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L'Homme des vallées perdues
note moyenne
3,8
266 notes dont 70 critiques
21% (15 critiques)
31% (22 critiques)
29% (20 critiques)
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Votre avis sur L'Homme des vallées perdues ?

70 critiques spectateurs

soniadidierkmurgia

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4,5
Publiée le 24/07/2012
«« L’homme des vallées perdues » est un western mythique Outre-Atlantique qui ne jouit pas de la même réputation en Europe où il a pu être vilipendé de ci de là pour son manichéisme forcené, simplement utile à écrire l’histoire que l’Amérique s’efforce en vain d’inventer pour justifier une implantation construite sur un génocide qui lui revient régulièrement à la face. Le film répond si bien à cette volonté de réécriture que les Indiens en sont complètement absents. Suite aux pionniers qui ont conquis l’Ouest en s’attribuant de vastes territoires après en avoir chassé les Indiens ce sont les fermiers qui sont venus tenter leur chance depuis que l’Etat de l’Union nouvellement crée essaye d’organiser de manière un peu moins anarchique l’attribution des terres. Un affrontement économique sert donc de trame de fond à ce western, l’éleveur de troupeaux qui a besoin de grands espaces pour convoyer ses bêtes d’un pâturage à l’autre contre les petits fermiers sédentaires qui souhaitent exploiter les terres fertiles de Teton Valley dans l’état du Wyoming.Mais c’est surtout la relation entre un enfant (Joey) et son héros (Shane) qui intéresse Stevens. Le western a été un genre cinématographique majeur dans les années 30 et 40 et il commence son déclin en cette décennie 50. Tous les enfants américains de la première moitié du vingtième siècle ont été bercés avec les images de Kit Carson, Buffalo Bill, David Crockett ou Hopalong Cassidy. C’est à eux devenus adultes que Stevens s’adresse. L’image héroïque d’Alan Ladd statique mais triomphant devant le jeune Joey au tout début du film résume à elle seule quelle sera leur relation. Habilement, Stevens joue sur les deux tableaux et nous fait ainsi bien comprendre qu’il n’est pas dupe du message délivré par son film, rempli d’images d’Epinal. Il n’y a qu’un enfant pour contempler la vie de manière si naïve. On sait tous que rien n’est si simple dans les affrontements entre les bons et les méchants mais on a aussi tous joué aux cowboys et aux indiens dans notre enfance. C’est à cette naïveté que Stevens fait appel dans « L’homme des vallées perdues ». Alan Ladd qui joue Shane n’a pas une palette d’émotions très variées à faire passer à l’écran mais ce qui le cantonna à un certain type de rôle peu développés sur le plan psychologique contribue ici à renforcer l’image iconique et irréelle du personnage. Venu de nulle part, Shane préfigure quinze ans auparavant l’homme sans nom immortalisé par Clint Eastwood. Comme Alan Ladd, Eastwood dans « L’Homme des hautes plaines » ou « Pale Rider », ramène l’ordre dans une communauté devenue la proie de hors-la-loi, mais les méthodes employées sont radicalement opposées, plus proches de celles en vigueur chez les brigands. C’est dire si en quelques années sous l’impulsion d’un Sam Peckinpah et d’un Sergio Leone le genre a évolué. A l’image de Shane tous les autres personnages sont les archétypes des figures traditionnelles du genre. Van Heflin encore dans la force de l’âge interprète avec conviction ce fermier d’une honnêteté sans faille mais un peu frustre qui prend la tête d’un mouvement de rébellion contre les ranchers qui en veulent aux terres des nouveaux arrivants. Jean Arthur qui aborde la cinquantaine est la femme fidèle qui tempère les réactions impulsives des uns et des autres et qui tente de préserver son jeune fils contre la trop grande admiration qu’il voue à Shane auquel elle porte un amour inavouable car contraire à ses principes de fidélité. Jack Palance à la silhouette efflanquée, nommé pour l’oscar, est parfait en tueur à gages froid comme un serpent, arrivant dans le dernier tiers du film pour lui faire prendre définitivement sa tournure dramatique; la façon dont il rectifie un des fermiers (Elisah Cook Jr.) venu le défier est digne des meilleurs spaghettis du grand Leone. Enfin le tout jeune Brandon De Wilde qui sert de fil narrateur à ce western humaniste reflète dans ses yeux l’émerveillement de tous les petits garçons du monde entier face à leurs héros d’enfance. A tout cela, Stevens qui se rappelle sans doute l’émouvant « Jody et le faon » de Clarence Brown, ajoute une mise en relief édénique de la nature qui ponctue de manière élégante un western comme on en fera plus dans les décennies suivantes. Pas étonnant donc que «L’homme des vallées perdues » conserve une telle popularité en Amérique comme étant le témoignage d’une époque où le cinéma pouvait encore servir à montrer le monde tel que l’on voudrait le voir et non tel qu’il est.
Yves G.

