Après une saison 1 très réussie racontant les coulisses de la création de "Loft Story", l'idée de consacrer une seconde saison au phénomène des 2Be3, et à travers eux des boys band de manière générale était vraiment excellente, et pouvait donner quelque chose de très bon si l'écriture était aussi bonne que pour la première. Mais on en est très loin...
Certes, le phénomène des boys band et pour ce groupe autant que les autres, tout a été très vite. Mais j'ai tout de même du mal à croire que le démarrage a été aussi facile que ce qui est raconté ici. Un jeune gars de banlieue qui parvient à entrer en contact par un gros coup de chance avec des personnalité du milieu artistique et à se faire prendre sous l'aile d'un mécène, une productrice qui repère son pote et qui alors que sa carrière est sur le point de s'écrouler tente le tout pour le tout avec ce trio de copains, un clip et un single enregistrés en un temps records, puis un album complet qui s'enchaine tout aussi vite. Ca s'est vraiment passé comme ça ? Tout parait exagéré dans cette série, et le fait de multiplier les clichés à tous les niveaux n'aide pas, à l'image de ce Conseil d'Administration en liesse après avoir vu seulement dix secondes d'un clip mal monté.
Entre le mécène , la productrice irritante, le producteur auquel il ne manque plus que le gros cigare et les grosses bagues, le comptable fournisseur de médicaments etc... les personnages sont écrits à la truelle, sans aucune finesse. Et l'interprétation de Daphné Burki et Grégory Montel n'aide pas, surtout lui qui surjoue à tout bout de champ. On est très très loin du jeu dans la saison 1 d'Anaïde Rozam, qui parvenait à incarner un personnage à la fois dé. et fascinant, ou Marie Colomb qui proposait une Loana touchante et fragile. Le trio d'acteurs incarnant les membres des 2Be3 s'en sortent mieux cependant, mais comme l'écriture des personnages n'est pas non plus très fine pour eux, ils ne peuvent pas non plus faire des miracles.
Et le scénario est lui aussi très loin de la qualité de la saison précédente. Là où celle consacrée à "Loft Story" parvenait à montrer les coulisses de la naissance de l'émission en lui donnant beaucoup d'intérêt, ici on suit une histoire telle qu'on en a vue mille fois, en traitant tout en surface et en essayant de créer du suspens avec des rebondissements comme le tournage de clip mis en danger suite à la blessure de Frank ou la disparition de Filip la veille d'un enregistrement.
Bien sûr, on nous montre tout de même des coups és entre producteurs, des dans le groupe, les histoires de cœur des uns et des autres, mais tout ça encore de manière très superficielle, là où la saison 1 parvenait à proposer une sorte d'analyse sociologique de l'époque et de la télévision alors en pleine transformation. Ici rien. On raconte du vide.
Il y avait pourtant moyen de faire quelque chose de bien avec ce sujet, les boys band ayant été un phénomène de société très éphémère. Et particulièrement avec l'histoire de ces trois potes d'adolescence tout droit sortis de leur banlieue. Au lieu de ça, Amazon Prime ne propose d'un biopic bien fade du groupe, se terminant même par le témoignage face caméra des deux membres encore en vie du groupe, racontant la larme à l’œil à quel point leur ami leur manque. Malaise.
Encore un bel exemple que l'écriture et l'interprétation peuvent tout changer sur un projet, car la comparaison entre les deux saisons de "Culte" est très dure pour cette seconde itérations. On ignore encore si une troisième sera produite, mais si c'est le cas il va falloir prendre le temps d'écrire quelque chose de meilleur, pour prouver que la saison 1 n'était pas qu'un coup de chance.