Voyage à Tokyo
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80 critiques spectateurs

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Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 011 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 décembre 2023
Passer quelques jours chez leurs enfants qui habitent la capitale, voilà le vœu de ce grand père japonais et de son épouse. Au début, tout semble parfait mais la suite devient un peu déprimante. Seulement la grande politesse et l'extrême pudeur japonaise masquent les sentiments réels. Le réalisateur Ozu filme en plans fixes, une famille de trois générations dans un monde où le temps libre est réduit tout comme l'espace d'habitation et où les adultes ont mille choses de mieux à faire que de consacrer du temps à leurs vieux parents. Parfois ce ne sont pas les enfants biologiques qui sont les plus attentionnés. Thèmes récurrents dans son œuvre, les difficultés de vivre ensemble, d'élever des enfants et le refuge dans l'ivresse pour arriver à dire ce que l'on a sur le cœur.
Ce long métrage se déroule sans dramatisation excessive et comme si la caméra était une petite souris qui observe ce monde d'humains. Message généralisable à d'autres cultures humaines même si la manière d'extérioriser ses sentiments diffère d'un pays à l'autre. Une leçon d'humanité qui fait réfléchir sur les priorités de chacun.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 janvier 2024
Souvent considéré comme l’un des plus grands films de tous les temps, Voyage à Tokyo (1953) raconte l’histoire d’un couple de retraités vivant dans une cité portuaire tranquille, et qui décide de passer quelques jours dans la capitale japonaise afin d’y retrouver ses enfants, qui s’y sont quasiment tous exilés. Mais loin des retrouvailles chaleureuses qu’ils imaginaient, leur arrivée va être perçue comme dérangeante par des enfants surmenés dans leurs occupations professionnelles et familiales. Après quelques jours, deux des enfants iront même jusqu’à se cotiser pour envoyer leurs parents dans une cité thermale située en dehors de Tokyo. Filmé avec une grande délicatesse, malgré la violence sourde du sujet, Voyage à Tokyo raconte les bouleversements sociaux d’une société nippone d’après guerre bouleversée par l’éclosion du modèle des grandes villes industrielles, et du déclassement de modèles perçus comme anciens. Un sens du cadre évident.
Uncertainregard
Uncertainregard

140 abonnés 1 285 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 octobre 2014
Considéré comme la plus appréciée des oeuvres d'Ozu, c'est en effet un très joli film sur une famille on ne peut plus banale qui va connaitre les choses naturelles de la vie. Toute l'histoire tient dans le synopsis. On passe 1h à Tokyo à voir ces deux personnes agées encombrer leurs enfants avec une superbe scène de beuverie du grand-père qui n'avait pas touché à l'alcool depuis longtemps. Puis le retour à Onomichi avec cet évènement dramatique qui va de nouveau réunir la famille. Il faut le dire, il ne se passe rien ou vraiment pas grand chose. Les dialogues sont plats, on reste confiné dans les décors des petites habitations japonaises et pourtant une certaine magie opère. C'est doux et très finement réalisé avec beaucoup de rigueur dans le déplacement des acteurs et leurs expressions. Ca parle beaucoup nourriture, boisson et biensur la famille comme toutes les conversations que nous connaissons dans les notres. Bref, ça mérite le coup d'oeil même si je n'y vois pas grand chose de plus qu'un portrait de famille et que je n'ai pas été subjugué comme je peux l'être par un Kurosawa...
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 décembre 2014
Un film subtil, délicat et bouleversant qui dresse un portrait universel des relations familiales. Ozu nous offre une chronique acide sur la disparition des notions de respect et d'humilité dans le Japon des années 50. Avec beaucoup de finesse et d'ironie, parfois avec humour, il raconte une histoire banale qui vient toucher au cœur et qui est servie par une mise en scène très cadrée, très précise, en caméra fixe à travers des plans tableaux absolument superbes. Les acteurs, dans la retenue au début, font évoluer avec délice leurs interprétations et délivrent une prestation d'ensemble très convaincante. A peine pourra-t-on regretter l'absence de péripéties dans la narration, mais le tout est une vraie splendeur, très touchante.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 décembre 2023
Qu'est-ce qui se passe dans ce film, cette histoire de la famille japonaise au début des années 60. Souvent Ozu traite de l'affrontement entre la tradition et l'occidentalisation. L'acculturation occidentale comme effacement d'une vie traditionnelle, avec ses traditions, ses étiquettes, ces codes. La famille qui est le pilier de la société n'est ici plus un piler. C'est ce que Ozu dénonce avec une simplicité déconcertante.
ferdinand
ferdinand

