À l’humour moqueur qu’un tel trio pourrait susciter, Léopold Kraus répond par un sens habile et naturellement contrasté de l’écriture de caractère. Déjouant les évidences et ramifiant avec intelligence son récit, il offre à chacune et chacun de ses trois formidables acteurs un territoire de jeu qu’ils investissent - tout comme leur auteur - avec un souffle de liberté fait d’effronterie et de gourmandise pour le genre. Réjouissante révélation.
Un passage sur grand écran réussi pour cet ambassadeur d’une nouvelle famille de cinéastes venus d’internet qui entendent ramener les ados en salle. Laissons-les faire.
Le film porte un récit depuis des points de vue fragiles, antihéroïques et antispectaculaires, d’une sincérité désarmante. Il pose un regard sur une société américaine effondrée, jetant sur la route et forçant à l’abandon ceux qui en sont rejetés.
Un cycle inéluctable autant qu’infernal, disséqué ici avec un humour chirurgical et un sens de l’absurde tragique qui nous glacent autant qu’ils nous enthousiasment.
En expert du « film à tiroirs », Almodóvar orchestre un vertige narratif aux potentialités littéraires, truffé d’allers-retours temporels et de savoureuses digressions. À ceci près qu’ici la machine tourne à vide, dans une errance – et même une béance – narrative qui frustre autant qu’elle bouleverse par sa sincérité.
Un film lancé comme une vague débordante, ne cessant de nous surprendre, tant par son graphisme punk que par l'intelligence mécréante de son acuité sociétale.
C’est notre imaginaire et notre psyché qui sont sollicités ici par le biais d’une mise en scène faussement ouatée et évanescente - souvent composée de cadres fixes serrés et de plans-séquences -, qui comme l’écrivait le Divin Marquis de Sade, parvient à nous faire jouir (et trembler) simplement par l’oreille.
C’est notre imaginaire et notre psyché qui sont sollicités ici par le biais d’une mise en scène faussement ouatée et évanescente - souvent composée de cadres fixes serrés et de plans-séquences -, qui comme l’écrivait le Divin Marquis de Sade, parvient à nous faire jouir (et trembler) simplement par l’oreille.
La manière dont le cinéaste les projette dans un quotidien prolétaire et concurrentiel, calquant sur leurs mouvements entravés d’émancipation une mise en scène heurtée et pugnace jouant sur plusieurs diapasons (mélo ascétique, bromance ambiguë et fresque politique…), fait résonner une élégie bouleversante de vérité.
D’un geste qui rappelle par endroits l’acuité politique d’un Rainer Werner Fassbinder, la cinéastes sonde les rapports de classe et leurs puissances de mort, dans un monde où le désir reste encore leur carburant le plus infaillible… et le plus invisible.
Le fantastique surgit également, tel un pantin délicieux, avec une intrigue autour d’un amant en double exemplaire et d’un texte rédigé sur un ordinateur qui semble prédestiner le destin d’Adnan. La mise en scène, au cadre magnifiquement travaillé comme les illustrations d’un livre chimérique et érotique pour adultes, organise de manière subjuguante le ravissement de cette ronde des jouissances communicatives.
CARAVANE est un road-movie en forme d’hymne sensoriel à la différence (…) un film solaire qui nous rappelle que vivre sa différence c’est peut-être s’arrimer à l’essentiel.
MARAMA fonctionne à merveille dans cette dimension allégorique et parvient à transcender son ancrage gothique, par un investissement singulier du genre, qui ne lésine ni sur le gore ni sur les images oniriques venant comme profaner les beaux tableaux statiques attendus.