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Excalibur
note moyenne
3,7
3024 notes dont 220 critiques
39% (85 critiques)
26% (57 critiques)
15% (33 critiques)
10% (23 critiques)
8% (18 critiques)
2% (4 critiques)
Votre avis sur Excalibur ?

220 critiques spectateurs

Yannickcinéphile
Yannickcinéphile

Suivre son activité 192 abonnés Lire ses 4 005 critiques

5,0
Publiée le 24/03/2013
Adaptation sommitale du mythe arthurien, une œuvre aussi sublime sur la forme que sur le fond. Les acteurs pour certains peu connus mais exceptionnels sont au service d’un scénario complexe, avec une foule de personnages qui parvient à être malgré tout d’une limpidité cristalline, et d’une rare fluidité. Visuellement le film atteint une perfection, la beauté de certains plans est époustouflante, les décors et les costumes sont sublimés par la photographie, et la musique transcende l’œuvre. Quoique majoritairement composée de morceaux plus anciens (par Carl Orff et Wagner surtout), elle est magistralement utilisée et semble avoir été composée pour ce film tant l’ensemble est d’une homogénéité rare. La mise en scène de Boorman n’est pas en reste, et il s’agit probablement de sa création la plus aboutie. Le film en lui-même est un chef-d’œuvre incontournable, mais il est vrai qu’il pourra rebuter. Jouant la carte de la poésie, profondément mélancolique, il est inutile de chercher là le style hollywoodien des épopées historiques de ces dernières années. L’action est rare, concentrée, et il est vrai que de ce point de vue le film a vieilli, pourtant il n’en pâtit pas vraiment. En 1981 les séquences d’actions n’étaient déjà pas au cœur de la recherche artistique de Boorman, et plus de trente ans après ce n’est pas non plus ce qui fait la force d’Excalibur. Semblant très largement inspiré par la peinture, des préraphaélites à Gaston Bussière, ce film atmosphérique est une œuvre maitresse, et cloue au pilori bien des films récents, qui, malgré leurs millions, ne pourront jamais acheter la grâce de cette fresque flamboyante. Sublimissime et dans son genre probablement inégalable.
Benjamin A
Benjamin A

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3,5
Publiée le 14/01/2015
Adaptation de la légende du roi Arthur, "Excalibur" signé John Boorman retrace le destin d'Arthur, de ses origines jusqu'à la quête du Graal en passant par l'épée d'Excalibur, ses différentes rencontres ou encore ses relations que ce soit avec les femmes, sa famille ou ses amis. Intelligemment, John Boorman opte pour un point de vue magique, sombre et violent de la légende d'Arthur. Commençant avant la naissance de ce dernier, il prend soin de présenter et d'étudier les personnages avec comme point central Merlin, d'abord au service du roi Uther dont il lui remet l'épée d'Excalibur puis de son fils Arthur qui deviendra roi à son tour. Ensuite, il multiplie les personnages et les intrigues, tournant autour d'Arthur, de sa demi-sœur, de Lancelot ainsi que du Graal. La réussite vient de cette manière dont John Boorman donne une atmosphère assez étrange, parfois même envoûtante et fascinante à son film, dans un esthétisme qui, s'il peut paraître légèrement daté, lui donne en même temps tout son charme (malgré des effets lumineux parfois un peu trop excessifs). On navigue entre magie, mer de brume, apparition, dragon ou encore lune rouge sang en suivant des personnages intéressants et des enjeux qui le sont tout autant. Le récit est assez riche, la légende passionnante et Boorman la retranscrit très bien. Les combats sont bien foutus, Boorman arrive à donner un côté épique au film lorsqu'il le faut et mystique à d'autres moments. Malgré quelques petites longueurs, l'ensemble est bien rythmé et "Excalibur" bénéficie d'une reconstitution réussie qui nous immerge de belle manière dans l'époque médiévale. La musique de Carl Orff, en plus d'être excellente, est adéquate et bien utilisée, dommage que les acteurs ont parfois tendance à un peu trop surjoués. Bien qu'imparfait, Boorman retranscrit tout de même de belles manières cette aventure médiévale et magique en y donnant une atmosphère étrange, sombre, envoûtante et mystique.
danna2509
danna2509

