Ce soir à la télé : oubliez vos préjugés et laissez-vous emporter par cette sublime histoire d'amour
Mégane Bouron
Mégane Bouron
Mégane Bouron apprécie tous les genres et les formats, bien qu’elle ait un penchant pour le court métrage et le cinéma jeune public. Les yeux rivés sur l’écran, elle voit rarement le temps défiler devant un film ou une série.

Chaque jour, AlloCiné vous recommande un film à (re)voir à la télé. Ce soir : un film poignant et d'utilité publique sur un tabou social.

Trois ans après son premier long métrage Adam, sélectionné en section Un Certain Regard, la réalisatrice marocaine Maryam Touzani relevait un défi fou : voir son deuxième film, Le Bleu du Caftan, être à nouveau sélectionné au Festival de Cannes.

Sorti au cinéma en 2022, ce film, primé deux fois au Festival Francophone d'Angoulême (dont la Meilleure mise en scène) et au Festival de Marrakech (Prix du Jury), aborde un sujet tabou au Maroc : l'homosexualité.

Halim (Saleh Bakri) est marié depuis de longues années à Mina (Lubna Azabal), avec qui il tient un magasin traditionnel de caftans dans la médina de Salé. Ils vivent depuis toujours avec le secret d’Halim, son homosexualité qu’il a appris à taire. Le cancer incurable de Mina et l’arrivée d’un jeune apprenti, Youssef (Ayoub Missioui), vont bouleverser cet équilibre. Unis dans leur amour, chacun va aider l’autre à affronter ses peurs.

Pour réaliser Le Bleu de Caftan, Maryam Touzani a pu compter sur les talents d'écriture de Nabil Ayouch, à qui l'on doit les deux excellents films dramatiques Les Chevaux de Dieu et Much Loved. Un travail d'équipe qui a permis à ce long métrage de décrocher la note de 4,2 étoiles sur 5 par les internautes d'AlloCiné.

Le Bleu du Caftan
Le Bleu du Caftan
Sortie : 22 mars 2023 | 2h 02min
De Maryam Touzani
Avec Lubna Azabal, Saleh Bakri, Ayoub Missioui
Presse
3,8
Spectateurs
4,2
louer ou acheter

Filmer pour briser les préjugés

À l'image du tissu du caftan qui donne son titre au film, Le Bleu du Caftan est une oeuvre très délicate, douce, qui aborde avec pudeur le sujet de l'homosexualité au Maroc. Le choix du titre a minutieusement été choisi, puisqu'il questionne, à lui seul, les préjugés profondément enracinés dans la société.

La confection du caftan, vêtement traditionnel, symbole d'artisanat et d'héritage culturel, est à la fois longue et méticuleuse, comme le temps nécessaire pour que les vérités cachées émergent et que les préjugés soient, si ce n'est brisés, mis en lumière.

À ce grand sujet, la cinéaste a confié : "Je pense qu'il faut absolument qu'on puisse ouvrir le débat (...) Je me dis que ça peut peut-être apporter une petite pierre à l'édifice, et que ça peut peut-être ouvrir le débat et qu'on puisse en parler d'une manière sereine afin de faire avancer les choses, et qu'on puisse aimer comme on a envie d'aimer, qu'on soit libre d'aimer".

"J'ai ressenti le besoin d'écrire cette histoire, de raconter ce personnage qui vit dans le non-dit, dans un conflit permanent entre qui il est et qui il doit prétendre être, qui doit toujours garder cette façade pour la société, pour continuer à vivre normalement. C'est quelque chose qui peut être tellement violent par moment", a-t-elle ajouté.

Une chose est sûre, avec Le Bleu de Caftan, impossible de ne pas taire les préjugés et de ne pas se laisser emporter par cette sublime histoire d'amour...

Ce soir sur Arte à 20h55

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet
  • "Un film nécessaire pour ouvrir le débat" : Le Bleu du caftan s'empare du tabou de l'homosexualité au Maroc
  • Palmarès de Valenciennes 2022 : Dalva et Le Bleu du caftan primés au Festival 2 Cinéma !