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    Les choses de la vie
    note moyenne
    3,9
    816 notes dont 86 critiques
    33% (28 critiques)
    41% (35 critiques)
    14% (12 critiques)
    6% (5 critiques)
    5% (4 critiques)
    2% (2 critiques)
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    86 critiques spectateurs

    CineRepertoire.free.fr
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    5,0
    Publiée le 6 mai 2014
    Après avoir réalisé Classes tous risques (1960) et L'Arme à gauche (1964), deux "films de genre", entre polar et action, Claude Sautet changeait de cap et de ton avec ces Choses de la vie, peinture fine des sentiments, évocation sensible de la fragilité de l'existence... Changement réussi. Ce fut son premier grand succès public et critique. Et ça reste l'un de ses plus beaux films, si ce n'est le plus beau. Tout part d'un accident de la route, filmé sous plusieurs angles, montré au ralenti, en marche avant ou en marche arrière pour lancer une série de flash-back. Un accident qui revient en leitmotiv au cours d'un récit de vie qui se construit façon puzzle, par morceaux. Mise en scène et montage sont accordés pour une merveille de narration, parfaite transposition à l'écran d'un roman de Paul Guimard (qui a d'ailleurs participé à l'écriture du scénario avec Claude Sautet et Jean-Loup Dabadie). Sur le fond, le titre ne ment pas : ce sont les choses de la vie, dans ce qu'elles peuvent avoir de banales et de tragiques. Un couple en crise : lui, velléitaire et fuyant ; elle, fatiguée de l'aimer. Lui, qui hésite entre deux histoires d'amour, entre deux histoires tout court, entre passé et présent. Un carrefour de routes, un carrefour de vies. Un accident. Pas de développement psychologisant ici. Mais de la concision, de la simplicité, pour une subtilité remarquable. Le traitement de ce sujet classique sonne infiniment juste et touche au plus profond. Tout est dit en peu de mots, peu d'images. Une lettre manuscrite suffit à condenser des enjeux sentimentaux. Quelques "visions" (la scène du banquet, celle du bateau) annoncent en douceur le dénouement. Les acteurs principaux brillent quant à eux par leur retenue : Michel Piccoli (une voix, une présence), Romy Schneider (une beauté, une sensibilité à fleur de peau). Bref, il n'y a rien de trop dans ce film. Juste ce qu'il faut pour laisser sourdre une émotion pure, une grâce douloureuse et un spleen que l'on garde longtemps en soi après le film... avec les jolies notes de musique composées par Philippe Sarde.
    Benjamin A
    Benjamin A

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    4,0
    Publiée le 20 avril 2014
    Pour son quatrième film, Claude Sautet adapte le roman "Les Choses de la vie" de Paul Guimard, qui s'ouvre sur un ce qui semble être un grave accident de la route qui rassemble divers personnes tels que des policiers ou des passants, puis la victime se souvient d'une partie de sa vie, qui semble heureuse vu de l’extérieur, mais beaucoup plus délicate de l'intérieur... Claude Sautet nous livre un passionnant et bouleversant drame ainsi qu'un portrait humain, celui de la victime qui s'avère très bien écrit. Il montre bien son hésitation entre deux femmes et donc deux vies caractérisé par sa lettre de rupture qu'il écrit avant de changer d'avis. Il analyse en même temps le milieu mondains Parisien de l'époque. Mais il ne braque pas sa caméra uniquement sur la victime, il s’intéresse aussi à Hélène, la relation amoureuse de la victime au moment de l'accident campé à merveille par l’éblouissante Romy Schneider qui donne vie à son personnage. Côté interprétation, Michel Piccoli n'est pas en reste, bien au contraire, il est impeccable de bout en bout. La mise en scène de Sautet est impeccable, tout comme sa réalisation d'ailleurs, notamment lors du fameux accident qui est filmé sous plusieurs angles et visions. Plusieurs trouvailles sont ingénieuses et bien pensées. Puis surtout, Sautet arrive à donner une dimension dramatique bouleversante à son œuvre, notamment lors de ce final terriblement réaliste d'ailleurs. On notera aussi la musique de Philippe Sarde, impeccable tout le long et participant à l'atmosphère nostalgique, triste et lyrique du film. Pour une première expérience dans le cinéma de Sautet, c'est une vraie bonne surprise. Du grand cinéma, bouleversant, intelligent, captivant, très bien réalisé et interprété.
    Akamaru
    Akamaru

