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    Patrick Melrose
    Critiques spectateurs
    Critiques presse
    note moyenne
    3,9
    177 notes dont 21 critiques
    répartition des 21 critiques par note
    5 critiques
    8 critiques
    4 critiques
    2 critiques
    0 critique
    2 critiques
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    Prïthi A
    Prïthi A

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    Critique de la série
    4,5
    Publiée le 5 juillet 2018
    Décidément, chez Allociné ils sont vraiment nuls pour résumer les films / séries et mettre en avant les vrais thèmes principaux. Un petit conseil : ne vous fiez pas aux bandes annonces de la série qui reflètent surtout l'ambiance du 1er épisode qui est très différent des autres ; donc ne vous fiez pas non plus qu'au 1er épisode pour vous faire un avis sur cette série, comme visiblement ils l'ont fait sur ce site. L'addiction n'est pas le sujet principal de cette série ! Elle traite avant tout des traumatismes graves et des conséquences (dont l'alcool et la drogue) que peuvent engendrer les maltraitances parentales subies durant l'enfance sur la vie d'adulte, et comment s'en sortir et vivre malgré ces traumatismes. Parallèlement, on a une véritable critique acerbe sur le milieu aristocratique. Et justement, on se rend compte que ce n'est pas parce qu'on est "bien né" qu'on a forcément eu une "enfance privilégiée". Cette minisérie illustre parfaitement les liens entre maltraitances et addictions en tout genre, mais aussi la peur de reproduire le même schéma et les sentiments de solitude, de dévalorisation, d'abandon. Il y a également beaucoup d'autres sujets abordés ; même s'ils sont parfois traités brièvement, ils sont plutôt bien amenés. L'histoire du personnage principal est d'autant plus forte qu'elle est tirée d'une autobiographie. Le casting est parfait. Benedict Cumberbatch est bien meilleur ici que dans "Sherlock" et sa palette de jeu est plus étendue. Jennifer Jason Leigh excelle dans le rôle de la mère borderline, de même que Hugo Weaving dans le rôle du père glacial et charismatique. Quant à la réalisation, c'est aussi une réussite. Allant de très dynamique à très lente, elle traduit bien les ambiances, les émotions et l'état d’esprit des personnages. La photographie, les couleurs, le jeu des symétries... l’esthétisme global est très beau. J'aime beaucoup (particulièrement dans les épisodes 1 et 3 qui s'opposent par leur style et leur ambiance) la façon qu'a le réalisateur de bouger sa caméra. Enfin pour finir, j'ai trouvé un meilleur synopsis sur Wikipédia, alors je le colle ici : "Enfant unique d'une riche famille aristocratique dysfonctionnelle avec un père tyrannique et abusif et une mère alcoolique, Patrick Melrose est un homme déséquilibré menant une vie oisive sans réel intérêt ni objectif. Hanté par cette enfance douloureuse et surtout par son père, il tente tant bien que mal de survivre à ses traumatismes en se réfugiant dans toutes formes de drogues (alcool, héroïne, cocaïne...). Mais suite à la mort de son père, il décide de se prendre en main en affrontant ses démons intérieurs pour essayer, non sans difficulté, de se libérer de ses multiples addictions et de ce passé qui l'empêche d'aller de l'avant ; un combat qui lui prendra des années".
    Shaigan
    Shaigan