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4,0
Publiée le 09/10/2012
Dès les premiers plans on sait tout de suite que l'on va regarder une oeuvre ambitieuse et que Boorman a tout mis en place pour nous transporter dans un univers féerique. Tout est magique : les décors, l'ambiance, la musique de Wagner, les costumes....Ca fait quinze ans que je vois ce film, peut-être une fois par an et je l'aime toujours autant. J'adore l'atmosphère qui s'en dégage et j'adore ces décors en carton pâte qui lui donne cette ambiance si particulière, comme c'était le cas avec Legend ou Willow à l'inverse d'une saga comme Lord of The Ring, qui est géniale au demeurant mais qui n'a pas le charme rétro et cette magie qui s'opère dès que le film commence. C'est une oeuvre qui rend nostalgique et qui nous ramène irrémédiablement à l'enfance. Une légende sur écran, magnifique et pleine de fureur, à des kilomètres des daubes qui ont été pondu depuis trente ans sur le sujet.
ClashDoherty
ClashDoherty

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5,0
Publiée le 07/02/2007
Pas spécialement passionné par la Quête du Graal (quoique...quoique...), j'ai suivi "Excalibur" avec un plaisir évident, et je le classe sans aucune hésitation parmi les meilleurs films sur le Moyen-Age en général (avec "Braveheart", "La chair et le sang" et "Robin des Bois, Prince des voleurs"). C'est aussi le plus grand film sur le sujet. A noter, beaucoup de similitudes avec ..."Monty Python, sacré Graal !" de 1974, ce qui prouve donc que, malgré le délire du film des Monty Python, le thème de la Quête du Graal y était très fidèlement respecté... Majestueux. La fin est splendide, totalement mythique. Quand le Roi Arthur s'en va pour Avalon, embarqué par ses infirmières/fées, on y croit, et on se prend à espérer (littéralement) son retour, promis par la légende arthurienne...Un jour, peut-être...
djacno T.
djacno T.

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5,0
Publiée le 05/06/2012
Féerique et onirique, le film nous transporte littéralement à l'époque de Merlin. Le Kitsch des décors et des costumes et le côté théâtral de la réalisation sont contrebalancé par le réalisme des scènes (loin de l'ère du tout numérique). 30 après, ce vestige du classicisme anglais se regarde avec beaucoup de charme et de nostalgie. INCONTOURNABLE
Raw Moon Show
Raw Moon Show

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5,0
Publiée le 31/03/2013
La source originelle de mon petit monde de cinéma. La bataille finale, l'embarcation qui s'éloigne dans le soleil couchant, la présence comme indispensable de Carl Orff et Richard Wagner, un corbeau dévoreur de pupilles comme le cinéma s'emparant de mon imaginaire, et Perceval qui trouve le graal au prix d'une complète remise en question de son système de valeurs (son armure). Ce film est la matrice, le point de non retour.
FanchonP
FanchonP

