Adapter pour le grand écran une oeuvre aussi riche et aussi vaste que Le Seigneur des Anneaux est une tâche ardue et délicate, qui exige évidemment de prendre des décisions et de faire des choix drastiques. C'est ainsi que dans l'excellente trilogie de Peter Jackson, de nombreuses péripéties décrites entre les pages de Tolkien n'ont pas pu être conservées.
Sans remettre en question la perspicacité du cinéaste néo-zélandais, qui a magistralement su préserver l'esprit de l'oeuvre originale tout en garantissant à ses films un rythme cinématographique, il est intéressant de lister les détails (parfois cruciaux) qui ne sont pas passés du livre à la pellicule.
Les Nains au Conseil d'Elrond
C'est ainsi que dans les ouvrages de Tolkien (ainsi que l'a récemment rappelé un article de Collider), le fameux Conseil d'Elrond est autrement plus long, plus fourni et plus développé. Pratiquement chaque personnage présent y va de son témoignage, et celui des Nains (représentés par Gloin) compte parmi les plus intéressants de tous.
Le père de Gimli est en effet le premier invité à prendre la parole au Conseil, et relate une histoire glaçante, qui en dit long sur les sombres motivations de Sauron, ainsi que sur sa détermination à retrouver l'Anneau Unique.
Ayant préalablement raconté comment son peuple, avide de retrouver la splendeur du royaume de Moria perdu depuis longtemps, y avait envoyé une compagnie menée par Balin, il révèle alors qu'un sinistre messager s'est ensuite présenté chez les Nains :
"Il y a environ un an, un messager se présenta à Dain, non de la Moria, mais du Mordor", peut-on lire dans la nouvelle traduction de l'oeuvre de Tolkien.
"Un cavalier surgit dans la nuit, appelant Dain aux portes de son palais. Le seigneur Sauron le grand, comme il le dit, souhaitait notre amitié. Afin d'en disposer, il offrirait des anneaux, ainsi qu'il en avait offert jadis. Et l'envoyé s'enquit instamment au sujet des Hobbits. De quel genre ils étaient, et où ils habitaient."
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Pour ou contre le Mordor
Le messager demande alors précisément aux Nains, "en témoignage de leur bonne volonté", de l'aider à retrouver un certain Hobbit, un "voleur", détenteur d'"un petit anneau, le moindre des anneaux qu'il a volés autrefois", un simple "colifichet dont Sauron s'est entiché".
D'abord amicale en apparence, la doléance du messager se transforme bien vite en sombre menace face à la circonspection des Nains, peu enclins à trahir les Hobbits, et encore moins à donner le nom de leur ancien compagnon d'aventures, Bilbon Sacquet.
Anecdotique en apparence, cette histoire permet de mesurer tous les efforts déployés par Sauron pour retrouver son Anneau en parcourant les quatre coins de la Terre du Milieu pour remettre la main dessus. Elle nous montre également que chaque peuple du monde a dû clairement prendre position et choisir un camp, nous laissant imaginer ce qui aurait pu se passer si les Nains s'étaient rangés du côté du Mordor.
(Re)découvrez la bande-annonce de "La Communauté de l'Anneau"...