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Ricco92
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5,0
Publiée le 4 janvier 2021
Le montage est un aspect essentiel du cinéma. L’effet Koulechov l’a démontré au début des années 20. Cinéaste visuel par excellence, Alfred Hitchcock ne pouvait qu’être influencé par cette expérience. Une trentaine d’années plus tard, il put ainsi exploiter pleinement cet aspect dans un de ses plus grands films : Fenêtre sur cour. Ce huis-clos est, en effet, totalement cinématographique par son sujet : l’histoire d’un homme qui observe ses voisins et pense avoir découvert un meurtre uniquement par les aspects qu’il a pu voir depuis le fauteuil dans lequel il est immobilisé. Ce principe permet au cinéaste de décrire différents récits uniquement par l’image puisque le héros ne peut entendre les différents dialogues de l’immeuble lui faisant face. On y découvre ainsi tout le talent visuel du réalisateur (il suffit de voir le plan d’introduction de Jeffries qui arrive à décrire sans aucune parole la situation du personnage, son métier et les raisons de son immobilisation). Il serait d’ailleurs injuste en parlant de l'aspect visuel du film de ne pas évoquer l’incroyable décor dont il bénéficie. Le travail de Sam Corner et Ray Moyer est effectivement incroyable (c’était à l’époque le décor le plus cher de l’histoire du cinéma) car cette recréation d’une cour d’immeuble permet de décrire de nombreuses histoires différentes. Alors qu’on aurait pu s’attendre à une simple intrigue policière, celles-ci permettent d’offrir une vision assez pessimiste sur l’amour. On y découvre ainsi toutes les étapes que celui-ci peut revêtirspoiler: : la vielle fille en manque d’amour, le couple de jeunes mariés ne cessant de faire l’amour, la jeune femme entourée d’hommes mais attendant celui qu’elle aime réellement, le couple de retraités n’ayant pas d’enfant et reportant son amour sur un chien, le couple ne cessant de se disputer… Cela permet d’accentuer le suspense (absent de la nouvelle de William Irish) que le cinéaste crée autour de la relation amoureuse du couple formé par James Stewart et Grace Kelly, le premier étant retissant au mariage alors que la seconde ne désire que cela. On peut ainsi y voir une vision assez pessimiste du cinéaste sur l’être humainspoiler: : il suffit d'observer nos héros préférer se concentrer sur la résolution de l’intrigue criminelle alors qu’ils viennent de voir Madame Cœur solitaire (Miss Lonelyheart en V.O.) sortir des médicaments, donnant l’impression qu’elle soit au bord de se suicider (Hitchcock renforce ce suspense en l’oubliant quelques instants pour embrayer sur l’intrigue principale) . Si Hitchcock réussit à atteindre des sommets avec cette œuvre, c’est aussi parce qu’il bénéficie de collaborateurs de haut niveau à tous les postes : Robert Burks à la photographie, Franz Waxman signant une musique presqu’uniquement diégétique (seul le générique est extra-diégétique), Edith Head aux costumes, le duo Sam Corner-Ray Moyer aux décors et surtout des comédiens extraordinaires (James Stewart, la sublime Grace Kelly, Thelma Ritter et Raymond Burr). Ainsi, Fenêtre sur cour est bel et bien un chef-d’œuvre sublime, un suspense prenant de bout en bout, une œuvre totalement maîtrisée et surtout un des plus grands films de son réalisateur.
Ce film d’Alfred Hitchcock, sorti en 1954, est une référence incontournable du cinéma à suspense. Comment peut-on créer une ambiance anxiogène aussi soutenue en ne filmant qu’à travers une fenêtre ? Le tour de force du réalisateur britannique est de rendre cette histoire de voyeurisme palpitante alors que l’action est quasiment inexistante. La présence du couple James Stewart et Grace Kelly ajoute une touche de charme à ce huis clos nominé quatre fois aux Oscars. Bref, un grand classique qui met en exergue la suggestion avec un talent sans faille.
Sans etre le meilleur film dHitchcock,fenetre sur cour est dans le top 5 du réalisateur.La derniere demi heure est excellente avec un James Stewart en grande forme.Il faut reconnaitre qu Alfred Hitchcock reste encore aujourd hui le maitre du suspense.
C'est un bon film mais il n'est pas à la hauteur de son concept, en effet les plans ne sont pas toujours judicieusement choisis, car les prises de vue sur James Stewart sont trop nombreuses et produisent un effet de "claustrophobie ", au contraire il n y a pas assez de plans-séquences. De plus je trouve la fin décevante et sans surprise, plusieurs plans nous mettant la puce à l'oreille sur le dénouement final. C'est dommage car l'intrigue était intéressante et prenante même si il y avait quelques incohérences, quant au concept il est génial et original, manquait juste un suspens pour que le film soit parfait, néanmoins il n'est pas ennuyeux et plutôt captivant.
