Dans la filmographie du très regretté Robin Williams figure une oeuvre sortie en avril 1999 chez nous : Patch Adams. Réalisé par Tom Shadyac, un cinéaste qui a fait l'essentiel de sa carrière sous le registre de la comédie XXL (Professeur Foldingue, Menteur, menteur, Ace Ventura, Evan tout-puissant...), le film est inspiré d'une histoire vraie. Et très touchante d'ailleurs.
Celle de Hunter Patch Adams. Tout commence en 1969. Admis dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide, il découvre qu'il a le don de réconforter les patients par ses clowneries. En 1971, Patch commence ses études de médecine. Sa gaieté lui attire d'emblée l'inimitié de ses condisciples et l'hostilité du recteur Walcott. Mais Patch persévère. Intimement convaincu du bien-fondé de sa philosophie, il appliquera avec succès ses théories.
Si Robin Williams a eu un rôle cousu main avec ce film, la critique n'a pas été très tendre avec l'oeuvre, qui a récolté un peu plus de 200 millions de dollars au box office international. Pas exactement une catastrophe, mais pas un triomphe non plus; surtout au regard de l'entreprise qui a quand même coûté 90 millions de dollars à produire.
"Après le film, il n'y a pas eu un seul article positif sur moi"
Ironiquement, l'une des plus virulentes critiques fut justement celle du vrai docteur Patch. Ses réserves à l'égard du film provenaient des libertés qu'il prenait avec l'histoire de sa vie et des lourdes omissions d'événements et de défis auxquels il avait était confronté. Tel que le meurtre tragique de son meilleur ami. Dans le film, cette ami proche s'est transformé en une amoureuse. Ce qui n'est, effectivement, pas vraiment la même chose...
Dans un entretien accordé à New Renaissance magazine, le docteur Patch déplorait que le film ait eu un effet néfaste sur la perception du public le concernant et sa mission : "Après le film, il n’y a pas eu un seul article positif sur notre travail ou sur moi. Il y avait des choses débiles, stupides, sans aucun sens… Ca faisait pleurer mes enfants". La vision très / trop simpliste, très hollywoodienne finalement, lui a donné le sentiment d'être incompris dans sa démarche.
Mais il critiquait aussi le film pour avoir réduit l’œuvre de sa vie à une simple routine comique, craignant que le public ne le considère juste comme un "docteur drôle" : "Je savais que le film ferait ça. Je deviendrais un drôle de docteur. Imaginez à quel point c'est superficiel par rapport à qui je suis." Il ne fallait pas non plus attendre de miracle de la part d'un tel cinéaste, et surtout de la part d'un scénariste pas exactement réputé pour sa finesse d'approche...