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Alexandre
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5,0
Publiée le 9 septembre 2026
J’ai noté Raging Bull 5/5, et franchement, je ne m’attendais pas à autant. C’est le premier film de Martin Scorsese que je vois, je connaissais le nom, j’avais entendu parler de De Niro qui avait pris 30 kilos pour le rôle, mais j’étais un peu sur la réserve. Je l’ai vu au cinéma, et dès les premières minutes j’ai senti que j’allais prendre une claque. Jake LaMotta, boxeur, jaloux pathologique, violent avec les autres et surtout avec lui-même. On suit sa descente, ses combats, ses délires de possession, et on a du mal à décrocher. Ce qui m’a scotché, c’est le noir et blanc. Pas juste un choix esthétique, ça donne un côté brut, presque documentaire, et en même temps hyper stylisé. Sur grand écran, les combats sont d’une intensité folle : les coups résonnent dans toute la salle, le sang gicle, les corps s’entrechoquent, et Scorsese arrive à rendre ça beau et horrible en même temps. De Niro est monstrueux. Pas seulement physiquement. On le sent se consumer de l’intérieur. Sa façon de regarder sa femme, de soupçonner tout le monde, de s’autodétruire… c’est glaçant. Joe Pesci en frère collant et un peu lâche est parfait aussi. Leur relation est malsaine à souhait. Ce qui m’a le plus marqué, c’est que le film ne cherche jamais à nous faire aimer Jake. Il est détestable la plupart du temps. Violent, parano, égocentrique. Et pourtant on reste collé à lui. On comprend (sans excuser) d’où ça vient. La jalousie qui le ronge, la peur de perdre ce qu’il a, l’orgueil de boxeur qui ne sait plus exister en dehors du ring. Quand il finit par s’effondrer, il y a quelque chose de presque tragique. Pas pathétique, tragique. Et le voir en salle amplifie tout ça : on est coincé avec lui, sans échappatoire. Je suis sorti du cinéma un peu sonné. C’est long, c’est dense, ça ne fait pas de cadeau, et pourtant je n’ai jamais eu envie de regarder autre chose. Pour un premier Scorsese, c’est une claque. Je sais déjà que je vais y revenir. Et maintenant j’ai vraiment envie de voir le reste de sa filmographie.
Je l’ai vu il y a 30 ans et j’avais été très déçu, puis dans ma série de films de Scorsese j’ai décidé de le revoir, et maintenant je l’ai beaucoup aimé. C’est vraiment la magie du cinéma : la variation de nos points de vue à propos d’un film, tout au long de notre vie ! Il s’agit comme souvent de la Grandeur puis de la chute d’un homme. Il y a un passage très émouvant lorsque le héros déchu est en prison et qu’il regrette et refuse même amèrement ce qu’il est,
Film qui n'entre pas dans la psychologie des personnage... On observe un babouin mal élevé dans la vie qui encaisse bêtement les coups sur le ring... Quelle idée de mettre à l'honneur un homme aussi pathétique
Fresque tragique d’une intensité brute, Raging Bull transforme l’ascension et la chute d’un boxeur en étude clinique de l’autodestruction. Avec une mise en scène âpre et expressive, Martin Scorsese fait du ring un espace mental autant que physique, où la violence devient langage. La performance hallucinée de Robert De Niro sculpte un Jake LaMotta hanté par la jalousie, la rage et une incapacité chronique à s’aimer. Le noir et blanc, d’une densité presque tactile, accentue la sensation de mémoire déformée et de culpabilité persistante. De cette tension entre maîtrise formelle et chaos intérieur naît un chef-d’œuvre incandescent, d’une noirceur profondément humaine.
oui à l'interprétation magistrale de Robert De Niro. oui au jeu des seconds rôles dont Joe Pesci qui incarne Joey La Motta, frère de Jake La Motta (De Niro) oui à la réalisation de Martin Scorsese qui nous fait passer un bon moment avec ce biopic sur Jake La Motta oui à l'esthétisme du film. Ce noir et blanc va à ravir à l'histoire.
Seul petit bémol, qui m'empêche de mettre 5 étoiles : Scorsese en utilisant les combats de La Motta pour montrer l'état psychologique de l'homme qu'était La Motta (une rage, une autodestruction, ne sachant se protéger) a filmé les combats de boxe de manière non réaliste. Trop de violence, de fréquence des coups au visage et d'absence de garde. On se croirait dans un Rocky. C'est volontairement artistique et symbolique de la part de Scorsese, mais pour un biopic, je trouve cela décevant et gênant.
