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NomdeZeus
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3,5
Publiée le 6 novembre 2013
Cette variation autour de Fenêtre Sur Cour va beaucoup plus loin dans l’érotisme et le grotesque que son illustre ainé. Ici, le voyeurisme n’est plus un simple moyen d’échapper à une immobilisation forcée, mais bien le symptôme d’une perversion sexuelle. De Palma traite crûment son sujet, ce qui ne l’empêche pas de mettre en boite de nombreuses séquences de haute volée, depuis la sublime traque en plan séquence, jusqu’au meurtre où le grotesque côtois un suspense insoutenable, en passant par les mémorables représentations de la claustrophobie du héros. L’aspect ultra-kitch, l’invraisemblance de certaines scènes et le mauvais goût assumé de cette œuvre pourront rebuter certains spectateurs. Pour autant, il faut accepter Body Double pour ce qu’il est: une critique acerbe de l’élitisme en vogue au sein d’une certaine catégorie de cinéphile. En réunissant ce qu’il y a de plus noble et plus malsain au cinéma, Brian De Palma signe ce qui ressemble fort à un pied de nez à une certaine intelligentsia hollywoodienne.
Décidément De Palma est un cinéaste que je redécouvre et qui m'étonne avec une partie de sa filmographie que j'avais tout à fait négliger et à laquelle j'avais tourné le dos. Je considérais auparavant De palma comme un réalisateur commercial et pas très original dont seul les classiques valaient le coup ( Les incorruptibles, Scarface ou l'impasse). Cependant film après film je découvre une filmographie "parallèle" juste extraordinaire et surement plus personnel. Body Double fait parti de ses thrillers mélangeants érotisme, suspense, mystère et meurtres et est celui qui s'approche le plus d'une série Z, où l'ambiance du film va volontairement du côté too much. Ainsi très proche dans ses thèmes de Pulsions ou Blow out, le film dans son esthétique fleurte de première abord avec les pires nanars ( De Palma incompris et nominé au Razzie Awards pour le film), et si la lumière, le scénario ou encore le jeu d'acteur vont dans ce sens tout cela est voulu et De Palma fait preuve d'une grande maîtrise . Ainsi rapidement la mise en scène prouve qu'il est un prodige de la caméra et que le film est bien meilleur que ce qu'il semble de premier abord. La maîtrise de De Palma sur le récit est également grande et ses choix font de Body Double plus qu’un film de genre, ainsi il réussi à explorer les thèmes chères à Hitchcock (d'une manière à première vue "vulgaire") tout en fournissant un excellent divertissement. Formellement Body Double n'est donc pas aussi bon que Blow out et encore moins que Pulsions mais il possède un caractère très jouissif de part son second degré, et au final est beaucoup plus intelligent qu'il n'y parait.
Décevant . Etant un bon fan de De Palma , Body Double tombe dans l'intensité d'un téléfilm . La mise en scène est bâclée , et malgré un suspense présent , le film file tout droit dans la pâleur d'un film correct , mais sans plus . Surtout , Craig Wasson réalise une performance quelconque . Le scénario tourne assez bien , mais ce thriller perd du crédit vers la fin , où tout est brouillon . Pour , nombreux d'entre vous c'est un film culte , pour moi , ça restera un film quelconque de De Palma , qui ne retrouve plus le niveau d'un Scarface , dans nos années 2000 . C'est un grand réalisateur , et je suis sûr qu'il nous sortira un bon gros chef-d'oeuvre dans pas longtemps.
Film sur le voyeurisme et les doublures d'Hollywood, Body Double (1984) est un thriller érotique où Brian De Palma synthétise toutes les obsessions de la première partie de sa carrière et notamment son obsession pour les films d'Hitchcock. Body Double contient ainsi un nombre impressionnant de références ouvertes à Vertigo, Fenêtre sur cour, La Mort aux trousses, Psychose, etc. traitées sur mode quasi-parodique. Dans ce film post-moderne, De Palma s'amuse et nous amuse en s'adonnant à tous les excès. Voir ma critique complète sur mon site :
Je suis partagé après avoir vu ce film, je n'arrive pas à savoir si c'est tout simplement un chef d'oeuvre ou un navet ? Dans sa prise de caméra, Brian de Palma est géniallissime !! Quel plaisir que de suivre cette fille sous les traits de cet acteur complètement paumé. Quel plaisir que de voir un réalisateur autant se passionner pour les effets de caméra afin que le spectateur soit au coeur de cette machination ! Oui mais voilà, quel nanar aussi ! Franchement le scénario est digne parfois d'un téléfilm, les scènes érotiques rappellent les films du dimanche soir sur la 6, et même parfois le spectateur est perdu dans la narration. De Palma est un réalisateur complexe, un génie sans aucun doute, mais de temps en temps on a tout simplement du mal à le suivre.
