Après « Seinfeld » (1989-1998), la série cultissime sur rien, « Larry et son nombril » (2000-2024), la série non moins hilarante sur pas grand-chose. Dans le même esprit, Larry David, le co-créateur de Seinfeld aux airs de Woody Allen et qui a inspiré le personnage mythique de George Costanza (génial Jason Alexander), y joue son propre rôle, un auteur juif égocentrique, névrosé et pété de thunes, dont l’allure nonchalante recèle un tempérament d’enragé. Larry, qui ne peut s’empêcher de dire tout haut ce qu’il pense et ne cède sur rien, a érigé la dispute en mode de vie.
On quitte les modestes appartements new-yorkais pour les quartiers huppés de Los Angeles où l’on suit Larry, marié à la douce Cheryl (Cheryl Hines), dans son quotidien de nanti rythmé par les rencontres avec Jeff, son affable manager (Jeff Garlin), les sorties entre copains, dîners, réceptions, parties de golf et son travail de création.
Les situations, insolites, sont drôlissimes. C’est irrévérencieux, politiquement incorrect, délirant, osé voire vulgaire, les personnages sont délicieusement insupportables. De nombreuses célébrités jouent leur propre rôle dans la série, de manière récurrente comme les acteurs Ted Danson et Mary Steenburgen, couple ami, et Richard Lewis (méconnu en France) ou ponctuelle comme Mel Brooks, Jon Hamm, Sienna Miller, Sean Penn, Lucy Liu, Bruce Springsteen…
Entre autres, la saison 7 donne la joie de retrouver l’équipe de Seinfeld, la 10 propose un étonnant spectacle inspiré par l’écrivain Salman Rushdie, la 11 introduit le personnage d’Irma Kostroski (Tracey Ullman méconnaissable) avec laquelle Larry forme à contrecœur un couple.
Mention spéciale au personnage de Susie (Susie Essman), la femme de Jeff, qui, en quelques saisons, s’affirme en pendant féminin furieux de Larry, affublé de tenues toujours plus épouvantables (l’argent n’achète pas la classe…). Les scènes où Larry et elle s’aboient dessus sont un régal.