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    Critique de la série
    5,0
    Publiée le 12 octobre 2018
    Cela fait toujours plaisir de tomber par hasard sur une grande œuvre. Une œuvre sans quasiment aucun défaut. Cette mini-série est sous doute ce que j'ai vu de plus réussi sur le sujet de la pédophilie incestueuse. Je n'avais jamais entendu parler de cette série, seul le nom de Benedict Cumberbatch m'a poussé a regarder par curiosité le 1er épisode, et j'ai finalement vu les 5 épisodes à la suite sans jamais m'ennuyer, tel un passionnant film de 5 heures. La plupart des oeuvres que j'ai pu voir parlant du sujet de la pédophilie choisissent de le faire sous l'angle de la justice ou de la vengeance. En gros, elles montrent des enfants victimes au sein d'une institution (prison, église, etc.) qui, une fois adultes, vont prouver la culpabilité de leur agresseur pour les envoyer en prison ou les tuer. Ici, rien de tout ça. Déjà, cela ne se passe pas dans une institution mais au sein de la famille (ce qui est finalement plus probable vu que les statistiques montrent que plus de 90% des victimes de pédophilie le sont dans le cercle familial). Et le coupable ne sera jamais inquiété par la justice ou par une quelconque vengeance, il mourra tranquillement de vieillesse dans son lit, sa réputation tout à fait intacte. Ce que s'attache à montrer cette série, c'est à quel point la victime est détruite psychologiquement pour toute sa vie. La construction narrative est très intelligente et jongle entre différentes époques (années 60, 80, 90 et 2000) permettant d'exposer les conséquences sur la victime aux différents âges de sa vie, ses choix de jeunesse à 25 ans, sa manière d'élever ses enfants plus tard et les influences négatives que cela transmet de génération en génération. Elle montre aussi l'aveuglement des proches et du reste de la famille, qui ne veulent pas voir (ou refusent de voir) ce qu'il y a sous leurs yeux. Et le tout, sans jamais à aucun instant tomber dans un pathos facile et artificiel. Le fait de faire se dérouler cette histoire dans un environnement social cultivé et très sophistiqué où règnent en maître l'ironie et le sarcasme interdit les gros violons à l'américaine. Tout est dans le non-dit. Mais paradoxalement, cela rend le propos encore plus fort. Formellement, c'est parfait. C'est extrêmement bien écrit. La construction est intelligente, le ton est toujours juste, que ce soit dans l'humour parfois, dans le tragique, voire dans la frayeur. C'est vraiment très bien réalisé. Les acteurs, tous, sont aussi au même niveau d'excellence, et Benedict Cumberbatch livre ici la meilleure prestation de sa carrière (ce qui n'est pas peu dire vu qu'il accumule les bonnes prestations ces dernières années). Hugo Weaving livre lui aussi une prestation exceptionnelle. Patrick Melrose est vraiment un chef-d’œuvre, un pur bijou.
    Jilli
    Jilli

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    Critique de la série
    4,5
    Publiée le 14 mai 2018
    Début prometteur. Comme très souvent Benedict est au rendez-vous. Il porte très bien ce nouveau rôle de Patrick Melrose. Personnellement, j’ai accroché dès ls premières minutes. J’ai hâte de voir la suite.
    Julien P.
    Julien P.

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    Critique de la série
    4,5
    Publiée le 11 juin 2018
    Premier épisode assez étonnant... Une série narrant l'histoire d'une pure figure romantique... tout à fait XIXe, riche, intelligent, beau, ténébreux, blessé... La réalisation cependant est inégale et souffre de facilités prises par le réalisateur qui maîtrise mal le rythme : l'intensité donnée par l'acteur principal est souvent mal exploitée, par une sorte de précipitation, quel dommage ! Excellente interprétation de Benedict Cumberbatch dont le talent semble d'ailleurs dépasser de loin le personnage qu'il a reçu la tâche d'incarner à l'écran... Il faudrait à cet acteur de plus grands rôles, de ceux qu'on pouvait trouver chez Losey ou Lean.... J'attends les épisodes suivants avec curiosité... Au troisième épisode de la série... il apparaît manifestement que le réalisateur n'est pas à la hauteur du romancier... On voit de beaux moments de cinéma, mais qui surnagent sur une mer d'indécision stylistique... C'est assez tragique, les acteurs sont excellents, la source littéraire est excellente, seul le réalisateur n'est pas au niveau... Parfois, on a l'impression que le succès sort d'une rencontre entre les acteurs et le romancier (l'inspirateur), qui exclue le réalisateur... réduit au rôle de témoin de cette rencontre, Pour ces moments de grâce, la série reste très supérieure à l'immense marécage des séries médiocres... Contrairement à ce que pense le critique des Inrocks, la référence du genre n'est pas Downton Abbey mais Brideshead revisited, avec Jeremy Irons et Julia Quick, l'adaptation brillantissime du roman d'Evelyn Waugh.
    romano31
    romano31

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    Critique de la série
    4,0
    Publiée le 4 juin 2019
    Patrick Melrose est une mini série passionnante à suivre abordant des sujets difficiles. Et pourtant, lorsque l'on regarde le premier épisode, on est loin de s'imaginer que la série aura un tournant aussi dramatique. En effet, le premier épisode est bourré d'humour et de situations plus drôle les unes que les autres. Tout ça, bien sûr, mené par l'excellent Benedict Cumberbatch dont le talent n'est plus à prouver et qui nous livre une prestation dès plus mémorable. Dès ce premier épisode passé, la série bascule dans le dramatique où notre héros cherchera à faire la paix avec lui même et son passé extrêmement douloureux. Je reste volontairement flou sur le passé du personnage et l'intrigue de la série pour ne pas vous spoiler mais sachez que différents thèmes difficiles vont être abordés et franchement, ce n'est pas la joie... La série est très bien écrite et même si le rythme des épisodes peut paraître en dents de scie, je dois bien avouer que je ne me suis pas ennuyé devant le cinq épisodes de Patrick Melrose. Une mini série que je vous recommande fortement.
    Bronco B.
    Bronco B.

