Dès les premiers plans, le film impose un style inusuel dans le cinéma hollywoodien contemporain: de longs plans quasiment fixes, extrêmement composés, aérés par des transitions en travellings donnent un rythme à la fois contemplatif et dynamique si particulier. Et dire qu'à l'époque le film a pu être comparé à Midnight Cowboy auquel il est nettement supérieur! Personnellement, je ne trouve pas Pacino extraordinaire, par contre Gene Hackman démontre qu'il est pour moi le plus grand acteur américain des années 70: la manière dont il joue avec ses couches de vêtements, ses chaussures, ses lunettes, son calepin, etc. est de la poésie pure.
Road movie réalisé avec classe. Deux personnages attachants qui cherchent avec plus ou moins de désespoir, un peu de reconnaissance. La route ne fait que les plonger petit à petit vers l'Amérique profonde, et les deux gaillards ne trouveront pas chaussure à leurs pieds. Ils se lient d'amitié au fil du temps, même quand leurs animosités sautent à plusieurs reprises. Les paysages sont pour le moins sublimes, ce qui provoque une émotion rarement atteinte au cinéma. L'affiche du film représente tout simplement la détresse de deux compères qui marchent à travers les sentiers battus, en quête d'un souffle nouveau. Tout au long du film, il y a cette pensée perdue, cet abattement qui ne fait que tourner en rond. Le chaos traîne toujours à côté de ces pauvres individus qui finiront par voir un bout de lumière. Du grand cinéma.
Après Me, Nathalie son premier film (que je n'ai jamais trouvé ni en vhs ou en dvd - si vous avez des infos je suis toute ouie), panique à needle Parc qui l'a rvélé pour le Parrain, voici le grand retour d'Al Pacino...
Je suis tombé sur Scarecrow un peu par hasard... j'ai juste reçu une grande claque! Les personnages sont adorables et touchants... les acteurs sont phénoménaux (même si Pacino frise le too much par moments, on a envie de lui dire "stop, arrete tes pitreries 5 minutes s'il te plait"). L'aventure est totalement absurde, décalée et vaine, mais on a plaisir à suivre ces deux handicapés de la vie pour qui on ne peut avoir qu'empathie et affection. Une très belle découverte!
Il ya quelque émotion, avec un Max(Gene Hackman) qui a l'air un peu au bout du rouleau et vie sur un rêve de monté une affaire. Puis Lion (Al Pacino) également au bout du rouleau avec ses problèmes familiaux qui décide de partir à l'aventure pour donné un sens à sa vie. Mais je suis pas très emballé par le film, il est mou du début à la fin. Je m'attache pas vraiment aux personnages et à leur conquète de Pittsburg et à leur affaire. Je met une étoile pour le des acteurs qui est superbe.
Une Amérique poisseuse pointillée de banlieues indus', de "vielles belles" accoudées au comptoir, de femmes au foyer qui se baladent avec leur mise en pli en pleine après-midi... C'est deux hommes qui n'ont pas choisi la même attitude pour cacher une douleur. C'est aussi la leçon de vie de chacun grâce à l'autre.
Une belle et drôlissime histoire d'amitié, en somme. Et une palme d'or aussi!
Un film méconnu mais immense par la qualité de ses acteurs (surtout gene hackman sublime toujours à la limite de la violence, génial misanthrope sur la voie de la redemption) et par ses images splendides, prémonitoire des plus beaux et plus sombres road movies
Avec The French Connection, Gene Hackman nous livre ici une de ses meilleures performances, et Al Pacino loin des rôles de Carlito Brigante, Michael Corleone ou encore de Tony Montana, nous prouve ici sa capacité à jouer tous types de personnages et rien que cela en vaut le détour.
Très beau film qui met en avant toute la palette de sentiments qui peut naître d'une amitié. La scène du petit déjeuner est superbe, elle pose le décor, l'ambiance, trace les caractères... et est formidablement interprétée. Filmé presque à la manière d'un documentaire, Schatzberg nous invite à suivre Lion et Max poussés par un rêve commun comme pour mieux se libérer de leur passé...
La première scène au bord d'une route en rase campagne est singulière, qui marque la rencontre et initie l'amitié entre Max (Gene Hackman) et Francis (Al Pacino) à l'apparence, l'un et l'autre, de vagabonds. Ils font désormais route commune en auto-stop, le premier pour créer sa station de lavage de voitures à Pittsburgh, le second pour fêter l'anniversaire de son enfant qu'il n'a jamais vu. Leur cheminement discontinu et plein de haltes, parfois un peu longues d'ailleurs, permet de se familiariser avec ces deux types aussi contrastés que possible, l'ainé Max, rigide et bagarreur, et le candide Francis, plus fantaisiste, le métaphorique "épouvantail" dont il explique lui-même le sens. Leur vie passée est à peine dévoilée mais on la devine cabossée. Max et Francis ne sont pas l'Amérique triomphante, l'American way of life. Ils ne sont pas des "winners" et, au fil de leur progression dans une Amérique industrielle et populaire bien éloignée de ses mythes, on voit bien ce que leur objectif initial a de dérisoire ou d'illusoire. Jerry Schatzberg filme des visages et des quartiers abimés et, si ce n'est pas complètement le marasme, c'est au moins le désenchantement qu'il décrit. De pittoresques traine-savates, les deux personnages de Schatzberg deviennent attachants par tout ce qui évoque leur échec. Ils incarnent ceux qui n'ont pas réussi dans un beau film pessimiste et au caractère subversif assumé. Le sujet est porté par les compositions mémorables d'Al Pacino et de Gene Hackman, le premier sur le mode de la fragilité, le second s'imposant en "chef" du duo par sa brutalité et sa détermination. L'enjeu de leur histoire est de décider si, à deux, leur avenir peut s'éclairer. On n'en jurerait pas au ton qui est celui du film.