17 abonnés 453 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 juillet 2013
Vu pour la première fois à la télévision - après Apostrophes, il y avait le ciné club de C.J. Philippe, époque bien révolue...- puis revu au cinéma. C'est un des chefs d'œuvre du cinéma mondial. C'est une grande joie de le revoir parfaitement restauré, et d'admirer une fois de plus comment , partant de situations spécifiquement japonaises, décors, comportements, courbettes, éternels sourires, Ozu parvient à l'universel. Fascinant et bouleversant.
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 août 2019
Comme toujours une beauté formelle au service d'un film poignant où derrière les marques de déférence des enfants recevant leurs vieux parents pointe l'égoïsme et l'ingratitude.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 mai 2018
Réalisé en 1953, « Voyage à Tokyo » de Yasujirô Ozu, réalisateur de « Bonjour » et « Le Goût du Saké » qui viendront plus tard, ressort cette année 2018 dans une copie restaurée. Elu cinquième plus grand film de l'histoire du cinéma par la revue britannique Sight and Sound en 2002, Voyage à Tokyo est une chronique familiale qui suit la visite d’un couple de personnes âgées auprès de leurs enfants à Tokyo. D’abord reçus avec les estimes que nous devons à nos aînés, le couple est rapidement un fardeau pour les enfants préoccupés par les dépenses que génère cette visite. Ils les envoient alors dans la ville balnéaire d’Atami puis chez leur belle fille, qui a pourtant perdu son mari à la guerre. Entre humour et mélodrame, le cinéaste dresse le portrait du Japon d’après-guerre avec ses bouleversants culturels, notamment au sein des foyers familiaux. Les enfants apparaissent ici comme cruel face à l’égard qu’ils portent à des parents pourtant bienveillants et avec toujours cette idée de ne pas être intrusifs. Voici un film à la photographie nette et aux plans fixes immersifs qui doit surtout son style grâce aux dialogues brillamment écrits.
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Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2010
La sobriété définit le cinéma de Yasujiro Ozu. Il évite donc la sensiblerie de cette chronique où les valeurs familiales sont mises à mal. Évitant de juger ses personnages, le cinéaste pose un regard distancié et pertinent sur une évolution sociale.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 avril 2024
Dernier volet de la trilogie de Noriko ( nom du personnage incarné par Setsuko Hara, égérie de Ozu), c'est aussi le plus bouleversant.

On retrouve la plupart des personnages qui figurent dans le deuxième volet de la trilogie "Été précoce" (1951), même si les acteurs n'ont pas les mêmes rôles dans les deux opus.

Généralement considéré comme le chef d'œuvre du cinéaste décédé en 1960, soit sept ans après " Voyage à Tokyo" ( "conte de Tokyo", si on se réfère à la traduction littérale du titre original), c'est en tout cas mon préféré dans une filmographie qui atteint à partir de 1949 ( "printemps tardif") les sommets du septième art.

Un vieux couple qui vit dans le sud de l'île de Honshu, décide de rendre visite à leurs enfants à Tokyo. L'accueil qu'ils reçoivent n'est pas à la hauteur de leur espérance.

Réflexion sur le temps qui passe, la vie, la vieillesse et la mort, le scénario traite avec délicatesse et émotions de sujets existentiels essentiels à méditer.

On retrouve dans le scénario le thème de la jeune fille qui vit seul avec son père qui sera traité largement par le cinéaste ("printemps tardif" notamment), celui du mariage ( ici avec la veuve incarnée par Setsuko Hara et belle fille du couple âgé).