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    Critique de la saison 1
    5,0
    Publiée le 4 juin 2018
    Excellent début de saison. Premier épisode à cent à l'heure, dans la veine des "drug movie" (Trainspotting, Las Vegas Parano, ...). Les épisodes suivants n'ont rien à voir, on y apprend plus sur l'enfance tumultueuse du personnage joué par Cumberbatch, ce qu'il l'a fait sombrer et qui le hante encore. Casting impeccable et un vrai effort de mise en scène.
    Cinégab
    Cinégab

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    Critique de la série
    5,0
    Publiée le 26 juillet 2018
    (Sans spoiler) Une série très originale et vraiment excellente ! Chaque épisode représente un film à part entière de par sa différences de style et de ton par rapport aux autres, mais la série reste un tout parfaitement cohérent. Les thèmes, en plus d’être intéressants, sont très bien exploités. Le scénario est bien ficelé, on ne s’ennuie jamais. Les acteurs ne sont pas en reste, et s’ils excellent tous, on retient bien évidemment Cumberbatch dans le rôle principal avec son jeu amusant quand il faut, et toujours subtil et poignant, et le'excellent et très touchant Sebastian Maltz dans le rôle du jeune Patrick. En bref, une série à ne pas rater ! avec spoiler J'ai entendu dire que le premier épisode était spectaculaire mais que cela baissait par la suite, ou encore que ça n'était pas assez "révolutionnaire". Effectivement, le premier épisode est plus "spectaculaire", et en cela très réussi, mais les autres épisodes ne sont, quoique dans un genre très différent, pas en reste. C'est d'ailleurs dans la différence entre chaque épisode que réside toute l'originalité de la série : chacun est comme un mini-film usant de procédés très différents et lesquels le fond, l'histoire, le personnage relient pour former un tout totalement cohérent. ALors certes, ça peut paraître lent, mais justement cela reflète bien la réalité : se remettre, même partiellement, d'événements tels, ça prend temps fou et la série le fait bien ressentir. De plus, chaque épisode évoque des thématiques très intéressantes. J'ai donc particulièrement aimé le deuxième qui, outre son importance narrative prépondérante au développement du personnage, met en scène ce moment de choix, cet instant où chaque adulte décide plus ou moins sciemment de laisser cet enfant se faire violer par son père (par exemple, le regard du parrain, le refus d'écouter les indices de la mère, ou le fait qu'Anne n'ait pas insisté, ce qui d'ailleurs était très délicat). L'épisode 3 mêle sociologie et psychologie dans une satire amusante et intéressante de l'aristocratie anglaise. Le quatrième, assez rageant, s'intéresse à la rechute et enfin le dernier à la guérison de PatricK. Ce qui me semble d'ailleurs terrible et réaliste, c'est qu'il faille à Patrick que tous les gens mêlés à cette histoire aient à mourir pour qu"il se remette. Donc non, ce n'est pas spectaculaire. Mais pourquoi est-ce qu'un sujet aussi dur et incompatible avec les bons sentiments devrait l'être ? Et non, ce n'est pas "révolutionnaire" si vous voulez, mais ça sent le réel. L'auteur a vécu ce dont il parle, devrait-il mentir sur sa perception des choses dans l'unique but de, justement, être unique ?
    GIJoe
    GIJoe

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    Critique de la série
    0,5
    Publiée le 17 mars 2019
    A part dire des insanités et se poudrer le nez avec toutes les drogues qu'il trouve, le personnage principal est creux tout autant que l'histoire. A fuir
    conrad7893
    conrad7893

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    Critique de la série
    3,0
    Publiée le 7 juin 2019
    Une mini série (5 épisodes) anglaise qui traite de sujets très graves (addictions, souffrances ...) l'acteur principal que je ne connaissais pas est remarquable dans ce rôle d'homme qui a vécu une enfance traumatisante avec un père violent et une mère absente. Bravo également au jeune acteur qui joue le rôle de patrick enfant. J'ai bien aimé cette série
    anonyme
    Un visiteur
    Critique de la série
    2,5
    Publiée le 20 mai 2018
    Au vu du 1er épisode, je suis quelque peu circonspect : la série ne semble tourner que sur un seul et unique personnage, en proie à ses démons liés à l'absorption massive de produits stupéfiants. Si Benedict Cumberbach interprète fort bien son rôle, l'histoire parait peu intéressante. Clairement, au bout de 40 minutes, j'ai commencé à trouver le temps long, à force de voir les mêmes types de mimiques.
    Last Action Zero
    Last Action Zero