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4,5
Publiée le 29/01/2013
J'avais vu Excalibur de John Boorman une première fois, un peu jeune sans doute. Résultat, j'avais trouvé cela kitch et un tantinet longuet. Ce n'est qu'en le revoyant une seconde fois que je l'ai trouvé excellent. C'est sur, les 30 années qui ont passé ne l'auront pas épargné sur certains points, notamment quelques effets spéciaux. Mais l'on en fait vite abstraction pour s'attarder sur une mise en scène quasi sans faute. Les décors sont parfaits qu'ils soient naturels ou artificiels. Le film bénéficie d'une esthétique et d'une lumière extrêmement bien travaillées. John Boorman ne laisse rien au hasard. Je pense notamment à la beauté de la scène finale sur fond de soleil rouge sang. Le jeu des acteurs peut, certes, surprendre au début, mais ils se situent plus dans un registre théâtral que cinématographique. La psychologie des personnages est très bien retranscrite, entre un Arthur qui oscille entre fougue et sagesse, un Lancelot entre invincibilité et vulnérabilité et un Merlin qui, avec ses quelques frasques, apporte un peu de légèreté à la puissance qu'il incarne et au poids immense de sa tâche. Nicol Williamson parvient à rendre, dans son jeu, l'ambivalence entre l'homme et le magicien énigmatique et impénétrable. La musique entremêle avec brio classique (Wagner et Carl Off) et bande originale de Trevor Jones. Les thèmes empruntés à Wagner collent parfaitement à leurs objets : par exemple, "Le Crépuscule des Dieux" employé pour l'épée Excalibur et "Tristan et Yseult" pour l'amour interdit entre Lancelot et Guenièvre. Vient s'ajouter Carmina Burana de Carl Off pour les scènes de chevauchées guerrières. Trevor Jones se charge, quant à lui, des partitions plus mystiques, liées à Merlin et Morgane, ainsi que des morceaux plus "Moyenâgeux", lors des scènes de danse et de fête. Malgré le temps qui passe, ce film ne cesse d'émerveiller et restera un pilier incontournable du 7e art, avec lequel, John Boorman nous fait oublier son fiasco précédent : L’Exorciste 2 : L'hérétique.
Philippe FbPerso
Philippe FbPerso

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5,0
Publiée le 13/11/2012
Ça devait faire une vingtaine d'années que je ne l'avais pas vu... Les trois premières minutes font peur (genre naphtaline qui n'aurait jamais du sortir du placard), mais un chef d'oeuvre reste un chef d'oeuvre. Quel souffle! Quelle direction d'acteurs! Quel sens de l'image! Et ce film reste un des rares à avoir su utiliser la musique classique au service d'un film, et non pas par facilité. "Excalibur" est éternel!
lhomme-grenouille
lhomme-grenouille

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5,0
Publiée le 14/02/2006
Bon allez… Je reconnais qu’avec le temps il a chopé un petit côté cheap dans la forme cet « Excalibur », notamment au niveau de l’habillage sonore… Mais sinon, à part ça : raaaaaaaaAAAAAAAAAAAAaaaaah ! (cri de jouissance primaire : éloignez les enfants…) Bah oui, j’aime ce côté sulfureux, ce mysticisme assumé mais en même temps si sec et surtout, j’adore cette densité du propos. Condenser tout ça en si peu de temps, ça n’en rend que l’histoire plus riche. Et si je prends en plus en compte la musique de ce bon vieux Wagner (peut-être trop peu utilisée) j’en arrive à me souvenir quelques moments anthologiques. C’est bien simple : je ne peux jamais revoir ce film sans me mater la fin au moins trois ou quatre fois d’affiler. Mais c’est peut-être en dire trop. C’est peut-être mettre la pression inutilement sur ce film. En tout cas, pour moi, je ne le cache pas : avec cet « Excalubur », Boorman touche pour moi au summum…
Maximilien Van de Wiele
Maximilien Van de Wiele

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5,0
Publiée le 27/04/2013
Grand chef d’œuvre du cinéma médiéval contant les légendes arthuriennes, Excalibur apporte une vision sanglante et crue de la Table Ronde, avec ses drames, ses complots, ses péchés d'amours. Évidemment pour publics averti, mais essentiel à tout fadas d'héroïc-fantasy, du roi Arthur, ou simplement pour ceux qui veulent connaitre les légendes de la Table Ronde. Un classique
gimliamideselfes
gimliamideselfes

