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Interview avec Valeria Bruni Tedeschi :
"La vérité est toujours un peu déraisonnable"
26 juin 2008 à 06:00
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A l'occasion de la sortie du DVD d' "Actrices", la comédienne et réalisatrice Valeria Bruni Tedeschi évoque pour AlloCiné ses souvenirs de comédienne et de spectatrice.

Deuxième long métrage réalisé par Valeria Bruni Tedeschi, Actrices sort en DVD (chez Wild Side) le 26 juin. Crises de rire et crises de larmes, scène de théâtre et scènes de ménage s'enchaînent avec brio dans ce portrait d'une actrice borderline. Puisqu'elle se plaît à brouiller les frontières entre réalité et imaginaire, dans son film peuplé de fantômes, nous avons proposé à  Valeria Bruni Tedeschi un petit jeu qui mêle souvenirs de comédienne et souvenirs de spectatrice : commenter des photos de films dans lesquels elle a joué, mais aussi de films qui mettent en scène de grands personnages féminins. L'occasion de revenir sur les oeuvres qui ont marqué le beau parcours de l'actrice et sur celles qui ont pu inspirer la réalisatrice.

Gena Rowlands dans "Une femme sous influence" (1975)

Gena Rowlands est peut-être mon actrice préférée. Je l'adore, je la trouve belle, originale, fantaisiste, profonde et drôle en même temps. Déraisonnable, très vraie... Les fois où je veux vraiment arrêter de faire ce métier, je pense à elle et j'hésite. Et elle a été mariée à un des hommes les plus beaux du monde (sourire). Elle est très inspirante, que ce soit dans Gloria, Minnie et Moskowitz... et pas seulement dans les films de son mari : dans le film de Woody Allen, par exemple... Et Je n'ai pas parlé du film dont j'ai carrément fait une projection pour l'équipe d'Actrices : Opening Night. C'est incontournable quand on fait un film sur le théâtre, même si bien sûr il faut faire attention à ne pas se laisser intimider. J'aime beaucoup la façon qu'a cette actrice de jouer avec tout son corps, pas seulement ses yeux, ses rires et ses larmes, mais ses mains, ses pieds... Parfois, les mots ne sont pas à la hauteur de notre colère, de notre désir, de notre amour. Ils sont en-dessous. Alors on utilise les gestes.

Parfois les mots ne sont pas à la hauteur

La démesure amène de la drôlerie, elle amène les gens à se dévoiler. Ce n'est pas la démesure pour la démesure qui m'intéresse. C'est l'envie de parler des gens, de leurs désirs et de leurs besoins intérieurs. Si les gens ont un besoin ou un désir très fort de quelque chose, ils vont aller dans la démesure. Par exemple dans mon film, le metteur en scène, Mathieu Amalric, a un très fort besoin d'aimer et d'être aimé de son actrice, donc il ne va pas seulement lui demander de rester sur le plateau, mais il va carrément essayer de la violer pour qu'elle reste ! Et Marcelline a un besoin de maternité si fort que, lorsqu'elle trouve le bébé de Nathalie, elle ne va pas seulement l'embrasser et le tenir dans ses bras, mais elle va carrément lui donner son sein ! La démesure, c'est être à la hauteur des rêves des gens.

Valeria Bruni Tedeschi et Jacques Gamblin dans "Au coeur du mensonge"

J'ai beaucoup aimé travailler avec Chabrol et j'aimerais beaucoup retravailler avec lui. Je souhaite ça à tous les comédiens, parce que c'est très beau de le voir travailler. Il a un univers, et puis il a un calme... C'était bizarre qu'il me propose ce rôle d'inspecteur de police, mais c'est agréable de faire des choses à contre-emploi parce que, là aussi, bizarrement on se dévoile, on découvre des choses de soi. C'est comme quand on met des chaussures très différentes de celles qu'on met d'habitude, on découvre une démarche, une façon de parler, un regard qui est différent.

Je suis devenue moins masochiste

C'est vrai que les tournages avec Claude Chabrol sont très détendus. A l'époque de Nanterre, j'avais l'idée un peu romantique qu'il fallait souffrir beaucoup pour bien travailler (1). Peut-être qu'à 20 ans, on n'a pas les mêmes besoins qu'à 40. Moi, à 20 ans, j'avais sans doute besoin d'être secouée, qu'on m'aide à me dévoiler. J'avais une envie de violence que je n'ai plus. Evidemment, tous les films doivent secouer. A un moment il faut se remonter les manches et se salir un peu les mains, on ne peut pas travailler en dormant. Mais aujourd'hui, beaucoup plus qu'avant, j'ai envie de bonheur, de joie, même dans ma vie. Avec le temps, je suis peut-être devenue moins masochiste. Je n'ai presque plus -ou très peu- de plaisir dans la douleur, et beaucoup de plaisir à l'allégresse. Je crois beaucoup au travail entre amis, en famille. Je crois que même les tournages des films douloureux de Cassavetes étaient joyeux.


