Une guerre se déroule à des milliers de kilomètres, mais elle envahit un lit, une chambre, un téléphone. Depuis Paris, une jeune femme regarde le Liban brûler à travers des flux d’images numériques — vidéos compressées, messages vocaux, fragments de visages, notifications incessantes. Le film ne cherche pas à représenter la guerre, mais à habiter la distance qui la rend à la fois irréelle et insupportablement proche.
Construit à partir d’enregistrements d’écran, d’archives personnelles et de conversations fragmentées avec son père, A Few Moments of Happiness explore la violence silencieuse de l’exil numérique : regarder sans pouvoir agir, aimer sans pouvoir toucher, témoigner sans savoir où se placer.
Entre saturation d’images et moments suspendus, le film interroge ce que signifie survivre à travers les écrans — et comment la mémoire collective se recompose dans un espace intime, fragile, instable. Un geste cinématographique qui transforme le flux numérique en matière sensible, à la recherche de quelques instants de respiration au cœur du chaos.
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