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3,0
Publiée le 01/02/2016
Je suis assez partagé, je ne m'attendais pas à ça, je pensais bel et bien voir un film assez kitch avec quelques scènes assez épiques, j'ai vu le côté kitch, mais je trouve que ça prend vraiment le pas sur une éventuelle fresque épique, mais pas totalement non plus... (oui c'est pas clair, mais ça l'est pas vraiment dans ma tête non plus Parce qu'au début ça fait vraiment monomythe du pauvre, avec Merlin dans le rôle du vieux sage, comme on a pu voir ça dans Eragon ou l'Epouvanteur récemment, on a des gags, le mentor qui est un peu désabusé, cynique, mais qui fait des blagues malgré tout... qui doit éduquer un jeune assez naïf. Disons que je m'attendais à quelque chose de plus sérieux, le début avec Arthur fait vraiment film familial. De plus je trouve que certaines scènes importantes sont traitée avec de la nonchalance, je pense à la fameuse scène où Arthur sort l'épée de son rocher, chez Disney ils en faisaient des caisses, là hop c'est réglé, aucun effet de mise en scène particulier... Et pareil pour un peu tout, sans doute pour ça que j'ai du mal à trouver ça épique. Sauf bien entendu lorsque la musique de Carl Orff vient faire le travail et là ça en jette vraiment. Mais sans un peu la musique qui fait le boulot, on peut mettre n'importe quoi ça sera épique... Mais globalement j'ai beaucoup aimé la musique avec des choix extrêmement judicieux, j'étais comme un petit fou lorsque j'ai reconnu les premières notes du prélude de Tristan un Isolde de Wagner pour symboliser l'amour entre Guenièvre et Lancelot... ça a tellement de sens... le triangle amoureux, le roi trompé, "le charme ésotérique qui ne s'explique pas" entre les deux amants. Je connais assez mal la légende arthurienne, bien que ça m'intéresse vraiment, j'ai lu Chrétien de Troie, vu Perceval le Gallois, Lancelot du Lac... Avalon High... et pourtant à chaque fois je n'ai jamais eu de réelle vue d'ensemble de la légende arthurienne et je suis content d'avoir enfin trouvé un film qui retrace tout ça, même si malheureusement ça fait condensé, parce qu'on a tout, Uther, Arthur, la quête du Graal avec Perceval... Ce qui fait que les personnages ne sont pas réellement attachants ou intéressants pour eux-même mais plus pour leur fonction dans le récit, là où par exemple le personnage de Perceval chez Rohmer était attachant en tant que personnage dudit film (je ne sais pas si je me fais bien comprendre). Par contre je trouve ça bien que toutes les adaptations que j'ai vues ne se ressemblent pas, chacune a son style, chaque réalisateur s'est approprié le truc pour en faire son film... Après ma préférence va forcément à Rohmer qui dans sa manière d'épurer le truc rend le tout bien plus épique (et ceci peut-être même malgré lui) que ne pourra jamais l'être le film de Boorman. Cependant je dois bien admettre que le ton du film évolue avec le temps et se fait plus sombre, mais on garde malgré tout cette esthétique un peu clinquante, le côté kitch, qui fait que je ne peux pas prendre tout ça réellement au sérieux. Et pour moi le film peine réellement à recréer la magie de la légende arthurienne, le côté mythologique, fondeur d'une bonne partie des mythes européens, le film n'arrive pas à faire sentir l'étendue de l'univers et la profondeur de la légende. Je suis assez partagé, car j'ai apprécié, mais je n'ai pas trouvé ce que j'aurai attendu d'une adaptation des légendes arthuriennes.
Alexis D.
Alexis D.