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2,0
Publiée le 10/06/2013
"L'homme des vallées perdues" tient une place à part dans l'histoire du genre Tourné en 1952 en Technicolor dans les espaces naturels du Wyoming, il fait figure d'archétype du western. Le scenario est schématique. Des fermiers sont menacés d'expulsions. Un mercenaire prend leur défense. L'histoire est racontée par les yeux d'un enfant qui se cherche un père symbolique. La candeur de l'histoire est sa principale limite. Les personnages sont manichéens : Alan Ladd qui fut immensément célèbre dans les années 50 avant de sombrer dans l'oubli a les yeux bleus et le brushing impeccable. Jack Palance, que le film révéla, joue un méchant de noir vêtu, plus vrai que nature.
annatar003

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3,5
Publiée le 26/04/2013
Même si le récit du gentil inconnu arrivé en ville pour défendre les plus démunis a pris un coup de vieux depuis les années 50, "L'Homme des vallées perdues" n'en perd pas pour autant de son accroche. Prenant le chemin inverse de celui qu’empreindra Kevin Costner dans "Open Range", Geoge Stevens nous laisse découvrir des fermiers pauvres mis en danger par un homme sans lois dénommé Ryker. Simple mais accrocheur, le script de "Shane" demeure encore efficace de nos jous même si la fin s'avère un peu longuette pour la nouvelle génération. Pour interpréter ces cowboys des hautes plaines on retrouve un sympathique Alan Ladd et un excellent Van Heflin accompagné de Jean Arthur qui jouera là son dernier rôle au cinéma. La mise en scène propose de son côté quelques bagarres plutôt brutales pour l'époque qui expose ainsi le public à quelques crochés bien placés. Bien entendu une belle bande originale accompagne nos héros lors de leurs expéditions et les échanges de coups de feu ne s'en trouveront que plus beaux avec quelques grandes scènes à la clef.
Tony cooper

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2,5
Publiée le 23/07/2012
Dés les premières minutes du film, j'ai eu l'impression de regarder "la petite maison dans la prairie". Que ce soit au niveau des décors, des coiffures ou des costumes, on s'y retrouve vraiment, il ne manque plus que le brave Charles Ingalls... Le scénario est assez tiré par les cheveux, le fin tireur solitaire qui débarque comme un cheveu dans la soupe une minute avant l'arrivée des premiers méchants, mouais... Tout est assez caricatural, les personnages sont trop conventionnels. La seule bonne note c'est la coupe de cheveux d'Alan Ladd, ce brushing à la façon Jean-Louis David qui m'a laissé bouche bée! Le jeune Joey (appelé Jacky en France...) est plutot énervant à hurler tout au long du film son amour pour cet homme qu'il ne connait pas, scénario pathétique...
Akamaru