Un Brian De Palma qui résume l'intégralité de son oeuvre,et visite l'ensemble de ses thèmes de prédilection.Voyeurisme,obsession et double vision sont au menu dans "Body Double",sorte de thriller 80's truffé de références hitchcockiennes.De Palma veut faire la preuve de sa virtuosité filmique,ce qui donne parfois du génie(la caméra tourbillonnante lors du baiser)ou du vulgaire.Il maîtrise donc parfaitement son outil,et peut donc à loisir manipuler le spectateur et éveiller son désir.Celui-ci regarde lui-aussi cette call-girl se déhancher à travers les jumelles.Il assiste aux ébats du tournage d'un film X sur fond de "Relax"Frankie Goes to Hollywood.Il est témoin d'un meurtre préparé par un Indien avec une perceuse.Jouissance et masturbation visuelle.Très fort.Pour le reste,le film a extrêmement vieilli,tellement ancré dans une époque qui n'a que 25 ans d'âge,mais tellement plus dans l'état d'esprit.Kitsch,excessif et traité avec beaucoup de désinvolture.Mélanie Griffith se dénude intégralement,et ce n'est rien à côté de la sculpturale Deborah Shelton.Le héros,acteur de série Z raté et frustré tombe à pied joints dans une machination,où rien n'est ce qu'il semble être.Filatures,trucages et rêve éveillé l'éloignent du monde tangible,pour pénétrer dans un univers fantasmé aux relents de cauchemar.Obscène assurément.Convaincant,pas tellement.
Cinéaste très inspiré par Hitchcock, Brian De Palma cite ouvertement Fenêtre sur Cour et Vertigo dans le milieu du cinéma de serie B (et X) des 70s. De nombreuses séquences sont excellentes et le scénario mystérieux de bout en bout tient largement en haleine, avec aussi cette ambiance angoissante. Body Double arrive même à nous surprendre avec son twist final.
Dans un premier temps on a l'impression de visionner une copie quelconque de film à suspense avec cette photographie un peu moche typique des films années 80, ça ronronne gentiment, l'ambiance s'installe peu à peu et puis paf le film nous prend carrément au dépourvu avec un gros lot de surprises, réjouissant et drole.
Il est de nature publique que dans sa première partie de carrière (la seconde n'est d'ailleurs guère indispensable), Brian de Palma avait un peu une obsession avec Hitchcock, remettant un peu les films du maître au goût du jour. Le problème, c'était qu'il faisait surtout référence à "Rear Window" et "Psycho" (on ne compte plus les scènes de femmes sous la douche...) ; ici, y'a de ça, mais ça lorgne surtout du côté de "Vertigo". "Body Double", en plus de ça, semble assumer de n'être, au fond, qu'une série B. Certaines scènes paraissent ridicules : le personnage principal est le plus mauvais filateur au monde, le tueur n'est pas très doué non plus, la tête de l'Indien est juste énorme... Deux possibilités s'offrent à vous : prendre le film au premier degré et crier au nanar ; le prendre au vingt-quatrième degré et réaliser que De Palma est en train de tuer le père. On aime ou on n'aime pas, mais prétendre que De Palma est un mauvais réalisateur (nommé aux Razzie Awards 1985), c'est être de mauvaise foi (ou ne rien connaître au cinéma). Pour ma part, "Body Double" est un film jouissif, terriblement ironique, et, surtout, doté d'un suspense indéniablement efficace.
Sympa ce petit film. Bon certes c'est pas ce que Brian De Palma a fait de mieux, mais ça reste bien divertissant. Peut être une ou deux choses qui passaient mal, comme par exemple le coup de l'indien défiguré... mais à part ça nicely done.
Très marqué années 80 par son esthétique et par sa bande son, "Body Double" est un thriller qui a beaucoup vieilli. Craig Wasson est un acteur assez transparent qui n'a d'ailleurs rien tourné de remarquable après ce rôle. Melanie Griffith tire son épingle du jeu grâce à un charme certain. La fin du film est par contre totalement bâclée. "Body Double" se laisse voir sans déplaisir mais Brian De Palma a fait bien mieux par ailleurs.
Pourquoi ce film est-il si important dans l'histoire du cinéma moderne ? Voici une question qui mérite d'être analysée, comme il convient aussi de s'arrêter quelque peu sur le cas Brian de Palma, le cinéaste américain actuel le plus novateur et ambitieux aux côtés de Gus Van Sant, car tous deux tentent de proposer une issue au maniérisme qui soit autre que le néo-classicisme (que fait à merveille Clint Eastwood par exemple). " Body Double " est un film charnière dans la carrière de Brian de Palma, lui aussi charnière dans l'histoire du cinéma car il est celui qui a poussé le plus loin la question de l'hypertextualité, de la citation d'un corpus précédent dans le but de générer une création nouvelle, tel qu'a pu le théoriser Gérard Genette, en travaillant sur le matériau brut qu'est le corpus filmique d'Alfred Hitchcock, et plus précisément les films " Psycho ", " Vertigo ", " Fenêtre sur cour ", " La Mort aux trousses ", ainsi que d'autres mais qui ne reviennent pas de manière systématique. Et " Body Double " est justement le film emblématique de la notion d'hypertexte, peut-être ex aequo avec " Obsession " qui est une variation parfaite autour de " Vertigo ", car la référence est omniprésente mais elle est surtout multiple. De Palma s'amuse à mêler à doses égales trois sources originelles : " Psycho ", " Vertigo " et " Fenêtre sur cour ", alors qu'habituellement De Palma retravaille au sein d'une même oeuvre, un voire deux films au maximum. En résumé succin, l'histoire de " Body Double " est celle de Jake Skully, acteur de série Z qui souffre de claustrophobie. Viré de chez lui par sa copine infidèle, il se fait prêter un magnifique appartement sur les hauteurs d'Hollywood, par un tout nouvel ami qui lui indique que la voisine d'en face fait un strip-tease devant sa fenêtre tous les soirs à six heures.