Le portrait de cette jeune fille, parfois émouvant, est cependant neutralisé par l’application d’un scénario adepte du redoublement des trames narratives.
Trop déférent et dépourvu de légèreté, le film parvient cependant ici ou là à faire peau neuve grâce à quelques choix graphiques bien sentis et au regard porté sur le visage de Mara Taquin.
Au-delà de l’amer constat que dresse le film sur le statut des minorités, le documentaire bouleverse dans ses derniers instants.
Réservant de nombreuses surprises, "Hope" est un tour de manège, une série B protubérante qui a le mérite de ne jamais lâcher sa logique chaotique.
C'est en se détournant d'une perspective strictement réaliste et biographique que le film trouve sa profondeur : "Moulin" fait de la résistance un pur enjeu de mise en scène, en même temps qu'il plonge dans une nuit sans retour d'une intransigeante beauté sépulcrale.
Un vrai film mutant, certes inégal, mais qui tire de sa glaise une série de visions singulièrement étranges.
L'hétérogénéité dont fait preuve le film engage davantage qu’une circulation entre les genres : d’une certaine façon, la mise en scène procède d’un refus de réduire le territoire haïtien à une modalité formelle et narrative unique.
Un road movie documentaire doublé d'un saisissant voyage mental, qui remonte la mémoire traumatique des États-Unis.
"La Gradiva" ressemble à ce titre à un grand film romantique, au sens werthérien du terme : les souffrances des adolescents sont exacerbées par leur jeunesse, le film s’adaptant à leur intensité, quitte à injecter un peu de grandiloquence.
Le film glisse sur la surface d’un mal-être dont le cinéaste nous épargne le poids.
Pour combler les béances historiques, Cavayé se rabat sur de grandes oppositions abstraites : le bien et le mal, les riches et les pauvres, les ténèbres et la lumière. On attend encore une version des "Misérables" qui mettrait le feu aux poudres.
Ce que "Minotaure" gagne en clarté politique et acuité contemporaine, il le perd dès lors sur le reste : son écriture (filmique et scénaristique) aura substitué au récit mystérieux de "La Femme infidèle" une fable démonstrative.
Telle est la morale du film : la vie excède toujours ce que l’image peut en saisir, même si c’est le cinéma qui nous permet, à chaque nouvelle répétition, de mieux discerner ce qui compte réellement.
"NAZA" est construit à partir d'un paradoxe formel : des soldats dans la pénombre décrivent avec précision des images qui nous restent invisibles. Des images qui finissent par brutalement ressurgir, en actualisant la violence à laquelle viennent faire écran les propos souvent désaffectés des personnes interrogées.
C’est une contradiction courante du cinéma de festival : la recherche d’une complexité bute sur le fléchage dont témoigne le scénario, pour qu’on ne passe pas non plus à côté des intentions du film. Balagov cherche encore le juste milieu, même s’il faut reconnaître que Butterfly Jam, moins volontariste que ses précédents films, témoigne d’une attention certaine pour les acteurs.
Après "Passion simple" et "L’Événement", "Mémoire de fille" confirme la difficulté, voire l’impossibilité d’adapter Annie Ernaux au cinéma.
Si le postulat ouvre sur un principe d’ambivalence (les personnages sont tiraillés entre désir et méfiance), les scènes horrifiques reproduisent hélas presque toutes le même schéma.
Le film pâtit d’un certain manque de consistance pour réussir à incarner pleinement la fureur qu'il laissait présager.
Au sein du champ balisé de la chronique filmée caméra à l'épaule, la cinéaste parvient malgré tout à se démarquer par la singularité de son ton.
Belle idée de départ, mais film raté.