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    Venise 2018 : Alfonso Cuaron, Jacques Audiard et Yorgos Lanthimos distingués à la Mostra
    Par Gauthier Jurgensen (@GauthJurgensen) — 8 sept. 2018 à 21:16
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    La 75ème Mostra de Venise vient de remettre ses prix en attribuant sa plus importante distinction au film "Roma" du Mexicain Alfonso Cuaron. Willem Dafoe, Jacques Audiard et les frères Coen sont également à l’honneur.

    Action Press / Bestimage

    Pour la deuxième année consécutive, après le travail de Guillermo del Toro pour La Forme de l’Eau, un cinéaste mexicain s’est vu remettre le Lion d’Or de la Mostra de Venise. Cette fois, c’est Alfonso Cuarón qui est récompensé pour son dernier long métrage, Roma, diffusé l’an prochain sur Netflix France. Il raconte la vie d’une famille mexicaine de classe moyenne sur toute une année, au début des années 1970.

    Les Français ne sont pas délaissés pour autant puisque – pour la deuxième année consécutive là encore – c’est un réalisateur de l’Hexagone qui remporte le Lion d’Argent du Meilleur Réalisateur. Jacques Audiard et son western américain Les Frères Sisters succède donc à Xavier Legrand et son premier long métrage, Jusqu’à la garde. Rappelons que Jacques Audiard a remporté la prestigieuse Palme d’Or du Festival de Cannes en 2015 avec son précédent film, Dheepan. Les Frères Sisters sortira sur les écrans français le 19 septembre 2018.

    Vainqueur l’an passé, Guillermo del Toro a présidé le jury de cette 75ème Mostra de Venise qui a également salué le travail de Yorgos Lanthimos. Primé à Cannes pour The Lobster et Mise à mort du Cerf Sacré (respectivement Grand Prix et Prix du Scénario), le cinéaste grec décroche cette fois à Venise le Grand Prix du Jury avec The Favourite.

    At Eternity's Gate Bande-annonce VO

    Chez les comédiens, c’est justement l’actrice principale de The Favourite, Olivia Colman, qui se voit décerner la Coupe Volpi de la Meilleure Actrice. La comédienne britannique avait déjà collaboré avec Yorgos Lanthimos pour The Lobster il y a trois ans. Chez les hommes, Willem Dafoe et son interprétation du peintre Vincent Van Gogh dans At Eternity’s Gate de Julian Schnabel a conquis le jury. A 63 ans, l’acteur américain a donc su faire oublier l’écart entre son âge et celui de l’artiste néerlandais, qui n’avait que 37 ans quand il s’est suicidé.

    Le Prix Marcello Mastroiani du Meilleur Espoir a été attribué à Baykali Ganambarr pour sa performance dans The Nightingale de Jennifer Kent. Ce deuxième long métrage de la réalisatrice du  film d’épouvante Mr. Babadook se déroule en Tanzanie, où une jeune Irlandaise de 21 ans est reconnue coupable de meurtre en 1825. Il remporte également le Prix Spécial du Jury ce samedi 8 septembre 2018.

    D’abord annoncé comme une série, le film à sketchs que les frères Coen ont réalisé pour Netflix remporte le Prix du Scénario. Emmené par James Franco et Liam Neeson, ce western s’intitule The Ballad of Buster Scruggs.

    Venise 2018 : le palmarès complet

    • Lion d'Or : Roma d’Alfonso Cuarón (sortie sur Netflix en 2019)
    • Lion d'Argent du Meilleur Réalisateur : Jacques Audiard pour Les Frères Sisters (sortie le 19 septembre 2018)
    • Grand Prix du Jury : The Favourite de Yorgos Lanthimos (sortie 16 janvier 2019)
    • Prix Spécial du Jury : The Nightingale de Jennifer Kent (sortie prochaine)
    • Coupe Volpi du Meilleur Acteur : Willem Dafoe pour At Eternity’s Gate (sortie prochaine)
    • Coupe Volpi de la Meilleure Actrice : Olivia Colman pour The Favourite (sortie 16 janvier 2019)
    • Meilleur Scénario : JoelEthan Coen pour The Ballad of Buster Scruggs (sortie sur Netflix en 2018)
    • Prix Marcello Mastroiani du Meilleur Espoir : Baykali Ganambarr dans The Nightingale (sortie prochaine)

