Sorte de lente méditation, jouant plus avec l'image qu'avec les mots, ce film de Visconti explore la psyché d'un artiste en plein désarroi, questionnant sa vie finissante en contemplant celle d'un jeune éphèbe qui fait son entrée dans le monde. Les interrogations sur l'art, la création, le sens de la vie et la beauté éphémère pullulent tout au long d'une histoire très éthérée, où les regards et l'agitation de Dirk Bogarde traduisent à merveille les tourments intérieurs de son personnage. Ajoutez à cela la musique de Mahler (lui-même source d'inspiration plutôt évidente de cette histoire) et le film se magnifie encore en faisant oublier ses quelques longueurs.
Un film envoutant à l'ambiance sulfureuse et parfois à la limite de la décence morale. Mais Visconti ne transige pas avec son œuvre et tient jusqu'au bout cette passion radicale, jouée avec brio par un Dirk Bogarde déchirant. La bande originale est sublime et le tout est glacé et très émouvant.
Le titre de l'oeuvre annonce très judicieusement cette parabole sur la beauté parfaite, la splendeur absolue qui consument la vie et que le compositeur von Aschenbach, l'artiste raisonnable et intègre entre tous, croyait qu'on atteignait avec de nobles sentiments. Mais la présence à Venise d'un adolescent inabordable, confondant de beauté et de grâce, entraine l'homme vieillissant dans un tourment inconnu et dans la passion funèbre. La mort n'est pas loin, qui couronnera -ou sanctionnera- l'extase tout autant que l'impuissance de l'artiste, cette mort qui se profile, qui vaut mieux qu'une existence terne et qui pousse von Aschenbach à dédaigner l'épidémie de choléra se répandant dans Venise. Dirk Bogarde incarne avec conviction et émotion cet homme que son désir homosexuel inattendu culpabilise. C'est par ce biais "honteux" parmi d'autres, que l'artiste von Aschenbach part à la rencontre de la beauté pure. Et le film n'est jamais aussi poignant que lorsque la musique de Mahler (adagietto de la Cinquième symphonie) recouvre Venise et accompagne la mise en scène crépusculaire de Visconti.
Film qui a le mérite de montrer l'homosexualité comme un sentiment comme les autres. Nous sommes très proche de Brokeback Mountain avec ce petit quelque chose en plus qui fait que ce film est magnifique et indémodable. La musique de Gustav MAHLER est terrible et me fait pleurer à chaque fois que je l'écoute. A recommander à tous ceux qui aiment le cinéma !
Tout le monde ou presque a entendu parler de ce film et, ou de l'œuvre dont il est adaptée. J'ai vu ce film pour la première fois il y a quelques jours. Et comme le dit un critique de cinéma, ce film repose sur une intrigue minime mais réussi à nous transporter dans un monde poétique et légèrement décalé. On découvre un compositeur vieillissant qui tombe sous le charme d'un jeune adolescent. Il ne passe pas grand chose, voire rien pendant le film, mais Visconti nous fait voyager à Venise, à la Belle Epoque.
Etant donné que cette adaptation austère d’une nouvelle de Thomas Mann comporte peu de dialogues et le rythme y très lent, il faut sans doute être dans un certain esprit ou très intéressé par le sujet, pour être sensible à l’esthétique ou aux thèmes de ce film. Et je préfère le dire de suite ce long métrage m’a plutôt ennuyé et m’a laissé indifférent, pour l’instant, car le propos m’a apparu très abstrait.
Mort à Venise raconte donc l'histoire à la Belle Epoque d'un vieux compositeur allemand , Gustave Von Aschenbach (Dirk Bogarde) qui en villégiature à Venise s'éprend, d'un jeune adolescent polonais, Tadzio, représentant pour lui une incarnation de la beauté pure. Et on aurait pu croire à la vue de ce synopsis, que le récit pouvait développer une trame intéressante sur la sexualité des personnages ou le désir refoulé étant donné l'attirance d'Aschenbach pour le physique du jeune homme, et tout en supposant qu'il se sent aussi honteux de l'amour ou des désirs qu'il éprouve pour l'adolecent, comme sa fascination pour Tadzio se cantonne simplement à une relation distante, fait de jeux de regards. Au lieu de cela, le récit semble être un prétexte grâce à des flashbacks mettant notamment en scène des échanges entre le professeur de musique et son ami Alfried, à introduire des discours philosophiques notamment sur la beauté ou la recherche de perfection dans la création, comme Aschenbach contrairement à son contradicteur, estime plutôt que la beauté est le fruit d’un travail rigoureux et acharné de l'artiste. Puis tout le long de sa descente aux abîmes, la narration filmique tend à montrer un homme se retrouvant de plus en plus isolé, et qui voit ses certitudes morales remises en question, à travers des désirs qu’il ressent à propos de la beauté physique d’un adolescent
Egalement, l’autre thème central de cette œuvre contemplative est la question de la mort qui devient omniprésente à travers une menace de choléra qui plane de plus en plus sur la ville
La passion muette et douloureuse d'un vieux musicien sur le déclin pour un bel adolescent en vacances à Venise. Le cinéma de Visconti a des affinités évidentes avec les écrivains de la décadence qu'il a adaptés dans sa filmographie (ici Thomas Mann): contemplation mélancolique du passage du temps, chant du cygne d'une aristocratie qui emporte avec elle une certaine idée de la culture et de la sociabilité, goût pour les histoires d'amour vouées à l'échec, représentation impressionniste des sentiments, lyrisme étouffé par un pessimisme lucide, etc. Il faut aimer ce type d'oeuvres, très datées et parfois un peu indigestes, mais pour les amateurs, Mort à Venise est une magnifique tragédie et l'un des plus beaux films du cinéaste.