On notera la prestation formidable de l'actrice Haruko Sugimura ( figure majeure du cinéma japonais) qui incarne la fille la plus âgée du couple, dans un personnage subtil d'égoïsme, de méchanceté, de toxicité et de laideur intérieure.
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 août 2012
L'Occident a découvert tardivement l'oeuvre d'Ozu avec ce "Voyage à Tokyo" qui est devenu emblématique des thèmes et du style du maître... ce qui ne signifie pas qu'il s'agisse de son meilleur film pour autant. On peut penser qu'il y manque cette touche d'humour un peu trivial qui est le nécessaire contrepoint de ses belles histoires de résignation face à la cruauté de la vie, ou que, paradoxalement, ce pur mélodrame est un peu plus pauvre en émotions que d'autres chefs d'oeuvre de la dernière période d'Ozu. Sans doute un peu long, "Voyage à Tokyo" offre à tout spectateur un tant soit peu patient plusieurs moments de pure transcendance, tant grâce à l'impressionnante subtilité de sa description de l'effritement des rapports parents-enfants avec le temps, que de par la magnifique mise en scène d'Ozu - qui est son inimitable signature (Ah, ces plans de paysages urbains scandant et commentant subtilement l'évolution du récit ! Ah, ces fameux "plans au ras du tatami" !). Mais ce qu'on recherche quand on regarde un film d'Ozu, ce sont ces moments mystérieux, inexplicables, quasi aléatoires - car non "dictés" par la science du récit ou par la mise en scène - où les larmes nous montent aux yeux, où la douleur, la simple et divine douleur d'être humains nous serre la gorge. Dans ce "Voyage à Tokyo", ce sont les scènes finales avec un Ryû Chishû face à un avenir de solitude ou encore celles avec la sublime Hara Setsuko qui n'arrive pas à faire le deuil de son mari mort à la guerre qui nous marqueront à jamais
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 740 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 mai 2025
2e Ozu que je découvre, et je ressors une nouvelle fois bouleversé... Ce film me confirme à l'idée que Ozu, est probablement le meilleur réalisateur japonais ! Voyage à Tokyo, est une film de "vie" où des thèmes comme la vieillesse et la mort, sont constamment rappelés par le cinéaste. Également, c'est un film au drame familial bouleversante car elle nous prend conscience sur ces thématiques. Ces personnages sont brillamment interprétés et très bien écrit : on ressent à chacun, des sentiments partagés, mettant le spectateur en colère ou rempli de compassions. Sa 1ere partie sert d'introduction à cette famille, avant que le film change de tournure, devenant un retour à la réalité et des regrets éternels. Yasujiro Ozu met en scène des scènes marquantes et troublante de réalités. Les plans sont magnifiques et doté d'une intelligence de conscience. Un chef d'œuvre
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 novembre 2023
Sorti en 1953, ce film de Yasujirô Ozu porte un regard sensible et poignant sur les relations entre des parents et leurs enfants. Dans une société nippone alors en pleine mutation, où modernité côtoie tradition, le réalisateur fait preuve d’une clairvoyance quasiment universelle pour illustrer cette chronique familiale. A l’aide de son habituelle mise en scène soignée, composée notamment de plans fixes cadrés au ras du sol, il dépeint l’amour, la bonté et l’égoïsme de ses personnages avec des émotions toujours véhiculées dans la retenue. On a quasiment l’impression d’appartenir à cette famille sans pouvoir déterminer quel serait notre rôle aujourd’hui (père, mère, fils ou fille). Bref, une œuvre extrêmement intelligente qui souffre néanmoins de quelques longueurs.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 avril 2024
Indépendamment de la valeur intrinsèque du film d'Ozu, on ne peut pas ignorer le choc culturel que représente, à nos yeux, ce reflet de la société japonaise en 1953. Cet "exotisme" est inséparable de l'intérêt que procure le film.
Tout en plans fixes (sauf un, dont j'ignore le sens), avec une caméra posée au sol pour capter les conversations de personnages le plus souvent agenouillés ou assis en tailleur, la réalisation, confinée pour l'essentiel dans les logements, semble vouloir en restituer l'exiguité. Car le manque de place n'est pas une idée en l'air dans le sujet d'Ozu. Il détermine pour une part l'accueil qui est fait par leurs enfants au vieux couple venu de son lointain village jusqu'à Tokyo pour les visiter.
La relation courtoise et respectueuse entre ces modestes parents et leurs enfants ne perdra jamais de ce caractère policé, même quand les vieux époux comprendront avec amertume qu'ils sont un embarras pour leurs enfants, spoiler: à l'exception de leur belle-fille aimante, veuve d'un fils mort au combat
(ce sera la seule réference à la guerre finie huit ans plus tôt). Le sujet d'Ozu évoque sans éclat ni acrimonie l'égoisme des enfants - jusqu'à l'indifférence des petits-enfants- et le sentiment d'inutilité, le sentiment d'être de trop qu'éprouvent leurs parents dans une sociéte qui avance sans avoir besoin d'eux. C'est le principal enseignement de ce film sensible, d'une très grande simplicité scénaristique -sans préjudice d'une discrète symbolique- et qui sait rendre attachants des personnages à la fois si proches et si éloignés de notre culture.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 décembre 2022
Le scénario est intéressant et aurait pu être filmé par Douglas Sirk (mais avec plus de flamboyance et plus de rythme) : un couple de retraités, Shikichi (Chishū RYŪ, 49 ans, acteur fétiche du réalisateur et dont c’est la 19e collaboration sur 26) et Tomi, vivant dans la ville littorale d’Onomichi (ile de Honshū) près d’Hiroshima avec leur plus jeune fille, Kyoko, célibataire et institutrice, rendent visite, en été, à leurs 3 enfants. spoiler: Le voyage s’avère décevant, découvrant que leurs enfants n’ont pas des situations exceptionnelles (Koichi, l’ainé, est médecin à Tokyo, Shige est coiffeuse, également à Tokyo tandis que le cadet, Keizo, est contremaitre dans une imprimerie à Osaka) et ont peu de temps à leur consacrer (d’où leur séjour forcé dans la cité balnéaire d’Atami). Seule Noriko, la veuve de leur fils, mort à la guerre, il y a 8 ans, leur manifeste de l’affection.
Dommage que le film soit trop long (2h16) ; la scène de beuverie de Shikichi avec des amis aurait pu être écourtée. On y retrouve le style du cinéaste : plans fixes, caméra proche du sol (d’où la qualification de plan tatami), peu de plans rapprochés, ponctués de plans brefs de paysages, d’usines ou de poteaux, d’où un film lent, frisant l’ennui. Cela reste un bon documentaire sur le Japon d’après-guerre et ses transformations, notamment au niveau de la famille.
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