    Découvrez le teaser de Roma d’Alfonso Cuaron, Lion d’Or à la 75ème Mostra de Venise

     

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    Dans cet article
    Roma
    Roma
    Film ( 2018 )
    Voir sur Netflix
    At Eternity's Gate
    At Eternity's Gate
    Film ( 2019 )
    Voir sur Netflix
    La Ballade de Buster Scruggs
    La Ballade de Buster Scruggs
    Film ( 2018 )
    Voir sur Netflix
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    Commentaires
    • ghyom
      S'ils adaptaient la législation et autorisaient les plateformes comme netflix à sortir les films en même temps que les dvd / bluray, 4 mois après, le problème ne se poserait plus oui oui et la marmotte... Il suffit de voir les exemples en Corée (2 semaines entre la sortie en salle et la sortie en VOD) ou aux states pour voir que ce que tu dis est faux.Frémaux et cie devraient plutôt demander aux distributeurs traditionnels pourquoi ils ne jurent plus que par des gros blockbuster bien calibrés à 200 millions qui leur rapportent des milliards Frémaux et cie n'ont une responsabilité que vis à vis du marché français. Je ne pense pas qu'ils aient une quelconque influence sur Paramount, Warner et cie. Sociétés de production et de diffusion qui de toutes façons n'ont jamais été trop portées sur le cinéma d'auteur. Ce sont majoritairement de petites sociétés qui s'occupent des films d'auteur. Petites sociétés qui vivent notamment grâce à la chronologie des média.
    • -Nomade-
      Bien sûr qu'ils ne vont pas le sortir en salle !Sauf qu'ils veulent quand même les faire concourir dans les grands festivals de ciné traditionnel. Ils veulent le beurre et l'argent, c'est surtout ça qu'on leur reproche.Et, comme je disais plus bas, pour ma part je leur reproche aussi de fonctionner sur le mode du chantage, ce qui est peut-être efficace commercialement parlant, mais aussi parfaitement dégueulasse...
    • Alex C
      Évidemment que je veux une contrepartie, c'est-à-dire de pouvoir voir leur film en salle de cinéma, et ils auraient tout à y gagner, je parle en gros soue là.C'est une évidence qu'il y a vraiment un gros problème de chronologie des médias qui impose un intervalle beaucoup trop important entre sa diffusion en salle et sa rediffusion sur plate-forme VOD.En ce qui me concerne, et mise de côté la qualité réelle de ces super productions, je n'ai pas du tout de problème à voir programmer dans une même salle un Scorsese, un Cuarón ou le dernier frère Coen à côté des derniers blockbusters, du moment que les films de ces auteurs bénéficient d'un minimum de séance dans leur journée, ça me conviens parfaitement.Il serait, par ailleurs, tout aussi réducteurs de privilégier l'idée: auteur vs blockbuster, car il y a du bon et du mauvais des deux côtés...Et puis, il ne faut pas se mentir, dans la plupart des cinémas en France, c'est les grosses franchises qui font tourner leur commerce.Et comme dirait l'autre: il y en faut pour tous les gouts!L'idée de dire qu'ils ne veulent plus prendre de risque, me fait doucement rigoler.Ils y a toujours des petits films qui sortent en salles et certains n'ont rien à envier aux grosses productions en matière de succès au box-office.Au surplus, c'est un argument souvent utilisé pour justifier la revente d'une de leurs productions à une plate-forme VOD.
    • -Nomade-
      On va pas non plus espérer qu'ils feront des efforts par générosité mais par intérêt pour se distinguer de la concurrenceJ'ai peur que ce ne soit qu'un vœu pieux, mais après tout c'est possible, oui.Je pense quand même qu'ils cibleront plutôt leurs efforts d'accroche sur le service, les prix, ou le catalogue...
    • glaudioman1