Je n'oublie jamais ces regards et cette musique ainsi que ces couleurs qui participent bien sûr à faire de "Mort à Venise" un film à part, un "chef-d'œuvre".
L’âge de toutes les découvertes et de tous les émois fixe sans détour un visage usé, en plein doute, inquiet, solitaire venant quêter une inspiration incertaine dans une ville suffocante associant beauté et laideur dans de mauvaises odeurs persistantes.
La beauté est une abstraction des sens, elle se traque désespérément dans des notes de musiques aux combinatoires mathématiques infinies alors qu’elle s’abrite sous les traits d'un adolescent presque androgyne, insouciant masquant une sureté de soi dans des jeux de plages basiques.
L’artiste bouleversé par une pulsion émotionnelle soudaine s’émiette lentement dans des perceptions naviguant entre homosexualité refoulée et contemplation au bord de la syncope..
La perfection n’est plus sur une toile ou dans un son elle est blonde et masculine. Provocatrice elle se laisse admirer en s’ajustant au regard d’un intellectuel au portes de la vieillesse éveillé par une sublime apparition de chair et de sang remettant en question l’approche d’une beauté considérée comme impalpable si elle n’est pas en rapport avec les arts.
Lent et peu bavard Mort à Venise accompagné de la somptueuse et désespérante musique de Malher touche par la grâce un personnage hautain, contemplatif éloigné d’un site de vacances déroulant ses procédures internes communicatives jugées dérisoires et sans âmes par un intellectuel en quête de la révélation suprême.
Un film extraordinaire, magnifique, sensitif à l’extrême sur l’emprise des sens et son mécanisme d’aliénation et de destruction s’acharnant impitoyablement sur une machine à penser déclinante complètement périclitée par une image sublime qu'elle ne peut saisir que par l'extase.
Je n étais peut être pas dans de bonnes dispositions mais je n ai pas apprécié grand chose. Jusqu au bagage égaré je me suis beaucoup ennuyé. Les scènes m ont paru très longues et sans intérêt. Ainsi, la traversée du bateau m a semblé interminable. C est l ouverture du film, on ne sait rien de ce que le film va raconter, et on a droit à 20min de traversée en bateau où je pense qu il ne se passe rien, on n apprend rien sur ce que le film va raconter, le film ne fait rien pour nous intéresser. Les images sont normalement belles, pas spécialement remarquables. Tout juste comprend on t on que l homme ressent un mal de vivre, de l ennui. La seule chose qui dynamise ce très long début est l agression du comique chanteur. Sauf que je m ennuyait déjà fermé et aussitôt la se hence passer, que le film repart sur sa trajectoire sans parole, sans but et avec très peu d action. L épisode du gondolier est inutile. C est incroyablement long si le but est juste de dire que l homme est veule et si ça dit plus, je suis passé à côté..
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Je me suis tellement ennuyé que je n avais rien remarqué lorsque l homme commence à enquêter sur les événements qui sont cachés aux touristes.
Je me suis tellement ennuyé que la seule chose qui a tellement retenue mon attention de tout le film, c est la chemise blanche du jeune homme avec ses broderies. La seconde fois qu on le voit avec, je me suis persuadé qu il porte une chemise de femme et j’ai passé la fin du film à espérer le revoir avec et regarder ses boutons. Je pense que visconti a voulu une ambiguïté sexuelle dans l apparence du jeune garçon et je me disais que cette chemise la renforçait.
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J ai bien remarqué des petites choses, telles qu une très forte présence de musique d orchestre, un peu trop. Et qu au moment de retrouver son inspiration il y a bien un silence qui précède afin que le spectateur ne puisse pas manquer de remarquer que la musique commence en même temps qu il compose et que donc, ce qu on entend est le résultat de son travail. C est bien fait, mais je n en pense pas grand chose. C est plutôt bien mais un peu convenu, l idée ne me fait réagir ni en bien ni en mal, tout comme nombre de détails, ca ne m a pas semblé remarquable et je n ai pas d avis tranché dessus.
