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Mémoires de nos pères
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Mémoires de nos pères" et de son tournage !

Un double point de vue

Lettres d'Iwo Jima relate à travers le point de vue japonais la bataille sanglante d'Iwo Jima durant la Seconde Guerre mondiale. Le film est le miroir de Mémoires de nos pères, montrant cette fois le point de vue des Américains. Clint Eastwood explique la raison de son souci d'impartialité : "Dans la plupart des films de guerre que j'ai vus au cours de ma jeunesse, il y avait les bons d'un côté, les méchants de l'autre. La vie n'est pas aussi simple, et la guerre non plus. Nos deux films ne parlent ni de victoire, ni de défaite. Ils montrent les répercussions de la guerre sur des êtres humains dont beaucoup moururent bien trop jeunes."

Un combat sanglant...

La bataille d'Iwo Jima fut très éprouvante pour les soldats, tant américains que japonais. Le général Kuribayashi qui dirigeait l'île avait tiré des leçons du débarquement de Normandie et avait transformé son île en une véritable forteresse, à l'aide de dizaines de kilomètres de galeries souterraines par lesquelles les Japonais pouvaient circuler sans risques. De plus, leur mentalité et leur entraînement étaient tels que chacun devait faire le sacrifice de sa vie pour sa patrie en emportant dix ennemis avec eux. Le 16 février 1945, les États-Unis lancèrent une attaque navale et aérienne de grande ampleur contre l'île, occupée par quelque 22 000 combattants japonais. L'invasion commença trois jours plus tard. Sa première étape consistait à s'emparer du point culminant, situé au sud de l'île : le Mont Surabachi, qui s'élève à 166 mètres. Une première vague de 30 000 hommes se déploya autour de la "montagne", essuyant un feu nourri. Les combats furent très rudes, mais le 23 février, les Marines avaient conquis le Surabachi et y avaient planté le drapeau américain. Loin d'être finie, la bataille se prolongea un mois entier. Un lourd bilan établi le 26 mars: les américains subirent 25 000 pertes dont 7 000 morts, du côté nippon il ne resta que 1083 survivants sur les 22 000 défenseurs de l'île... Cette bataille fut la plus lourde en pertes humaines de toute l'histoire des Marines.

Adaptation littéraire

Flags of our fathers est une adaptation du roman de James Bradley , Flags of our Fathers : Heroes of Iwo Jima. Ce livre retrace l'histoire de six soldats (cinq marines et un infirmier de la Navy) ayant participé à la sanglante bataille d'Iwo Jima en 1945. L'un de ces soldats n'est autre que le père de l'auteur, celui-ci revient sur cet épisode dans son livre, il explique comment une société de production l'a contacté pour qu'ils participent au film Iwo-Jima. "Je voulais seulement savoir pourquoi mon père gardait le silence sur cette période de sa vie. Plus tard, j'ai réalisé que chacun avait vu cette photo, mais que personne n'en connaissait l'arrière-plan humain. C'est alors que j'ai décidé d'écrire ce livre." Quant à Clint Eastwood, il explique dans le marque-page qui accompagne l'édition américaine du livre: "J'estime que cette histoire ne rend pas seulement hommage à ces hommes qui ont levé les couleurs de l'Amérique ; elle célèbre aussi tous les héros anonymes qui ont combattu et trouvé la mort sur Iwo Jima comme sur plusieurs centaines d'autres champs de bataille au cours de la deuxième guerre mondiale." L'oeuvre de James Bradley figura 46 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times, donc six en tête des ventes.

Inspiré d'une photographie mondialement connue

Si Clint Eastwood s'est inspiré du livre de James Bradley , il s'est également intéressé de près à la photographie de Joe Rosenthal, journaliste américain de l'Associated Press. Ce cliché pris pendant la Seconde Guerre mondiale représente des soldats (cinq Marines et un infirmier de la Navy) hissant le drapeau américain sur l'île de Iwo Jima au Japon (sur le mont Suribachi), le 23 février 1945. Il est intitulé Raising the Flag on Iwo Jima et a reçu le prix Pulitzer. Clint Eastwood précise qu'au-delà d'une simple photo, ce cliché "symbolise l'effort de guerre, l'enjeu, ce pour quoi ils se sont battus". La photographie de ces soldats américains hissant le drapeau sur l'île japonaise d'Iwo Jima a été reproduite sur des millions de posters, de timbres et des milliers de panneaux d'affichage. Une sculpture monumentale a été réalisée en 1954 d'après cette oeuvre, elle se trouve en Virginie, au cimetière national d'Arlington. Le célèbre photographe s'est éteint à l'âge de 94 ans le 20 août 2006.