      Pourquoi Netflix devrait donner une contrepartie ? Ils mettent des billes dans un film,la législation française leur interdit de mettre le film sur leur plateforme pendant 3 ans s'il sort en salle.Bien sûr qu'ils ne vont pas le sortir en salle ! Surtout pour se retrouver dans une petite salle à 18h et 22h entre deux séances de avengers / fast and furious / danny boon / starwars.S'ils adaptaient la législation et autorisaient les plateformes comme netflix à sortir les films en même temps que les dvd / bluray, 4 mois après, le problème ne se poserait plus.Maintenant, Frémaux et cie devraient plutôt demander aux distributeurs traditionnels pourquoi ils ne jurent plus que par des gros blockbuster bien calibrés à 200 millions qui leur rapportent des milliards et que des pointures comme Scorsese, Cuaron et les Coen se retrouvent à être distribués par Netflix.Les distributeurs et exploitants veulent bloquer la VOD pour ne pas être perdant tout en concentrant leur activité sur l'industrie pure. S'ils continuent sur leur lancée, soit le cinéma d'auteur finira par totalement disparaître, soit il ne sera accessible que sur netflix et consort.Maintenant, les festivals feraient mieux de s'attaquer à la souche du problème, pas à son symptôme. Donc bravo à Venise qui a su juger un film pour ce qu'il est, indépendament de son mode de distribution.
    • Alex C
      Oui, tout à fait, on peut ce dire aussi que bon, certains le verront dans les conditions optimales comme pour ce festival par exemple, et il y aura la majorité des potentiels spectateurs intéressés par ce film et qui ne pourront pas le voir en salle.Est-ce que les deux s'entendent, oui, pour ne pas être d'accord. Est-ce que le juger uniquement sur la qualité en lui-même et pas sur la possibilité de le voir AUSSI dans les bonnes conditions, c'est un comble, quand on sait que son film est conçu pour être vu dans les salles. La Mostra a choisi de se démarquer en validant qu'il n'y avait pas d'importance à le voir sur la plate-forme v.o.d. ou au cinéma, tant mieux pour eux, mais je te pose la question, est-ce que c'est bon pour le cinéma en général, sur le long terme j'en doute, surtout que les deux manières de voir une oeuvre sont tout de même radicalement différentes l'une de l'autre et on ne me fera pas avaler qu'ils le font par amour du cinéma mais pour promouvoir leur modèle.Ce qui est sur, c'est que les dissensions ou points de vu entre festoches pour x raisons différentes font le jeu des nouveaux acteurs sur le marché que sont les plates-formes v.o.d.En tout cas, le résultat est le même.
    • Guillaume B.
      C'est clair qu'on n'aura de toute façon pas de système où l'art et le spectateur seront des priorités ne serait-ce que secondaire, sauf peut-être sur 2/3 projets si un cinéphile traîne dans un des groupes de décision (et encore).Il pourrait toutefois se faire que la compétition forte qui se fera entre les géants netflix, disney, apple et amazon puisse être un levier (minime mais pas négligeable) pour obtenir quelques assouplissements qui seront calculés pour en tirer bénéfice pour leur image. On va pas non plus espérer qu'ils feront des efforts par générosité mais par intérêt pour se distinguer de la concurrence, on pourra peut-être en avoir qui choisiront des options moins néfastes que d'autres pour ensuite se targuer fièrement d'avoir une éthique à même de toucher plus de personnes que leurs concurrents.De toute façon, on n'a pas fini de débattre de cette question de ce qui est positif ou négatif dans les films ciné du marché VOD (qu'ils soient produits ou rachetés).
    • ghyom
      Si tu veux te renseigner tu peux trouver des articles en tapant Netflix vs theatre owners, j'avais vu passer aussi un article sur les propriétaires de salle qui manifestaient contre la présence de Netflix à la Mostra et sinon il y avait aussi des articles sur la sortie de Okja en Corée où les grandes chaînes de cinéma avaient refuser de le diffuser dans leurs salles parce que Netflix refusait d'attendre les 15 jours de délai d'usage entre la sortie en salle et celle en VOD. Donc vraiment le problème est global.