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Un film qui ne m a pas déplu, mais vraiment pas plu pour autant. Ennuyeux.
Avec «Mort a Venise» le réalisateur italien LUCHINO VISCONTI nous livre une véritable leçon de cinéma, car en effet esthétiquement parlant, le film transpire son époque. Que ce soit dans ses décors, sa photographie ou ses costumes au teint de cartes postales. Si il y a une chose qu’on ne pourra jamais reprocher au metteur en scène italien, c’est bien son style (esthétique) si singulier, précis et fin. Le film regorge de détails sur l’époque et en cela c’est un régal. La musique est belle, amer, et douce comme les débuts d’un premier amour – et le duo de comédiens est très bons.
Le jeune Bjork Andersen porte la candeur, la grâce et l’élégance que demande le rôle. Tandis que Dirk Bogarte nous épate dans ce rôle de compositeur fasciner, presque amoureux de cette ange blond. C’est vrai que c’est un beau récit sur la fascination et une riche fable sur la création.
Toutefois, comme avec le cinéma de Visconti j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire malgré les atouts qu’il regorge. Je trouve qu’il s’attarde trop sur les jeux de regards de ses personnages, le scénario est moue, le montage bien trop linéaire. C’est beau mais moue, lourd et finalement ennuyant. Le film essaye cherche à parler de profondeur mais il n’y en a pas dans cette histoire, juste des banalités. Comme souvent chez Visconti sur la forme c’est une merveille mais le fond est peu existant bien trop englouti par l’esthétisme global.
«Mort à Venise» fait partie de ces films là, somptueux visuellement mais indigeste sans compter qu'il y a un gros problème de rythme - et personnellement j'aurais à défaut de réécrire le scénario - retravailler le montage final.
Même si il nous avait habitué à mieux ce grand nom du cinéma italien Visconti, nous offres un film très esthétique qui démontre une fois encore son talent. Une histoire d'amour dépeint sur la ville de Venise, où ce vieillissant compositeur à la recherche de l'inspiration fait la rencontre sur une musique de Gustave Mahler d'un jeune adolescent à la beauté tellement troublante qu'il ya une confusion sur son sexe, Visconti jout de cette confusion pour troubler autant le spectateur que son héros. Il donne en cela une parfaite définition de la beauté qui ne semble ni féminine ni masculine à laquelle succombe complètement notre héros et qui s'éprend de ce jeune garçon qui devient une véritable obsession. Sur un ton paisible et extrêmement contemplatif,les désirs homosexuels d'un homme sont présentés visuellement emportant complètement le spectateur dans un florilège d'image en apparence normal mais qui cache un lyrisme et une beauté inspirante. Malgré tout, il y a une certaine lenteur qui peut-être extrêmement lassante, mais qui n'empêche pas heureusement d'arrêter le film, on se passe facilement de dialogue, tout est dans le visuel, l'expression des visages et des corps. La musique y est placé les 3 quarts du temps et sublime les émotions de personnage que se soit de la tristesse, du désir ou de l'amour, rien n'est oublié. Le casting y est tout simplement superbe, avec Dirk Bogarde héros déchut sympthatique mais un peu distant avec le spectateur, Bjorn Andresen à la beauté fantastique, en revanche je n'ai pas reconnu Marisa Berenson nottament présente au scénario. Au final, une oeuvre soigné et esthétique visuellement et musicalement, un Visconti presque au sommet de son art avec un film sublime et mélancholique.
« Mort à Venise » est un beau film, très poétique. L'histoire est belle, tournant autour du temps qui passe, irrésistiblement, imperceptiblement (d'où la lenteur du rythme) et qui conduit à la décrépitude et à la mort, aux regrets peut-être, à la nostalgie surement. La scène finale est inoubliable, Tadzio, insolent de beauté et de jeunesse dans le soleil au zénith avançant dans la mer alors que la mort s’avance doucement … (je n’en dis pas plus !). Le film arrive à nous faire ressentir les émotions du personnage principal. Les acteurs sont bons : Dirk Bogarte campe bien dans son personnage, seul, renfermé et frustré. Le jeune Björn Andresen est assez naturel, même si son rôle n'implique pas forcément de grandes performances d'acteur. La musique de Gustav Mahler est absolument majestueuse, les décors de Venise et les costumes de l’époque sont magnifiés. Bravo !
Film d'une beauté époustouflante. Le drame de Visconti est magnifiquement articulé autours de deux notions : la mort et la beauté. Comme dans tous les films de cette qualité, aucun plan n'est anodin et tous les détails ont une signification, intensifiant progressivement le mal-être et la mort programmée d'Aschenbach. La fin est mémorable. Un film à réserver aux amateurs de grand cinéma qui seront apprécier à juste titre le chef d'oeuvre de Luchino.