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3,0
Publiée le 01/02/2014
Un western de la grande époque,certes assez critiquable pour son manichéisme excessif,mais aussi très représentatif de l'idéalisation des Américains pour cette époque peu glorieuse pour eux. À ce titre,le choix de la narration à travers les yeux d'un enfant de 10 ans est éloquent. Le petit,qui vit avec sa famille dans un ranch menacé par un propriétaire terrien qui ne fait pas de sentiments,se prend d'une forte affection pour un aventurier venu les secourir. Cet homme sans nom devient donc un père par procuration et un fantasme inassouvi pour la maîtresse de maison. Freudien. Il préfigure le personnage de Clint Eastwood dans "Pale Rider". La photographie est lumineuse,altérant judicieusement les scènes de jour sous le cagnard et les scènes nocturnes,plus dramatiques. Jack Palance est un ange du mal fort intéressant. Alan Ladd en lonesome cowboy habillé d'une veste en daim demeure fade tout du long. "L'homme des vallées perdues"(1953)joue forcément sur cette vision parfaite de l'Ouest,avec quelques images fortes,mettant en avant la nature et le paysage du Wyoming. Historiquement réducteur,mais cinématographiquement intact.
TTNOUGAT

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3,0
Publiée le 05/05/2012
C'est un western à part, il mérite d'être vu mais surement pas son excellente réputation, en tous cas pas en tant que modèle du genre. Il pousse le mythe à un point excessif , y incluant même à la fois la nature (orage arrivant quand il faut) ,les animaux (cerf,vaches,chevaux, chiens)et surtout un enfant de 10 ans. Ce gamin est absolument insupportable ,entre les dizaines de''Shane'' et les ''bang,bang'', il ne nous donne aucun répits. On l'a dans les yeux et les oreilles de la première à l'avant dernière image. Ce choix de passer par lui pour voir ce film fait qu’il qu’il faut être de son âge pour en devenir admirateur; Plus on le voit plus, les defauts resortent; Dommage, car le scénario est un modéle, d'une linéarité absolue avec des détails sur les rapports homme-femme de hautes qualités. Alan Ladd est excellent,il n'a pas à forcer son jeu et sa mort éventuelle fort honnéte, sa position signifiante dans les plans n’est jamais prise en défaut; Van Heflin impeccaple, mais c’est une habitude chez lui et Jean Arthur apporte une présence douce et naturelle, elle joue fort peu, contrairement où dans '' The plainsman'' elle s'imposait avec éclats. Le rythme du film, vraiment lent par moments, est aussi beaucoup critiquable, c'est plus un choix pour ''Géant'' alors que dans ''Une demoiselle en détresse'' Stevens montre qu'il est capable de l'accélérer. J'avais eu la chance de voir ''l'homme des vallées perdues'' à sa sortie au Gaumont dans le plus grand cinéma d'Europe. J'en avais gardé un souvenir fort jusqu'à une seconde vision une dizaine d'année plus tard. Deux mots sur Jack Palance absolument parfait dans un rôle difficile car excessivement manichéen. Il s'en tire mieux que bien au point d'en être vraiment inoubliable.''Prouve-le ?''
Buzz063

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3,0
Publiée le 17/01/2011
Western devenu mythique mais à la réputation malgré tout un peu surfaite. On n'atteint pas içi les sommets du genre, mais le film ne manque pas pour autant de qualités, notament des décors naturels superbes et bien utilisés. Le personnage principal est l'incarnation même du héros, version mythologique du cowboy solitaire qui repartira vers l'horizon à la fin de l'histoire. Vêtu de couleurs claires, il affrontera un redoutable pistolero habillé en noir. Le côté archétypal et manichéen de l'histoire est encore renforcé par le fait que les évênements sont toujours vus avec le regard du jeune garçon dont la présence continue en fait le témoin privilégié des évênements. Les séquences les plus interessantes sont celles décrivants les relations entre Shane et la famille qui l'accueille, où Stevens fait preuve d'une grande intelligence de mise en scène. Le personnage est toujours placé en retrait ou à part dans le plan. Il est la plupart du temps séparé de la femme jouée par Jean Arthur par un élément du décor soulignant ainsi sa solitude et son impossibilité à vivre une vie de famille quand bien même il l'envisagerait.
ygor parizel

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4,0
Publiée le 19/09/2009
Esthétiquement ce western m'a beaucoup plus. Bien réalisé en plus des paysages et décors magnifiques. L'histoire n'est pas sensationnelle tout les symboles du western hollywoodien sont présents. Mais le cowboy solitaire venu aidé des gens fait une de ces premières apparitions.
lextricable

