Quand les studios américains loupent un succès, ils sont jaloux ! Voyant le succès de James Bond au Royaume-Uni et dans le monde entier, ils se sont inventés "leur" James Bond, Derek Flint. Un héros aujourd'hui passablement oublié, qui pousse les curseurs plus loin encore que 007.
Encore plus loin que James Bond
20th Century-Fox
Flint n'est donc pas un charmeur, il possède un véritable harem. Il n'est pas bon à ce qu'il fait, il est le meilleur : détenteur de la Croix de guerre, il "a fait l'objet de trois citations en un mois" et les ordinateurs le désignent tous comme le meilleur homme pour sauver la situation.
Par ailleurs, si les James Bond de l'époque restaient avec des enjeux relativement plausibles : perturbation de programme spatial (Dr No), récupération d'un outil de décryptage (Bons baisers de Russie), radiation d'un stock d'or (Goldfinger) et vol de bombes contre rançon (Opération tonnerre), dans Flint, c'est le monde entier qui est menacé de la destruction !
Flint est interprété par James Coburn, acteur filiforme que l'on avait repéré dans Les Sept mercenaires dans un rôle quasi muet, et qui a trainé ses bottes dans toutes les séries western des années 50 et 60. C'est après des seconds rôles dans Charade, La Grande évasion et un rôle majeur dans Major Dundee et Cyclone à la Jamaïque en 1965 que sa carrière décolle enfin, alors qu'il a déjà 37 ans. Notre homme Flint est sa première tentative de premier rôle.
Si le rythme du film a pris un coup de vieux, le réalisateur Daniel Mann parvient à saisir ce qui fait le sel d'une bonne aventure de James Bond à l'époque : de l'exotisme pour le public occidental, des femmes en petite tenue, un peu de gadgets, une menace importante et un héros que rien ne semble affecter tant son flegme prend le dessus.
Un succès colossal
20th Century-Fox
Sortant en 1966, une année sans James Bond, le public se rue sur Notre homme Flint qui devient un succès, au point que dès l'année suivante, Coburn remet le couvert avec F comme Flint, qui va encore plus loin. Plutôt inspiré sur le premier, Daniel Mann laisse sa place à Gordon Douglas, prolifique réalisateur qui met tout son savoir faire à mettre en boîte un film qui s'est tourné alors que sa fin n'était pas écrite ! Là encore, et à la surprise du studio, le film est un succès.
Coburn confiera qu'un troisième film avait été envisagé "si le scénario était très bon et que les meilleurs réalisateurs étaient engagés" (...). "Ça n'a pas marché", conclut-il, "ils ne voulaient plus faire de qualité".