J’ai regardé Calls, la série Apple TV+ / Canal+ qui raconte une série d’histoires mystérieuses uniquement à travers des appels téléphoniques entre des personnages inconnus. Le concept est audacieux : pas de caméra centrée sur les visages, peu de décors visuels — tout repose sur la voix, le son, et l’imaginaire du spectateur. 
Dès les premiers épisodes, cette contrainte narrative capte l’attention. Les conversations téléphoniques, qu’elles soient banales, angoissantes ou marquées par l’urgence, tissent peu à peu un réseau d’histoires liées — crises, mensonges, panique, révélations progressives. Le format court (entre 13 et 20 minutes par épisode) aide à maintenir le suspense, car chaque appel doit aller droit au but. 
Ce que j’ai aimé, c’est la force des voix : les acteurs (Nick Jonas, Lily Collins, Pedro Pascal et d’autres) portent le poids émotionnel de leurs personnages avec peu d’artifice. Leur interprétation arrive à rendre audible les silences, les hésitations, l’urgence implicite. Par moments, on ressent presque une tension grandissante dans une simple ligne téléphonique. 
Mais Calls n’est pas exempt de défauts. Pour moi, le souci principal vient d’un excès de mystère : certaines intrigues sont trop cryptiques, on perd le fil, et l’on s’agace de rester davantage dans l’elliptique que dans le construit. Quelques épisodes peinent à trouver leur utilité, comme si l’effet expérimental primait sur la cohérence narrative. De plus, l’absence d’images — force du concept — devient parfois une limite : pour des scènes où l’action ou l’environnement auraient mérité d’être vus, on reste frustré.
En somme, Calls est une série qui tente quelque chose de différent, et réussit assez souvent à susciter l’émotion, l’angoisse et la curiosité. Ce n’est pas parfait : l’écriture aurait pu être plus affinée, certains épisodes gagneraient à être resserrés. Mais le pari est intéressant.