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Un visiteur
3,0
Publiée le 7 août 2010
Une belle tragédie, bien qu'un peu lassante. La vie d'une famille durant la seconde guerre mondiale ou quand la petit histoire, faite de convoitise et d'ambition mortifère, rencontre la grande dans ces instants les plus sombres...blablabla. Un classique dans tous les sens du terme : majestueux et imposant mais aussi ultra-archétypal.
Le film est une transposition de Mac Beth au sein de la famille des grands industriels allemands Krupp au moment du nazisme. Au fur et à mesure de la montée en puissance du personnage de Martin Von Essenbeck on a aussi l’impression d’une réminiscence de l’histoire de l’empereur Néron (surtout à la fin, avec l‘affrontement et l‘inceste mère fils). Sur le plan politique c’est une illustration de la thèse marxiste de la complicité entre capitalisme et fascisme. Esthétiquement Visconti a su allier son sens du fastueux habituel avec celui du glauque, du malsain. C’est resté le modèle dominant pour évoquer le nazisme.
GE 3 - nov 15 revu en grand écran ce Visconti excellent mais pas aussi somptueux comme le Guépard ou Mort à Venise. aucun lueur d'espoir dans cette évocation de ce que peut devenir une grande famille dynastique dans un secteur clé (l'armement aujourd'hui?) lorsque la guerre et/ou le totalitarisme pointe le nez. Thullin et Rampling crèvent l'écran de beauté, vénéneuse pour la première, innocente pour la deuxième. D. Bogard m'a moins convaincu. M. Jarre délivre une bande son parfois surprenante, avec des réminiscences de Dr Jivago (??). Le cousin nazi est glaçant à souhait. Le règlement de comptes entre SA et SS ferait penser pourquoi pas aux affrontements sunnites contres chiites, mais je m'égare...La guerre est un thème éternel de pouvoir et de trahison. La qualité obsessionnelle des décors de Visconti est parfaitement rendu avec cette version rénovée.
DVD 2 - janv 10 de la chair et des canons, compétition de cynisme entre puissants et nazis décadence théâtralisée, un ballet irréel et mortuaire
Excellent, tous ses thèmes sont surexploités dans d'autres films et néanmoins il parvient à être très plaisant dans ses gros plans sur les relations et les personnages, spécialement Martin et sa mère Sophie. Les acteurs sont tous merveilleux et la légèreté avec laquelle les situations sont présentées contraste un peu avec la lourdeur de celles-ci. Cela crée un autre contraste: il y avait un côté "film distrayant" dans ce chef d'oeuvre d'un des plus grands réalisateurs Italiens. Il est très probable que cette sensation est très personnelle et sans doute peu partagée mais je tenais à expliquer pourquoi j'ai autant aimé ce film.
Dans les côtés négatifs, pas mal d'invraisemblances notamment du point de vue des jeux politiques et au sommet desquelles se trouve une scène où une fille de 7 ans se pend... Sans oublier que des allemands qui parlent tous anglais c'est assez curieux et dérangeant, je dirais que c'est surtout ça qui lui vaut d'avoir 3 étoiles au lieu de 4...
Un film sur les années 30 qui dépasse largement la dimension historique : un film qui parle de l'humanité en racontant la perte d'humanité. L'horreur en art a besoin d'être belle... "Il n'est point de serpent ni de monstre odieux / Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux"
La scène de la nuits des longs couteaux est impressionnante. Mais j'ai été un peu déçu que les intrigues centrés sur les personnages prennent le pas sur la description du contexte historique.
Une plongée cauchemardesque dans une famille gangrénée par l'arrivislme en pleine montée du nazisme. Une mise en scène flamboyante, une distribution hors pair. Un pur chef d'oeuvre.
