Le Lâche
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Patjob
Patjob

42 abonnés 755 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 juin 2022
Ce « moyen métrage » du maître Indien Satyajit Ray ne manque pas d’intérêt. Une mise en scène très classique et sans effets, une construction pertinente sont au service d’une histoire simple, où deux amoureux séparés se retrouvent par hasard alors que la femme a une nouvelle vie, et un mari. Les portraits des deux amoureux sont pleins d’empathie et de nuances (celui du mari l’est moins). La question centrale du film est la capacité de chacun à prendre une décision dans les moments cruciaux, et le titre indique déjà clairement la nature du frein essentiel dans ce type de situation. La dernière scène tourne aussi autour de cette question, mais de façon très subtile, diverses décisions possibles étant alors entrevues.
Jrk N
Jrk N

48 abonnés 245 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 novembre 2018
Dans Le Lâche (1965) le grand réalisateur indien Satyajit Ray simplifie à l’extrême : musique de lui sur une seule mélodie, deux personnages : un ancien étudiant en art devenu scénariste (Soumitra Chatterjee, l’excellent acteur fétiche de S Ray présent dans une quinzaine de ses films) rencontre par hasard une ancienne collègue étudiante qu’il n’a pas su - ou pas voulu - aimer suffisamment autrefois et qui est devenue l’épouse d’un riche planteur de thé, alcoolique et ridicule, parlant ce sabir risible des pseudo intellectuels constitué d'une phrase en bengali et de la suivante en anglais.
Elle est incarnée par la superbe Madhabi Mukherjee, l’héroïne immortelle de Charulata 64, le meilleur film de Ray, d’après Tagore, devenu mythique au Bengale et en Inde, un des meilleurs films du monde, sorte d’anti-Madame Bovary, qui expose les désirs d’une femme douée dans le Bengale de 1879. Dans Le Lâche, réalisé un an après, la texture complexe de Charulata est réduite : les deux anciens amoureux n’échangent que quelques phrases.
La simple rencontre de ces deux acteurs merveilleux, leurs regards, la description de leur soirée, la fin terrible qu'on ne peut décrire ici, fait de ce film d'une heure dix dont la très belle mise en image et le découpage sont d'un parfait classicisme est un chef d’œuvre de cruauté, digne de Maupassant ou Pinter.
selenie

7 438 abonnés 6 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2022
Les retrouvailles improbables entre deux premiers amours des années plus tard ouvrent la porte à de nouvelles interrogations. Intéressant et universel, le sujet est merveilleusement transcrit et montré dans ce jeu du chat et de la souris qui s'instaure après les retrouvailles mais qui malheureusement est parasité par l'affirmation du cinéaste qui nous impose la lâcheté du scénariste. Lâche car il n'a pas supposément pris ses responsabilités auprès de sa fiancée quand il était à priori temps ?! Sur ce point, n'omettons donc pas de replacer le contexte d'un étudiant sans le sou dans un pays où le patriarcat, les traditions et les convenances ne sont pas une mince affaire. Etait-il si lâche ou juste lucide ?! Le réalisateur n'offre aucun bénéfice du doute à ce pauvre scénariste via des flash-backs très partiaux. Par contre on ne saura jamais si la femme est désormais heureuse ou non, comme on ne saura jamais si l'époux samaritain est aveugle ou juste digne. Le côté moral est un peu facile malgré que le film reste habilement dans le flou jusqu'à cet ultime scène qui met les points sur les i. A voir.
Site : Selenie
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 721 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 juin 2022
Charulata était dans le présent. Le lâche est dans les souvenirs. Dans les regrets. Ce qui le rend plus amer et plus mélancolique.
Ils forment un beau couple et les scènes à trois en sont plus pénibles pour lui.
Hotinhere

789 abonnés 5 451 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 novembre 2022
Avoir une deuxième chance en amour après une trahison. Un drame sentimental cruel et nostalgique mais inabouti et assez improbable.
Loïck G.