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    3,0
    Publiée le 21 juillet 2010
    Une magnifique preuve d'amour de Claude Sautet aux "choses de la vie"(1969),celles qui font tout le sel d'une existence,celles dont on se rappelle au moment de son agonie.Un thème qui semble rebattu,mais qui à l'époque était innovant,tant par ce questionnement existentiel,que par la manière de le mettre en scène.Tout le film est construit en flash-backs.Pierre,architecte indécis,a un accident de voiture impressionnant en rase campagne.En train de sombrer dans le coma,il se remémore les moments heureux avec les 2 femmes de sa vie:son épouse italienne qui lui a donné un fils brillant,et sa maîtresse éprise d'aventures.L'indécision et le stoïcisme lui coûtent le bonheur,qui était pourtant là,devant ses yeux.Entre nostalgie prégnante et drame fataliste,le film distille une mélancolie touchante,sublimée par la composition musicale de Philippe Sarde.Encore une fois,les traits d'humanité fissurée que Sautet confère à ses personnages font mouche.Le trio principal joue de façon subtile et captivante.Michel Piccolo,silencieux,fumant comme un pompier.Un grand monsieur.Romy Schneider,au phrasé inimitable,à la séduction délicate.Et Léa Massari,magnifique transalpine,digne dans sa souffrance.La reconstitution de l'accident,et de la voiture désarticulée,reste une image très marquante.
    soniadidierkmurgia
    soniadidierkmurgia

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    4,5
    Publiée le 4 septembre 2015
    Pour certains, Claude Sautet est né réalisateur avec « Les choses de la vie » où enfin il a pu être en phase avec une conception du cinéma qui le fuyait depuis ses débuts en 1955 où il réalisa une comédie opérette « Bonjour sourire » qu’il s’est empressé de renier par la suite. Pendant les quinze ans qui se sont écoulés après, Sautet a mis en scène seulement deux films policiers de bonne facture mais assez impersonnels. Il a surtout œuvré en qualité de scénariste, pas toujours crédité au générique. Quand se présente le projet d’adaptation du livre de Paul Guimard, « L’arme à gauche » date déjà de cinq ans et Sautet âgé de 45 ans se demande si son heure de réalisateur n’est pas définitivement passée. La première collaboration avec Jean-Loup Dabadie va faire merveille et porter le film très haut dans l’estime du public et de la critique réunis (Prix Louis-Delluc en 1969). « Les choses de la vie » porte bien son nom qui nous parle à travers les derniers moments d’un homme victime d’un accident de la route, des transports amoureux avec leurs lots d’embrasement, mais aussi de renoncements et de petite lâcheté qui jalonnent nos existences d’êtres de chair et de sang. Pierre (Michel Piccoli), architecte reconnu aborde le cap de la cinquantaine sous les meilleurs auspices. A la réussite sociale, gage de bonheur très prisé sous l’ère pompidolienne, s’ajoute l’épanouissement sentimental avec Hélène (Romy Schneider) sa nouvelle compagne avec laquelle il a fondé le projet de s’expatrier. Mais voilà, Pierre a aussi une ex-épouse (Léa Massari), mère de son fils qu’il ne parvient pas à oublier, l’empêchant de goûter pleinement le bonheur qui s’offre à lui. L’incapacité de l’homme à tirer définitivement un trait sur son passé sentimental parle forcément à chacun d’entre nous quel que soit son sexe. Sautet de la même génération que Piccoli a donc pu facilement s’identifier à l’acteur qui comme Montand sera un peu son alter ego à l’écran. Le propos n’est pas soutenu par une solide narration rythmée par des rebondissements mais plutôt par les divagations embrumées de Pierre mourant qui inconscient de son état réel se penche avec regrets sur ses atermoiements qui l’ont éloigné d’Hélène. C’est l’accident lui-même, filmé à différentes vitesses qui tient lieu de fil d’Ariane dans la psyché labyrinthique de Pierre, rappelant au spectateur la fragilité de l’existence par une implication sensorielle très innovante pour l’époque qui a grandement contribué à la renommée du film. spoiler: Les deux femmes rivales dans la vie de Pierre vont se rejoindre dans une union informelle et non dite après sa mort grâce à Catherine qui sans le savoir exauce avec une grande délicatesse le souhait de Pierre de déchirer la lettre de rupture qu’il avait écrite à Hélène sans pouvoir se raviser comme il s’apprêtait à le faire, gisant inerte près de sa voiture . Bien sûr en parfaite osmose avec son réalisateur, Piccoli est immense, aussi impressionnant que chez Marco Ferreri deux ans auparavant dans « Dillinger est mort » étant un des rares acteurs français à savoir occuper l’espace grâce à l’économie de mouvement distinctive des plus grands. Romy Schneider démontre après la « Piscine » (Jacques Deray en 1968) que Sissy n’était pas une fin en soi mais bien une étape vers les sommets. Cette longue rêverie ancrée dans le concret permet à Sautet d’être enfin raccord avec ce qu’il est vraiment, un homme fasciné plus que tout par les rapports humains que sont l’amitié et la rupture amoureuse qu’il va désormais pouvoir décliner à loisir grâce au succès du film. Il était enfin temps avant qu’un des plus grands réalisateurs français de la fin du XXème siècle ne reste inconnu. Un grand merci donc aux « Choses de la vie ».
    loulou451
    loulou451