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    Critique de la série
    3,5
    Publiée le 15 mai 2019
    Vraiment très grande classe. Magnifique mini série événementielle. Morbide et obsédé par la mort. Parfois drôle et amusante. Mais plutôt tragique, touchante, cruelle, et émouvante. Et toujours cynique. Une véritable étude de mœurs bouleversante. Doublé d'une chronique sociale intimiste et douloureuse. Triplé d'un témoignage, sur une vie entière d'addiction, de traumatisme, et de névrose en souffrance. Et plus que tout, une série sur le pardon. Le pardon que l'on doit aux autres autant qu'à soit même. Mais aussi, celui qu'on attend désespérément et naïvement, que le monde et nos bourreaux de la vie, viendraient utopiquement et spontanément nous demander. Un pardon nécessaire et vital, si l'on veut un jour être enfin capable, de s'intégrer correctement dans la société, pour s'y construire une vie épanouissante. Bref, un vrai film d'auteur profond et réfléchi, en cinq parties d'une heure. Une fiction romancé mais réaliste, sur les privilèges et les déboires de la grande bourgeoisie, qui pousse à une réflexion et à une introspection, plus proche de notre quotidien banal. Une belle œuvre qui devrait convaincre, même les plus snob et raffiné des cinéphiles. Encore une très bonne production américaine, qui fleure bon la grande qualité britannique. Avec son écriture juste et raffiné. Sa mise en scène subtile et captivante. Ainsi que son superbe casting cinq étoiles. Seul les maquillages vieillissants, ne sont pas toujours convaincant. Mais pour tout le reste, c'est assurément du triple A.
    alex c.
    alex c.

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    Critique de la série
    2,0
    Publiée le 5 juillet 2019
    le plus intéressant dans cette série est le 1er épisode ou ça bouge pas mal. Mais, après ça devient une longue agonie jusqu'au dernier épisodes…. avec pour consolation une seule grande révélation dans l'épisode 3 qui explique en grande parti sa dépendance aux substances illicite et a l'alcool. Donc a éviter de toute urgence, car long mais trop longue est cette série.
    Chloé
    Chloé

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    Critique de la série
    5,0
    Publiée le 27 février 2019
    La série Patrick Melrose est adaptée des livres d’Edward St. Aubyn, dans lesquels il raconte sa propre vie à travers le personnage fictif de Patrick Melrose. Violé par son père dès l’âge de cinq ans, il tente de faire face aux traumatismes de son enfance en se réfugiant dans la drogue et l’alcool. C’est après la mort de son père et une tentative de suicide qu’il décide finalement de reprendre en main sa vie et d’affronter ses démons, tant bien que mal. La mini-série de cinq épisodes nous permet de suivre la vie de Patrick, déjà adulte, entremêlée de flash-backs de son enfance. Ce faisant, le créateur de la série David Nicholls peint un portrait glaçant de l’aristocratie britannique. La série possède déjà un support prometteur : les livres de St. Aubyn sont remarquablement bien écrits et souvent cités, à juste titre, au cour des épisodes, tant ils sont incroyablement riches et complexes. Avec l’utilisation de flash-backs et d’un montage dynamique, Nicholls nous permet de découvrir petit à petit toute la vie du personnage et l’impact du passé sur son présent. L’oeuvre insiste sur la relation, souvent dysfonctionnelle, entre parents et enfants dans ce milieu aristocratique, microcosme d’abus, complètement déconnecté du reste du monde. Avec ce rythme rapide, la série nous donne à voir cet univers de constante débauche et les différentes séquelles qu’il inflige aux enfants qui grandissent en son sein. Le thème de l’addiction est traité de manière intelligente, nous donnant à voir le cercle vicieux qu’elle représente et la dépression qu’elle engendre, sans jamais tomber dans un schéma trop manichéen. Les personnages sont en effet tous fondamentalement humains et nuancés, ce qui les rend d’autant plus intéressants et attachants. La série traite de thèmes graves avec subtilité, alternant passages humoristiques et tragiques. Sa réussite doit aussi beaucoup à la superbe interprétation de Benedict Cumberbacth qui joue le personnage éponyme et confirme encore une fois son immense talent. Il est ici d’une justesse saisissante et nous livre certainement une de ses meilleures performances. (lire la suite : https://cultureauxtrousses.com/2019/02/26/patrick-melrose/)
    Caine78
    Caine78