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5,0
Publiée le 23/11/2018
En tant qu'appréciateur (sans être un grand fan non plus) de la légende du Roi Arthur et de tout ce qui s'en rapproche de près ou de loin, je ne peux qu'avouer ma passion pour ce chef d'œuvre de John Boorman. Ce film est certainement l'une des plus belles œuvres du septième Art, l'une des plus parfaites aussi. Et c'est clairement la meilleure adaptation du mythe, tout support confondu. En une symbiose mirifique d'images hallucinantes, de musiques fabuleuses, d'acteurs magnifiques et d'intelligence, les légendes des Chevaliers de la Table Ronde trouvent dans ce bijou cinématographique leur plus splendide incarnation. Il n'y a pas grand chose à dire sur "Excalibur", le film parle de lui-même sans nécessiter de grandes dissertations. John Boorman à l'origine s"était mis en tête d’adapter "Le Seigneur des Anneaux". Dans l’incapacité d’en récupérer les droits, il se tourna vers les légendes arthuriennes, et si son "Excalibur" est une adaptation fidèle du classique "La Morte d'Arthur" de Sir Thomas Malory, l’influence de Tolkien y est palpable. Somptueux d’un bout à l’autre, magnifiquement mis en lumière par Alex Thomson et en musique par Trevor Jones, ce long-métrage de John Boorman choisit comme pivot le personnage de Merlin (Nicol Williamson), un magicien qui fait alterner les discours sentencieux et le cynisme désabusé. Au service du roi Uther Pendragon (Gabriel Byrne), il lui remet la mythique épée Excalibur et lui permet de prendre l’apparence du duc de Cornouailles pour abuser de son épouse Igraine (Katrine Boorman). De cette union naît Arthur, que Merlin enlève en déclarant : "l’avenir a pris racine dans le présent". Pris dans une embuscade, Uther plante Excalibur dans un rocher avant de mourir. Dès lors, la prophétie annonce que celui qui retirera l’épée de la pierre deviendra roi. Des années plus tard, des tournois s’organisent pour que le vainqueur gagne le droit d’essayer d’arracher Excalibur à son socle naturel. Nul n’y parvient, jusqu’au jour où le jeune écuyer Arthur (Nigel Terry) ne la retire accidentellement du rocher. Proclamé roi, Arthur épouse Guenièvre (Cherie Lunghi) et fait bâtir le château Camelot avec sa fameuse Table Ronde. La paix et l’harmonie reviennent dans le royaume, mais Merlin recommande une certaine prudence : "Le bien est indissociable du mal", dit-il. Le trouble couve en effet sous l’apparat de la sérénité. Tandis que Guenièvre tombe amoureuse du beau et vif chevalier Lancelot (Nicholas Clay), Morgane (Helen Mirren), demi-sœur d’Arthur, s’intéresse de près à la magie de Merlin et rêve de trouver un homme pour enfanter un "dieu". Utilisant la même ruse qu’Uther, elle s’accouple avec Arthur et donne naissance à un fils, Mordred. Arthur en ressort affaibli, et donne à ses chevaliers comme ordre ultime de retrouver le Graal. Tous échouent, sauf Perceval (Paul Geoffrey) qui continue la quête coûte que coûte. Entre-temps, Mordred (Robert Addie) devient un homme et réclame le trône, tandis que la terreur et la misère s’emparent du royaume. Lorsque Perceval trouve enfin le Graal et le porte aux lèvres de son roi, l’espoir revient, et la dernière bataille se prépare… On ne compte plus les séquences de pure magie qui émaillent "Excalibur" : l’épée étincelante qui surgit des eaux, le cheval d’Uther qui galope sur une mer de brume, l’apparition de la Dame du Lac, Lancelot affrontant son double, Morgan et Merlin pénétrant dans la caverne du dragon, l’arbre aux pendus, le duel final devant la lune rouge sang, tout l'affrontement final entre Arthur et Mordred, la scène où Merlin parvient à tromper Morgane et ainsi prendre sa revanche… Quant à la chevauchée d’Arthur aux accents emphatiques du Carmina Burana, c’est une de ces fusions sublimes entre la musique classique et le spectacle cinématographique comme il en existe peu. "Je ne suis pas né pour être un homme mais pour être le tissu de la mémoire future", déclare Arthur au cours du dénouement. On pourrait en dire autant du film tout entier, tant il marqua les mémoires. C'est une œuvre qui raconte la fin d'une époque, au moment où les anciennes croyances, les anciennes magies sont remplacées par le Dieu unique. Cette période fantastique où se côtoient mille et une légendes est décrite avec beaucoup de finesse par John Boorman. Et c'est l'aspect le plus intéressant du film, cette transition entre deux mondes, quand le Dragon se tait, que les magiciens s'endorment, que se perdent les mythes des premiers âges et que vient le temps des Hommes. "Excalibur", et c'est là tout le génie de cette adaptation, n'a rien d'un film chrétien, au contraire. C'est une grande œuvre nietzschéenne où triomphe la volonté des Hommes. Le Graal sert le Roi, celui dont la volonté et la Terre ne font qu'un. Certes il y a l'idée d'un sacrifice propre à ouvrir la voie pour une humanité nouvelle, un sacrifice et une résurrection. En tout cas, le film de John Boorman, sans être rébarbatif, se permet quelques moments de philosophie délicats entre deux scènes de barbarie. En cela il est parfaitement secondé par un Nicol Williamson tout simplement génial dans chacune