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    5,0
    Publiée le 8 octobre 2008
    Avec ce film, Claude Sautet s'inscrivait définitivement dans le panthéon des meilleurs réalisateurs français. "Les Choses de la vie" demeurent un film magique, qui traverse le temps sans jamais prendre une ride. Aux ordres de Sautet, Romy Schneider et Michel Piccoli rendent une copie propre. Ici, chaque plan, chaque scène montre le perfectionnisme et la maîtrise du metteur en scène. Un chef-d'œuvre du cinéma français.
    Guillaume836076
    Guillaume836076

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    4,5
    Publiée le 1 mai 2014
    Une question me taraude: pourquoi ce film sans véritable histoire (en apparence) reste et restera un "must" du cinéma français? Tentons d'y répondre. Mais avant il est intéressant de faire un constat sur la jeune carrière de cinéaste de Claude Sautet au moment de la sortie du film. "Les Choses de la vie" est le quatrième film du réalisateur qui a fait ses armes avec "Classe tous risques" et "L'arme à gauche", deux films noirs qui ont su renouvelés le genre policier en France en usant des codes du cinéma américain tout en restant fidèle à l'esprit français. Les critiques et spectateurs étaient, donc, en droit d'attendre une sorte de continuité dans la carrière du réalisateur, qui, avec Jean-Pierre Melville semblait être un fin analyste de l'univers des policiers et voyous. Ils ont su insufflés au genre une dimension psychologique, absente de la plupart des œuvres françaises du genre. Ici, point de film noir. Claude Sautet livre un virage à 180 °. Il ne reviendra jamais au genre qui a fait sa réputation (sauf dans "Mado" - avec le même Piccoli - où l'atmosphère semble s'inspirer du film noir sans en être un véritablement). Ce film a surpris tout le monde, tant les critiques que les spectateurs. A tel point, que ce film peut-être considéré comme une "première oeuvre" tant le sujet traité et la mise en scène sont radicalement différentes des précédents. C'est oublier que Sautet est aussi un scénariste-adaptateur réputé et caméléon, ayant collaboré avec Franju, Deray, Jean Becker, Rappeneau et de Broca. Pourtant, même s'il s'agit d'un virage et de l'exploration de "terres inconnues", le réalisateur bénéficie de sa solide expérience de grand technicien et de scénariste. Il en utilise ce qui fait et fera de façon plus évidente sa patte, sa marque comme une sorte de "Sautet touch" reconnaissable entre milles: une grande maîtrise technique au service d'une intrigue forte, sans être complexe, portée par une vision humaniste et profonde de ses personnages, avec un regard sociologique quasi documentaire sur l'environnement, le contexte et le milieu, quel que soit le ton plus ou moins "dramatique" adopté. Aidé par le roman de Paul Guimard qui collabore à l'adaptation de son roman, paru en 1967, Sautet livre une oeuvre puissante et marquante qui touche le fond de l'âme. L'essentiel repose visuellement sur le tour de force impressionnant de la séquence de l'accident (vrai leçon de cinéma et de montage). D'ailleurs, dès le générique le réalisateur nous annonce la couleur. Nous comprenons quelle sera la fin du film. L'important n'est pas là. L'important c'est le contexte dans lequel évolue le personnage central, Pierre (Michel Piccoli). Le scénario tient d'ailleurs sur un mouchoir à papier: Pierre Bérard, la quarantaine, ne sait plus très bien où il en est, partagé entre sa vie d'avant auquel il s'accroche, incarné par son ex-femme Catherine (Léa Massari), dont il n'est pas divorcé et avec qui il travaille toujours, et sa future et nouvelle vie, incarné par sa compagne Hélène (Romy Schneider), qu'il