Un film passable qui a du mal à supporter le poids des années. L'idée est bien-sûr genialissime, tout suivre d'une fenêtre est une brillante idée. Néanmoins beaucoup de défauts sont présent dans le film, toute l'histoire est invraisemblable. Aucun de ses voisins de ne soucient de leur vie privée,ils font tout aux yeux de tous sans se demander si quelqu'un les regarde. Alors Hitchcock a essayé d'expliquer les fenêtres ouvertes au début du film avec la température élevée mais ça n'empêche pas que personne ne s'exhiberait de la sorte tous les jours. Ensuite le film manque énormément de tensions, que le voisin soit un meurtrier ou non ne nous donne jamais un sentiment d'insécurité même dans la scène finale, qui au passage est assez grotesque avec les flash. Le film Disturbia a repris le principe plus récemment et a su mettre cette peur constante chez le spectateur contrairement à notre chère Alfred. Pour cela le réalisateur a choisis de ne pas rester coller à la fenêtre. Alors forcément la contrainte et l'idée originale est amoindri mais ça fonctionne mieux. Est ce impossible de créer cette tension en restant en un point fixe et toujours avec le point de vue du personnage principal et personne d'autre? Honnêtement je pense que c'est faisable mais en tout cas Hitchcock n'y parviens pas malheureusement. Je vais quand même lui pardonner en partie du fait que le film a quelques décennies au compteur. Film vu le 26/07/2020
« Classique », « film culte », « chef d’œuvre » … Toutes ces commentaires unanimes et dithyrambiques m’ont poussé à finalement voir ce film, qui au final me laisse un arrière-gout un peu mitigé. Si force est constater que Hitchcock est sans aucun doute un maitre de la réalisation et que d’un point formel, et surtout pour son époque, la réalisation est admirablement menée (le huis-clos, les plans et contre-plans, etc.), en revanche, coté scenario et suspense, on repassera. Le meurtre (coupable et victime compris) est dévoilé dès le début du film, les dialogues (quasi uniquement entre 3 protagonistes) sont longs et parfois sans intérêt, et le rythme quant à lui ne s’accélère que dans la dernière demi-heure… On pourrait presque reclasser ce film dans la catégorie exercice de style, plutôt que polar ou thriller…
Comment avec un minimum de moyen, de décor et d'ambiance faire un film captivant de bout en bout : pour la réponse, regardez ce film! A voir par tous les amateurs de thriller et de hitchcock.
Un film qui a surement inspiré toute une génération de réalisateur, mais à regarder aujourd'hui ...
Le film est monté comme ce genre de films ou l'on veut nous faire croire à qqch dès le début, pour finalement nous montrer que la réalité était tout autre, et qu'il y avait plein d'indices pour nous aider. Or, ici, on passe le film à inventer des indices, à imaginer un scénario plus compliqué ... il n'en sera rien.
Les plans sont supers, le film est culte pour l'époque et son impact, mais le scénario fait aujourd'hui un peu facile.
Fenêtre sur cour est un excellent polar où l'imagination prime. C'est une grande leçon de cinéma qui nous prouve qu'avec l'image on peut tout faire. Un grand film, qui n'a pas prit une ride.
Le premier plan est un parcours de la caméra dans la cour intérieure d'un ensemble d'immeubles, vue de l'appartement dans lequel elle termine sa déambulation. Pendant tout le film, cette caméra ne quittera pas cet univers restreint ; et tous les plans du film montreront soit Jeffries, l'occupant du dit appartement, soit le spectacle des voisins qu'il voit depuis sa fenêtre. Les événements qui se produiront seront systématiquement montrés comme l'objet du regard de Jeffries. Ce parti pris constitue l'une des originalités du film, celle de sa forme ; l'autre grande originalité du film consiste en la nature du suspense : il y a-t-il eu un meurtre ou non ? Le film peut être qualifié de "comédie à suspense" dans laquelle ces deux aspects, rarement mélangés, sont traités avec une maîtrise exemplaire et génèrent en permanence un sentiment jouissif, grâce à la qualité des dialogues, la finesse des détails, la complicité établie avec le spectateur, et la richesse des thèmes abordés (voyeurisme) ou sous-jacents (individualisme, impuissance, ...). Le dernier plan reprend le parcours du premier et se termine au même endroit, ... avec des informations nouvelles. C'est tout le symbole de la rigueur de construction et de l'intelligence du propos de ce film magistral.