de ses apparitions et qui restera à jamais comme l'incarnation parfaite du magicien/philosophe/ prophète/comique/protecteur Merlin. Le film ne serait sans doute pas aussi réussi sans cet acteur fabuleux. Mais si "Excalibur" touche à ce point l'imaginaire du spectateur, c'est sans doute parce qu'il prend son inspiration dans des mythes fondamentaux de la civilisation occidentale et finalement aussi du monde entier. Il y a une mythologie très puissante du guerrier, de la magie, des monstres et des merveilles. C'est cette imagerie collective qui a assuré le succès culte du "Seigneur des Anneaux" de Tolkien (grand architecte de légendes s'il en est) et qui assurera sans l'ombre d'un doute le succès tout aussi culte de l'adaptation cinématographique de cet ouvrage fondamental par Peter Jackson. "Excalibur" est une splendide illustration de ces références qui hantent bon nombre d'esprits. Et si John Boorman flirte souvent avec la faute de goût, il s'en sort toujours à la force de l'image sublime et du symbole primordial. Et comme je le disais plus haut, sa plus grande réussite thématique dans ce film est de revenir le plus possible aux sources, en écorchant la surface chrétienne pour découvrir les inspirations profondes des mythes arthuriens qui eux-mêmes s'inspirent de légendes plus anciennes, aussi bien celtes que gréco-romaines et donc asiatiques. "Excalibur" en utilisant un médium populaire semble nous réapprendre à considérer le Mythe pour ce qu'il est : une indispensable nourriture spirituelle. Mais "Excalibur" est aussi un grand spectacle, très riche, très impressionnant, en particulier grâce à une photographie de toute beauté, digne des meilleurs Kubrick, auquel on pense beaucoup dans cette recherche de l'adéquation entre les images et une musique déjà existante. John Boorman réussit avec un brio incroyable cette symbiose, en particulier lors d'un final hallucinant où l'action et le montage du film sont dictés par des extraits de "La Mort de Siegfried" de Wagner. John Boorman a utilisé ce passage magistral du "Crépuscule des Dieux" (référence toujours) dans son intégralité, sans coupes ni accélération et l'extrait lie toute la séquence finale ainsi que le générique de fin en une durée parfaite. Extrêmement impressionnant. Tout aussi formidable et beaucoup plus connues sont les chevauchées au son des Carmina Burana d'Orff, plus emphatiques que les discrets échos du "Prélude de Parsifal" (encore de Wagner) qui viennent pourtant soutenir certains des plus beaux instants du film. En clair, la bande-son participe grandement à la perfection de l'œuvre. Et donc, ce final, dont la beauté plastique, la richesse symbolique et la force émotionnelle ne peuvent que transporter le spectateur; ce final est l'accomplissement du crépuscule des dieux/mythes, et l'Aube du Temps des Hommes. Merlin, endormi, lien entre le Dragon (lui aussi endormi, cette force vive et animiste de la Nature) et les Hommes, incarne la promesse que la Magie sera toujours présente dans les rêves des Hommes ou dans leur cauchemars... Lancelot, l'Homme déchu par son péché, mais repenti par son honneur, en devenant l'idéal chevaleresque, signe paradoxalement la fin du Moyen-Age et de valeurs vouées à l'extinction. Perceval, l'Homme tel que Merlin l'annonçait, est perdu entre le réel et le mystique, impuissant face à la Nature et donc obligé de faire retour sur lui-même pour ouvrir des temps nouveaux, et c'est en lui-même que Perceval trouve le Graal. Et Arthur est le lien entre les deux ères, invitant par son immortalité supposée à poursuivre indéfiniment les quêtes humaines, à trouver la sagesse/la force dans l'intériorité et à l'exprimer ainsi pleinement dans l'extériorité; ainsi Arthur triomphe de la superstition, de l'illusion, de l'orgueil, etc... Toutes les chimères de l'Homme incarnées par Mordred. Triomphe discret, victoire solitaire, conclusion mélancolique car toujours à recommencer... Si on ajoute à cela des acteurs fabuleux (et pas seulement Nicol Williamson, Nigel Terry, Helen Mirren, ou Gabriel Byrne s'avèrent presque aussi excellents), le découpage du film qui lui assure un rythme soutenu sans pour autant virer au fouillis, des idées de mise en scène vraiment géniales (que ce soit dans les plans ou dans les éclairages), une histoire connue mais retravaillée dans le but d'en tirer la plus pure essence (quitte à parfois ne miser que sur le symbolique), un nombre phénoménal de moments forts, on obtient un chef d'œuvre indémodable, à la fois figé dans sa perfection et extrêmement vivant. "Excalibur" est le point d'orgue de la carrière très inégale de John Boorman qui semble avoir été exalté, voire dépassé par son projet monstre. "Excalibur" ou quand le septième Art affirme son sublime. Un film magistralement beau et culte en puissance, mais également un drame épique et tragique, magnifiquement mis en scène et magistralement interprété par un casting d'exception, avec une bande-son magistrale, des costumes et des décors kitsch mais sublimes, une réalisation maîtrisée, et des scènes de combat grandioses, rendant définitivement honneur à la légende arthurienne et au mythe du Saint Graal
MaCultureGeek
MaCultureGeek