    • -Nomade-
      Ah, c'est bon à savoir, en ce qui concerne la position des diffuseurs en salle aux USA.A force de rester focus sur ce qui se passe chez nous, on oublie trop souvent les combats des autres ;)
    • ghyom
      La France a une des chronologies des medias les plus dures (en terme de temporalité) parce qu'elle est nécessaire au système de financement participatif. Les USA je ne sais même pas s'il y a es lois régissant clairement cette chronologie mais les propriétaires de salles sont clairement en guerre avec Netflix et refusent pour la très très grande majorité de diffuser les films Netflix tant que Netflix ne reviendra pas sur sa politique de sortir le film le même jour sur sa plateforme.
    • ghyom
      La question est de savoir est-ce qu'un festival doit se soucier d'autre chose que de l’œuvre elle-même ? Ca se discute. Cannes a pris une décision, Venise une autre. Les deux s'entendent.
    • ghyom
      Attention aussi Annihilation n'est pas une production Netflix (Roma non plus mais ils ont les droits de diffusion pour tous les pays). C'est Paramount qui a décidé de sortir le film aux states mais de vendre les droits de diffusion à l'international à Netflix. D'où sa sortie dans quelques salles aux US.
    • ghyom
      En fait, le marché coopératif dont tu parles existe déjà. C'est justement le système français (chaque acteur du marché réinvestit de l'argent pour faire exister de nouvelles œuvres qui font vivre ces mêmes acteurs) auquel s'oppose le plus fortement la stratégie compétitive de Netflix. Il ne faut pas se voiler la face. La stratégie des GAFA et NATU est une stratégie libérale à l'extrême. Il est déjà impensable pour eux ne serait-ce que de payer des impôts alors participer à un système collectiviste... tu peux toujours te toucher. ^^
    • Johnson J.
      Ça va de soi
    • BestPseudoEver
      En fait c'est l'avenir du cinéma d'auteur, ou du ciné indépendant, qui risque gros, dans ces histoires...Exactement !
    • BestPseudoEver
      C'est effectivement ridicule mais c'est surtout affligeant.
    • -Nomade-
      Clairement !Le secteur du cinéma traditionnel n'est pas exempt de reproches, dans cette affaire, c'est évident : quand tu vois qu'un film de Scorsese n'arrive même pas à trouver de production pour la diffusion en salles, tu te dis qu'il y a un problème...Sans doute échaudé par les bénéfices mirobolants du ciné à grand spectacle ces 10 dernières années (Disney, en résumé...), les producteurs semblent oublier que le ciné peut aussi être autre chose qu'une affaire de bénéfices à 10 chiffres... Alors c'est vrai qu'ils ont beau jeu de jouer les défenseurs de la culture devant Netflix :pAprès, le problème est capitaliste par essence : les plate-formes privées qui émergent et prennent de + en + d'importance vont elles aussi chercher à produire des trucs qui rapportent.En fait c'est l'avenir du cinéma d'auteur, ou du ciné indépendant, qui risque gros, dans ces histoires...déboucher sur un marché coopératif plus que compétitif afin que les studios, les distributeurs et les spectateurs puissent tous en retirer quelque chose.Ce serait tellement beau ^^
    • Johnson J.
      Merci de la précision j'avais a l'idée que le nombre de salles devait être restreint mais seulement en Am. du Nord c'est ridicule
    • BestPseudoEver
      Annihilation est sorti dans quelques salles uniquement en Amérique du nord donc c'est comme si le film était absent des cinémas.
    • Johnson J.
      C'était le cas pour Annihilation déjà qui était sorti dans quelques salles mais pas en France, il faudrait quand même que le gouvernement français et Netflix trouvent une entente pour diffuser ces films dans les salles parce que voir le film de Cuaron ou le prochain Scorsese sur petit écran c'est une énorme déception
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