388 abonnés 1 823 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2022
Ca pourrait être une pièce de théâtre, comme un huis-clos amoureux autour d’un triangle du même genre, mais dramatiquement bancal sous le regard aigu de Satyajit Ray. Un homme invite un autre homme a passer la nuit chez nuit en attendant la réparation de sa voiture. Les deux individus ignorent alors bien évidemment qu’au foyer les attend la même femme, que l’un a aimé, et que l’autre a prise pour épouse. Un porte à faux singulier sur lequel deux comédiens extraordinaires , Madhabi Mukherjee et Soumitra Chatterjee, jettent le discrédit d’une histoire sentimentale qui n’a jamais été assumée. Ces retrouvailles si particulières vont-elles permettre de reprendre le fil d’une histoire ancienne que quelques apartés nous permettent de comprendre totalement ? C’est l’enjeu de ce film apparemment sans conséquence sur la dramaturgie du cinéma. Et pourtant si prégnant dans sa forme comme dans le fond. Un moyen métrage, mais si long et bon dans sa résolution.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 340 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 décembre 2023
Adapté d’une nouvelle (en bengali) de l’Indien Premendra MITRA (1904-1988), le film, peu passionnant, traite d’un triangle amoureux : le mari, Bimal Gupta, riche planteur de thé, qui héberge, une nuit, Amitabha Roy, scénariste dont la voiture en panne est immobilisée en attendant la réception d’une pièce mécanique, et qui découvre que la femme de Gupta, Karuna, est celle qu’il a aimée, pendant 18 mois, lorsqu’ils vivaient à Calcutta (Bengale-Occidental, état dont est originaire le réalisateur), alors étudiant en économie. Il ne se passe pas grand-chose (des flash-back raconte leur relation antérieure) car on n’est, ni chez Tennessee Williams (1911-1983) ( spoiler: Roy ne tue pas le mari, ne se suicide pas ou ne précipite pas son ex sous le train !
), ni chez Ingmar Bergman (1918-2007) mais, peut-être, chez Anton Tchekhov (1860-1904). Roy est plus velléitaire que lâche. On retrouve les deux acteurs qui jouent Amitabha [Soumitra CHATTERJEE (1935-2020)] et Karuna [Madhabi MUKHERJEE (1942- )], respectivement 30 ans et 23 ans, déjà partenaires dans « Charulata » (1964) du même réalisateur, ainsi que son fidèle chef opérateur, Soumendu ROY (1933-2023), responsable de la belle photographie en noir en blanc.
Pascal
Pascal

252 abonnés 2 387 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 janvier 2025
Réalisé en 1965 par l'indien bengali Satyajit Ray, ( un des maîtres de l'Histoire du septième art) après ses opus qui sont aujourd'hui les plus célèbres ( la trilogie d'Apu, " le salon de musique", " Charulata"), " le lâche" moins connu, mérite pourtant largement le détour.

Le scénario n' est pas sans faire penser à certaines pièces de Tchekov et est l'occasion de retrouver les deux acteurs vedettes de " Charulata".

Un scénariste de films retrouve par hasard son ancienne petite amie, mariée, qu'il a refusé d'épouser par crainte, dans le passé.

On a ici affaire à un titre très réussi de S.Ray, même si on peut lui reprocher son manque de développement et de détails, afin de permettre à un regard occidental d'en cerner avec quelques certitudes certains de ses contours.

Pour quelles raisons psychologiques le personnage, alors étudiant, a t il refusé le mariage avec sa petite amie pourtant très jolie, très amoureuse de lui , éduquée et venant d'une bonne famille ? On n'en saura rien avec certitude.

Livré à ses conjectures le spectateur laissera libre court à sa réflexion. Au delà des seuls aspects économiques qui sont exprimés indirectement par le personnage masculin dans la scène clef de " le lâche" il y a fort à parier que la réponse profonde est à trouver dans certains traits de sa psychologie.

Au plan formel, c'est une très grande réussite visuelle. L'histoire se déroule ( hors les quelques rapides flash black) sur une soirée et une partie du lendemain et permet à Ray de nous proposer quelques plans sur une route de l'Assam, luxuriante qui conduit aux plantations de thé.

La première moitié de ce court long métrage (70 mn) est formidable ( je pense à la partie qui se déroule dans le chalet ) et digne des plus grandes réussites du cinéaste.

La seconde me semble ne plus être d'un standard aussi élevé que la première, mais " le lâche" ne doit pas ( selon moi) être considéré comme un opus de second ordre de son auteur, ce que sa confidentialité pourrait laisser croire.
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