Mia Farrow dans "Alice"

Mia Farrow, c'est une comédienne qui m'inspire beaucoup aussi. Je la trouve drôle, avec beaucoup d'humour sur elle-même, très vraie, très profonde. J'adore tout le travail qu'elle a fait avec Woody Allen. Ca fait partie des films que j'aime le plus en tant que personne et qui m'inspirent le plus pour travailler. Au début, un peu comme pour Opening Night, je n'osais pas revoir cette scène où son amoureux réapparait, dans Alice. Mais à un moment, Noémie [Lvovsky, coscénariste] m'a dit : "Quand même, il faut que tu la revoies... " C'est très difficile de faire des scènes avec des fantômes. Ce sont celles sur lesquelles j'ai eu le plus de mal sur mon film [dans deux scènes d'Actrices, l'héroïne est confrontée à des revenants, son père et un ancien amant]. J'y suis arrivée un peu je pense avec le père, qu'interprète Maurice Garrel. J'ai eu plus de mal avec le personnage que joue Robinson [Stévenin]. Ce n'est pas du tout à cause de l'acteur, que j'adore, mais c'est moi : la mise en scène, le fait que ce fantôme revienne sur un arbre... Ce que j'aime dans Alice, c'est que, quand son amoureux revient, c'est très réaliste, très naturel, pas du tout forcé. Du coup, j'ai regretté de ne pas avoir fait revenir ce fantôme dans une situation moins onirique, par exemple dans sa cuisine, pendant qu'elle mange...

Valeria Bruni Tedeschi et Aurelle Doazan dans L'Amoureuse (1987)

C'est beau, cette photo. On a tourné ce film avec Jacques Doillon pendant les années de Nanterre. D'ailleurs, dans le DVD, j'ai mis la première partie d'un documentaire qui a été fait à Nanterre, sur le tournage d'Hôtel de France, mais il existe une deuxième partie, sur le tournage de L'Amoureuse. C'est un film très très intéressant. Nous l'avions coécrit, toutes les élèves filles, avec Jacques Doillon et Jean-François Goyet. A côté, c'est Aurelle Doazan, une comédienne magnifique qui était avec nous, qui ne joue plus depuis mais que j'aime beaucoup. [On rapporte alors à VBT ce que nous a confié Jacques Doillon à son sujet : "c'est épatant de voir des gens qui, à 20 ans, n'étaient pas plus doués que ça, et qui, à 40, n'ont fait que progresser", voir l'interview] Je l'ai recroisé l'autre jour, et il m'a dit un peu ça. Ca m'a fait plaisir. C'est vrai que sur L'Amoureuse, on n'avait pas eu énormément de plaisir à travailler ensemble, on a l'impression d'être un peu passé à côté l'un de l'autre. Mais j'adore ses films, et j'adorerais retravailler avec lui.

Charlotte Rampling dans Sous le sable

Ca aussi, c'est un très beau film. François Ozon est un metteur en scène qui a été décisif pour moi. C'est grâce à lui que je me suis autorisée à être féminine. Il a été comme un virage dans mon travail, mais aussi dans ma vie en tant que femme, en tant que personne. C'est comme s'il m'avait donné l'autorisation d'être comme je suis, et d'arrêter de me cacher. J'ai beaucoup de gratitude envers lui. Et puis c'est devenu un ami. On a fait deux films ensemble, et j'aimerais beaucoup retravailler avec lui. Là, j'étais un peu jalouse parce qu'il a fait un film sans moi... (sourire) Quand j'ai vu Sous le sable, j'ai trouvé la lumière et le cadre très beaux. Alors je me suis dit : je vais engager le chef-opérateur et le cadreur. Et puis je me suis renseignée et j'ai appris que le cadreur c'était François Ozon ! C'était un peu difficile de lui demander de faire le cadre pour mon film, donc j'ai demandé à Jeanne Lapoirie, qui avait fait la lumière de 5x2, de faire la lumière et le cadre sur mes deux films.