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2,0
Publiée le 17/01/2017
Comme 85% des anciens enfants qui liront cette critique, vous risquez de ne pas m'aimer. Je vous demande juste de ne pas me traiter avec la même haine que toute personne saine d'esprit traiterait Les Visiteurs 3 ou Camping 3 ( à tout hasard ). Merci de votre compréhension. J'avoue ne pas comprendre pleinement tout l'engouement fait autour de ce film. Sûrement que je ne suis qu'un pauvre ignare aux goûts culturels douteux, mais je persiste : je ne vois pas ce qu'il y a de si marquant dans cette adaptation du mythe du Roi Arthur. Certes, le film est bien novateur, avec une dernière demi-heure fichtrement sublime ( tant visuellement qu'au niveau de son écriture ), mais il faut se les taper, les deux heures précédentes. Long et peu crédible, vieillissant, scintillant de toute part, ce film "culte" n'en finit plus de nous proposer des combats bordéliques et filmés étrangement ( on lui préfèrera le Ben Hur d'Heston ou l'introduction du Dracula de Coppola, certes sorti dix ans plus tard ), en plus d'être mal exécutés. Les soldats blessés se pressent le ventre quand ils ont été touchés à la jambe, d'autres tombent sans raison apparente. Pour le mythe qu'est censé représenter le film, les combats sont un peu chiches. De même pour les costumes des personnages, pour ces armures qui scintillent atrocement. Kitsch et peu réalistes, elles peinent à impressionner. Gladiator avant l'heure ( faut voir la gueule des casques ), Excalibur n'impressionne guère par le manque de crédibilité de ses armures et de ses combats. Ensuite, force est de constater que le rythme est assez bâtard; lent et peu rythmé, le film ne parvient pas toujours à capter l'attention de son spectateur. Seules les 30 dernières minutes prendront connaissance du réel potentiel de l'oeuvre, nous livrant une fin de fresque épique, déchirante, émouvante. L'histoire s'y termine comme tout combat, dans la boue, dans le sang, les larmes et sous la colère de Dieu. De plusieurs centaines d'hommes, une poignée survit. Là est la définition même du combat épique que j'ai toujours voulu voir au cinéma. Excalibur me l'a donné. Mince, je voulais ajouter un truc, mais je sens que je vais me faire incendier... Un petit quelque chose, un détail infime, rien du tout... Cela concerne la mise en scène. Atrocement inégale, elle nous pond des images d'une composition poétique comme peu d'autres, quand elle sera très plate par la suite. Retenez vos coups pour la fin, s'il vous plait. De même pour les acteurs. Montée progressive vers le talent, les acteurs se suivent au fil des générations, du meilleur au moins bon. L'on relèvera de nombreux cas de surjeu, ainsi que la présence bien étonnante de Liam Neeson, plus jeune de 35 piges. Et puis, il joue un sacré chevalier. Rien que ça, ça vaut le coup d'oeil.
Estonius
Estonius