aime mais qui, elle, peine à trouver sa place dans cet univers figé et sclérosé. Doit-il quitter cet univers confortable et rester avec Hélène où doit-il la quitter pour ne pas perdre sa famille, ses amis et ses habitudes? Banale question existentielle penseront certains, "beaucoup de bruit pour rien" en fait... Sauf que.l'intelligence du roman de Paul Guimard, que l'oeil de Sautet transfigure et magnifie, porte ce dilemme au rang de question philosophique essentielle face à la soudaineté du dramatique accident. Cela renvoie le spectateur à ses propres choix de vie car lui, sait vers quoi converge la fin de l'histoire, pas Pierre... En fait, le traitement de Sautet, renvoie à l'absurdité des "questions ridicules" qu'il se pose, à l'absurdité de sa peur de perdre un confort émotionnel qu'il ne perdra pas mais qu'il va continuer à réinventer et à écrire avec un nouvel amour exaltant, l'absurdité de l'accident, l'absurdité de la vie et de la mort... L'enchainement de la mécanique du film semble nous dire que l'accident est inéluctable, Sautet nous le martèle bien avec l'accident qui nous est montré par bribes et sous différents angles. L'énergie que Pierre à épuisé à se poser des questions "ridicules" sur sa relation avec Hélène (il se l'avoue seul dans la voiture qui file vers Rennes) le retarde pour son rendez-vous professionnel et l'oblige à augmenter sa vitesse... Et ce qui arrive devait arriver ! L'accident n'est pas le choix de Pierre, mais ce sont ses actes et ses réflexions, dont il est le seul responsable, qui conduisent à ce tragique événement totalement "imprévisible"... Puis la scène de l'accident dans son intégralité (au ralentie et en vitesse normale). Description quasi documentaire de l'après l'accident, d'un réalisme saisissant sur cette foule agglutinée en bord de route, et en mal de sensationnel contrastant avec des incursions oniriques et poétiques réussies- tout comme les scènes de souvenirs posant les raisons du questionnement de Pierre dans la première partie du film -. Rupture de ton. L'ombre de la mort plane. L'obsession de la "fameuse lettre"....Michel Piccoli prend le relais en off. Beauté des dialogues de Dabadie. Superbe. Une fin déchirante sur la musique inoubliable de Philippe Sarde. Le visage dévastée de Romy vous dévaste tout autant. Et puis vous êtes saisit par une profonde émotion qui en pensant à ce film ne vous quittera jamais, vous fait verser quelques larmes quand vous entendez "La Chanson d'Hélène"... Une autre force du film et non des moindres: Claude Sautet filme ses personnages avec beaucoup d'amour, il ne juge personne, il nous les rend humains. Pierre, Hélène, Catherine, François (Jean Bouise- impeccable), c'est vous, c'est moi, c'est votre ami, votre voisin, etc. Identification assurée. Sa direction d'acteur fait des étincelles: les regards et les silences expressifs de Piccoli, les sourires lumineux et les émotions de Romy, sa beauté, leur complicité évidente dans le jeu, la caméra qui ne lâche pas les visages (y compris dans l'accident) concourent à la réussite de l'ensemble... Intelligence de Sautet à ne pas montrer plus qu'il ne fallait. Intelligence du traitement narratif. Si le film est court, c'est qu'il se concentre sur l'essentiel. Sa maîtrise du cadre et du montage, son découpage et sa mise en scène permettent de capter beaucoup de détails et d'informations dans le même plan, même le plus furtif. Un coup de maître récompensé par le Prix Louis Delluc 1970. Il devient le cinéaste symbole des années 70 et un cinéaste admiré dans le monde entier (Spielberg -j'ai cru le lire- est franchement impressionner par ce film).
    Misoramengasuki
    Misoramengasuki