Comme les nageurs russes

Depuis que suis réalisatrice, je me sens plus tranquille, plus libre en tant qu'actrice, avec moins de pression -que je me mettais moi-même. Ca ne veut pas dire que c'est moins important, moins passionné. C'est un peu comme ces nageurs russes qui s'entraînaient dans des piscines de boue : ensuite, quand ils allaient faire les compétitions dans les piscines, ils avaient l'impression que c'était très facile, parce que l'eau était légère, comparé à la boue. J'ai un peu la même sensation : c'est tellement fatigant de réaliser un film, tout en jouant dedans, que quand je me retrouve sur un autre tournage -même si un tournage, c'est toujours difficile-, je me sens très légère.

Valeria Bruni Tedeschi dans "Les Gens normaux n'ont rien d'exceptionnel"

Parmi les films que j'ai faits, c'est le premier qui ait été reçu de façon forte par les gens. A partir de ce film, j'ai eu l'impression d'exister différemment. Il y avait eu une première naissance à Nanterre : le fait d'être prise dans cette école, de faire Hôtel de France... La sortie de Nanterre, ça a été difficile, y compris dans ma vie personnelle. Et là, il y a eu comme une renaissance. Ca a été un film douloureux à faire, on l'a tourné très vite, en six semaines, mais le résultat a été très apprécié. Je me suis sentie pour la première fois aimée dans le monde du travail.

Comme une renaissance

Pour le rôle, je me suis beaucoup inspirée d'Une femme sous influence et des films de Cassavetes. J'ai beaucoup pensé à Gena Rowlands. Mais je ne pense pas que le personnage soit fou, je pense qu'elle est juste sans inhibition. C'est peut-être ça, la folie ? En tout cas, j'ai essayé d'être très tres vraie, plus vraie que dans la vie. Pour moi, personne n'est normal. Ca m'intéresse de voir les gens, non pas dans leur carapace, mais dans leurs désirs les plus profonds, dans leur vérité. Et la vérité est toujours un peu déraisonnable.

Erland Josephson et Liv Ullmann dans "Scènes de la vie conjugale"

Les essais que faisait passer François Ozon pour 5x2, c'était Scènes de la vie conjugale. J'ai donc eu cet énorme plaisir de travailler des scènes de ce film. J'adore Ingmar Bergman, ses films mais aussi son écriture. C'est un grand écrivain. Pour un comédien, dire ses mots, c'est une énorme jouissance. C'est merveilleusement écrit, aussi beau que du Tchekhov. Bien sûr, ses acteurs sont magnifiques. Et Scènes de la vie conjugale, c'est un de mes films préférés au monde.

Valeria Bruni Tedeschi dans La Seconda volta (1995)

Encore un tournant dans ma vie : retourner en Italie, à Turin, jouer en italien, et travailler sur l'histoire du terrorisme, des Brigades rouges... Ca a été un film très très important. D'ailleurs, ensuite le réalisateur Mimmo Calopresti a été mon mari pendant cinq ans. Ca été un bout de travail, mais aussi un bout de vie. On a refait un film ensemble après, Mots d'amour. La Seconda volta, je le trouve magnifique. C'est un de ceux pour lesquels je suis le plus fière de mon travail. C'était assez cathartique pour moi de jouer dans un film qui aborde ce sujet-là. En plus, c'était une nouvelle façon de travailler pour moi. En cela aussi, ça a été un film-clé, un tournant. Mimmo me demandait de ne rien faire. Il me martelait ça pendant les six mois de préparation : ne rien faire, ne rien faire... Alors que jusque là, je m'étais amusée à chercher comment m'exprimer, comment jouer, à ma façon mais malgré tout en "faisant". Et là, il me demandait d'"être". Pour ça, il a fallu que je fasse un grand travail intérieur. Je devais essayer de ne rien démontrer, faire confiance au film, à moi-même, sans avoir peur de ne pas exister si je ne faisais rien. C'était un travail bouddhiste (sourire).

Un travail bouddhiste

Pour La Nourrice, de Bellocchio aussi, je me souviens avoir fait un énorme travail. C'était un très beau personnage, très douloureux, cette mère qui n'arrivait pas à aimer son enfant, et qui en même temps n'arrivait pas à s'exprimer, avait honte d'elle-même. Il y a des films pour lesquels on travaille beaucoup -ça ne veut pas dire que le résultat est meilleur- et des films sur lesquels on arrive de façon un peu spontanée. Il n'y a pas de règle. Et c'est vrai que toutes ces expériences d'actrice m'aident énormément pour mes propres films : je dirige comme on m'a dirigée, en prenant le mieux de ce que j'ai vécu.