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4,0
Publiée le 16/03/2014
Un film de John Boorman (1981). Le film souffre hélas de plusieurs défauts qui l'empêchent d'être un chef d'œuvre. Le casting est inégal et si Merlin et Morgane (Helen Mirren) sont très bons, le reste de la distribution va du transparent (Arthur, Perceval) au carrément mauvais (Lancelot) voir au ridicule (Mordred). L'emphase de certains dialogues et le côté abscons de certaines situations (notamment la quête du Graal) auraient sans doute pu être évités (En revanche, que les armures soient anachroniques n'a strictement aucune importance, c'est une légende que l'on n'illustre pas la reconstitution de la bataille d'Azincourt). Reste que cette reconstitution historique (qui n'en ai pas une, il n'y a rien à reconstituer) reste impressionnante, notamment au début avec une véritable galerie de face de brutes (des loubards incultes a qui ont aurait enfilé une armure…) qui se battent comme des chiffonniers… Évidemment après on nous fait tout une tirade sur l'idéal chevaleresque, bizarre quand même, d'autant qu'on nous montre qu'en dépit de leurs serments et de leurs grandes déclarations les chevaliers restent d'abords des hommes avec leur faiblesses (c'est bien le problème d'Arthur qui se veut roi avant d'être homme). Comme on le voit tout cela est assez confus et loin de nos préoccupations mais Boorman a d'abord voulu faire un spectacle, nous transcende tout ça, et de ce point de vue, force est de constater que c'est réussi, l'ambiance y est (malgré une baisse de régime aux deux tiers du film), on ne s'ennuie pas, l'utilisation de la musique de Wagner de d'Orff est parfaite, et puis rendons grâce à Boorman de nous avoir épargné un duel interminable entre Arthur et Mordred. Ils s'entretuent en une minute et c'est bien ce qu'il convenait de faire. Un beau film malgré ses défauts.
Cinemax77
Cinemax77

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4,5
Publiée le 07/05/2013
Franchement, c'est le meilleur film que j'ai vu sur la légende du roi Arthur ! C'est le meilleur parce que c'est le plus complet. Il y a tout car c'est l'histoire d'Excalibur : Uter Pendragon qui a l'épée et qui la plante dans la pierre ; la naissance d'Arthur ; Arthur qui retire l'épée de la pierre ; la rencontre avec certains chevaliers (ex : Lancelot) ; la libération de la Bretagne ; la table ronde ; Kaamelott ; la quête du Graal ; la fée Morgane ; Merlin ; ... Bref, ce n'est pas un film au cours duquel on s'ennuie. Après, c'est vrai que ce film fait un peu vieillot dans les costumes, dans les décors, dans les scènes d'action. Mais en même temps, je préfère ça que de voir des chevaliers européens se battant comme des samouraï. Différents atmosphères apparaissent dans le film et ils fonctionnent. Pour toutes ces raisons, c'est le meilleur film que j'ai vu dans ma vie sur la légende du roi Arthur !
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