Pour son retour au "vrai" cinéma, Godard signe un film en partie autobiographique mettant en scène Jacques Dutronc, Nathalie Baye et Isabelle Huppert. Si les expérimentations vidéo sont encore un peu présente, le film est bien plus classique et ouvre une nouvelle ère pour le cinéma de Godard. Les acteurs sont tous plutôt bon et la réalisation, sans renouer avec le style année 60 du réalisateur, mêle habilement classicisme et originalité Godardienne. Je recommande aussi le visionnage du scénario, montage vidéo faisant un lien entre ce film et les expérimentations de JLG. Au final, "Sauve qui peut" est un film charnière dans la carrière de Godard qui mérite toute l'attention des spectateurs tant celui-ci est réussi et tranche avec le travail des 10 années précédente.
Pour un premier visionnage, je dois avouer que j'ai vécu une expérience assez rare et assez étonnante. Godard, pour son retour dans un cinema dit "commercial", a scindé son oeuvre en 4 temps distincts les uns des autres. La 1ère partie est longue et ennuyeuse, et je me suis même demandé ce que je faisais là. Mais j'ai bien fait de rester car par la suite l'ensemble était de bien meilleure facture, avec même 2-3 scènes qui ne sont pas prêtes de sortir de ma mémoire (dans le bureau notamment, vous voyez de laquelle je parle...). Un casting haut de gamme (Dutronc-Huppert-Baye), et un pari pour le moins risqué pour la jeune Isabelle Huppert, interprétant ici une prostitué volontairement vulgaire et très crue ! Mais à 26 ans à l'époque, son aura était déjà assez grande pour ne pas que ce rôle puisse la mettre en porte-à-faux pour la suite. Film qui est à voir pour son originalité, pour son audace, pour sa rareté, et puis parce que c'est Godard tout simplement !
Vous vous demandez ce que c'est qu'un film expérimental ? Eh bien en voilà un ! Je ne l'ai pas trouvé pleinement réussi, car je me suis quand même souvent ennuyé. Malgré tout, certaines scènes sont très bien trouvées, et certains dialogues ou monologues invitent à d'intéressantes réflexions.
D'nouveau un Godard en plein tripe - que l'on suppose aisément - intimiste. Personnellement j'ai beau cherché, je ne vois toujours pas où il a voulu en venir. Parfois, je me demande si ce n'est pas volontaire de sa part, de faire quelques films hermétiques et indigestes ô possibles, comme un souhait de sa part de déplaire... On trouve toujours du bon dans un film de Godard, pas de doute, mais ici c'est pas suffisant pour rendre le film intéressant ! Comme pour "Je vous Salue Marie", une réalisation extra mais une histoire atrocement inintelligible... .
Percutant malgré un message peu subtil et un peu désordonné. Un grand film si l'on en juge à la mise en scène et non aux messages politiques caricaturaux.
Mouais, je ne vois pas trop ce que Godard a voulu faire, je ne suis vraiment pas fan des fictions de Godard, elles sont trop décousues, inintéressante durant des larges minutes (un peu le syndrome Nouvelle Vague ou For Ever Mozart). Dutronc ne rattrape même pas le film. Bon ensuite c'est pas complètement nul, mais c'est pas terrible quoi, vraiment pas, il manque quelque chose de vital, un souffle de vie. Après il y a des bonnes idées comme les ralentis, la musique, certaines scènes avec Huppert (dont la scène à 4), mais c'est trop rare.
Une des fictions hermétiques de Godard. Le travail de l'image et du son est singulié, recherché. Les acteurs sont très bons. Et pourtant une chose leur fait défaut, une chose qui les rend incompréhensible et qui nous en éloigne. Le travail scénaristique y est pour beaucoup, je ne crois pas que le découpage en 4 parties inégales soit la meilleure solution. Mais cela ne fait rien, la chose essentielle en art est la poésie, la beauté, c'est ce qui fait que même si l'essence d'un oeuvre nous échape, elle ne nous reste jamais indifférente. Or, ce film, et beaucoup d'autre de Godard, en manque cruellement. Mais il a réalisé tant de chose formidable, que je ne peut pas croire que sa vision diffère tant de la mienne et je me dit qu'un jour peut-être je comprendrais mieux certains de ses films. Mais pour l'instant j'en suis trop éloigné.
Difficile de noter un Godard, surtout celui-ci. Film scindé en 4 mouvements assez inégaux où chacun sera touché d'une manière ou d'une autre. A noter les perles d'acteurs au passage ainsi que la qualité de montage et la photographie.