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4,0
Publiée le 21/05/2009
Tous les ingrédients du genre sont réunis : paysage grandiose, héros solitaire (le petit Alan Ladd, coupe de douilles rockabilly, drôlement fagoté – du moins jusqu’au dénouement du film, voix à la Mel Gibson), horde de méchants, manichéisme (relatif, ici), pugilats, conflits d’intérêts, tempêtes sous les crânes, musique pour spectateurs aveugles et/ou durs de la feuille… Genre hyper formaté, quelque peu simpliste, mais Georges Stevens ne sombre pas dans la « shame » et au contraire mène à bien son affaire avec maestria tout en pimentant son film avec les sentiments de Marian (Jean Arthur, très sexy à 53 ans) pour Shane (Ladd) qui d’ailleurs reprendra son chemin en solo pour ne pas briser la famille qu’il a aidée…
selenie

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3,0
Publiée le 14/10/2008
Western mythique classé parmi les meilleurs du genre outre-atlantique mais sans aucun doute légèrement surestimé. La trame super classique du fermier persécuté par le rancher du coin et sauver par un aventier au passé trouble... Le personnage de Shane préfigure l'Homme sans nom incarné dans l'inconscient collectif par Clint Eastwood. Le héros est interprété par le très fade Alan Ladd, peu charismatique comparé à l'excellent méchant qu'est Jack Palance. Van Heflin toujours solide, Jean Arthur toujours aussi belle (dernier rôle ici). Le bas blesse également à cause du personnage de Shane (Alan Ladd) ; angoissé, stressé, sur ses gardes au début et dès l'invitation à diner il oublie ses particularités et ses faiblesses d'un seul coup comme par magie. Des dialogues marqués par la naïveté des bons sentiments ("vous feriez ça pour moi !") qui ajoute au manichéïsme appuyé du film. A la fin le gamin de 8-9 ans qui court aussi vite qu'un homme à cheval sur des kilomètres est une mauvaise idée. Ce film gagne en valeur si on garde comme point de vue que c'est sous le regard admiratif du garçon (image de nous tous quand on jouait aux cowboys et aux indiens) que Shane est une icône de l'ouest et l'histoire l'exemple type de notre imaginaire. Un bon western à défaut d'être le chef d'oeuvre du genre.
Sergent-Carotte

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4,0
Publiée le 20/11/2006
"L’homme des vallées perdues" est un excellent western. Bien qu’il ait un peu vieilli : par le jeu des personnages, par la présence du héros aux dents blanches et aux combats de boxe "old school", on peut tout de même apprécier la qualité du scénario et du film en général. Le rythme est plus tranquille que dans de nombreux westerns dans lesquels les balles fusent de part et d’autre et ce n’est pas plus mal. Les acteurs sont bons, et je confirme qu’on peut en effet reconnaître le fameux Phil Defer qui affronte Lucky Luke dans une des ses aventures. Je me demande aussi si Clint Eastwood ne se serait pas inspiré de "Shane" pour réaliser son "Pale Rider" car j’ai pu faire le parallèle entre plusieurs éléments… Film conseillé pour les adeptes de westerns.
bobmorane63

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4,0
Publiée le 28/06/2010
Un bon Western signé George Stevens qui a pour seul défaut quelques clichés vu un bon nombre de fois dans ce genre comme dans d'autres, notamment les séries B des années 70,80,90. Un cowboy voyageur nommé Shane trouve sur sa route une famille de paysans qui l'adopte mais le coin est regné par des hors la loi qui ont le monopole en semant la terreur chez les habitants, une révolution commence à se préparer. L'histoire sent le déja vu et la copie conforme photocopiée depuis mais "L'homme des vallées perdues" a des bonnes qualités et peut etre meme se reveler touchant comme le petit garçon qui se prend d'affection pour le lonesome cowboy arriviste. La deuxième partie est haletante de suspense. C'est le premier film que je vois avec l'acteur Alan Ladd qui est excellent et l'on reconnait dans les seconds roles une bellle et grande gueule du cinéma Américain qui fera du chemin, Jack Palance. A découvrir.
Sinefil44

