctrine de la Nouvelle Vague. Si le film n'est pas ennuyeux quoiqu'un peu lourd, il le doit surtout à l'excellence du jeu d'Anna Karina, omniprésente, dans cette œuvre pas aussi anti-cléricale que décrété par ceux qui ont réclamé son interdiction et qui, évidemment, ne l'avaient pas vu. Rivette a modifié la fin du roman, c'était son droit mais les dernières minutes, vite expédiées, ne sont pas ce qu'il y a de mieux dans le long-métrage. Si jamais un classement des meilleurs films de couvent était réalisé, La Religieuse serait à coup sûr dans un Top 5 mais pas à la première place, l'étonnant La Fourmilière (1971) de Zoltán Fábri lui étant assez supérieur, ne serait-ce que par son traitement moins pesant, plus subtil (et assez insolent) du confinement religieux.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mars 2023
Une adaptation de la religieuse qui a vieilli par certains aspects: le cadre est fixe, l’interprétation un peu théâtral, la représentation d’un couvent du 18e paraît bien sobre (le fait que les nonnes soient maquillées m’a par exemple sauté aux yeux) et quelques autres défauts. Pourtant le film garde une force certaine. Notamment grâce à ses idées de mise en scène comme Suzanne qui apparaît rapidement derrière des barreaux, son cri de révolte couvert petit à petit par le bruit des cloches … La religieuse de Rivette reste encore une forte démonstration de l’asservissement des femmes par la religion sans être pour autant un film blasphématoire. Un film nuancé qui rend sa démonstration d’autant plus implacable.
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 juin 2026
Dès son deuxième film, Jacques Rivette provoque l'opinion publique enfin surtout les institutions religieuses et familles cathos coincées puisqu'il s'attaque ici à l'adaptation de "La Religieuse" de Diderot, lui-même inspiré de la véritable histoire de Marguerite Delamarre, enfin de son procès uniquement.
Effectivement, Marguerite, ici Suzanne qui donne son titre au film, a demandé à un avocat de la sortir de son couvent dans lequel elle avait été admise contre son grée. Là-bas, elle y subit les pires tortures, la mère supérieure tentant alors de la faire passer pour possédée afin de "rationaliser" la haine que Suzanne exprime envers l’institution religieuse et puis aussi accessoirement pour se blanchir de toute la violence morale et physique qu'elle déploie contre elle.
Ensuite, Suzanne parviendra à fuir ce couvent mais pour y entrer dans un autre, beaucoup plus libertaire, voire anarchique lorsque l'on considère l'époque et les mœurs. En effet, malgré un vœu de pauvreté, les sœurs et notamment la mère y affichent une certaine richesse, par exemple à travers des bijoux, des meubles, divers accessoires etc. et ne sont pas bien à cheval non plus sur les heures de prière etc.
Ainsi, le film est littéralement scindé en deux, tout d'abord cette ambiance particulièrement austère où la violence règne en maitre ; c'est d'ailleurs une partie qui rappelle - dans une certaine mesure - la nunsploitation, un genre bis bien particulier, quoique la seconde n'est pas en reste non plus mais pour d'autres raisons... Justement, cette seconde partie, alors que l'on pense que tout est enfin terminé, est presque pire car on sent, notamment à travers la musique, que quelque-chose cloche mais on ne sait pas vraiment quoi. Bien-sûr, je ne le dévoilerai pas ici pour ne pas spoiler mais c'est assez surprenant quoiqu'amené progressivement.
Seul le dernier acte m'a déçu, il semble bâclé alors qu'il aurait presque mérité le même temps d'écran que les deux autres. C'est en effet encore un nouveau chapitre pour Suzanne et pas des moindres ; mais on a l'impression que le film veut soudainement conclure au plus vite. Mais en même temps, ce dernier durant déjà deux heures vingt, je comprends la volonté du réalisateur d'aller à l'essentiel même si cette conclusion laisse alors un sentiment amère.
D'ailleurs, ce sont deux heures que je redoutais mais qui sont passé très vite, notamment car j'adore l'iconographie religieuse, tout en étant fortement athée, et là on est servis et puis car cette histoire est très bien menée, tout d'abord par un scénario qui tient la route même s'il peut paraitre abracadabrantesque et puis par une mise en scène particulièrement soignée dont chaque plan est construit comme un tableau.
Alors, il y a bien-sûr le jeu théâtral et les répliques très littéraires des acteurs, comme si elles étaient tout droit sorties du bouquin de Diderot, mais je trouve que ça fonctionne plutôt bien dans un film comme celui-ci.
Bref, "Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot" pourra être barbant pour certains, ce que j'entends totalement, ou alors une véritable surprise pour d'autres, comme moi-même !
