“J’attends son appel depuis 35 ans” : Pierre Cosso évoque Sophie Marceau et son rôle dans La Boum 2, qu’il trouve “pas très intéressant”
Olivier Pallaruelo
Olivier Pallaruelo
-Journaliste cinéma / Responsable éditorial Jeux vidéo
Biberonné par la VHS et les films de genres, il délaisse volontiers la fiction pour se plonger dans le réel avec les documentaires et les sujets d'actualité. Amoureux transi du support physique, il passe aussi beaucoup de temps devant les jeux vidéo depuis sa plus tendre enfance.

Dans son dernier numéro, le magazine Schnock consacre un dossier à un film on ne peut plus culte : l'inoubliable "La Boum" et sa suite. Et donne la parole à Pierre Cosso, alias Philippe Berthier, celui qui faisait tourner la tête de Sophie Marceau.

Dans son dernier numéro trimestriel, le toujours formidable mook Schnock consacre un dossier sur un film aussi culte que transgénérationnel : La Boum, et sa suite. 80 pages dans un pur concentré de bonheur, donnant la parole à de nombreux talents ayant participé à l'aventure : Brigitte Fossey, Danièle Thompson, la scénariste des films, Vladimir Cosma, les membres de la bande de copains entourant Vic - pardon, Sophie Marceau.... Sans oublier une interview menée avec Pierre Cosso !

C'est lui qui faisait tourner la tête de Sophie Marceau dans le second opus, toujours signé par Claude Pinoteau. Il faut mesurer le phénomène que fut La Boum : au terme de huit mois d'exploitation, le film a su attirer plus de 4,5 millions de spectateurs, tandis que le film sera vendu dans 80 pays. Il a encore plus marché en Italie, et dans d'autres pays en Europe.

Même au Japon, où "ce fut l'émeute", comme le racontera le réalisateur dans un entretien accordé au Figaro en juillet 1982. Deux ans plus tard, La Boum 2 attirera 4.071.585 spectateurs en France, se hissant à la 6e place du box office de l'année.

"Mon rôle n'était pas très intéressant"

Âgé de 63 ans, Pierre Cosso a donc accepté de revenir sur ses débuts avec ce film, qui le révèlera au grand public. Il faut dire qu'il fut choisi parmi 800 candidats.

"Je me suis rendu au casting en touriste. Je savais qu'ils cherchaient leur Philippe Berthier depuis des mois. Une semaine après mon audition, on m'a rappelé pour me dire que c'était bon. Je me suis retrouvé du jour au lendemain sur un tournage avec de gros moyens, dans un milieu que je connaissais de loin. Je n'avais même pas vu le premier film [...].

Avec les autres, sur le tournage, je sentais une jalousie dans leurs regards, mais je suis passé au travers de tout ça. Ils étaient tous très jeunes, moi j'avais 20, 21 ans. Je bossais déjà, je me suis barré de chez moi à 17 ans. Pinoteau m'a fait jouer un ado, ce que je n'étais pas du tout. A vrai dire, mon rôle n'était pas très intéressant. Je ne faisais pas ce que j'avais envie de faire.

Giancarlo Gorassini/Bestimage

"J'ai senti une once de jalousie"

Pierre Cosso loue les nombreuses qualités du metteur en scène, qui n'a pas hésité à cadrer l'apprenti acteur, n'ayant aucune expérience. "Ca s'est bien passé, jusqu'à un certain moment" commente-t-il. La raison ? La liaison sentimentale entre Pierre Cosso et Sophie Marceau s'est prolongé en dehors du plateau de tournage...

"Quand il a vu que notre histoire avec Sophie dépassait le cadre du film, j'ai senti une once de jalousie. Notre relation était hyper médiatisée. Elle faisait rêver beaucoup de nanas. Les Unes de Paris Match, Jour de France, je ne sais pas combien de télés... C'est peut être plus notre histoire avec Sophie que celle du film qui a eu un impact. Il y a eu un transfert, une mise en abîme. [...]".

Quand on s'est séparé, on est resté en très bon termes. A l'époque, j'avais écrit mon premier scénario [...]. Elle était en cure d'amaigrissement à Quiberon pour préparer Fort Saganne. J'avais écrit en pensant à elle. Je vais la voir et on passe la soirée ensemble. Je lui donne le scénario. Je le lui laisse pour qu'elle le lise. Quand on s'est retrouvés, elle ne l'avait pas lu mais me promet de le faire. On se quitte, il se passe plusieurs semaines sans que j'ai de nouvelles.

Et puis un jour je l'appelle et elle me dit : "J'ai adoré ton scénario. On est vendredi et j'ai un festival. Je te rappelle lundi pour en parler". Depuis 35 ans, j'attends son appel". Contrairement à Sophie Marceau, la carrière cinématographique de Pierre Cosso sera plus compliquée... Vingt ans après la Boom 2, il a même tout plaqué pour s'installer en Polynésie et démarrer une nouvelle vie. Musicale, cette fois-ci.

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