Note à but personnel: Film Scorcesien par excellence mais sans voix-off. Scorcesien parce que toujours un peu expérimental. Visuellement lui et Chapman (je flex parce que c'est le DP) essaient des choses qui n'ont jamais étés faites, aidés par des décors, tout un attirail d'artistes que les gens prennent à tort pour des techniciens, il y a des blancs qui nous marquent au fer rouge, de la title card à celui dans une cabine téléphonique en passant par un dolly zoom ou un micro qui tombe du ciel au milieu d'un ring de boxe. Au montage aussi, ils expérimentent avec Thelma Shoonmaker, des cuts sur les flash, un montage rapide, vif pour les combats contrastés d'un champ contre champ extrêmement sobre qui peut durer jusqu'a vingt minutes. Je pense que c'est un film qui vaut sans doute le coup d'être vu et revu pour analyser le noir et blanc (un choix), le mouvement de la caméra et le montage. Maintenant comme on le voit à ce que je note, c'est un film qui m'a plus marqué visuellement que par sa narration contrairement à la haine où l'osmose est parfaite. Je mettrai ça sur le dos de l'âge, parce que oui le masculinisme toxique est un sujet que nous avons beaucoup vu depuis, la boxe aussi, que la violence est quelque chose que Scorcese a beaucoup fait donc je n'ai pas été surpris par grand chose autre que la narration visuelle. Sans doute un manque de maturité mais je reconnais néanmoins que c'est un film qui a sans doute été extrêmement innovant lorsque comparé à ses antécédents de boxe mais cette magie là a eu plus de mal à prendre chez moi.
La reconstitution et le contexte historique sont stupéfiants de crédibilité, Robert De Niro est grandiose dans ce rôle. Le film en soi est un exercice de style remarquable, en noir et blanc, ponctué d'images tournées en super 8, les scènes de boxe sont d'une violence inouïe, très réussies, bref on comprend aisément le statut culte du film. Le personnage exécrable de La Motta quant à lui reflète tout ce qui est détestable chez l'Homme, de l'impulsivité aux excès, de la paranoïa à la violence gratuite. La déchéance d'un héros pathétique.
Martin Scorsese réalise un vrai exercice de style dans ce long-métrage en quasi-total noir et blanc, sur l’histoire vraie de Jake LaMotta, le “Taureau enragé” de la boxe. Sur fond de Cavalleria rusticana Robert de Niro est magistral dans son personnage sanguin et paranoïaque. Quelques scènes de boxe prenantes, jamais en excès, et une vraie documentation sur le personnage. On voit aussi dans le film à quel point le profil de la femme au foyer qui se tait était la normalité encore dans les années 60. Les dialogues ont ce mordant propre aux films de Scorsese. Le point fort du film tient dans la lente démonstration de la chute d’une star dont le métier est de défouler sa colère. Le verset final, « Once I was blind and now I can see », est sujet à interprétation.
Le film est incroyable. La musique est vraiment somptueuse. Que dire de la performance hors norme de De Niro. On ne tombe jamais dans la violence des combats de boxe, tout est joué dans un mélange subtil de passion et d’acharnement. Un classique intemporel.
Bien plus que du sport, Raging Bull raconte avec une intensité extrême l’histoire d’un homme violent dans le monde des années 40-50. Jake LaMotta est dérangé, c’est un sale type et tout le monde le sait — mais qui ose le dire en public ? Qui ose le confronter, sinon ses victimes ?
La tragédie de Raging Bull est celle des non-dits et de la toute-puissance de l’homme quand le contexte se prête à défendre ses agissements. Car Jake LaMotta est un excellent boxeur : on ne prête pas attention à la véritable tyrannie qu’il fait peser sur son entourage. Tout se joue dans l’intimité, et les accès de rage qui débordent largement du cadre familial alertent sur la personnalité de Jake, sans pour autant déboucher sur une réaction de l’autorité. Son absence correspond au système patriarcal de l’époque : les femmes sont réduites à des ménagères et à des objets de convoitise et de plaisir, et à leur égard, l’homme s’arroge tous les droits.
La violence commence donc avec la femme, puis elle s’étend à l’ensemble de l’entourage : au frère, pourtant aimant mais clairement dominé, lui aussi, par la figure écrasante ; aux enfants, qui assistent sans un mot aux coups quand ils n’entendent pas les insultes… Tout cela semble normal. Avec notre regard contemporain, on ne peut qu’éprouver un certain malaise à assister à ce déferlement absurde.