Les films mêlant Histoire et destins d'une famille sont souvent l'occasion de grandes fresques avec un souffle passionné, bouillonnant. Et là, Visconti offre une mise en scène très classique, très sobre, très froide, où les événements s'enchaînent avec une lenteur fracassante mais qui nous retiennent pendant deux heures et demi. Une mise en scène complètement à l'image de ces personnages prenant aussi les traits de cette décadence humaine incarnée par le nazisme. Les personnages se détruisent par le meurtre pour le pouvoir et l'argent, la pédophilie, l'inceste. Le plus impressionnant est l'évolution du personnage d'Helmut Berger, véritable écorché vif, souffrant du désamour de sa mère et prenant à la fin les traits de l'officier SS, glacial et stoïque. Personnage dominé par sa mère au début et la dominant à la fin en la poussant jusqu'au suicide. Dans ce rôle-là, le comédien crève l'écran par sa présence, sa sensibilité puis sa froideur. Visconti dresse un tableau impressionnant où chaque personnage de la famille incarne un destin différent face à la montée du nazisme : l'ennemi politique exilé, la femme déportée, le SS "arriviste" prenant du galon ou les nazis convaincus depuis toujours mais détruits par le pouvoir, à l'image du SA et toute la reconstitution de la Nuit des Longs Couteaux. Chef-d'oeuvre.
Réalisateur lyrique et incontournable du cinéma italien, Luchino Visconti se prononce cette fois pour un thème qui lui est très personnel. A savoir le nazisme. Mais là où beaucoup se vautre dans la démonstration où l'histoire cosmétique laisse sur le carreau la réflexion de son public, il est évident que ce piège nécessite à l'auteur un temps assez important pour écrire cette histoire qui ne se voudra d'ailleurs jamais historique. Elle ne sera que romance laissant à son inventeur les libertés d'un passé qui impose fatalement ses limites narratives. Mais le choix judicieusement choisi par le réalisateur sera à la hauteur de son long-métrage. En effet, Les Damnés est un film aussi riche que suggestif. Ce qui demeure pour tout arts l'un des exercices plus difficiles. Mais l'un des plus beaux et des plus respectables. Et partant de cette forme magnifique, Luchino Visconti tisse une famille qui se perd peu à peu dans le piège d'une époque faisant inévitablement tomber ce cabinet des antiques en une ruine de cendre et de poussière. Dès lors, les personnages deviennent des symboles. Fatidiquement, la frontière s'installe et l'oppose à la réalité. C'est néanmoins le choix du cinéaste. Cependant, même si certaines scènes sont finalement assez discutables, l'ensemble est d'une rare puissance. Dans Les Damnés, la pédophilie se marie avec suicide, le capitalisme se lie avec la solitude, et la vie se confond avec la mort. Et tout cela sur un fond de nazisme prenant pour cible une famille assez riche pour transformer cette maladie en une peste aussi inévitable pour sa généalogie que pour sa société. Autodestruction d'une société et d'une classe, Les Damnés aspire à un sens neuf, à un cinéma nouveau. Passionnant.
Un film dérangeant qui mélange nazisme, homosexualité, inceste et vanité bourgeoise. Certains passages sont un peu lourds et pompeux mais les acteurs sont parfaits. La scène du massacre de la "beuverie-partouze" des soldats est particulièrement impressionnante
Visconti signe une brillante tragédie portée par un casting extraordinaire. S'il s'est toujours défendu d'avoir voulu faire un film sur le nazisme, il nous offre pourtant un témoignage ahurissant sur l'Allemagne des années 30 et la déliquescence qui attend les assoiffés de pouvoir et de domination, cela à travers le portrait d'une famille de la noblesse, propriétaire d'une grande aciérie et très tôt ralliée au parti national socialiste. Ce film mêle les intrigues de cette famille sans foi ni loi à ce contexte politique particulier avec une virtuosité indéniable, et de même que le nazisme va devenir de plus en plus dur et monstrueux, les personnages (notamment le trio formé par le futur beau-père/la mère/le fils) perdent progressivement leur part d'humanité, commettant les crimes les plus abominables. Les "damnés" n'auront finalement plus aucun espoir de rédemption, étant allés trop loin dans l'horreur... Une oeuvre fascinante et horrifiante, à couper le souffle.
