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« Je comprends comment, je ne comprends pas pourquoi ». L’esprit individuel se néantise sur fond de chaos en supprimant son devenir personnel par une pensée imposée. Les dictionnaires s’amincissent de définitions d’éditions en éditions. Les chansons sont écrites par des machines. Un monde accompli est redéfini par une pensée unique. Ce qui était redevient ce qui est par l’imposition totalitaire d’une politique désirant maîtriser passé, présent et avenir. Un seul langage, une seule pensée. La vérité est vaincue par une contre vérité débitant une propagande guerrière intensive scénarisée. Il n’y a aucun amour sauf pour Big Brother dont le regard vous scrute à temps complet. Les visages creusés toussent dans des pièces exsangues. La nutrition collective est abjecte. Le bleu est l’habit commun, L’attention ne s’offre plus qu’à une information planifiée sur grand écran sous surveillance constante. Le prolétaire pétard mouillé d’une révolte trop attendue n’a plus aucune force. Débarqué loin d’un noyau décisionnel, banni d’une pensée officielle, sans possibilité d’écrire son histoire, reclus en zone interdite, impuissant, livré à la misère et à la prostitution son processus révolutionnaire est grippé à long terme. L’humanité c’est le parti, Winston est le dernier homme sa race est éteinte, vidée de toute approche personnelle de choses éradiquée d’un cerveau cobaye par un tortionnaire éducateur lui-même victime de théories implantés. Les images réelles et virtuelles se confondent dans une inquisition douce et sanglante. Tous les gestes sont épiés, les abus amoureux déclenchent des procédures d’éventrations en uniformes de nids provisoirement ressourcés par une pensée individuelle. L’équation « deux et deux font quatre et tout est accompli » ne veut plus rien dire. La torture exécute une refonte des syllogismes. Il faut se calfeutrer pour faire ressurgir un monde d’antan. Thé, café, robe et maquillage réapparaissent le temps d’une extase. Derrière une porte close des nudités se redécouvrent. Les corps à l’image de la nature s’offrent aux rayons du soleil. L’amour interdit se consomme sur fond vert dans une nature boycotée momentanément éloignée de la puanteur de concepts à l’étude destinés à supprimer l’orgasme d’une relation amoureuse naturelle. La guerre n’espère aucune victoire, ingrédient principal des tyrans elle est volontairement continuelle assommant par ses bruits incessants des esprits robotisés n'ayant aucune possibilité de récupérer un apaisement. « 1984 » est un film unique, certainement un des plus beaux films du monde rien que par la luminosité de ses paradoxes nommées déprime et aliénation. La voix off règne sans demi mesure en imposant un enfer implacable, la manipulation d’esprits épongés de comportements individuels intégrés dans un devenir en commun basé uniquement sur l’adoration d’une image.
Ajoutée le 15 janv. à 13h53 Signaler un abus
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