L’amour est plus fort que tout.
Tout commence par une rencontre et une attirance, pour finir par un meurtre. Entre Ciara et Oliver, c’est l’histoire de deux personnages passionnés, complexes et ambigus. Leur relation va, évidemment, évoluer. Toute la série gravite autour de ce couple arrangé : les motivations, les mensonges, les manipulations et les tensions sont dévoilés au compte-gouttes, mais rien n'est dû au hasard. La ligne conductrice est claire : nos deux tourtereaux nous cachent des secrets, on l'a vite compris. Le style de la série est envoûtant, mystérieux, intrigant, voire toxique.
Malgré de nombreux sauts temporels, le récit reste très compréhensible car la chronologie est clairement indiquée, du premier au dernier jour. En parallèle, l’enquête policière qui vient après la chronologie des faits tente de dissiper le mystère. Pour y parvenir, nous suivons un duo d'enquêteurs très différents mais complémentaires. J'ai trouvé cette partie de l'histoire particulièrement accrocheuse et originale, notamment grâce au talent de Dorian Missick, que j'ai trouvé excellent.
La psychologie du personnage tourmenté d'Oliver est passée au crible, ce qui donne par moment une tournure singulière à la série. Cela peut être ressenti comme inintéressant.
Côté regrets, mon principal reproche concerne le curseur de la morosité, poussé à son maximum : tous les personnages, y compris les enquêteurs et les rôles secondaires, ont des problèmes ou en causent à autrui.
De plus, l'histoire a tendance à se répéter ou à s'étirer sans réel renouvellement, ce qui a fini par créer chez moi une certaine lassitude après quelques épisodes. Heureusement, la dynamique change dans la dernière ligne droite : de nouveaux personnages apparaissent et des révélations sur la genèse de l’intrigue, 16 ans plus tôt, relancent l'intérêt.
Pour conclure, la série est bien écrite, très bien filmée et portée par une interprétation solide, avec un mystère préservé jusqu’à un final très surprenant. La clarté de l’intrigue est une véritable qualité. Dommage qu'il y ait quelques longueurs ici et là qui relâchent la tension.
« 56 jours » reste une bonne série qui mérite qu’on s’y intéresse.