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 octobre 2021
Difficile de voir ce qui avait tant inquiété les censeurs dans les années 60, tant ce film de Jacques Rivette est, comme son héroïne, bien chaste. Suzanne subit en effet tous les châtiments imaginables dans 'La Religieuse' sans jamais se défaire de son innocence. C'est avec un formalisme austère que Rivette choisit de traiter ce sujet ; si cela semble d'abord refléter le propos, cela tend aussi à alourdir ce film très long, qui ne retrouve ensuite son souffle qu'à coup d'ellipses abruptes dans les vingt dernières minutes.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 janvier 2020
Jacques Rivette nous montre que la cruauté, l'horreur et la bêtise n'ont pas de sexe, et que dans ces domaines les femmes n'ont rien à envier aux hommes. Toutefois le calvaire vécu par cette pauvre religieuse finit par devenir pénible et répétitif.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 février 2025
Somptueusement porté par une Anna Karina au sommet de son art, La religieuse (sorti en 1967 sous le titre Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot) constitue l’un des cas les plus célèbres de censure d’État, sous la pression de certains milieux catholiques, et dans une France certainement moins sécularisée qu’aujourd’hui. Ce film de Jacques Rivette est pourtant l’adaptation fidèle d’un roman de Diderot publié deux siècles plus tôt, dans lequel celui-ci s’indignait simplement du sort réservé à certaines jeunes filles de bonnes familles envoyées au couvent alors qu’elle n’en avait pas la vocation. Si l’objet des débats peut prêter à sourire aujourd’hui – ou effrayer, c’est selon, car l’époque n’est pas si lointaine – le spectateur actuel se concentrera plutôt sur l’évidente puissance d’un film qui est d’abord et surtout une ode à la liberté de conscience et qui, bien avant l’heure, dénonçait les pressions et les injonctions de toutes sortes supportées par les femmes. Car lorsqu’elle parviendra à se libérer des geôles du couvent, l’héroïne sera spoiler: victime d’agressions sexuelles de la part de ceux-là même qui auront contribué à son affranchissement.
Bouleversant, et d’une incroyable modernité.
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 octobre 2018
Film de 1966 que le pouvoir gaulliste a tenté d’interdire, La religieuse.reste une œuvre intéressante pour sa réalisation.
Tiré de Diderot, l’action se passe sous l’Ancien régime en 1760.. Anna Karina incarne une jeune fille « batarde » dont la beauté menace l’avenir de ses sœurs légitimes. Ses parents lui imposent le couvent. Dans un premier couvent elle est en butte à au sadisme de la mère supérieure dès lors qu’elle cherche à échapper à l’enfermement. Contacter un avocat, faire appel à la justice est un échec. Dans un second couvent elle se retrouve face à une mère supérieure abusive et son harcèlement sexuel.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 octobre 2018
Un très beau film sur la dure condition féminine ou une femme honnête se trouve condamnée au couvent et livrée aux turpitudes des ecclésiastiques pourtant très en deçà de la réalité qui se dévoile peu à peu
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 janvier 2010
"La religieuse est un film a scandale qui fut censuré en France pour plusieurs raisons. Une des raisons est la représentation très choquante concernant les soeurs, le couvent, les prêtres...etc
mais hélàs cette représentation était réelle au moment des faits a cette époque dans certains couvents et Diderot voulait dénoncer tout ça en l'écrivant. Il était vrai que de jeunes filles se faisaient battre et violer pendant que les parents ne savaient rien maintenant bien sur cela n'arrive plus.
Andrew Person
Andrew Person

4 abonnés 107 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 novembre 2022
Une image superbe et minimaliste dont la netteté existe seule indépendamment du récit, qui lui, comporte de nombreux flous. C'est ce qui permet à Rivette de nous plonger dans une atmosphère conspirationniste, et de jouer ainsi avec le ressentiment victimaire du spectateur, dont le Christ en est, paradoxalement, à l'origine. Parfois, cela nous lasse.
Comprendre ce film est difficile, car le récit s'adonne à une critique du fanatisme au moyen de l'église notamment je crois, axé sur la pratique jésuite (en témoigne le questionnement inquisiteur des abbés :"connaissez vous le jansénisme"?). Anna Karina ne se trouve pas d'avantage libre en sortant du couvant, quand elle esquive les viols et tombe de force dans le péché, la grande prison de l'individu : le libertinage. Il n'est de guide que la volonté de dieu, ainsi les hommes ne peuvent prendre de décisions pour les autres hommes indépendamment de la volonté de dieu. Le film ne répond pas à la question : qu'elle est-elle cette volonté ? Il semble en revanche, qu'il prenne le parti pris qu'elle se trouve dans l'individu, d'avantage que dans la société.. À moins que la volonté de dieu n'ai que faire de l'injustice.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 janvier 2007
La Religieuse, adaptation d'une oeuvre de Diderot, est un film sur les différentes formes d'enfermements. De manière subtile et nuancé, tout y passe. Le jeu d'Anna Karina est merveilleux. Certains plans ressemblent à de beaux tableaux, avec leurs clairs-obscurs et la composition millimetrée. Cependant, ce qui m'a le plus plu, c'est cette manière de tout faire dans la nuance : des personnages horriblements humains, un lyrisme qui n'est pas baveux et surtout, une mise en scéne très juste de l'horreur de la vie qui ne tombe jamais dans le spectacle ou la provocation.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 juillet 2008
Adaptation de Diderot parfaitement reussie de la part de Rivette pour ce film qui a connu bien des problèmes à sa sortie, d'un couvent ou regne l'intolèrance à un autre à l'étonnant ton libertin ou l'on chante plaisir d'amour, la religion n'est pas épargnée, superbe interprètation d'Anna Karina.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 24 janvier 2013
Oeuvre polémique pour l'époque . Et il faut dire que c'était osé . Meme si la mise en scène est classique , le sujet lui est encore d'actualité . L'interprétation d'Anna est juste c'est peut etre son role le plus impressionnant de toute sa filmographie. A voir .
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