Les œuvres d'Agatha Christie ont toujours inspiré de nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision, en premier lieu les enquêtes du célèbre Hercule Poirot. Elles ont même inspiré d'autres créations comme récemment la trilogie "A couteaux tirés" de Rian Johnson, qui a relancé la mode du whodunit au cinéma et sur les plateformes, pour le meilleur et pour le pire. Alors évidemment, Netflix n'a pas trainé à adapter une autre œuvre de l'autrice, cette fois en mini-série de trois épisodes intitulée "Les sept cadrans". Mais est-elle à ranger dans les bonnes adaptations du genre ?
L'intrigue de cette histoire est assez originale, puisqu'il s'agit d'un homme retrouvé mort empoisonné dans son lit, au lendemain d'une grande fête, et alors que certains de ses amis lui avait organisé une blague en cachant dans sa chambre huit réveils pour le sortir du lit. Et puis il y a son personnage principal, la jeune Bundle interprétée par Mia McKenna-Bruce. Il est vrai que pour un roman paru à la fin des années 20, son personnage principal est original. Mais bien qu'il reste en retrait dans l'histoire, il y en a un autre qui ne traine pas loin de là, le Superintendant Battle de Scotland Yard incarné par Martin Freeman.
Malheureusement, l'intrigue étirée sur trois épisodes reste quand même bien maigre, et ce n'est vraiment que le dernier épisode qui se révèle être plus intéressant, sans non plus être très emballant étant donné son classicisme dans le domaine. Evidemment, on s'attendait à ce que tel ou tel personnage se révèle cacher son jeu depuis le début, mais ce qui plait surtout dans les œuvres de Christie est la manière de le déduire. Or ici, la révélation se fait sans que vraiment aucun des personnages enquêteurs ne soit parvenu par lui-même à le découvrir.
Cela donne donc un petit thriller gentillet dans l'aristocratie britanique des années 20, sans rien de plus.
Par ailleurs, la mise en scène et la photographie de la série sont vraiment très basiques, digne d'un téléfilm très banal. Les œuvres d'Agatha Christie ont déjà eu le droit plusieurs fois à des séries de téléfilms pas nécessairement brillants techniquement, mais on aurait pu espérer que Netflix tente de faire mieux. On devine ici que le budget engagé n'a pas du être très élevé, ou alors c'est à se demander ce qu'ils en ont fait.
Le passage final de la série s'ouvre cependant sur une idée amusante qui, sachant que l'autrice a écrit plusieurs romans centrés sur les fameux sept cadrans, pourrait donner lieu à une suite. Mais on serait là davantage face à une production du niveau des "Enlola Holmes" sortis également sur la plateforme, que des "A couteaux tirés".
"Les sept cadrans" se révèle donc être une mini-série sympathique mais sans plus, distrayante mais qu'on oubliera très vite. Mais c'était le cas de "Enola Holmes" et pourtant il devrait y avoir bientôt un troisième film. Donc rien n'interdit que cette série trouve aussi son public.