Ce n'est un secret pour personne, Martin Scorsese adore 2001, L'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, qu'il considère comme un génie. Pour le réalisateur de Taxi Driver, 2001 est entré au panthéon des plus grands films, comme il l'a déclaré à plusieurs reprises au fil de différentes interviews.
"Il faut une audace, une puissance et un courage extraordinaires pour dire : On va tout effacer, on va tout arrêter, pour ramener tout le monde à la préhistoire", affirmait-il en 2018 lors d'une projection new-yorkaise organisée pour le 50ème anniversaire du film.
"Avec 2001, Stanley Kubrick disait : Je veux que vous voyiez quelque chose. Je vais vous faire vivre quelque chose que n'auriez jamais pensé vivre", avait conclu le cinéaste, qui évoque souvent cette oeuvre comme étant sa préférée.
Metteur en scène visionnaire, Stanley Kubrick réinventait les codes de la SF en 1968, s'appropriant le genre à lui tout seul pour le dépoussiérer.
Encore aujourd'hui, 2001 n'a absolument pas vieilli, notamment dans son approche des effets spéciaux, toujours impressionnants de nos jours. Supervisés par le légendaire Douglas Trumbull, décédé en février 2022, les effets visuels du film sont encore salués aujourd'hui comme un des plus grands accomplissements de l'époque.
Dans le documentaire Stanley Kubrick : A Life In Pictures, sorti en 2001, Martin Scorsese revenait sur son expérience des longs-métrages de son homologue réalisateur, indiquant s'inspirer énormément de son travail.
Une inspiration majeure
"Vous allez au cinéma pour être impliqué par le film, pour y trouver du sens. Je veux pouvoir me perdre dans l'écran pendant quelques heures. Il y a un certain type de films, quand vous allez les voir en salles, vous êtes complètement surpris. Ils vous font voir la vie d'une façon différente, ils vous font voir l'Humanité d'une façon différente", a souligné Martin Scorsese au micro de l'animateur Charlie Rose.
Il y a un certain type de films, quand vous allez les voir en salles, vous êtes complètement surpris. Ils vous font voir la vie d'une façon différente, ils vous font voir l'Humanité d'une façon différente.
"Ils vont vous toucher à des endroits où vous n'avez pas forcément envie d'aller. Ils sont une provocation pour vous, ce qui est une bonne chose. Et puis il y a les films que vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder à travers les années, 10, 15, 30, 40 ans. Malgré cela, vous découvrez toujours des choses."
"Et quand on est cinéastes, on est parfois fatigués après 10 ou 12 films, on se creuse la tête pour rendre une oeuvre meilleure, on se demande ce qu'on doit faire. Et là, vous revenez aux sources avec ces films et vous retrouvez de l'inspiration. Vous vous dites : Kubrick ne le ferait pas de cette manière."
Bestimage
Dans la peau de Kubrick
"Il aurait changé tel angle, il aurait cherché autre chose, il aurait pris le temps de trouver le moyen de tourner cette scène de la meilleure des façons. Et cette inspiration, je dois le dire, je la trouve dans ses films, sur grand ou sur petit écran. J'aime aussi les voir sans le son. On se rend mieux compte du montage et des mouvements de caméra."
"Et quand il fait un plan de coupe, sur une séquence de conversation, comme celle entre Grady et Jack Torrance dans Shining, il transgresse la règle des 180 degrés et nous montre l'arrière-plan peint en rouge. Là, il resserre ensuite sur les visages pour les dialogues", explique le metteur en scène, soulignant l'impact du montage et de la mise en scène de Kubrick sur cette séquence.
"Regarder un film de Kubrick, c'est comme regarder le sommet d'une montagne depuis la vallée. On se demande comment quelqu'un a pu monter aussi haut", a toujours scandé Martin Scorsese, qui voue un culte absolu au metteur en scène disparu en 1999 à l'âge de 69 ans.