Johanna Harwood débute sa carrière comme scripte et assistante scripte sur des films comme Les Bérets rouges (1953) et L'Enfer au-dessous de zéro (1954). Elle tient également ce poste sur Monsieur Ripois de René Clément (1955), et sa rencontre avec le metteur en scène français aboutit à leur mariage.
Après avoir officié une dernière fois comme scripte sur Dossier secret (Mr Arkadin) d'Orson Welles (1955), elle ne revient au cinéma qu'en 1962 pour écrire rien moins que la première aventure du plus célèbre espion du cinéma : James Bond 007 contre Dr No, porté par Sean Connery et réalisé par Terence Young, avec qui Harwood avait collaboré sur le film de guerre Les Bérets rouges.
Malgré des révisions par Richard Maibaum et Berkely Mather, c'est Harwood qui signe les différentes versions du scénario, qui fixe déjà le canevas de ce que sera la saga James Bond durant des décennies : "Il y a trois ingrédients essentiels que l'on trouve d'ailleurs dans les livres et je crois que c'est pour cela qu'ils marchent si bien : C'est d'abord la sexualité, ensuite le sadisme et enfin le snobisme", déclarera-t-elle à la télé française :
Harwood est rappelée pour Bons baisers de Russie (1963) dont elle signe uniquement la première version du scénario, qui est ensuite signé par Maibaum, de retour lui aussi. Et si certains sites lui attribuent une présence à l'écriture de Goldfinger (1964), la scénariste niait fermement avoir participé en quoi que ce soit au film.
En parallèle des Bond, elle co-écrit une autre production Albert R. Broccoli, la comédie Appelez-moi chef (1963) avec Bob Hope et Anita Ekberg et assure une réécriture du film d'espionnage Ipcress - Danger immédiat avec Michael Caine (1965).
Après la comédie de science-fiction Ne jouez pas avec les Martiens (1968) avec Jean Rochefort et Macha Méril, dans laquelle on peut également voir Amanda Lear en Martienne, Harwood s'éloigne des plateaux. En 2007, elle crée la Fondation René Clément afin d'honorer la carrière de son mari, décédé le 17 mars 1996.
Corentin Palanchini