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    2,0
    Publiée le 7 août 2010
    Claude Sautet est un orfèvre: son domaine, c'est la précision, le détail qui sonne juste, l'infiniment petit élevé au rang d'art majeur. C'est aussi un grand directeur d'acteurs, qui a la chance de travailler avec de merveilleux comédiens. Dans "Les choses de la vie", ça nous donne des tranches de vie apparemment banales mais remarquablement ciselées, des regards, des intonations qu'on n'oublie pas de la part de Romy Schneider et plus encore de Michel Piccoli, d'une justesse et d'une sobriété jamais prises en défaut. Est-ce assez pour justifier la légende qui entoure ce film? Pour ma part, je trouve la matière mince et l'écueil du sentimentalisme facile pas toujours évité dans les dernières scènes. Et puis cet étalage permanent de tabagisme! Tout le monde fume, tout le temps, partout. Ca en devient... asphyxiant. Un détail, sans doute, et je sais que c'est l'époque qui voulait ça. Mais dans un film qui ne joue que sur des détails, celui-là m'a vraiment gêné. Romy Schneider et Lea Massari sans clope au bec, ça aurait (encore) plus d'allure, non?
    keating
    keating

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    4,0
    Publiée le 8 mai 2014
    Si le titre semble annoncer quelque chose de vivant et de léger, il est pourtant traversé de bout en bout par l'ombre de la mort, qui s'incarne ici dans un accident de voiture. L'accident, la mort, et les souvenirs qui défilent, avec tout ce que cela peut comporter de regrets. Sautet représente cet accident avec une précision d'orfèvre, construisant les fragments de son récit, les fragments de la mémoire de son héros, comme les pièces d'un puzzle qui se révèle petit à petit. Cette structure est admirable tant du point de vue visuel (ralentis impressionnants) que du montage. Les souvenirs et les regrets, à l'aune de la mort, voilà ce qui pour moi est au centre de cette histoire. Piccoli incarne un homme qui a été heureux, sans doute, mais qui n'a jamais pu vraiment assumer ses choix, et ses émotions. Choisir entre différentes femmes, ou entre une femme et un fils.. On peut voir aussi une distinction intéressante entre l'intériorité de cet homme par rapport au personnage féminin qui extérorise intensément tous ses sentiments, cette femme fascinante qui nous fait tout ressentir avec son seul regard, cette femme boulversante et ce très beau rôle pour Romy Schneider. C'est encore une histoire d'amour teintée de regrets, une histoire d'un homme et de deux femmes, comme dans beaucoup de grands films. Un triangle qui se démarque par cette figure de l'homme qui se meurt et qui se souvient. La dernière partie est particulièrement touchante, avec sa voix off qui commence à perdre le contact avec la réalité.. Bref, un beau film avec de beaux personnages, et pas mal de sentiments qui passent, dans les paroles comme dans les non-dits, sur les choses de la vie, regrets et souvenirs, des choses insignifiantes mais pourtant fort émouvantes.
    vinetodelveccio
    vinetodelveccio

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    4,0
    Publiée le 15 mai 2014
    Un film profondément mélancolique et déchirant mené de main de maître par un génie de la mise en scène. Sautet fait ici preuve d'une infinie délicatesse et réalise un film d'une grande sensibilité. L'émotion est au rendez-vous à chaque plan et transpire d'autant plus que les acteurs sont habités. Piccoli est touchant et Romy Schneider est d'une sincérité désarmante. La mise en scène est délicieuse et fait tourner le film autour d'un accident de voiture décortiqué pendant lequel les souvenirs refont surface. Le cinéaste joue à merveille sur l'aller-retour entre souvenir et accident et met en abîme le crash d'une histoire d'amour. Il joue aussi sur l'ironie du sort et instaure un suspense assez incroyable à la fin du film. Magnifique et très touchant.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,5
    Publiée le 1 février 2017
    Je n'ai pas été aussi touché par ce film que j'aurai dû. En fait je trouve tout le début du film juste parfait, l'accident de voiture qui annonce déjà la fatalité et l'issue tragique du film, le temps qui semble s'inverser pour que l'on puisse découvrir ce qui l'a causé. S'en suit des moments tendres entre Schneider et Piccoli, où l'on voit Schneider allongée lascivement totalement nue... ça vaut le détour... Et j'ai beaucoup aimé le personnage de Schneider qui se réjouit de partir avec l'eau quelle aime à Tunis, qui ne veut pas partir à l'île de Ré car elle a déjà servi... Souillée par une autre femme. Cela semble être un amour quelque peu irrationnel mais vraiment fort et pur, puis vient le trouble. Et même là je trouve ça encore vraiment bien géré puisque l'on voit le visage de Schneider se décomposer... Mais une fois que le duo se retrouve physiquement séparé ça fonctionne moins bien je trouve, ce que fait Piccoli je m'en tamponne un peu et finalement les moments où j'ai été captivé à nouveau par le film sont les souvenirs de Piccoli, les souvenirs du début de la relation avec Schneider... La fin est très belle aussi, mais j'ai vraiment trouvé la demi-heure du milieu longue, qu'elle ne fait pas forcément avancer l'histoire et elle paraît forcément plus terne vu qu'elle ne brille ni par la passion ni par le tragique. Ceci-dit ça reste un film que j'ai apprécié, mais je suis déçu car je garde encore un excellent souvenir d'un cœur en hiver, même si j'ai un avis plus mitigé sur César et Rosalie.
    Raw Moon Show
    Raw Moon Show