Ô Sensei Morihei Ueshiba a dit : « La Voie du Guerrier est basée sur l’humanité, l’amour et la sincérité ; le cœur de la valeur martiale est la vraie bravoure, la sagesse, l’amour et l’amitié. Insister sur les aspects physiques de l’état du guerrier n’est que futilité, car le pouvoir du corps est toujours limité. »
Raging Bull illustre à merveille les limites du pouvoir du corps quand l’esprit est dominé par les désirs étroits, mesquins et la colère. Champion sur le ring, Jake LaMotta a opprimé sans vergogne son entourage ; et rarement un film aura montré avec autant de lucidité l’incompatibilité entre infamie morale et grandeur sportive. Contrairement à un Rocky Balboa, Jake LaMotta est abject sous tous rapports. Rocky s’élève par l’effort et l’amour des siens sans jamais chercher à dominer qui que ce soit — Jake est le mythe inverse : il s’élève par la force et tire plaisir à blesser autrui (et qui blesse autrui se blesse soi-même). Rocky est la figure même du dépassement de soi, des sans-nom à qui la société n’a rien offert et qui grandissent en suivant la voie de l’empathie, de l’amour et de la sincérité. Il doute souvent et donne le meilleur de lui-même pour « tenir la distance », respectant ses adversaires avec une humilité désarmante. Jake estime d’emblée être le meilleur : il ne respecte personne et se croit invincible car, il est vrai, il est fort. Très fort. Alors il est intouchable — et cette certitude le guide. Rocky a des principes, Jake n’en a aucun.
Ironie du sort, c’est sa force écrasante — son outil de domination sur et en dehors du ring — qui aura complètement raison de lui : d’abord face à plus grand (Sugar Ray Robinson), puis par l’usure provoquée sur l’entourage. Le pouvoir du corps est toujours limité, et quand tout le monde le quitte, Jake LaMotta se retrouve seul. Il n’aura détruit personne durablement — sauf lui-même. Chacun se reconstruit, et tout le monde sait quel être humain abject il a été.
Alors, les bourreaux peuvent-ils changer ? Difficile à dire, car Jake LaMotta n’exprime aucun regret. Sans doute sait-il qu’il a été « idiot » — de là à comprendre les racines de son égarement, c’est encore une autre histoire. Cette histoire est aussi celle-là : l’impossibilité de formuler un regret, l’impossibilité de comprendre le mal. Comme pour se protéger de la monstruosité de ses actes passés, il devient un comique minable. Le cynisme est une défense — il est terriblement seul.
Finalement, Raging Bull montre que le triomphe de la force brutale est illusoire, car il ne mène qu’au malheur. Sans harmonie, personne ne peut espérer vivre heureux. « Cultivez la paix dans votre vie et appliquez-la envers tous ceux que vous rencontrez. » Telle est la voie, une et immuable.
En tant qu'immense fan de la filmographie de Martin Scorsese, je me devais de regarder son chef d'oeuvre : Raging Bull. Comme souvent dans les films de Martin, on retrouve l'énorme Robert De Niro et le parfait Joe Pesci. Ce trio est une recette évidente et assurée pour un bon film, Casino est parfait, Les Affranchis excellent et Raging Bull une réussite.
J'ai particulièrement apprécié la manière de raconter la vie de Jack LaMotta, on se penche finalement très peu sur ses combats mais bien plus sur sa personnalité et son incapacité à aimer l'autre. À la Million Dollars Baby, les scènes de combats viennent sublimer l'intrigue et lui donnent du mordant, mais c'est bien les émotions et les relations extérieurs qui définissent ces films et les rendent fabuleux.
Robert délivre ici une prestation magistrale, comme le démontre son implication dans le rôle. Il a pris des cours de boxe des mois avant le film et a pris du poids de manière stupéfiante pour la fin de l'oeuvre. Sa réplique "you fucked my wife" nous rappelle "You talking to me" et rajoute un degré de greatness à cet acteur hyconiq. Il joue parfaitement la haine, la rancoeur et le mal être profond ressenti par ses actions et son comportement. Il semble incapable de contrôler ses émotions, on le sent tendu du début jusqu'a à la fin. Un rôle qui colle parfaitement à De Niro, en sachant qu'il fut celui qui proposa l'idée du film à un Martin Scorsese hospitalisé pour overdose. Ce film définit donc la collaboration exceptionnelle entre ces deux hommes, le premier donne tout sur chaque rôle et le second le comprend et le dirige magnifiquement bien. Donc voila, encore un chef d'oeuvre de Scorsese, pas mon préféré (normal vu tous les bijoux), mais un film vraiment puissant, dont la maitrise du noir et blanc et de la mise en scène est stupéfiante et nous laisse sans mot.
De Niro est tout simplement exceptionnel. C'est dans ce film que je trouve qu'il est le meilleur. Que dire de plus ? Il écrasé tout, même la réalisation et les, pourtàt, très bons second rôles.
Un biopic mené sans fard ni complaisance consacré au boxeur Jack La Motta dans lequel le réalisateur Martin Scorsese se plait à explorer les zones d’ombres et la personnalité contrastée de l’homme dans une mise en scène élégante avec son superbe noir et blanc contrastant avec des combats de boxe filmé avec un réalisme sans égal. Le boxeur est campé par un impressionnant Robert de Niro livrant une prestation mémorable.