C'est le nœud assez fascinant de ce film sentimental qui ne voudrait pas paraître trop "déconnecté" : porté par une Léa Drucker brillant de mille feux, "La Vie d'une femme" n'est jamais meilleur que lorsqu'il assume sa nature fondamentalement bourgeoise.
Les trois courts ici rassemblés traitent du sentiment amoureux comme d’une question intime, mais aussi politique, avec la pleine conscience que l’un et l’autre sont indissociables.
Au lieu d'investir les enjeux contemporains qui sous-tendent sa fable postapocalyptique, The Dog Stars prend progressivement la forme d'un néowestern qui accuse la vétusté de son logiciel.
Loin d’assumer la part de critique sociale et politique propre à sa dystopie, le récit nous la présente finalement comme une utopie où le puritanisme – ce vieux démon du cinéma américain – aurait recréé les conditions de la rencontre amoureuse.
Si la volonté de creuser un mystère plutôt que de le résoudre constitue un moteur cinématographique stimulant, Harari semble lui aussi pris dans un vortex, tournant autour de son concept sans réussir à lui donner sa pleine mesure.
On regrette les errements du montage et sa propension au clip, car Patterson, malgré ses limites et son mauvais goût par endroits criant, fait preuve d’une générosité qu’on aimerait retrouver dans une forme plus étoffée et moins ventripotente.
On pourrait voir dans ce principe d'incertitude une invitation du cinéaste à penser son film avec lui, mais cette « politique du doute » vire très souvent chez lui à la mécanique narrative implacable – voire au soupçon du pire.
Malgré quelques trouvailles, on a tout de même l’impression de faire face à un film plus habile dans ce qu’il donne à entendre que dans ce qu’il donne à voir.
Si Shu Qi fait ainsi preuve d’une certaine ambition, l’exécution reste brouillonne, donnant l’impression d’une forme encore en gestation, qui se cherche à travers la multiplication de ses effets.
Passé un très beau prologue, le film se perd : à force de tout envelopper dans une même douceur contemplative, Des Fleurs pour Tokyo laisse l’émotion à l’état de promesse.
Pour la première fois, Araki ne regarde plus tout à fait la jeunesse avec l’énergie tonitruante de ses débuts ou la mélancolie abyssale de "Mysterious Skin". De son étude de la sexualité chez la Gen Z, il tire une comédie hélas assez molle.