L'histoire de photographie

Le fameux cliché de Joe Rosenthal fixe en réalité le deuxième lever de drapeau sur l'île. Après avoir débarqué sur Iwo Jima le 19 février 1945, la 5ème Division de Marines tenta de s'emparer du Mont Suribachi. Au cinquième jour, les Américains avaient déjà subi de très lourdes pertes, mais obligé les Japonais à se réfugier dans des grottes. Ce matin-là, il fut décidé de hisser les couleurs américaines au sommet de la montagne pour saluer les efforts des combattants et signifier l'espoir, encore ténu, d'une victoire. Le ministre de la Marine souhaita que ce drapeau lui fût ensuite remis à titre de souvenir personnel, mais le colonel Chandler Johnson, commandant du régiment, estima que cette bannière appartenait à ses hommes. Il demanda donc au Marine Rene Gagnon d'aller porter sur place un autre drapeau, plus grand. Gagnon escalade la montagne, où il retrouve les Marines Michael Strank, Harlon Block, Ira Hayes et Franklin Sousley, occupés à installer une ligne téléphonique. En guise de hampe, les cinq hommes décident d'utiliser un vieux tuyau, si lourd qu'ils demandent l'assistance de l'infirmier John "Doc" Bradley. Rosenthal comprend alors ce qui se passe. Il pose son appareil photo et commence à empiler un tas de pierres pour disposer d'un meilleur point de vue. Pressé par le temps, il reprend l'appareil et presse le déclencheur. Geste historique... La pellicule part pour un labo de Guam, où elle est développée avant d'être transmise à Associated Press. Dix-sept heures plus tard, l'agence la met sur le marché. Trois des hommes photographiés ce jour-là mourront au combat. Les Marines Gagnon et Hayes ainsi que l'infirmier Bradley seront rapatriés pour contribuer à la 7ème vente de Bons de Guerre.

Dans la peau des personnages

Pour interpréter leur rôle, les acteurs sont entrés en contact avec la famille des soldats ainsi, Ryan Phillippe passa du temps avec James Bradley , auteur de l'oeuvre originale et fils du "Doc Bradley" (rôle de Ryan Phillippe

Un entrainement spécial

Les principaux interprètes apprirent à se comporter en soldats sous la direction des quatre conseillers militaires du film, sans avoir à faire leurs "classes" pour autant. "Clint ne le souhaitait pas", dit Barry Pepper. "Il fallait que les jeunes aient le comportement de soldats qui débarquent en pleine bataille et en pleine pagaille après avoir tout juste eu le temps d'endosser leur uniforme.". Quant aux explosions créees par Stephen Riley, misant sur l'effet de surprise, Clint Eastwood n'informa pas toujours ses acteurs de l'endroit et du moment exacts où elles se produiraient. Les comédiens n'étaient pas en danger, mais constamment pris de court. "Nos réactions n'en étaient que plus réelles", souligne Ryan Phillippe. "On ne peut pas rester impassible au milieu de 500 hommes en train de charger, courir, tirer. L'émotion était intense, l'adrénaline coulait à flots et nos coeurs battaient à tout rompre. Ce fut une expérience inoubliable." Le sergent-major Dever assura aussi l'entraînement des centaines de figurants qui prendraient d'assaut la plage de sable noir et les hauteurs de l'île. "J'ai montré à chacun comment porter son barda, comment tirer, comment courir sans danger au milieu des explosions. Et je n'oublierai jamais l'instant où ces 500 hommes sont entrés en action sous mes yeux."

Un dur travail de reconstitution...