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    Critique de la série
    4,0
    Publiée le 7 juin 2020
    spoiler: « À quoi bon une fenêtre si on ne peut pas sauter ? » Tout « Patrick Melrose » est dans cette réplique. Acerbe, provoc, toujours pertinente et surtout jamais gratuite, la série n'a pas peur de s'engouffrer vers des chemins de traverse, faisant parler son formidable savoir-faire « british » pour nous offrir ce récit presque cinématographique, le très grand soin apporté à la photographie, aux décors et, bien sûr, aux dialogues l'amenant vers un portrait à la fois « trash » et délicat, où chaque nouvelle épisode apporte un grand éclairage sur la personnalité de celui-ci. Justement parce qu'il est agaçant, irritant, imbu de lui-même et tout à fait conscient de l'être, Patrick ne l'est en définitive jamais : on le comprend, on le soutient, et ce alors qu'il s'agit quand même à la base des états d'âme d'un grand bourgeois se complaisant dans la consommation de drogue, ce qui n'était donc pas gagné. À l'instar d' « Un jour », roman écrit par David Nicholls, ici scénariste, le choix est fait de nous présenter cinq jours-clés dans la vie de notre héros, pour des raisons évidemment différentes à chaque fois et s'étalant sur de nombreuses années (environ quarante), le premier épisode restant à ce titre un vrai sommet dans le registre spoiler: de la débauche et de la perdition totale , là encore presque totalement assumée. Pas mal de méchanceté, notamment à travers l'hallucinant Nicholas (brillamment interprété par Pip Torrens), de souffrances intérieures, caractérisées par un père destructeur (Hugo Weaving, glaçant) et une mère aussi spoiler: toxique que mal-aimante , non moins brillamment interprétée par Jennifer Jason Leigh. Mais cette méchanceté a toujours un sens, une justification dans l'intrigue, notamment quant aux névroses (nombreuses) de notre héros et ainsi justifier ses débordements réguliers. Cela n'empêche pas une certaine douceur, voire de la tendresse, notamment dans les troisièmes et cinquièmes épisodes, respectivement la première rencontre avec sa future femme et leur séparation apaisée entrouvrant un espoir de réconciliation. Dans le rôle-titre, Benedict Cumberbatch, cabotin en diable, jamais loin de l'outrance, livre une prestation « bigger than life » qui aurait tourné au désastre avec un comédien moyen, fonctionne fort bien avec lui. Une série courte mais au long cours, prompte au grabuge et à l'excès, mais constamment pertinente dans ses choix et son évolution, avec en prime un portrait au vitriol d'une société (notamment bourgeoise, mais pas que) en pleine déliquescence morale, n'empêchant toutefois jamais spoiler: l'humain d'émerger au meilleur moment : troublant, marquant.
    Audrey L
    Audrey L

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    Critique de la série
    3,0
    Publiée le 7 avril 2020
    Une mini-série très courte (cinq épisodes de 1h, le calcul est vite fait) qui repose sur la mélancolie et les souvenirs de vacances qui peuvent être les pires d'une vie. Benedict Cumberbatch est très à l'aise dans ce rôle, il tient les brides de la série à lui tout seul et parvient souvent à nous faire rire d'un trait d'esprit cynique ou d'une situation "tristement drôle" (lorsqu'il essaie de se débarrasser des cendres de son père sans y arriver), ou à nous rendre malheureux pour cet enfant spoiler: violé par son propre père qui a grandi dans le jugement des autres puisqu'il tente d'oublier avec beaucoup de drogues et d'alcool (mais nous qui savons, nous en voulons plus aux moralisateurs qu'à ce pauvre gars). Le sujet est parfois dur à voir, violent et choquant à imaginer, quitte à nous mettre le moral à zéro (dans les deux derniers épisodes), et les scènes sous opiacées sont impressionnantes et bien insérées dans la continuité du récit (chapeau à la mise en scène). Les décors du Sud de France en été sont un délice pour les yeux, et les oreilles se réjouissent de la VO qui comporte beaucoup de mots français prononcés comme les anglais le peuvent, ce qui est assez adorable. On regrette seulement qu'avec cette courte durée on aie des moments de longueurs et qu'on s'ennuie un peu sur les deux derniers épisodes (qui nous filent le cafard, en plus). Benedict Cumberbatch est impeccable et le sujet choquant nous implique sentimentalement très vite.
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