Une expérience, assurément. Bonus qui ne gâche rien : la présence, en vieux parents eux-mêmes dépassés, des vétérans Nick Nolte et Sissy Spacek, légendaire Carrie dans le classique de Brian De Palma.
Un peu convenu et non dépourvu d’académisme, le film n’émeut pas mais se contemple comme un beau livre d’images enrichi par la musique, employée avec une vraie finesse.
Malgré ses imperfections et quelques invraisemblances, la recette Hokum fonctionne et, sans boniment, vous aurez a minima expérimenté plusieurs effrois de bon aloi.
Moins drôle que le premier malgré quelques gags réussis, Le diable s’habille en Prada 2 est une critique habile de la sinistre dégringolade des médias, sacrifiés sur l’autel du profit.
Difficile de bouder son plaisir : la performance de Jaafar Jackson est à la hauteur de son personnage d’enfant star (le tout jeune Juliano Valdi) devenu une icône planétaire, affrontant la jalousie d’un père autoritaire et vénal, joué par l’impressionnant Colman Domingo.
Mais à force de rester dans l’observation, le film peine à créer un véritable enjeu dramatique. L’émotion affleure sans jamais vraiment s’imposer. Et l’on finit par rester à distance, comme devant une vitrine bien rangée.
Impossible de résumer simplement ici le reste de l’intrigue tant elle tourne au joyeux chaos. Mais si vous avez aimé Un jour sans fin, L’Armée des 12 singes, Terminator 2 et Matrix — et aussi le style toujours aussi iconoclaste de Gore « Pirates des Caraïbes » Verbinski – vous ne mourrez certainement pas d’ennui devant ce singulier millefeuille de SF, alternant premier et second degrés, farce et tragédie, insouciance et sourde angoisse de fin du monde…
Bill Skarsgård campe ici un anti-héros désarmant, à la fois drôle et pathétique, face à son otage incarné subtilement par Dacre Montgomery (vu dans Stranger Things), mollement défendu par son père — fabuleux Al Pacino, le même qui jouait en 1975 dans Un après-midi de chien de Sidney Lumet. Pas de pathos ni de morale ici, juste un parti pris réaliste et distancié.
Passionnant morceau d’histoire hollywoodienne, The Mad Dog of Europe en dit long sur la difficulté de faire entendre une voix dissonante par temps de fascisme. Édifiant.
Une réalité alternative, une matière dont sont faits les rêves. En nous laissant entrevoir ce qu’aurait pu être la filmographie d’Alexandre Trannoy, Vladimir Rodionov et Avril Tembouret reviennent finalement à l’essence la plus pure de ce qu’est le cinéma : un écran d’illusions et de chimères.
Si, par moments, Sauvage a des maladresses dans sa tentative d’épuiser les explications possibles au comportement de son héroïne, il les compense par une vraie beauté dans le regard porté sur la nature et par l’interprétation d’une grande puissance de Céline Sallette, habitée en mère obsédée par le désir de rétablir le lien avec sa fille.
Carla Simon réussit un récit d’apprentissage lumineux et doux, l’histoire d’une jeune fille qui avance dans la compréhension d’une histoire intime et collective, et élabore patiemment sa propre façon d’être au monde.
Si le récit progresse parfois de manière un peu trop démonstrative et manque légèrement de souffle dans la durée, il laisse derrière lui une question morale stimulante : jusqu’où peut-on mentir pour protéger son enfant ?
Une mise en scène très classique, au diapason de cette histoire banale d’une femme devenue invisible. Pas de surprise, de rebondissement ni de cruauté à la Chabrol dans l’intrigue portée subtilement par Mélanie Thierry, qui n’a pas la colère de son personnage dans Connemara d’Alex Lutz.
Un peu brouillon dans la juxtaposition d’entretiens multiples et d’archives, le film de Judith Abitbol a le mérite d’inscrire la personnalité singulière d’Hélène Hazera dans une histoire plus large des combats politiques et intellectuels des années 1970-1980.