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    4,0
    Publiée le 2 mai 2014
    La mort nous contemple "avec sa gueule de raie"... Aaaaah Paul Guimard, immense écrivain que j'adore et que je ne cesse de recommander à droite, à gauche et même au centre... Claude Sautet parvient à adapter brillamment ce fabuleux roman. La scène d'introduction frappe l'imagination, je m'en rappelle encore, terriblement bien construite. Le début et ses flashes back puis la narration portée par 2 acteurs absolument parfaits; Très belle tranche de vie et de ses choses qu'il faut savoir accepter pour grandir.
    anonyme
    Un visiteur
    5,0
    Publiée le 11 octobre 2008
    D'une une histoire simple Sautet réalise un film qui captive une nouvelle fois, je n'en demande pas plus à un film
    Hotinhere
    Hotinhere

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    4,5
    Publiée le 26 novembre 2013
    Un quadragénaire hésite entre deux vies, celle avec sa femme et celle avec sa maîtresse éprise d'absolu (Romy rayonnante). Un grand film de Sautet sur la confusion des sentiments. Avec la scène célèbre de l’accident de voiture de Piccoli, composée de soixante-six plans, admirée par John Woo.
    NomdeZeus
    NomdeZeus

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    3,5
    Publiée le 24 janvier 2015
    C'est avec ce long-métrage que Claude Sautet trouve véritablement le style qui caractérisera une grande partie de son œuvre. Les Choses De La Vie est autant une histoire d'amour qu'une étude sociologique pleine de finesse de la petite bourgeoisie pompidolienne. Le montage à base de flashback est parfaitement exploité et le couple formé par Michel Piccoli et Romy Schneider est absolument mythique. Un film émouvant et plein de sincérité qui accuse malheureusement un peu son âge.
    Angela Ki La
    Angela Ki La

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    4,0
    Publiée le 17 septembre 2011
    Ce film est surprenant par son actualité allié à un sujet très casse-gueule, le traitement, la mise en scène, le tout est étonnement moderne. En quelques plans tout est dit, il se contente de développer avec une idée fixe et une fin qui n’en est pas une. L’accident de voiture est bluffant, étiré sur toute la longueur du film, entrecoupé par le récit de la vie de cet homme, jeu de montage omniprésent du début à la fin. Les effets utilisés (ralentis, accélérés, anticipation, caméra subjective), "impressionnants" de sobriété tout en faisant se contracter, et se dilater le temps de la narration, avec intelligence, comme quoi pas besoin d’en mettre des tonnes. Romy est lumineuse (je trouve qu’on ne l’a voit pas assez), et Michel Piccoli à un rôle fait pour lui, individu l’air de rien, tout en demi-teintes. Le parti pris réaliste et premier degré ancre le film dans un quotidien qui n’est balayé que par les souvenirs remplis d’actes manqués, et de « choses que j’ai à faire », ou que « je n’ai pas encore eut le temps de faire ». Film sombre pourtant de plus en plus lumineux, sans aucun soupçon de mysticisme. On n’arrive plus à savoir ce qui est vrai de ce qui est fantasmé à l’écran, et le voyeurisme facile est évité, par u mélange de premier degré et des moments de fantasmagorie. C’est un pur objet de contemplation qu’on a à l’écran, presque expérimental. Classique à revoir encore.
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