Au début de la préparation de son film en avril 2005, Clint Eastwood visita l'île d'Iwo Jima: "Ce fut une expérience très émouvante de fouler le sol de cette île où tant de mères ont perdu leurs fils, dans l'un et l'autre camp." Imaginant l'impact qu'auraient sur ces plages la reconstitution d'un débarquement et la présence de centaines d'artistes et techniciens, le réalisateur ne pouvait envisager de tourner sur place. Il filma alors plusieurs plans à Iwo Jima pour restituer avec le plus d'exactitude l'atmosphère de ce lieu chargé d'histoire. "Aujourd'hui, l'île est inhabitée à l'exception d'un petit détachement militaire nippon et de quelques pilotes américains qui y font des passages occasionnels. Mais lorsque vous observez la plage, vous croyez presque voir et entendre les troupes débarquer. C'est une impression très forte." Un seul lieu au monde pouvait efficacement "doubler" l'île : la péninsule de Reykjanes, au sud-ouest de Reykjavik. "C'est une île géothermique volcanique, qui ressemble beaucoup à Iwo Jima", précise Clint Eastwood. "Sujette à de légères secousses sismiques, elle possède le même sable d'un noir profond dont s'échappent des fumerolles et jets de vapeur. L'Islande en août affiche des températures plus fraîches, mais les conditions y sont similaires à celles d'Iwo Jima en février." Les quelques 700 comédiens, figurants et techniciens firent de Reykjanes leur résidence et base opérationnelle. "On avait l'impression d'être sur la Lune", remarque l'acteur Ryan Phillippe. "Coupés de tout, les acteurs se sentirent bien plus proches les uns des autres que sur un tournage hollywoodien." La production dut transporter d'énormes quantités de sable pour recréer le long mur de protection érigé par les Japonais qui devait bloquer l'attaque américaine. La reconstitution de l'invasion fut une entreprise monumentale, requérant la synergie de l'ensemble des services. Le superviseur des effets visuels Michael Owens travailla en étroite collaboration avec l'équipe pour restituer l'ampleur et la complexité de cette opération. "Ce fut un débarquement à très grande échelle, avec des tirs de mortiers incessants, des frappes aériennes massives, un immense contingent débarquant d'une noria de péniches. Donc une imagerie très chargée, que Michael Owens réussit à incorporer de façon invisible dans les prises de vues réelles", souligne Robert Lorenz. Le superviseur des effets spéciaux, Stephen Riley, coordonna les effets mécaniques et pyrotechniques, en tirant profit du sable noir pour créer des explosions d'un grand réalisme. "Clint ne voulait pas des explosions de cinéma classiques, réalisées en surface, avec des amorces et un peu d'essence. Il voulait montrer ce qui se passe réellement lorsque des missiles touchent terre, s'enfoncent dans le sol et le font littéralement exploser. Cela a exigé pas mal d'essais et des mesures de sécurité particulières, mais je pense que nous y sommes arrivés." Le coordinateur naval Jimmy O'Connell obtint bon nombre de péniches de débarquement d'époque et quelques "bateaux Higgins" munis de rampes. La production fut autorisée à filmer à bord du S. S. Lane Victory, un cargo 100% opérationnel de la Deuxième Guerre, basé à Long Beach, et relooké avec une précision maniaque par Henry Bumstead et son équipe. La recréation du lever de drapeau du Mont Suribachi fut sans conteste le jour le plus chargé d'émotions de tout le tournage. "Une énergie palpable se dégageait de l'équipe, comme à l'approche d'un grand événement", rapporte Barry Pepper. "Représenter ces hommes à l'écran, raconter leur histoire et celle des Marines d'Iwo Jima revêtait pour nous tous une signification très particulière." Mémoires de nos pères a été tourné en 61 jours, à Los Angeles, Arlington, Chicago et Houston, sur les plages d'Islande et à Iwo Jima.

On ne change pas une équipe qui gagne!

