L’image, très belle, pourrait atténuer la dureté de ce qui est raconté, mais en fin de compte le regard du cinéaste reste toujours assez précis et attentif pour éviter ce piège.
Écrit par une IA en RTT, filmé comme un clip sous perfusion et « pensé » par des décideurs qui méprisent le genre, ce sous-produit patauge dans l’hémoglobine sans jamais décoller. Le gore tient lieu d’idées, l’esbroufe de mise en scène. Sous les hectolitres de sang, Mara Taquin, Kim Higelin et Stefan Crepon s’échinent à masser le cœur d’un film déjà en état de mort cérébrale, victime d’un burn-out généralisé.
Cette flamboyance arrive bien tard, mais elle révèle rétrospectivement l’ambition que le film peinait à concrétiser jusque-là. Car Castagnetti, à défaut de maîtriser son sujet, ose une adaptation personnelle, parfois bancale mais jamais tout à fait désincarnée.
Ce cheminement donne toute sa valeur, sa sincérité à ce long-métrage documentaire réalisé par Basile Monnot et Samy Bouyssié et porté par la présence lumineuse de Nicolas Trouvé, émouvant de bout en bout.
Vous allez pleurer devant Lucy Lost. Et quel que soit votre âge, vous allez grandir. Ne vous privez surtout pas.
La première heure de Hope est tout simplement fabuleuse. Dans un scope éblouissant, la réalisation fluide et nerveuse nous plonge dans une chasse haletante au monstre meurtrier, menée par la police et une faune locale plus ou moins demeurée. Les péripéties s’enchaînent à la vitesse du son, les plans iconiques aussi, la satire s’en donne à cœur joie… Bref : on se régale.
Tout en force intérieure, Gilles Lellouche réussit à exprimer – par son corps, ses regards et ses silences – le courage, la détresse et la détermination d’un homme seul face à un monstre, incarné par l’acteur allemand Lars Eidinger.
Avec ses images vibrantes aux couleurs saturées, le film nous emporte à la suite de son héroïne dans le quotidien des Haïtiens, entre désespoir et goût de vivre.
Succession de quiproquos, gags à gogo, sens inégalé de l’absurde : ce nouveau film compile tout ce que l’on adore depuis toujours dans les productions dont Shaun est le protagoniste. Et on se délecte des multiples références au 7e art, des monstres Universal à Psychose, en passant par S.O.S. Fantômes. Un régal pour toute la famille.
La dimension tragique de Hagen et son désir de vengeance envers ses bourreaux évoquent parfois le Darkman de Sam Raimi, mais le film de James Watkins ne semble jamais vraiment savoir où il veut aller, courant après trop de pistes, de genres (la romance, l’horreur, le revenge movie…), de thèmes et de faux départs.
Regard éploré et craintif, Marion Cotillard souffre le martyre sans vraiment nous émouvoir. La faute à un scénario qui part dans tous les sens, plein de sous-intrigues, et joue sur les effets au lieu de nous interroger sur les méfaits de l’emprise.
Dans ce film très remarqué à la Semaine de la critique lors du dernier Festival de Cannes, la très douée Marine Atlan – par ailleurs directrice de la photographie – renouvelle magnifiquement le regard sur une ville souvent filmée, et par les plus grands.
Le grand cinéaste mauritanien signe un sublime poème en VR inspiré de la vie personnelle de la star française. Un voyage immersif à 360 degrés, intime et universel, sur le deuil et la mémoire.
Street Fighter ne prétend pas rivaliser avec John Wick ou même The Furious, mais c’est du cinéma pop-corn, généreux, spectaculaire qui enterre définitivement le premier Street Fighter avec JCVD ou le récent Mortal Kombat II de sinistre mémoire. YOU WIN !
Où est ce petit plus qui fait la différence avec les anciennes versions de ce « marronnier » du cinéma ? Après Harry Baur, Jean Gabin, Lino Ventura et Gérard Depardieu, Vincent Lindon apporte néanmoins sa pierre au monument Jean Valjean face à Tahar Rahim torturé, traumatisé et plus cruel que jamais dans la peau de l’inspecteur Javert, tandis que dans le couple Thénardier, Camille Cottin porte la culotte. Question : cette version 2026 des Misérables, pour quoi faire ?
À l’image de son héros poétique qui découvre sa force derrière ses failles, Le Corset, ovni dans le paysage cinéma du moment, émeut et éblouit.
Résultat ? Un long-métrage épique, extrêmement divertissant, qui n’atteint ni les sommets émotionnels, ni la profondeur de réflexion du page-turner de papier, mais offre un solide divertissement pour amateurs de sensations fortes, et préserve la dimension écologique du récit.
En s’inspirant de La Femme infidèle, de Claude Chabrol (1969, avec Michel Bouquet, Stéphane Audran et Maurice Ronet), le cinéaste russe Andreï Zviaguintsev, 62 ans, signe une sombre parabole sur la Russie d’aujourd’hui, avec ses arrangements, ses combines, ses peurs.
Le toujours impeccable Jeremy Strong campe quant à lui un Mark Zuckerberg intimidant, dépeint comme un monstre à sang froid, plutôt convaincant. Mais c’est insuffisant pour nous faire pardonner une intrigue et des dialogues bien trop programmatiques.
Au-delà du message et du travail de mémoire, Alexandre Arcady joue la carte d’un suspense classique et un peu trop prévisible, d’un drame humain ressurgi des ténèbres de l’histoire et porté par le jeu parfois prévisible de Benoît Poelvoorde et Kad Merad.