Pour évoquer la déliquescence familiale, et celle d’une société japonaise repliée sur elle-même, Ozu prend les précautions de la sagesse. Sa mise en scène suit le rythme du temps, des journées, et ne s’appesantit jamais sur la noirceur de ses personnages. Il les montre tels quel, avec suffisamment de pertinence, pour ne pas avoir à en rajouter. Le genre de film qui ne se fait plus, et d’autant plus précieux Les bonus Des illustrations autour du film, des commentaires sur le travail d’Ozu et un retour sur les lieux du tournage, donnent lieu à de nouvelles interprétations. Eclairant ! Pour en savoir plus
Une histoire simple et universelle magnifiquement écrite, mise en scène et interprétée. Beaucoup de tendresse, d'émotion et de mélancolie dans ce superbe film d'Ozu.
Un couple âgé rend visite à ses enfants...mais ceux-ci sont très occupés, et le séjour ne se passe pas idéalement...c'est un film d'Ozu de 1953...considéré comme un chef d'oeuvre, et ça me va...jamais compris comment certains cinéastes, comme Ozu, arrivent à faire oublier totalement que leurs personnages sont des acteurs, et là, c'est frappant. Quasiment que des plans fixes, filmés assez bas, des scènes qui prennent leur temps, un réalisme étonnant, un paquet de sujets de société abordés mine de rien, avec finesse...Ozu ne reproche rien à personne, il explique simplement pourquoi la société japonaise, au sortir de la guerre, a changé radicalement. La caméra sert alors d'oeil à une neutralité bienveillante. C'est un mélo, un vrai, il y a aussi des scènes assez cocasses...Un film complet, quoi, comme un plat de riz.
Un couple âgé rend visite à ses enfants...mais ceux-ci sont très occupés, et le séjour ne se passe pas idéalement...c'est un film d'Ozu de 1953...considéré comme un chef d'oeuvre, et ça me va...jamais compris comment certains cinéastes, comme Ozu, arrivent à faire oublier totalement que leurs personnages sont des acteurs, et là, c'est frappant. Quasiment que des plans fixes, filmés assez bas, des scènes qui prennent leur temps, un réalisme étonnant, un paquet de sujets de société abordés mine de rien, avec finesse...Ozu ne reproche rien à personne, il explique simplement pourquoi la société japonaise, au sortir de la guerre, a changé radicalement. La caméra sert alors d'oeil à une neutralité bienveillante. C'est un mélo, un vrai, il y a aussi des scènes assez cocasses...Un film complet, quoi, comme un plat de riz.
"quand on perd un enfant, on est malheureux. Mais quand ils vivent, ils deviennent lointains. Il n'y a pas de solution au problème." dit un vieil ami au grand père. Cette phrase résume "Voyage à Tokyo". Ozu traite ici le fossé qui se creuse entre les générations (grands parents, parents, enfants), de la culpabilité des premiers d'avoir failli dans l'éducation des seconds. De l'ingratitude des seconds envers leurs aïeux, trop occupés par leur travail, et répétant les mêmes erreurs envers leurs enfants. Enfants, à leur tour, gâtés, désobéissants, souvent insupportables. Aucun personnage n'est épargné dans ce drame, sauf Noriko, la jeune belle-fille déjà veuve, qui éblouit par sa gentillesse. Dans cet Ozu, il y a toujours des plans fixes, des figures géométriques, du bon dialogue, des trains, et du saké, beaucoup de saké. Encore une fois, on trouve les acteurs habituels des films d'Ozu, tous excellents. Chishû Ryû, en grand père tranquille, philosophe et nostalgique, est à nouveau épatant. Il se surpasse dans la scène très drôle de la soirée "légèrement arrosée" avec ses vieux amis. Et que dire de Setsuko Hara, cachant sa mélancolie sous un flot de sourires et d'altruisme. Etincelante! Du très, très grand Ozu.
C'était mon premier film de ce réalisateur que j'ai découvert, et c'est une très bonne surprise. Je suis tombé en admiration face à la beauté des plans qui m'ont été proposés, presque chaque moment de ce film aurait pu être un tableau. J’ai été entièrement conquis par l'esthétique du film. Je pense qu'on peut parler de chef-d'oeuvre pour ce film sans exagérer. Alliant des problématiques autant familiales, que sur la vieillesse et la solitude, dans un japon post secondé guerre mondiale. Un thème qui encore aujourd'hui plus de cinquante ans après conserve tout son intérêt.
