virginsuicides
0 abonné |
Lire ses 171 critiques
|
Suivre son activité
Suivre son activité
3.5 - Bien
C'est un sujet ultra sensible qui est abordé dans ce film: le manque de discipline dans les établissements de banlieues difficiles et l'incapacité des enseignants à supporter la pression à laquelle ils sont soumis. Isabelle Adjani incarne Sonia Bergerac, une professeure de français dans un de ces établissements et traverse une période difficile de sa vie: elle supporte mal que son mari ait décidé de la quitter. L'indiscipline de ses élèves et leur manque de respect à son égard est la goutte d'eau qui fera déborder le vase: après avoir trouvé une arme à feu pendant un de ses cours et avoir involontairement blessé un élève, elle panique et prend sa classe en otage. S'ensuit alors un bouleversement de circonstances par lequel, tantôt elle prend ses élèves en otage, tantôt c'est l'un des élèves qui devient le preneur d'otages, au gré de la possession de l'arme à feu. On voit alors les victimes et le preneur d'otages perdre pied, craquer, exprimer toute leur colère, leur frustration. Et c'est toute l'instabilité émotionnelle des personnages qui se révèle ainsi.
Malgré la complexité des personnalités qui donne au film une certaine épaisseur, l'intrigue, par ses revirements de situation un peu trop nombreux, devient confuse sur la seconde moitié du film. Mais finalement, cette confusion n'est-elle pas le reflet de la confusion qui peut régner dans l'esprit des personnages, ou dans l'esprit de toute victime de prise d'otages, ou d'un preneur d'otages qui n'aurait agi que dans un moment de perte du sens de la réalité? Si le film n'échappe donc pas à quelques maladresses, il reste néanmoins très fort, au risque de déplaire à certains esprits bien pensants. Car l'approche ici n'est pas aussi manichéenne qu'elle peut paraître au départ. Ainsi on nous montre que les caïds connaissent eux aussi la peur, et pas seulement dans le contexte de cette prise d'otages. La tension permanente est bien maintenue par un huis-clos omniprésent et par le remarquable jeu des acteurs, Isabelle Adjani en tête, qui parviennent à compenser les faiblesses scénaristiques.
Ajoutée le 06 mai 2013 à 09h12
Je trouve cette critique utile
Je trouve cette critique utile
Je trouve cette critique inutile
Je trouve cette critique inutile
Signaler un abus