Carroll Baker et Eli Wallach dans "Baby doll"

Qu'est-ce que c'est ? Ah mais oui, Baby Doll ! Quelle belle photo... En fait, je ne me souviens pas du film, mais la première fois où je me suis vraiment amusée dans un cours de théâtre, c'était en jouant Baby Doll. C'est un personnage très sensuel. Ca été un déclencheur d'une sensation de plaisir. Voilà : j'ai ressenti pour la première fois du plaisir au théâtre en jouant Baby Doll. C'est toujours très important, les premières fois... (sourire) Après Nanterre, j'ai exploré un peu La Méthode de Strasberg. Ca ne fait pas tellement partie de la culture française dans la formation des acteurs. Moi, je trouve ça passionnant. Je ne dis pas qu'on doit devenir des intégristes de la Méthode, mais je trouve que c'est un peu idiot de faire ce métier et de ne pas connaître ça. C'est plus qu'intéressant. C'est comme une invention, une découverte. C'est dommage de s'en priver.

J'aime vachement cette scène. J'aime beaucoup Valeria et Louis (Garrel) dans cette scène. J'avais une très grande envie de nous filmer tous les trois, je trouvais ça très gai. Valeria est une très grande actrice, très belle et je pense qu'en France elle n'a pas les rôles qu'elle devrait avoir. C'est Noémie qui a eu cette idée magnifique [l'apparition, dans la réalité, du personnage de la pièce, Natalia Petrovna], qui était là presque dès le départ du scénario. Ca fait penser à Pirandello, à Six personnages en quête d'auteur.

Les accidents sont merveilleux si on les utilise

La scène elle-même est assez folle dès le départ, en plus ensuite un fou rire est arrivé... Les fous rires sont toujours bienvenus si on arrive à rester dans la situation. C'est un peu un cadeau du ciel. C'est comme le fou rire dans la scène de la tarte à la crème avec Noémie : si on reste tous dans la situation, ça devient très intéressant. Si on se laisse intimider par les accidents, on arrête de jouer. Mais si on les utilise, ils sont merveilleux, ils aident énormément un acteur à trouver la vérité. On est immédiatement vrai quand on a un fou rire, ou même un trou de texte. C'est très précieux un trou de texte... si on n'en a pas peur, si on l'assume.

Mania Akbari dans "Ten"

Ah ! J'adore ce film. J'aime beaucoup le cinéma iranien, Kiarostami mais aussi Makhmalbaf. Ten, c'est vraiment un film de fiction, même s'il y a un jeu avec le documentaire, ce qui donne beaucoup de vérité. L'actrice est merveilleuse, et l'idée aussi : cette femme toujours en voiture, avec plein de gens... C'est un chef d'oeuvre. Ca m'inspire. Ce que j'aime, c'est l'énorme simplicité du scénario, qui permet aux êtres humains d'évoluer dans un lieu unique. C'est comme une parfaite pièce de théâtre. L'unité de lieu, c'est toujours très intéressant.

Patrick Dell'Isola et Valeria Bruni Tedeschi dans Rien à faire (1999)

C'est un film très important pour moi. Il y a des films qu'on fait juste parce qu'on a envie de travailler, celui-là j'avais vraiment besoin de le faire. J'avais comme une nécessité de raconter quelque chose à ce moment-là de ma vie, cette histoire d'amour-là précisément. C'est une histoire d'amour très forte, très romantique, très profonde. J'ai beaucoup aimé travailler ce personnage. Quand on fait un film avec autant de coeur, on est triste ensuite quand ça ne marche pas en salles -heureusement, il a mieux marché à la télé. On attend un minimum de reconnaissance quand un film sort au cinéma : ça fait plaisir, on a l'impression d'être entendus. Après, c'est des questions de dates, des concours de circonstances... C'est mystérieux. C'est vrai que le film débute avec cette scène où je chante dans la cuisine. Mais c'est très jouissif de se mettre à chanter quand on chante faux ! J'aime bien le ridicule, même la honte. Ce n'est pas un endroit vers lequel je suis réticente à aller. Je fais ce métier aussi pour ça.

Propos recueillis par Julien Dokhan

(1) Parmi les bonus proposés sur le DVD d'Actrices, signalons un passionnant documentaire tourné à l'Ecole des Amandiers de Nanterre en 1988 (les élèves de Chéreau avaient pour nom Vincent Perez, Laurent Grévill ou Agnès Jaoui. Et à la question "Qu'attendez-vous d'un metteur en scène ?", la jeune Valeria répond : "Qu'il me casse..."

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