C'est beau, c'est lent, c'est triste, c'est profond. Ca fait sourire, ça fait pleurer, ça fait réfléchir. C'est Ozu, c'est Le voyages à Tokyo, c'est grand.
« Voyage à Tokyo » est le premier film d'Ozu que j'ai vu, et à l'époque il m'avait laissé assez indifférent, voire m'avait un peu ennuyé. Je suis depuis devenu complètement accro au cinéma d'Ozu, et je n'ai pas été déçu par ce film en le revoyant. La mise en scène est toujours aussi soignée, le regard du cinéaste toujours aussi pudique et incisif à la fois. L'intrigue est peut-être encore plus ténue qu'à l'accoutumée, mais le film est toujours aussi riche d'enseignement sur les relations humaines. Je souhaite à tout ceux qui ne l'ont pas aimé de devenir un jour sensible à ce cinéma.
Ozu est le maître du plan fixe, chaque plan est composé si intelligemment, plusieurs plans se superposent. Dommage qu’il n’y est plus cet amour du plan fixe aujourd’hui.
Ici, nous sommes embarqués dans un voyage au plus proche de la famille. Les relations grands parents/enfants sont simples, discrets, pas non plus le grand amour. Les relations grands parents/petits enfants sont plus difficiles très peu de contact entre eux. Il y a des fossés générationnels.
Il faut garder à l’esprit qu’on est quelques années après la guerre, la bombe atomique. On remarque que les grands parents sont bien plus traumatisés par la guerre, ils ont des réactions assez bizarres, drôles durant le film. Le grand père boit son saké afin d’oublier les malheurs d’une vie chamboulée. Ce que veut mettre en relief Ozu c’est la peur de l’oubli. Il a peur que les jeunes, nés au lendemain de la guerre, oublient les événements du passé. Il veut souligner alors l’importance du devoir de mémoire.
Il parle aussi de l’évolution rapide de la société japonaise en prenant comme un des lieux principaux du film la mégalopole de Tokyo en pleine construction. Les grands parents sont dépassés par les avancés (trop) rapides de leur monde.
Mention à Chishū Ryū qui est génial dans son rôle de père/grand père, il est si attachant, si touchant on a envie de boire un saké avec lui pour lui faire oublier sa solitude.
Encore un grand Ozu. On reconnait tout de suite la marque de fabrique de ce grand réalisateur Japonais par la puissance de l'implicite. Les dialogues sont d'une simplicité absolument inouïe, de même pour le scénario.. Pourtant on assiste à un chef d'oeuvre. Tout est dans l'expression des visages, les intonations, le regard... Le film monte en puissance au fur et à mesure que l'on comprend la psychologie des personnages. Puis on est touché par l'émotion la plus pure avec un dénouement qui nous prend par les tripes.
Film d’une sensiblité forte,humain et philosophique. Il traite de la relation entre parents d’un certain àge et de leurs propres enfants lors d’une visite inopinée à ces derniers .L’accueil fait aux parents laissait à désirer et c’est l’épouse d’un défunt fils qui sauve la face en se comportant admirablement avec eux. Film exquis.
Un Voyage doit nous faire ressentir d'agréables sensations, nous éblouir, nous enchanter... Hélas ! il n'en est rien de tout cela: le Spectateur s'ennuie, s'endort malgré quelques jaillissements de joie...
Avec Voyage à Tokyo, Yasujirō Ozu atteint une forme d’épure presque spirituelle, où chaque plan semble méditer silencieusement sur l’écoulement du temps. Derrière la simplicité apparente du récit, le cinéaste orchestre une tragédie intime sur l’érosion des liens familiaux dans le Japon d’après-guerre. Sa mise en scène, faite de cadres bas, de plans fixes et d’ellipses délicates, transforme les gestes ordinaires en révélateurs d’une mélancolie universelle. La douceur résignée de Chishū Ryū et la bouleversante bienveillance de Setsuko Hara donnent au film une humanité d’une pureté rare. Rarement le cinéma aura exprimé avec autant de pudeur et de justesse la fragilité des existences.
Une incroyable evocation du Japon d'après guerre... tellement réaliste et aussi cruel... L'analyse de la société japonaise, du noyau familial, se construit petit à petit et se révéle au téléspectateur de facon magistrale et terrible. Un superbe film à ne pas manquer.