Pour réaliser Mémoires de nos pères, Clint Eastwood a réuni la fidèle équipe qui l'accompagne depuis des années. Le producteur Robert Lorenz a supervisé toutes les étapes du développement, de la production, de la postproduction et du marketing des cinq derniers films du réalisateur. Michael Owens qui travailla pour la première fois avec Clint Eastwood sur Space Cowboys, assura les fonctions, ici cruciales, de superviseur des effets spéciaux et de réalisateur de deuxième équipe. L'équipe comprenait aussi : le directeur de la photographie , Tom Stern qui a occupé ce même poste sur cinq films de Clint Eastwood après avoir été son chef éclairagiste sur une vingtaine d'autres ; la chef costumière Deborah Hopper (5 films de Clint Eastwood à ce rang, et 9 autres à divers postes) qui pour ce dernier réalisa plusieurs centaines de costumes d'époque, dont plus de 500 pour la figuration. Après avoir obtenu l'étoffe appropriée (un sergé rare et authentique), elle la fit teindre, froisser et user légèrement, puis tailler et assembler. Mais aussi le chef monteur Joel Cox (20 films); le regretté, Henry Bumstead, chef décorateur de 11 films de Clint Eastwood et Phyllis Huffman, la directrice de casting (environ 15 films).

Retrouvailles

Flags of our Fathers marque la seconde collaboration entre Steven Spielberg et Clint Eastwood, après Sur la route de Madison en 1995. Le premier occupe pour l'occasion le poste de producteur, tandis que le second se charge de la réalisation. Clint Eastwood découvrit bientôt que Steven Spielberg avait obtenu les droits de "Flags of our Fathers": "Au détour d'une conversation, j'ai simplement dit à Steven que j'aimais beaucoup ce livre, mais sans y insister". "Il y a deux ans, lorsque nous nous sommes croisés à nouveau, il m'a dit : "Pourquoi ne viens-tu pas le faire chez nous? Tu le réaliseras, et nous le produirons ensemble." J'ai répondu : "OK, on va faire ça." Clint Eastwood retrouve également le scénariste Paul Haggis avec lequel il avait collaboré pour Million dollar baby en 2004.

Des pertes malheureuses pour Clint Eastwood

La directrice de casting fétiche de Clint Eastwood, Phyllis Huffman, avec qui le réalisateur travaillait depuis les années 80, est décédée pendant la postproduction de Mémoires de nos pères, le 2 mars 2006 à New York. Phyllis Huffman avait dirigé le casting d'une quinzaine de films réalisés par Clint Eastwood ou dans lesquels il jouait : Million dollar baby, Mystic river ou encore Space Cowboys. Son chef décorateur sur onze films, Henry Bumstead, est quant à lui décédé le 24 mai 2006 en Californie. En hommage à leur collaboration et à leur amitié, le réalisateur a dédié le film à la mémoire de Phyllis Huffman et Henry Bumstead. Avant de disparaître, Henry Bumstead avait également créé les décors de Lettres d'Iwo Jima. "Je ne pourrai jamais dire tout le bien que je pense de Clint", déclarait ce brillant chef décorateur. "Ses placements de caméra suffiraient à démontrer notre complicité. Je connais ses goûts en matière de mise en scène et ses axes favoris. Je dessine mes décors en conséquence, et je remarque que nos choix ont toujours convergé. Je pense que Clint est aujourd'hui le meilleur réalisateur américain."

Polémique

Aux Etats-Unis comme en Angleterre, la sortie du film donna lui à une polémique relayée à grands renforts d'interviews et d'éditoriaux. Selon Roger Friedman (éditorialiste à Fox News), Melton McLaurin (auteur de The Marines of Montford Point) et l'historienne Yvonne Latty, entre autres, Clint Eastwood aurait délibérément ignoré l'importance des soldats afro-américains dans la bataille d'Iwo Jima pour ne se concentrer que sur des combattants blancs ou indiens. De fait, Mémoires de nos pères ne montre aucun GI ‘s de couleur. Pour toute défense, Warner Bros. argua du fait que le film était l'adaptation fidèle des romans de James Bradley et Ron Powers.

Avant Eastwood, Wayne...

Avant Clint Eastwood, Allan Dwan avait réalisé en 1949, avec Iwo-Jima, un long métrage consacré à la bataille de d'Iwo Jima et du célèbre lever de drapeau américain. A l'affiche, rien de moins que John Wayne et à ses côtés, John Agar.

Difficile de trouver le titre juste...

Warner Bros. a longtemps pensé garder le titre original pour le premier opus du diptyque de Clint Eastwood, puis a penché pour une traduction littérale (Drapeaux de nos pères), avant d'opter pour Mémoires de nos pères. Quant au deuxième film, la firme avait initialement choisi Red Sun, Black Sand pour finalement retenir Lettres d'Iwo Jima.
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