L'une des forces de Gavagai tient à sa façon de filmer Dakar : qu’il s’agisse des coulisses du tournage ou des scènes du film dans le film, la netteté numérique de la photographie est comme contaminée par le bouillonnement de la ville.
Neuf ans après "Western", cette suite spirituelle ne parvient pas totalement à tenir les promesses de son titre. Malgré un beau personnage (et une superbe actrice), "L’Aventure rêvée" ressemble plutôt à une promenade hagarde.
"Comète" tire pleinement parti de sa forme chorale : à l’image de voix distinctes au sein d’une même partition, les trajectoires s’accordent et s’entrelacent pour composer le portrait d’une génération happée dans les mailles d’un horizon brumeux.
Nolan vide le poème d'Homère de son esprit d'aventure et de sa soif d'inventions au profit d'un imaginaire standardisé et de scènes d'action brouillonnes. "L'Odyssée" est un piteux spectacle.
The Fin ressemble finalement à ses propres personnages : c'est un corps mourant et assoiffé, avançant péniblement au milieu de ses visions apocalyptiques sans jamais savoir où elles le conduisent.
Dry Leaf est un émerveillement plastique : à l'aide d'un téléphone portable obsolète, Koberidze filme la Géorgie à la manière d'un impressionniste (on pense à Cézanne) ou d'un archéologue. En découle un road movie paradoxal, hanté par l'absence mais baignant aussi dans une grande plénitude.
À force de vouloir systématiquement retourner comme un gant les archétypes du film de gangsters, Entroncamento finit par s’émietter dans un fatras de notes d’intention.
Phuong Mai Nguyen investit pleinement les potentialités que lui offre l’élément aquatique, en multipliant les transitions sans coupe ou en jouant sur la proximité matérielle entre l’eau et l’encre.
À la manière du personnage, Herzog s'intéresse au presque rien et à l’invisible. C’est peut-être ce qui permet au film d’échapper au goût du spectaculaire façon National Geographic : une attention sublimée en empathie.
Un deuxième volet plus tenu sur le plan du spectaculaire, mais aussi plus calibré et déférent. À choisir, on préférait encore L'Âge de fer : le film n’était pas meilleur, mais son numéro d’équilibriste lui donnait une forme de fragilité éloignant (ne serait-ce qu'un peu plus) le spectre de l’académisme.
Le refus du drame est stimulant, mais laisse également l'impression d'un film qui hésite à s'abandonner complètement à ses propres élans. Reste un objet souvent drôle, qui transforme Varsovie en terrain de jeu mélancolique pour des personnages en quête de sens.
Plus qu'un ajout de choix à la franchise inventive, "Toy Story 5" ressemble à une histoire bonus qui aurait davantage sa place sur une plateforme de streaming. Mais ici et là, le film n'est pas non plus dépourvu des restes de la magie Pixar.
L’idée est géniale, mais à multiplier les allers-retours entre les « backrooms » et le « monde réel », le film finit par diluer la peur de se retrouver piégé dans ce lieu infernal.
Avec son récit en forme d’apprentissage féministe de la street, le film de Lila Pinell pourrait sembler trop discursif, mais il échappe à la note d’intention par le naturel de son personnage et de son actrice.