Ce film mérite 5* sans la moindre hésitation.IL est parfait et ne pas l'avoir vu est une faute pour les cinéphiles.Visconti est le plus grand cinéaste italien et il est dans ce film avec "le guépard"au sommet de son art.On peut détester ce film pour son climat morbide,sa morale effroyable et sa froideur absolue mais on ne peut qu'admirer sa beauté permanente,l' émotion artistique qui se dégage dans les pires moments et sa diabolique intelligence.Du très,très grand cinéma et une leçon de vie pour tous les jeunes adultes.
"Les damnés" n'est probablement pas le meilleur film de son auteur, mais incontestablement l'un des plus grands à avoir touché de près le thème du nazisme, en profondeur, et un des plus grands à avoir décrypté les conséquences catastrophiques de la période sombre, à travers une famille bourgeoise tenant une usine de canons. Une grande saga familiale de 2h30, d'une fureur et d'une complexité qui confine simplement au génie, génie d'un homme qui a toujours su filmer la beauté et l'épurer au maximum, qui a toujours su faire des visages les éléments d'une immense arabesque tournoyant dans un réçit, et qui a toujours vu les choses en grand. Même s'il ne cache pas ses côtés bourgeois (sans pour autant que l'esprit de ses films ne s'en voient gâchés), Luchino Visconti a rendu beau et simple (c'est-à-dire sans accentuer ou romancer) tous ses films. Simple d'un côté, mais profondément torturé de l'autre, "Les damnés" reste l'exemple parfait du cinéma de Visconti, dans cette charge de fureur et de larmes, d'une puissance à la fois contenue, puis exacerbée lors de certaines séquences, à la mise en scène remarquable et ample, dépeignant toute la complexité du sentiment, et aux volutes scénaristiques aussi bien pensées que fascinantes en ce qu'elles amènent de nouveauté, de mystère. Marqué par la technique de l'ellipse et des travellings élargis, Visconti signe-là un de ses chefs-d'oeuvres (comme tous ses films le sont), une oeuvre poignante, amère, torturée et sur-puissante. Un torrent de magnificence porté par la prestation phénoménale d'Helmut Berger. A se damner...
Probablement un des dix monuments cinématographiques du XXème siècle. Une atmosphère à couper au couteau, un jeu d'acteurs extraordinaire, un scenario de première, une mise en scène d'un Visconti (fort bien assisté) au sommet de son art. Qui veut comprendre quelque peu une partie de l'histoire des années nazies se doit de voir ce film.
"Les Damnés" (1969) de Luchino Visconti relate le quotidien décadent d'une famille bourgeoise qui se déciment par ses différences, ses mégalomanies durant la montée du nazisme d'avant-guerre. Si le tout est une pure fiction, le réalisateur italien enrobe son récit d'évenements historiques parcourant l'Allemagne des années 30, comme cette triste 'Nuit des longs couteaux'. On dira ce que l'on voudra sur ce Macbeth transposé, mais on ne peut enlever la beauté décorative et singulière chère au cinéaste. Le seul souci, non moins négligeable, est que l'on s'ennuit poliment. "Le Guépard" (1963) n'était déjà pas ma tasse de thé, mais cette fois ci ce sentiment d'ennui s'est décuplé. Appelons ça le syndrome Visconti! Car le cinéma italien de ses compatriotes Fellini, Antonioni ou Passolini est selon moi son opposé : une parfaite maîtrise de rythme et d'accessibilité pour le spectateur. Et lorsque l'on est dans la déception, les défauts apparaissent plus facilement : Car des SS qui parle l'anglais, cela reste un détail, mais c'est un aspect dommageable à l'oeuvre même. Donc sans être un détracteur de ce film 'culte' somme toute utile, je fais partie de ceux pour qui la mayonnaise ne prend pas.