j'ai revu récemment ce célèbre film de Hitchcock et mon opinion est qu'il fait partie de ces films qui ne vieillissent pas très bien, plombés par la manière de jouer et de parler des acteurs qui, près de 70 ans après, fait date; malheureusement, le scénario, un peu lent n'occulte pas le coté artificiel du jeu des acteurs James Steward s'en tire finalement mieux que Grace Kelly. Restent quelques atouts, comme l'unité de lieu, puisque tout se passe vu d'une chambre ayant "fenètre sur cour" et cette observation de la vie des habitants de la cour, qui nous en apprend beacoup sur eux, juste grace à leur rmode de vie affiché ou deviné à travers une baie vitrée ou sur un balcon puisqu'on ne les entend quasimment pas parler. Le jeu de la caméra ( donc les yeux du voyeur) qui balaie les façades et fenètres, parfois les grossit quand le photographe utilise ses jumelles ou son téléobjectif, permet de suivre l'action....et donne lieu à des petites scènes amusantes comme celle du chien qui l'on descend dans un panier...quelques scènes de tension, à la Hitchcok ne suffisent pas sauver l'ensemble; Le dénouement est finalement sans surprise. On aurait aimé que les autres habitants de l'imemuble jouent un rôle plus actif dans le scénario.
Un des chefs-d'oeuvre d'Alfred Hitchcock. Le scénario peut paraître quelque peu tiré par les cheveux, il n'en reste pas moins qu'il est intéressant, avec un personnage aussi obsessionnel qu'attendrissant et intelligent. James Stewart est excellent dans ce rôle bien qu'il reste en fauteuil roulant durant tout ce film. Sa partenaire Grace Kelly incarne une jeune femme brillante malgré sa blondeur, ce qui casse un peu l'image des blondes écervelées, tout en gardant son éternel charme et sa magnifique beauté. Nous retrouvons ce côté palpitant qui ne fait que s'accroître au fil de l'histoire pour atteindre son sommet à la fin. Évidemment, ce genre de films ne convient pas à tout le monde, puisqu'il s'agit d'un thriller qui repose avant tout sur la réflexion et la psychologie. D'ailleurs, j'aime beaucoup les arguments donnés ainsi que les contre-arguments.
L'idée est originale et la mise en scène bien maîtrisée. Mais le scénario semble juste prévisible a un tel point que l'on pressent que même un Twist End ne changera rien à l'issue du film. Un peu déçu par ce Hitchcock qui laissait présager un grand moment de cinéma. Cela reste quand même un film agréable à visionner.
Plutôt déçu, le film n'est pas aussi tendu que ce que j'espérais, j'aurais aimé plus de suspens. Le film prend quarante minutes à réellement lancer son intrigue principale, ce qui est déjà assez dommageable, et le film n'a, toujours selon moi, pas de vraie montée en puissance. On a juste une très bonne scène, très tendue pour le coup, où Lisa et Stella vont enquêter tandis que James Stewart observe. Le film aurait peut être gagner à être plus resserré, plus bref, le film traîne un peu trop au début, l'intrigue est au final trop courte, et elle est assez bizarrement géré. La conclusion où l'homme se rend finalement chez James Stewart est trop peu préparé, cette conclusion arrive trop vite, et l'on ne nous prépare pas assez bien à cette confrontation. Mais le film est loin d'être mauvais, les acteurs sont excellents, mais c'est surtout la réalisation qui m'a fasciné. Il y a quelque chose de très théâtrale et de génial à observer ces scènes parfaitement coordonnées, filmés depuis un autre point de vue. A ce niveau là c'est brillant, certains plans séquences doivent être vraiment complexe à tourner, quand la caméra balaye son regard de fenêtre en fenêtre, et que chaque actions précises arrivent précisément quand la caméra est dessus, ça doit demander une préparation folle. Je pense surtout aux scènes charnières du film, car certaines actions importantes doivent absolument être filmer au bon moment pour que cela apparaisse à l'image, les scènes de la vie quotidienne peuvent être improviser, mais là c'est impossible. Certains contre-champs sur James Stewart observant peuvent faciliter cela, mais parfois non, on enchaîne une action dans l'appartement de Mr Thorwald, puis une action chez "Miss Lonelyheart" sans coupe, impressionnant. L'aspect "voyeur" est aussi très bien retranscrit, du plan en vue subjective des jumelles, au fait que sauf à la fin du film, le point de vue est toujours de la fenêtre de James Stewart, c'est vraiment réussi. Cela met le spectateur dans une position étrange, il est, comme Jeff, incapable d'agir, et tenu dans son rôle d'observateur, le spectateur n'est jamais omniscient, et n'en sait jamais plus que le personnage principal. Sortir de cette fenêtre à la fin du film est intéressant, bien que je n'en ai pas exactement saisi le sens. Niveau mise en scène, je mettrais juste un bémol sur un plan à la fin du film, vraiment affreux, celui où Jeff tombe de sa fenêtre, je ne sais pas exactement quel est le trucage utilisé, mais c'est abominable. Bref, Fenêtre sur cour est un bon film, qui ne m'a personnellement pas particulièrement marquer, mais je reconnais les qualités évidentes.