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4,5
Publiée le 28/03/2012
J'ai lu le livre et vu le film basé sur le roman de Jack Schaefer. L'atmosphère du livre est très bien rendue. Ce film fait partie de mes westerns préférés et a toujours été une référence dans ma jeunesse, tout comme l'autre film d'Alan Ladd que j'ai adoré mais moins connu : "Le serment du chevalier noir". Ici, il joue l'archétype du justicier solitaire, sobre et charismatique, rappelant aussi un film similaire réalisé bien après par Clint Eastwood "Pale Rider". Il fait partie des plus beaux westerns du cinéma américain, à rapprocher du film de Michael Curtiz, "Le fier rebelle" (1958).
Flavien Poncet

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1,0
Publiée le 05/02/2009
Reconnu comme l’un des plus grands westerns du cinéma américain, «Shane» (USA, 1952) de Georges Stevens s’apparente au plus classique des parangons du genre. A mille lieux des inventivités économes et délicates du cinéma de John Ford, le film de Stevens cultive la facticité des lieux, grâce à la collaboration de la photographie de Loyal Griggs et aux décors d’Emile Kuri. L’intrigue relate l’arrivée d’un étranger, l’éponyme Shane, sur le dos de son cheval dans une petite ferme habitée par un homme, sa femme et son fils. Ensemble, ils vont lier une amitié et combattre les exploitants. Le schéma est simple, il se résume à l’expression la plus primaire pour pouvoir au mieux constituer le cadre du western et y développer les meilleurs sentiments. Là repose la grande limite de l’œuvre. Si Stevens avait réalisé son film dans les années 30, s’il avait été Cecil B. DeMille ou Ford voire Edwin S. Porter, il aurait été un des premiers a réalisé un western et son film aurait eu la valeur de la singularité, se constituerait comme le squelette narratif et esthétique à partir duquel se serait fondé tous les dérivés du western. Or, il apparaît que le film de Stevens n’est qu’une parmi tant d’autres représentations de la société américaine par le truchement de sa condition primaire, celle dans le Far-West. La singularité et la réussite du film provient de sa volonté quasi ostensible de considérer le western comme un champ de l’imaginaire. L’infantilisme des décors, des costumes et jusqu’au physique des acteurs (Allan Ladd et Jack Palance incarnent respectivement parfaitement la figure du Bien et celle du Mal) convoient le film à l’imagerie des enfants. Le cinéma est-ce autre chose que de ramener le spectateur à sa condition d’enfant grandi ? Georges Stevens, penseur discret du cinéma et réalisateur honorable (bien que loin des prodiges d’Hitchcock ou de Preminger), réalise avec «Shane» un conte pour enfant, qui dit peu sur l’Amérique sinon sur ses icônes mythologiques éculées.
Maitre Kurosawa

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3,0
Publiée le 26/02/2016
"Shane" est un western intéressant grâce à l'empathie qu'il parvient à créer envers une famille opprimée par un groupe de ranchers tyranniques. Le message politique du film est donc louable, fait d'espoir (continuer le combat contre des instances intolérantes) et véhicule de belles valeurs, à savoir l'amour et la solidarité, comme dans cette scène où la maison d'un fermier vient d'être brûlée et ses amis lui annoncent dans la foulée qu'ils la reconstruiront. Toutefois, le film laisse un goût d'inachevé parce que trop long et répétitif, en particulier sur la relation entre Shane et Joey, même si leur dernière scène est assez émouvante, et peine à créer un véritable danger sur la confrontation entre Jack Wilson, un tireur soit-disant renommée, et ceux qui voudraient l'abattre, une façon de refuser la noirceur quelque peu décevante qui témoigne d'un manque d'ambition scénaristique préjudiciable. Un beau western, dont la mise en scène fait une utilisation originale de l'espace, réellement touchant par instants mais qui peine - sur la durée - à s'élever au-delà de son sujet.
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